Commonitorium
Chapitre II
Mais, en l'Église catholique, on doit avoir grand soin de s'en tenir à ce qui a été cru dans tous les lieux, dans tous les temps et par tous les fidèles. Car, voilà ce qui est vraiment et proprement catholique, comme le déclare la force et le sens du mot, qui embrasse presque tout universellement. Or, nous serons catholiques, si nous suivons l'universalité, l'antiquité, le consentement. Nous suivrons l'universalité, si nous reconnaissons pour la seule vraie foi, celle que toute l'Église confesse dans l'univers entier ; l'antiquité, si nous ne nous éloignons en rien des sentimens que l'on sait avoir été ceux de nos saints aïeux et de nos pères ; le consentement enfin, si, dans cette ancienneté de la foi, nous professons les définitions et les enseignemens de tous ou de presque tous les Prêtres et Docteurs.
Chapitre XXIII
Quelqu'un dira peut-être : Ne peut-il donc y avoir de progrès pour la Religion dans l'Église du Christ ? — Qu'il y en ait, et qu'il y en ait beaucoup. Mais il faut néanmoins que ce soit vraiment un progrès, et non pas un changement. Ce qui constitue le progrès d'une chose, c'est qu'elle prenne de l'accroissement, sans changer d'essence ; ce qui en fait au contraire le changement, c'est qu'elle passe d'une nature à une autre. Il est donc nécessaire que l'intelligence, la science, la sagesse de chacun comme de tous, d'un seul homme comme de l'Église entière, suivant l'âge et le siècle, croissent et grandissent beaucoup, mais toutefois en leur espèce ; c'est-à-dire, en conservant la même doctrine, le même sens, la même pensée.