Le Grand Testament (page 2)

François Villon · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Le Grand Testament · 5 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Quand voyent jeunes pucellettes

En admenez et en requoy,

Lors demandent à Dieu pourquoy

Si tost nasquirent, n’à quel droit ?

Notre Seigneur s’en taist tout coy,

Car, au tanser, il le perdroit.

LES REGRETS

DE LA BELLE HEAULMIÈRE

Jà parvenue à vieillesse.

Advis m’est que j’oy regretter

La belle qui fut heaulmière,

Soy jeune fille souhaitter

Et parler en ceste manière :

« Ha ! vieillesse felonne et fière,

Pourquoy m’as si tost abatue ?

Qui me tient que je ne me fière,

Et qu’à ce coup je ne me tue ?

« Tollu m’as ma haulte franchise

Que beauté m’avoit ordonné

Sur clercz, marchans et gens d’Eglise :

Car alors n’estoit homme né

Qui tout le sien ne m’eust donné,

Quoy qu’il en fust des repentailles,

Mais que luy eusse abandonné

Ce que reffusent truandailles.

« A maint homme l’ay reffusé,

Qui n’estoit à moy grand saigesse,

Pour l’amour d’ung garson rusé,

Auquel j’en feiz grande largesse.

A qui que je feisse finesse,

Par m’ame, je l’amoye bien !

Or ne me faisoit que rudesse,

Et ne m’amoyt que pour le mien.

« Jà ne me sceut tant detrayner,

Fouller au piedz, que ne l’aymasse,

Et m’eust-il faict les rains trayner,

S’il m’eust dit que je le baisasse

Et que tous mes maux oubliasse ;

Le glouton, de mal entaché,

M’embrassoit… J’en suis bien plus grasse !

Que m’en reste-il ? Honte et peché.

« Or il est mort, passé trente ans,

Et je remains vieille et chenue.

Quand je pense, lasse ! au bon temps,

Quelle fus, quelle devenue ;

Quand me regarde toute nue,

Et je me voy si très-changée,

Pauvre, seiche, maigre, menue,

Je suis presque toute enragée.

« Qu’est devenu ce front poly,

Ces cheveulx blonds, sourcilz voultyz,

Grand entr’œil, le regard joly,

Dont prenoye les plus subtilz ;

Ce beau nez droit, grand ne petiz ;

Ces petites joinctes oreilles,

Menton fourchu, cler vis traictis,

Et ces belles lèvres vermeilles ?

« Ces gentes espaules menues,

Ces bras longs et ces mains tretisses ;

Petitz tetins, hanches charnues,

Eslevées, propres, faictisses

A tenir amoureuses lysses ;

Ces larges reins, ce sadinet,

Assis sur grosses fermes cuysses,

Dedans son joly jardinet ?

« Le front ridé, les cheveulx gris,

Les sourcilz cheuz, les yeulx estainctz,

Qui faisoient regars et ris,

Dont maintz marchans furent attaincts ;

Nez courbé, de beaulté loingtains ;

Oreilles pendans et moussues ;

Le vis pally, mort et destaincts ;

Menton foncé, lèvres peaussues :

« C’est d’humaine beauté l’yssues !

Les bras courts et les mains contraictes,

Les espaulles toutes bossues ;

Mammelles, quoy ! toutes retraictes ;

Telles les hanches que les tettes.

Du sadinet, fy ! Quant des cuysses,

Cuysses ne sont plus, mais cuyssettes

Grivelées comme saulcisses.

« Ainsi le bon temps regretons

Entre nous, pauvres vieilles sottes,

Assises bas, à croppetons,

Tout en ung tas comme pelottes,

A petit feu de chenevottes,

Tost allumées, tost estainctes ;

Et jadis fusmes si mignottes !…

Ainsi en prend à maintz et maintes. »

BALLADE DE LA BELLE HEAULMIÈRE

Aux filles de joie.

