Conférences aux missionnaires (page 23)
15 février 1658. Du support.
1. Les raisons que nous avons de nous supporter les uns les autres dans nos infirmités.
8 mars 1658. Du jeûne.
1. Les raisons qui nous obligent de nous donner à Dieu pour tâcher d’observer le jeûne en la manière que Notre-Seigneur l’a observé.
2. En quelle manière nous devons estimer que Notre-Seigneur a observé le jeûne.
15 mars 1658. Du lever.
1. Les raisons que nous avons d’être ponctuels à nous lever à 4 heures, au premier son de la cloche, et de nous trouver avec la Compagnie pour faire l’oraison.
2. Ce qu’il faut faire pour se bien établir en cette pratique et ne se jamais relâcher.
22 mars 1658. De l’esprit de pénitence.
1. Les raisons que nous avons de demander à Dieu qu’il nous donne l’esprit de pénitence.
5 avril 1658. De bien faire ses actions.
1. Les raisons que nous avons de nous donner à Dieu pour bien faire toutes nos actions ordinaires.
2. Quelles sont les conditions et circonstances desquelles elles doivent être accompagnées pour être bien faites.
10 mai 1658. Du relâchement en la vertu.
1. Les raisons que nous avons d’appréhender de tomber dans le relâchement.
2. En quoi principalement les missionnaire doivent craindre de se relâcher.
14 juin 1658. De la fête de la Sainte Trinité
1. Les raisons que nous avons de bien honorer ce mystère et de bien célébrer la fête.
21 et 28 juin 1658. Des infirmités.
1. Les motifs que nous avons de nous donner à Dieu pour faire bon usage de nos infirmités.
1. Les motifs.
2. Quelles sont les choses dans lesquelles nous devons supporter le prochain.
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3. Les moyens de se bien supporter l’un l’autre en toutes occasions.
Pendant deux semaines, le salut qu’on disait, le soir, pour la santé du roi a empêché la conférence.
1. Les motifs de ne s’en entretenir.
2. Les occasions dans lesquelles on y tombe plus ordinairement et en combien de façons.
3. Les moyens de nous en corriger.
2 et 9 août 1658. De l’agrément des états auxquels Dieu nous met.
1. Les motifs que nous avons d’agréer les divers états auxquels il plaît à sa divine Majesté de nous mettre.
2. Quels sont ces divers états, tant de l’âme que du corps, dans les emplois différents.
1. Les motifs de le garder exactement.
2. Quels sont les temps et les lieux où il doit être mieux observé, et les fautes que l’on fait contre.
3 octobre 1658. Des retraites.
Même division que ci-dessus.
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11, 18, 25 octobre, 8 et 15 novembre 1658. De la médisance.
1. Les motifs et grandes raisons de la bannir
2. Les moyens efficaces. En cette conférence, M. Vincent demanda à chacun un moyen pratique, qu’il fit écrire, il la fit continuer cinq fois de suite, à la dernière, il parla une heure son discours a été recueilli.
21 et 28 mars 1659. M. Vincent a expliqué les règles.
Le 28 mars, à la fin de l’explication des règles, M. Vincent assigna au lundi suivant, jour extraordinaire, une conférence sur la manière de bien passer le saint temps de la passion, aimant mieux faire une conférence à un jour extraordinaire, que de laisser passer ces saints jours sans exciter la Compagnie à les bien passer.
1. Les motifs d’assister au chapitre avec esprit
2. Dans quel esprit nous devons nous accuser avertir, être avertis et recevoir les avis du supérieur
4 juillet 1659. Des conférences.
1. Les raisons qui obligent la Compagnie a faire grand état des conférences qu’elle fait.
2. Ce qu’il faut faire devant, durant et après pour en profiter.
3. Les moyens de l’acquérir.
[5 août 1659. Sur la théologie morale, la prédication, le catéchisme et l’administration des sacrements.] (2)
3. Les moyens de nous rendre saints.
[7, 14, 21 et 28 novembre, 5, 12 et 19 décembre 1659. M. Vincent a expliqué les règles.]
16 janvier 1660. Des sorties en ville.
1 Les motifs qui obligent de se bien comporter en ville, tant ceux qui sortent que ceux qui les accompagnent.
2. Ce que les uns et les autres doivent faire en allant étant dans les maisons, en revenant et étant dé retour.
30 janvier 1660. Du baptême.
1. Les raisons de penser à la grâce reçue au saint baptême et aux obligations que nous y avons contractées.
3. Les moyens d’entrer dans cet esprit.
20 février 1660. Des vertus de M. Portail, premier compagnon de M. Vincent et, depuis, son secrétaire.
1. Les raisons que la Compagnie a de louer Dieu de la grâce
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qu’il lui fait de donner attrait à tant de personnes pour venir céans faire la retraite et de correspondre à cette grâce.
2. Les fautes qu’elle y peut faire et qu’elle doit éviter.
3. Ce qu’elle doit faire et les moyens de coopérer à cette grâce. Il y avait alors à Saint-Lazare trente exercitants : dix-huit ecclésiastiques et douze ou quinze laïques.
21 mai 1660. De la dévotion au Saint Sacrement.
28 mai, 4, 18 et 25 juin. Des vertus de feu M. l’abbé de Chandenier, abbé de Tournus, mort en Savoie, revenant de Rome, où il était allé par pure dévotion.
1. Les raisons qui nous obligent à nous entretenir des hautes et héroïques vertus qui ont paru en feu M. l’abbé de Chandenier, notre bienfaiteur.
2. Quelles sont celles que l’on a remarquées et les plus beaux actes particuliers.
3. Quel profit nous en pouvons retirer et en quoi nous le pouvons imiter.
Le reste des conférences jusqu’à la mort de M. Vincent a été l’explication des règles.
