Romances sans paroles (page 2)

Paul Verlaine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Romances sans paroles (1902) · 2 pages

Depuis qu’elle est morte à mon cœur.

Dansons la gigue !

Je me souviens, je me souviens

Des heures et des entretiens,

Et c’est le meilleur de mes biens.

Dansons la gigue !

Soho.

II

Ô la rivière dans la rue !

Fantastiquement apparue

Derrière un mur haut de cinq pieds,

Elle roule sans un murmure

Son onde opaque et pourtant pure,

Par les faubourgs pacifiés.

La chaussée est très large, en sorte

Que l’eau jaune comme une morte

Dévale ample et sans nuls espoirs

De rien refléter que la brume,

Même alors que l’aurore allume

Les cottages jaunes et noirs.

Paddington

PAYSAGES BELGES

« Conquestes du Roy. » (Vieilles estampes.)

WALCOURT

Briques et tuiles,

Ô les charmants

Petits asiles

Pour les amants !

Houblons et vignes,

Feuilles et fleurs,

Tentes insignes

Des francs buveurs !

Guinguettes claires,

Bières, clameurs,

Servantes chères

À tous fumeurs !

Gares prochaines,

Gais chemins grands…

Quelles aubaines,

Bons juifs errants !

Juillet 1873.

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