« Or y pensez, belle Gantière,

Qui m’escolière souliez estre,

Et vous, Blanche la Savetière,

Ores est temps de vous congnoistre.

Prenez à dextre et à senestre ;

N’espargnez homme, je vous prie :

Car vieilles n’ont ne cours ne estre,

Ne que monnoye qu’on descrie.

« Et vous, la gente Saulcissière,

Qui de dancer estes adextre ;

Guillemette la Tapissière,

Ne mesprenez vers vostre maistre ;

Tous vous fauldra clorre fenestre,

Quand deviendrez vieille, flestrie ;

Plus ne servirez qu’un vieil prebstre,

Ne que monnoye qu’on descrie.

« Jehanneton la Chaperonnière,

Gardez qu’ennuy ne vous empestre ;

Katherine la Bouchière,

N’envoyez plus les hommes paistre :

Car qui belle n’est, ne perpetre

Leur bonne grace, mais leur rie.

Laide vieillesse amour n’impetre,

Ne que monnoye qu’on descrie.

ENVOI.

« Filles, veuillez vous entremettre

D’escouter pourquoy pleure et crie

C’est que ne puys remède y mettre,

Ne que monnoye qu’on descrie. »

XLVII.

Ceste leçon icy leur baille

La belle et bonne de jadis ;

Bien dit ou mal, vaille que vaille,

Enregistrer j’ay faict ces ditz

Par mon clerc Fremin l’estourdys,

Aussi rassis que je pense estre…

S’il me desment, je le mauldys :

Selon le clerc est deu le maistre.

XLVIII.

Si aperçoy le grand danger

Là où l’homme amoureux se boute…

Hé ! qui me vouldroit laidanger

De ce mot, en disant : « Escoute !

Se d’aymer t’estrange et reboute

Le barat de celles nommées,

Tu fais une bien folle doubte,

Car ce sont femmes diffamées.

XLIX.

« S’ils n’ayment fors que pour l’argent,

On ne les ayme que pour l’heure.

Rondement ayment toute gent,

Et rient lors quant bourse pleure.

De celles n’est qui ne recoeuvre ;

Mais en femmes d’honneur et nom

Franc homme, se Dieu me sequeure,

Se doit employer ; ailleurs, non. »

L.

Je prens qu’aucun dye cecy,

Si ne me contente-il en rien.

En effect, je concludz ainsy,

Et sy le cuyde entendre bien,

Qu’on doit aymer en lieu de bien.

Asçavoir-mon se ces fillettes,

Qu’en parolles toute jour tien,

Ne furent pas femmes honnestes ?

LI.

Honnestes, si furent vrayement,

Sans avoir reproches ne blasmes.

S’il est vray que, au commencement,

Une chascune de ces femmes

Lors prindrent, ains qu’eussent diffames,

L’une ung clerc, ung lay, l’autre ung moine,

Pour estaindre d’amours les flammes,

Plus chauldes que feu Sainct-Antoine.

LII.

Or firent selon le decret

Leurs amys, et bien y appert ;

Elles aymoient en lieu secret,

Car autre qu’eulx n’y avoit part.

Toutesfois, ceste amour se part :

Car celle qui n’en avoit qu’un

D’icelluy s’eslongne et despart,

Et ayme myeulx aymer chascun.

LIII.

Qui les meut à ce ? J’imagine,

Sans l’honneur des dames blasmer

Que c’est nature feminine,

Qui tout vivement veult aymer.

Autre chose n’y sçay rymer ;

Fors qu’on dit, à Reims et à Troys,

Voire à l’Isle et à Sainct-Omer,

Que six ouvriers font plus que troys.

LIV.

Or ont les folz amans le bond,

Et les dames prins la vollée ;

C’est le droit loyer qu’amours ont ;

Toute foy y est violée,

Quelque doulx baiser n’acollée.