(S. V. XII, 42)
Conférence du 23 août 1658
Sur la sobriété
Manuscrit des Répétitions d'Oraison, f° 76 v° et suiv.
(S. V. XII, 43)
<Passage omis dans le tome XII, page 43. M. Coste l’a tapé à la machine et inséré dans son exemplaire, sans indication de source. Cela se trouve probablement dans le manuscrit lui-même, mais M. Coste aura hésité à livrer un tel morceau au public, comme il l’a fait pour d’autres passages touchant les mœurs, qu’il insérait dans son propre exemplaire. >
… tomberait à terre comme une pierre …
- Mais, Monsieur, me dira-t-on, ce que vous dites là est bon à dire à des paysans et à des gens qui tombent dans ce vice; mais la Compagnie de la Mission, laquelle fait profession de la vertu et de prêcher contre ce vice, qui est-ce qui vous meut à lui tenir ce langage?
- Mes frères, je vous dis ceci pource que Dieu a permis qu'il y en a eu d'autrefois dans la Compagnie qui ont tombé dans ce vice de l'ivrognerie. Et je vous dis bien davantage, qu'il y en a encore maintenant quelqu'un dans la Compagnie qui est aussi tombé dans ce malheur depuis peu.
Et c'est la seconde raison, laquelle nous doit porter à nous contregarder de ce même vice et à le contrecarrer par la pratique de la vertu qui lui est opposée, qui est la tempérance et sobriété au boire.
- Quoi! il y a eu des missionnaires qui sont tombés en cet état!
- Oui.
- Quoi! vous dites qu'il y en a encore à présent dans cette même Compagnie, qui sont tombés dans cette faute!
- Oui, je le dis. Et cela est arrivé depuis peu.
- Eh! mais, Monsieur, eh! quoi! souffrez-vous cela? Quoi! ne rejetez-vous pas ces gens-là hors de la Compagnie?
- Non.
- Eh! mais, Monsieur, quoi donc! quel scandale vous souffrez qu'il arrive! Quoi, que leur faites-vous donc ?
- Je les avertis de se corriger, je tâche de les porter à changer de vie. Que s'ils ne le font pas, Dieu ne permet point qu'ils y demeurent davantage, et [ils] s'en retirent d'eux-mêmes.
- Mais, Monsieur, avez-vous expérience de ce que vous dites là, qu'ils ne peuvent demeurer dans la Compagnie et qu'ils sont contraints de s'en retirer d'eux-mêmes?
- Oui, j'en ai l'expérience, et il en arrive comme de ces corps morts qui sont dans la mer, lesquels n'y demeurent pas, mais en sont rejetés. De même arrive-t-il en la Compagnie, laquelle se purge bientôt de telles gens, lorsqu'il s'y en rencontre, Dieu ne les y pouvant souffrir.
En voici quelques-uns.
Un certain prêtre de la Compagnie, sortant de la même Compagnie, s'en alla trouver un <évêque> et lui dit: "je suis missionnaire". - "Oui, vous êtes missionnaire", lui répondit ce <prélat>. "à la bonne heure. Je suis bien aise de cela. Or sus, nous commencerons par vous donner une telle paroisse à gouverner; et puis ensuite, selon que vous y réussirez, nous verrons à vous donner autre chose plus considérable".
Cet homme n'eut pas été quasi trois semaines en ce lieu qu'il commença à se laisser aller à ce vice d'ivrognerie, et puis ensuite aux femmes; car cela va là pour l'ordinaire.
Cependant, voilà un missionnaire; pour le moins, il se dit missionnaire; et à ce seul nom l'on lui donne un emploi; et voilà qu'il en vient à ce pitoyable état que je vous viens de dire.
Il me souvient d'un certain prêtre, qui vint ici faire sa retraite; mais, comme c'était un estomac aviné, qui était accoutumé à boire beaucoup de vin, oh! dame! il fit bientôt paraître ce qu'il était. L'on l'avertit; il s'en corrigea un peu; mais enfin, ne pouvant pas se surmonter lui-même en ce vice, qui est pourtant le plus facile de tous, il se retira.
Il m'en vient encore un autre en l'esprit, lequel tomba dans ce malheur que de s'enivrer, mais s'enivrer en sorte qu'il le fallait mener par-dessous les bras, tombant tantôt de çà et tantôt de là, et cela, étant à la campagne. L'on dit: "Qui est-ce? qui est-ce?" - "C'est un missionnaire". L'on prie M. le curé du lieu de le vouloir retirer chez lui. Il le fait avec beaucoup de douleur de voir ce qu'il voyait. Le lendemain, il s'en revient ici. Enfin il fallut sortir; car quel moyen de souffrir de telles gens qui ne sont propres qu'à faire du mal et à scandaliser; car, dites-moi, à quoi est propre un homme qui se laisse aller à l'ivrognerie? et comment est-ce qu'il travaillera à purger les pauvres gens de la campagne de ce vice, si lui-même ne l'est pas? Quoi! un missionnaire s'en va prêcher le pauvre peuple qu'il ne faut point s'enivrer et que c'est un grand péché; et lui-même cependant se laisse aller à tomber dans le même mal! Allez, allez, c'est se moquer. Il faut qu'il s'en amende lui-même, qu'il renonce à cette idolâtrie qu'il a pour son ventre; il faut qu'il se corrige lui-même; et puis, après qu'il sera bien établi dans la vertu contraire à ce vice, il ira prêcher les autres.
En marge: Nota qu'il rapporta en latin un passage qui fait mention de ceux qui sont idolâtres de leur ventre. <Probablement Philipp. 3, 19: "quorum deus venter est"
à propos, il y en a un certain dans la Compagnie … <suite à la p. 43 >