Cyrano de Bergerac (page 8)
Cyrano.
Ira-t-elle à Roxane ?Elle ira comme un gant !
Christian.
Mais…
Cyrano.
Mais…La crédulité de l’amour-propre est telle,
Que Roxane croira que c’est écrit pour elle !
Christian.
Ah ! mon ami !
(Il se jette dans les bras de Cyrano. Ils restent embrassés.)
Scène XI
CYRANO, CHRISTIAN, les Gascons, le Mousquetaire, LISE.
Un cadet, entr’ouvrant la porte.
Ah ! mon ami ! Plus rien… Un silence de mort…
Je n’ose regarder…
(Il passe la tête.)
Je n’ose regarder…Hein ?
Tous les cadets, entrant et voyant Cyrano et Christian qui s’embrassent.
Je n’ose regarder…Hein ? Ah !… Oh !…
Un cadet.
Je n’ose regarder…Hein ? Ah !… Oh !…C’est trop fort !
(Consternation.)
Le mousquetaire, goguenard.
Ouais ?…
Carbon.
Ouais ?…Notre démon est doux comme un apôtre !
Quand sur une narine on le frappe, — il tend l’autre ?
Le mousquetaire.
On peut donc lui parler de son nez, maintenant ?…
(Appelant Lise, d’un air triomphant.)
— Eh ! Lise ! Tu vas voir !
(Humant l’air avec affectation.)
— Eh ! Lise ! Tu vas voir ! Oh !… oh !… c’est surprenant !
Quelle odeur !…
(Allant à Cyrano, dont il regarde le nez avec impertinence.)
Quelle odeur !…Mais monsieur doit l’avoir reniflée ?
Qu’est-ce que cela sent ici ?…
Cyrano, le souffletant.
Qu’est-ce que cela sent ici ?…La giroflée !
(Joie. Les cadets ont retrouvé Cyrano ; ils font des culbutes.)
RIDEAU.
TROISIÈME ACTE
LE BAISER DE ROXANE
Une petite place dans l’ancien Marais. Vieilles maisons. Perspectives de ruelles. À droite, la maison de Roxane et le mur de son jardin qui débordent de larges feuillages. Au-dessus de la porte, fenêtre et balcon. Un banc devant le seuil.
Du lierre grimpe au mur, du jasmin enguirlande le balcon, frissonne et retombe.
Par le banc et les pierres en saillie du mur, on peut facilement grimper au balcon.
En face, une ancienne maison de même style, brique et pierre, avec une porte d’entrée. Le heurtoir de cette porte est emmailloté de linge comme un pouce malade.
Au lever du rideau, la duègne est assise sur le banc. La fenêtre est grande ouverte sur le balcon de Roxane.
Près de la duègne se tient debout Ragueneau, vêtu d’une sorte de livrée : il termine un récit, en s’essuyant les yeux.
Scène Première
RAGUENEAU, la Duègne, puis ROXANE, CYRANO et deux Pages
Ragueneau.
… Et puis, elle est partie avec un mousquetaire !
Seul, ruiné, je me pends. J’avais quitté la terre.
Monsieur de Bergerac entre, et, me dépendant,
Me vient à sa cousine offrir comme intendant.
La duègne.
Mais comment expliquer cette ruine où vous êtes ?
Ragueneau.
Lise aimait les guerriers, et j’aimais les poètes !
Mars mangeait les gâteaux que laissait Apollon
— Alors, vous comprenez, cela ne fut pas long !
La duègne, se levant et appelant vers la fenêtre ouverte.
Roxane, êtes-vous prête ?… On nous attend !
La voix de Roxane, par la fenêtre.
Roxane, êtes-vous prête ?… On nous attend ! Je passe
Une mante !
La duègne, à Ragueneau, lui montrant la porte d’en face.
Une mante ! C’est là qu’on nous attend, en face.
Chez Clomire. Elle tient bureau, dans son réduit.
On y lit un discours sur le Tendre, aujourd’hui.
Ragueneau.
Sur le Tendre ?
La duègne, minaudant.
Sur le Tendre ? Mais oui !…
Sur le Tendre ? Mais oui !…(Criant vers la fenêtre.)