De chiens, d’oyseaulx, d’armes, d’amours,

Chascun le dit à la vollée :

« Pour ung plaisir mille doulours. »

DOUBLE BALLADE

SUR LE MÊME PROPOS.

Pour ce, aymez tant que vouldrez,

Suyvez assemblées et festes,

En la fin jà mieulx n’en vauldrez,

Et sy n’y romprez que vos testes :

Folles amours font les gens bestes :

Salmon en idolatrya ;

Samson en perdit ses lunettes…

Bien heureux est qui rien n’y a !

Orpheus, le doux menestrier,

Jouant de flustes et musettes,

En fut en dangier du meurtrier

Bon chien Cerberus à troys testes ;

Et Narcissus, le bel honnestes,

En ung profond puys se noya,

Pour l’amour de ses amourettes…

Bien heureux est qui rien n’y a !

Sardana, le preux chevalier,

Qui conquist le regne de Crètes,

En voult devenir moulier

Et filer entre pucellettes.

David ly roy, saige prophètes,

Craincte de Dieu en oublya,

Voyant laver cuisses bien faictes…

Bien heureux est qui rien n’y a !

Ammon en voult deshonnorer,

Feignant de manger tartelettes,

Sa sœur Thamar, et deflorer,

Qui fist choses moult deshonnestes ;

Herodes (pas ne sont sornettes)

Sainct Jean-Baptiste en decolla,

Pour dances, saultz et chansonnettes…

Bien heureux est qui rien n’y a !

De moy, pauvre, je veuil parler ;

J’en fuz batu, comme à ru telles,

Tout nud, jà ne le quiers celer.

Qui me feit mascher ces groiselles,

Fors Katherine de Vauselles ?

Noé le tiers ot, qui fut là.

Mitaines à ces nopces telles,

Bien heureux est qui rien n’y a !

Mais que ce jeune bachelier

Laissast ces jeunes bachelettes,

Non ! et, le deust-on vif brusler,

Comme ung chevaucheur d’escovettes.

Plus doulces luy sont que civettes ;

Mais toutesfoys fol s’y fia :

Soient blanches, soient brunettes,

Bien heureux est qui rien n’y a !

LV.

Si celle que jadis servoye

De si bon cueur et loyaument,

Dont tant de maulx et griefz j’avoye,

Et souffroye tant de torment,

Se dit m’eust, au commencement,

Sa voulenté (mais nenny, las !),

J’eusse mys peine aucunement,

De moy retraire de ses las.

LVI.

Quoy que je luy voulsisse dire,

Elle estoit preste d’escouter,

Sans m’accorder ne contredire ;

Qui plus, me souffroit arrester,

Joignant elle près s’accouter ;

Et ainsi m’alloit amusant,

Et me souffroit tout racompter,

Mais ce n’estoit qu’en m’abusant.

LVII.

Abusé m’a, et faict entendre

Tousjours d’ung que ce fust ung aultre ;

De farine, que ce fust cendre ;

D’ung mortier, ung chapeau de feautre ;

De viel machefer, que fust peaultre ;

D’ambesas, que ce fussent ternes…

Toujours trompant ou moy ou aultre,

Et vendoit vessies pour lanternes.

LVIII.

Du ciel, une poisle d’arain ;

Des nues, une peau de veau ;

Du matin, qu’estoit le serain ;

D’un trongnon de chou, ung naveau ;

D’orde cervoise, vin nouveau ;

D’une truie, ung molin à vent ;

Et d’une hart, ung escheveau ;

D’un gras abbé, ung poursuyvant.

LIX.

Ainsi m’ont amours abusé,

Et pourmené de l’uys au pesle.

Je croy qu’homme n’est si rusé,

Fust fin comme argent de crepelle,

Qui n’y laissast linge et drapelle,

Mais qu’il fust ainsi manyé

Comme moy, qui partout m’appelle :

L’Amant remys et renyé.

LX.

Je renye Amours et despite ;

Je deffie à feu et à sang.

