Acte et puissance

Chapitre 1 : L'outillage métaphysique · cours « Philosophie I » · 7 questions

Ce qui est en puissance et ce qui est en acte : la clef pour comprendre tout mouvement et tout devenir.

Aristote

Actus et Potentia

La solution au changement

Le couple acte-puissance est peut-être le concept le plus fondamental de toute la philosophie d'Aristote. Avant lui, les philosophes grecs butaient sur un problème apparemment insoluble : comment expliquer le changement ? Parménide avait déclaré que le mouvement est impossible, car l'être ne peut venir du non-être. Héraclite, à l'opposé, affirmait que tout est mouvement, que rien ne demeure. Aristote résout le dilemme par une distinction lumineuse : entre l'être et le non-être, il y a l'être en puissance.

Le gland est un chêne en puissance. Le mouvement est le passage de la puissance à l'acte.

Testez-vous : 7 questions

1. Le gland est un chêne :

  • En puissance
  • En acte
  • En accident
  • En substance
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Réponse : En puissance

Le gland est un chêne en puissance : il possède la capacité réelle de devenir un chêne mais ne l’est pas encore en acte. La distinction acte/puissance permet à Aristote d’expliquer le changement sans tomber dans les apories de Parménide.

2. Comment Aristote définit-il le mouvement ?

  • Puissance vers acte
  • Flux perpétuel
  • Illusion des sens
  • Création ex nihilo
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Réponse : Puissance vers acte

Aristote définit le mouvement comme « l’acte de ce qui est en puissance en tant qu’il est en puissance » (Physique III, 1). C’est le passage de la puissance à l’acte : le gland qui devient chêne est en mouvement vers sa forme achevée.

3. Quel philosophe niait la réalité du changement avant Aristote ?

  • Héraclite
  • Parménide
  • Platon
  • Socrate
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Réponse : Parménide

Parménide niait la réalité du changement en affirmant que l’être est et que le non-être n’est pas. Si le changement implique le passage du non-être à l’être, il est impossible. Aristote a résolu cette aporie par la distinction acte/puissance.

4. Tout ce qui est mû est mû par un ____.

  • Autre
  • Acte
  • Moteur
  • Principe
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Réponse : Autre

Ce principe est le fondement de la première voie de saint Thomas : tout ce qui est mû est mû par un autre (omne quod movetur ab alio movetur). Rien ne peut se donner à soi-même ce qu’il n’a pas encore.

5. Dieu est Acte pur, c’est-à-dire sans aucune puissance non réalisée.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Vrai

Dieu est Acte pur (actus purus), c’est-à-dire qu’il ne possède aucune puissance non réalisée, aucune potentialité. Il est pleinement et parfaitement ce qu’il est, sans possibilité de changement ni de devenir. C’est pourquoi il est le Premier Moteur immobile.

6. Quelle voie de la Somme théologique utilise l’argument du mouvement ?

  • La deuxième voie
  • La première voie
  • La troisième voie
  • La cinquième voie
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Réponse : La première voie

La première des cinq voies de la Somme théologique (Ia, q. 2, a. 3) utilise l’argument du mouvement : tout ce qui est mû est mû par un autre, et il faut remonter à un Premier Moteur immobile, qui est Dieu.

7. Un caillou peut devenir un chêne.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Faux

Un caillou ne peut devenir un chêne car il n’en a pas la puissance (potentialité). Seul le gland possède en puissance la forme du chêne. Le passage de la puissance à l’acte est limité par la nature de chaque être.

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Dans ce chapitre : L'outillage métaphysique

  1. Les quatre causes d'Aristote
  2. Acte et puissance
  3. Substance et accidents
  4. Les universaux et le nominalisme