Sur le Tendre ? Mais oui !…Roxane, il faut descendre,
Ou nous allons manquer le discours sur le Tendre !
La voix de Roxane.
Je viens !
(On entend un bruit d’instruments à cordes qui se rapproche.)
La voix de Cyrano, chantant dans la coulisse.
Je viens !La ! la ! la ! la !
La duègne, surprise.
Je viens ! La ! la ! la ! la ! On nous joue un morceau ?
Cyrano, suivi de deux pages porteurs de théorbes.
Je vous dis que la croche est triple, triple sot !
Premier page, ironique.
Vous savez donc, Monsieur, si les croches sont triples ?
Cyrano.
Je suis musicien, comme tous les disciples
De Gassendi !
Le page, jouant et chantant.
De Gassendi ! La ! la !
Cyrano, lui arrachant le théorbe et continuant la phrase musicale.
De Gassendi !La ! la ! Je peux continuer !…
La ! la ! la ! la !
Roxane, paraissant sur le balcon.
La ! la ! la ! la ! C’est vous ?
Cyrano, chantant sur l’air qu’il continue.
La ! la ! la ! la ! C’est vous ? Moi qui viens saluer
Vos lys, et présenter mes respects à vos ro.....ses !
Roxane.
Je descends !
(Elle quitte le balcon.)
La duègne, montrant les pages.
Je descends ! Qu’est-ce donc que ces deux virtuoses ?
Cyrano.
C’est un pari que j’ai gagné sur d’Assoucy.
Nous discutions un point de grammaire. — Non ! — Si ! —
Quand soudain me montrant ces deux escogriffes
Habiles à gratter les cordes de leurs griffes,
Et dont il fait toujours son escorte, il me dit :
« Je te parie un jour de musique ! » Il perdit.
Jusqu’à ce que Phœbus recommence son orbe,
J’ai donc sur mes talons ces joueurs de théorbe,
De tout ce que je fais harmonieux témoins !…
Ce fut d’abord charmant, et ce l’est déjà moins.
(Aux musiciens.)
Hep !… Allez de ma part jouer une pavane
À Montfleury !…
(Les pages remontent pour sortir. — À la duègne.)
À Montfleury !… Je viens demander à Roxane
Ainsi que chaque soir…
Ainsi que chaque soir… (Aux pages qui sortent.)
Ainsi que chaque soir… Jouez longtemps, — et faux !
(À la duègne.)
… Si l’ami de son âme est toujours sans défauts ?
Roxane, sortant de la maison.
Ah ! qu’il est beau, qu’il a d’esprit et que je l’aime !
Cyrano, souriant.
Christian a tant d’esprit ?…
Roxane.
Christian a tant d’esprit ?… Mon cher, plus que vous-même !
Cyrano.
J’y consens.
Roxane.
J’y consens. Il ne peut exister à mon goût
Plus fin diseur de ces jolis rien qui sont tout.
Parfois il est distrait, ses Muses sont absentes ;
Puis, tout à coup, il dit des choses ravissantes !
Cyrano, incrédule.
Non ?
Roxane.
Non ? C’est trop fort ! Voilà comme les hommes sont :
Il n’aura pas d’esprit puisqu’il est beau garçon !
Cyrano.
Il sait parler du cœur d’une façon experte ?
Roxane.
Mais il n’en parle pas, Monsieur, il en disserte !
Cyrano.
Il écrit ?
Roxane.
Il écrit ? Mieux encor ! Écoutez donc un peu :
(Déclamant.)
« Plus tu me prends de cœur, plus j’en ai !… »
(Triomphante.)
« Plus tu me prends de cœur, plus j’en ai !… » Eh bien !
Cyrano.
« Plus tu me prends de cœur, plus j’en ai !… » Eh bien ! Peuh !…
Roxane.
Et ceci : « Pour souffrir, puisqu’il m’en faut un autre,
Si vous gardez mon cœur, envoyez-moi le vôtre ! »
Cyrano.
Tantôt il en a trop et tantôt pas assez.
Qu’est-ce au juste qu’il veut, de cœur ?…
Roxane, frappant du pied.