Mort par elles me precipite,

Et si ne leur vault pas d’ung blanc.

Ma vielle ay mys soubz le banc ;

Amans je ne suyvray jamais ;

Se jadis je fuz de leur ranc,

Je declaire que n’en suys mais.

LXI.

Car j’ay mys le plumail au vent :

Or le suyve qui a attente ;

De ce me tays dorenevant.

Poursuyvre je vueil mon entente,

Et, s’aucun m’interroge ou tente

Comment d’amours ose mesdire,

Ceste parolle les contente :

« Qui meurt a ses loix de tout dire. »

LXII.

Je cognoys approcher ma soef ;

Je crache, blanc comme cotton,

Jacobins gros comme ung estoeuf :

Qu’est-ce à dire ? que Jehanneton

Plus ne me tient pour valeton,

Mais pour ung vieil usé regnart…

De vieil porte voix et le ton,

Et ne suys qu’ung jeune coquart.

LXIII.

Dieu mercy et Jaques Thibault,

Qui tant d’eau froide m’a faict boyre,

En ung bas lieu, non pas en hault ;

Manger d’angoisse mainte poire ;

Enferré… Quand j’en ay memoire,

Je pry pour luy et reliqua,

Que Dieu luy doint… et voire, voire,

Ce que je pense… et cetera.

LXIV.

Toutesfoys, je n’y pense mal,

Pour luy et pour son lieutenant ;

Aussy pour son official,

Qui est plaisant et advenant,

Que faire n’ay du remenant ;

Mais du petit maistre Robert ?…

Je les ayme, tout d’ung tenant,

Ainsi que faict Dieu le Lombart.

LXV.

Si me souvient, à mon advis,

Que je feis, à mon partement,

Certains lays, l’an cinquante six,

Qu’aucuns, sans mon consentement,

Voulurent nommer Testament ;

Leur plaisir fut, et non le mien :

Mais quoy ! on dit communement,

Qu’un chascun n’est maistre du sien.

LXVI.

S’ainsi estoit qu’aulcun n’eust pas

Receu les lays que je luy mande,

J’ordonne que, après mon trespas,

A mes hoirs en face demande ;

Qui sont-ilz ? si on le demande :

Moreau, Provins, Robin Turgis ;

De moy, par dictez que leur mande,

Ont eu jusqu’au lict où je gys.

LXVII.

Pour le revoquer ne le dy,

Et y courust toute ma terre ;

De pitié en suys refroidy,

Envers le bastard de la Barre :

Parmy ses trois gluyons de foerre,

Je luy donne mes vieilles nattes ;

Bonnes seront pour tenir serre,

Et soy soustenir sur ses pattes.

LXVIII.

Somme, plus ne diray qu’ung mot,

Car commencer veuil à tester :

Devant mon clerc Fremin, qui m’ot

(S’il ne dort), je vueil protester,

Que n’entends homme detester,

En ceste presente ordonnance ;

Et ne la vueil manifester

Sinon au royaulme de France.

LXIX.

Je sens mon cueur qui s’affoiblist,

Et plus je ne puys papier.

Fremin, siez-toy près de mon lict,

Que l’on ne me viengne espier !

Prens tost encre, plume et papier,

Ce que nomme escryz vistement ;

Puys fais-le partout copier,

Et vecy le commancement.

Ici commance Villon à tester.

LXX.

Au nom de Dieu, Père eternel.

Et du Filz que Vierge parit,

Dieu au Père coeternel,

Ensemble et du Sainct Esperit,

Qui saulva ce qu’Adam perit,

Et du pery pare les Cieulx…

Qui bien ce croyt, peu ne merit.

De gens mortz se font petiz Dieux.

LXXI.

Mortz estoient, et corps et ames,

En damnée perdition ;

Corps pourriz, et ames en flammes,

De quelconque condition ;

Toutesfoys, fais exception

Des patriarches et prophètes ;

Car, selon ma conception,

Oncques grand chault n’eurent aux fesses.