Qu’est-ce au juste qu’il veut, de cœur ?… Vous m’agacez !
C’est la jalousie…
Cyrano, tressaillant.
C’est la jalousie… Hein !…
Roxane.
C’est la jalousie… Hein !… … d’auteur qui vous dévore !
— Et ceci, n’est-il pas du dernier tendre encore ?
« Croyez que devers vous mon cœur ne fait qu’un cri,
Et que si les baisers s’envoyaient par écrit,
Madame, vous liriez ma lettre avec les lèvres !… »
Cyrano, souriant malgré lui de satisfaction.
Ha ! ha ! ces lignes-là sont… hé ! hé !
(Se reprenant et avec dédain.)
Ha ! ha ! ces lignes-là sont… hé ! hé ! mais bien mièvres !
Roxane.
Et ceci…
Cyrano, ravi.
Et ceci… Vous savez donc ses lettres par cœur ?
Roxane.
Toutes !
Cyrano, frisant sa moustache.
Toutes ! Il n’y a pas à dire : c’est flatteur !
Roxane.
C’est un maître !
Cyrano, modeste.
C’est un maître ! Oh !… un maître !…
Roxane, péremptoire.
C’est un maître ! Oh !… un maître !… Un maître !…
Cyrano, saluant.
C’est un maître ! Oh !… un maître ! Un maître !… Soit !… un maître !…
La duègne, qui était remontée, redescend vivement.
Monsieur de Guiche !
(À Cyrano, le poussant vers la maison.)
Monsieur de Guiche ! Entrez !… car il vaut mieux, peut-être,
Qu’il ne vous trouve pas ici ; cela pourrait
Le mettre sur la piste…
Roxane, à Cyrano.
Le mettre sur la piste… Oui, de mon cher secret !
Il m’aime, il est puissant, il ne faut pas qu’il sache !
Il peut dans mes amours donner un coup de hache !
Cyrano, entrant dans la maison.
Bien ! bien ! bien !
(De Guiche paraît.)
Scène II
ROXANE, DE GUICHE, la Duègne à l’écart.
Roxane, à de Guiche, lui faisant une révérence.
Bien ! bien ! bien ! Je sortais.
De Guiche.
Bien ! bien ! bien ! Je sortais. Je viens prendre congé.
Roxane.
Vous partez ?
De Guiche.
Vous partez ? Pour la guerre.
Roxane.
Vous partez ? Pour la guerre. Ah !
De Guiche.
Vous partez?Pour la guerre. Ah ! Ce soir même.
Roxane.
Vous partez? Pour la guerre. Ah ! Ce soir même. Ah !
De Guiche.
Vous partez? Pour la guerre. Ah ! Ce soir même. Ah ! J’ai
Des ordres. On assiège Arras.
Roxane.
Des ordres. On assiège Arras. Ah !… on assiège ?…
De Guiche.
Oui… Mon départ a l’air de vous laisser de neige.
Roxane, poliment.
Oh !…
De Guiche.
Oh !… Moi, je suis navré. Vous reverrai-je ?… Quand ?
— Vous savez que je suis nommé mestre de camp ?
Roxane, indifférente.
Bravo.
De Guiche.
Bravo. Du régiment des gardes.
Roxane, saisie.
Bravo. Du régiment des gardes. Ah ! des gardes ?
De Guiche.
Où sert votre cousin, l’homme aux phrases vantardes.
Je saurai me venger de lui, là-bas.
Roxane, suffoquée.
Je saurai me venger de lui, là-bas. Comment !
Les gardes vont là-bas ?
De Guiche, riant.
Les gardes vont là-bas ? Tiens ! c’est mon régiment !
Roxane, tombant assise sur le banc, — à part.
Christian !
De Guiche.
Christian ! Qu’avez-vous ?
Roxane, toute émue.
Christian ! Qu’avez-vous ? Ce… départ… me désespère !
Quand on tient à quelqu’un, le savoir à la guerre !
De Guiche, surpris et charmé.
Pour la première fois me dire un mot si doux,
Le jour de mon départ !
Roxane, changeant de ton et s’éventant.
Le jour de mon départ ! Alors, — vous allez vous
Venger de mon cousin ?…
De Guiche, souriant.
Venger de mon cousin ?… On est pour lui ?
Roxane.
Venger de mon cousin ?… On est pour lui ? Non, — contre !
De Guiche.
Vous le voyez ?
Roxane.
Vous le voyez ? Très peu.
De Guiche.
Vous le voyez ? Très peu. Partout on le rencontre
Avec un des cadets…
(Il cherche le nom.)
Avec un des cadets… ce Neu… villen… viller…
Roxane.
Un grand ?
De Guiche.
Un grand ? Blond.
Roxane.
Un grand ? Blond. Roux.
De Guiche.
Un grand ? Blond. Roux. Beau !
Roxane.
Un grand ? Blond. Roux.Beau ! Peuh !
De Guiche.
Un grand ? Blond. Roux. Beau ! Peuh ! Mais bête.
Roxane.
Un grand ? Blond. Roux. Beau ! Peuh ! Mais bête. Il en a l’air !
(Changeant de ton.)
… Votre vengeance envers Cyrano, — c’est peut-être
De l’exposer au feu, qu’il adore ?… Elle est piètre !
Je sais bien, moi, ce qui lui serait sanglant !
De Guiche.
Je sais bien, moi, ce qui lui serait sanglant ! C’est ?…
Roxane.
Mais si le régiment, en partant, le laissait
Avec ses chers cadets, pendant toute la guerre,
À Paris, bras croisés !… C’est la seule manière,
Un homme comme lui, de le faire enrager :
Vous voulez le punir ? privez-le de danger.
De Guiche.
Une femme ! une femme ! il n’y a qu’une femme
Pour inventer ce tour !
Roxane.
Pour inventer ce tour ! Il se rongera l’âme,
Et ses amis les poings, de n’être pas au feu :
Et vous serez vengé !
De Guiche, se rapprochant.
Et vous serez vengé ! Vous m’aimez donc un peu !
(Elle sourit.)
Je veux voir dans ce fait d’épouser ma rancune
Une preuve d’amour, Roxane !…
Roxane.
Une preuve d’amour, Roxane !… C’en est une.
De Guiche, montrant plusieurs plis cachetés.
J’ai les ordres sur moi qui vont être transmis
À chaque compagnie, à l’instant même, hormis…
(Il en détache un.)
Celui-ci ! C’est celui des cadets.
(Il le met dans sa poche.)
Celui-ci ! C’est celui des cadets. Je le garde.
(Riant.)
Ah ! ah ! ah ! Cyrano !… Son humeur bataillarde !…
— Vous jouez donc des tours aux gens, vous ?…
Roxane, le regardant.
— Vous jouez donc des tours aux gens, vous ?… Quelquefois.
De Guiche, tout près d’elle.
Vous m’affolez ! Ce soir — écoutez — oui, je dois
Être parti. Mais fuir quand je vous sens émue !…
Écoutez. Il y a, près d’ici dans la rue
D’Orléans, un couvent fondé par le syndic
Des capucins, le Père Athanase. Un laïc
N’y peut entrer. Mais les bons Pères, je m’en charge !…
Ils peuvent me cacher dans leur manche : elle est large.
— Ce sont les capucins qui servent Richelieu
Chez lui ; redoutant l’oncle, ils craignent le neveu. —
On me croira parti. Je viendrai sous le masque.
Laisse-moi retarder d’un jour, chère fantasque !
Roxane, vivement.
Mais si cela s’apprend, votre gloire…
De Guiche.
Mais si cela s’apprend, votre gloire… Bah !
Roxane.
Mais si cela s’apprend, votre gloire… Bah ! Mais
Le siège, Arras…
De Guiche.
Le siège, Arras… Tant pis ! Permettez !
Roxane.
Le siège, Arras… Tant pis ! Permettez ! Non !
De Guiche.
Le siège, Arras… Tant pis ! Permettez ! Non ! Permets !
Roxane, tendrement.
Je dois vous le défendre !
De Guiche.
Je dois vous le défendre ! Ah !
Roxane.
Je dois vous le défendre ! Ah ! Partez !