LXXII.

Qui me diroit : « Qui te faict mectre

Si très-avant ceste parolle,

Qui n’es en Theologie maistre ?

A toy est presumption folle. »

— C’est de Jesus la parabolle,

Touchant le Riche ensevely

En feu, non pas en couche molle,

Et du Ladre, de dessus ly.

LXXIII.

Si du Ladre eust veu le doy ardre,

Jà n’en eust requis refrigère,

N’au bout d’icelluy doiz aherdre,

Pour refreschir sa maschouëre.

Pions y feront mate chère,

Qui boyvent pourpoinct et chemise.

Puys que boyture y est si chère,

Dieu nous garde de la main mise !

LXXIV.

Ou nom de Dieu, comme j’ay dit,

Et de sa glorieuse Mère,

Sans peché soit parfaict ce dict

Par moy, plus maigre que chimère ;

Si je n’ay eu fièvre effimère,

Ce m’a faict divine clemence ;

Mais d’autre dueil et perte amère

Je me tays, et ainsi commence :

LXXV.

Premier, je donne ma pauvre ame

A la benoiste Trinité,

Et la commande à Nostre Dame,

Chambre de la divinité ;

Priant toute la charité

Des dignes neuf Ordres des cieulx,

Que par eulx soit ce don porté

Devant le Trosne precieux

LXXVI.

Item, mon corps j’ordonne et laisse

A nostre grand mère la terre ;

Les vers n’y trouveront grand gresse :

Trop lui a faict faim dure guerre.

Or luy soit delivré grand erre ;

De terre vint, en terre tourne.

Toute chose, se par trop n’erre,

voulontiers en son lieu retourne.

LXXVII.

Item, et à mon plus que père,

Maistre Guillaume de Villon

Qui m’a esté plus doulx que mère

D’enfant eslevé de maillon ;

Dejetté m’a de maint boillon,

Et de cestuy pas ne s’esjoye,

Si luy requiers à genoillon,

Qu’il m’en laisse toute la joye.

LXXVIII.

Je luy donne ma librairie,

Et le Rommant du Pet au Diable,

Lequel maistre Gui Tabarie

Grossoya, qu’est hom veritable.

Par cayers est soubz une table.

Combien qu’il soit rudement faict,

La matiere est si très notable,

Qu’elle amende tout le meffaict.

LXXIX.

Item, donne à ma bonne mère

Pour saluer nostre Maistresse,

Qui pour moy eut douleur amère,

Dieu le sçait, et mainte tristesse ;

Autre chastel ou fosteresse

N’ay où retraire corps et ame,

Quand sur moy court male destresse,

Ne ma mère, la povre femme !

BALLADE

QUE VILLON FEIT A LA REQUESTE DE SA MÈRE,

POUR PRIER NOSTRE-DAME.

Dame du ciel, regente terrienne,

Emperière des infernaulx palux,

Recevez-moy, vostre humble chrestienne,

Que comprinse soye entre voz esleuz,

Ce non obstant qu’oncques rien ne valuz.

Les biens de vous, ma dame et ma maistresse,

Sont trop plus grans que ne suis pecheresse,

Sans lesquelz biens ame ne peult merir

N’avoir les cieulx, je n’en suis jengleresse.

En ceste foy je vueil vivre et mourir.

A vostre Filz dictes que je suis sienne ;

Que de luy soyent mes pechez aboluz :

Pardonnés moi comme à l’Egyptienne,

Ou comme il feit au clerc Theophilus,

Lequel par vous fut quitte et absoluz,

Combien qu’il eust au diable faict promesse.

Preservez-moy, que je ne face cesse ;

Vierge, pourtant, me vouilliés impartir

Le sacrement qu’on celebre à la messe.

En ceste foy je vueil vivre et mourir.

Femme je suis povrette et ancienne,

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