Je dois vous le défendre ! Ah ! Partez ! (À part.)
Je dois vous le défendre ! Ah ! Partez ! Christian reste.
(Haut.)
Je vous veux héroïque, — Antoine !
De Guiche.
Je vous veux héroïque, - Antoine ! Mot céleste !
Vous aimez donc celui ?…
Roxane.
Vous aimez donc celui ?… Pour lequel j’ai frémi.
De Guiche, transporté de joie.
Je pars !
Je pars ! (Il lui baise la main.)
Je pars ! Êtes-vous contente ?
Roxane.
Je pars ! Êtes-vous contente ? Oui, mon ami !
(Il sort.)
La duègne, lui faisant dans le dos une révérence comique.
Oui mon ami !
Roxane, à la duègne.
Oui mon ami ! Taisons ce que je viens de faire
Cyrano m’en voudrait de lui voler sa guerre !
(Elle appelle vers la maison.)
Cousin !
Scène III
ROXANE, la Duègne, CYRANO.
Roxane.
Cousin ! Nous allons chez Clomire.
(Elle désigne la porte d’en face.)
Cousin ! Nous allons chez Clomire. Alcandre y doit
Parler, et Lysimon !
La duègne, mettant son petit doigt dans son oreille.
Parler, et Lysimon ! Oui ! mais mon petit doigt
Dit qu’on va les manquer !
Cyrano, à Roxane.
Dit qu’on va les manquer ! Ne manquez pas ces singes.
(Ils sont arrivé devant la porte de Clomire.)
La duègne, avec ravissement.
Oh ! voyez ! le heurtoir est entouré de linges !…
(Au heurtoir.)
On vous a bâillonné pour que votre métal
Ne troublât pas les beaux discours, — petit brutal !
(Elle le soulève avec des soins infinis et frappe doucement.)
Roxane, voyant qu’on ouvre.
Entrons !…
Entrons !…(Du seuil, à Cyrano.)
Entrons !…Si Christian vient, comme je présume,
Qu’il m’attende !
Cyrano, vivement comme elle va disparaître.
Qu’il m’attende !Ah !…
(Elle se retourne.)
Qu’il m’attende !Ah !…Sur quoi, selon votre coutume,
Comptez-vous aujourd’hui l’interroger ?
Roxane.
Comptez-vous aujourd’hui l’interroger ?Sur…
Cyrano, vivement.
Comptez-vous aujourd’hui l’interroger ?Sur…Sur ?
Roxane.
Mais vous serez muet, là-dessus !
Cyrano.
Mais vous serez muet, là-dessus !Comme un mur.
Roxane.
Sur rien !… Je vais lui dire : Allez ! Partez sans bride !
Improvisez. Parlez d’amour. Soyez splendide !
Cyrano, souriant.
Bon.
Roxane.
Bon.Chut !…
Cyrano.
Bon.Chut !…Chut !…
Roxane.
Bon.Chut !…Chut !…Pas un mot !…
(Elle rentre et referme la porte.)
Cyrano, la saluant, la porte une fois fermée.
Bon.Chut !…Chut !…Pas un mot !…En vous remerciant.
(La porte se rouvre et Roxane passe la tête.)
Roxane.
Il se préparerait !…
Cyrano.
Il se préparerait !…Diable, non !…
Tous les deux, ensemble.
Il se préparerait !…Diable, non !…Chut !…
(La porte se ferme.)
Cyrano, appelant.
Il se préparerait !…Diable, non !…Chut !…Christian !
Scène IV
CYRANO, CHRISTIAN.
Cyrano.
Je sais tout ce qu’il faut. Prépare ta mémoire.
Voici l’occasion de se couvrir de gloire.
Ne perdons pas de temps. Ne prends pas l’air grognon.
Vite, rentrons chez toi, je vais t’apprendre…
Christian.
Vite, rentrons chez toi, je vais t’apprendre…Non !
Cyrano.
Hein ?
Christian.
Hein ?Non ! J’attends Roxane ici.
Cyrano.
Hein ?Non ! J’attends Roxane ici.De quel vertige
Es-tu frappé ? Viens vite apprendre…