Génération et corruption
Naître et mourir : le changement le plus radical, celui qui touche la substance même des êtres.
Generatio et Corruptio
Les changements radicaux
La génération et la corruption sont les changements les plus radicaux qui puissent affecter un être. Aristote leur consacre un traité entier, le De Generatione et Corruptione, où il en expose les principes.
- Dans la génération, un être substantiel nouveau apparaît : un animal naît, une plante germe, un composé chimique se forme.
- Dans la corruption, un être substantiel cesse d'exister : un animal meurt, un fruit pourrit, un composé se décompose.
Ce qui change ici, ce n'est pas simplement une qualité ou une quantité, c'est l'être lui-même. C'est ce qui distingue la génération substantielle de la simple altération : dans l'altération, le sujet demeure et seuls ses accidents changent, tandis que dans la génération, c'est la forme substantielle elle-même qui change.
La loi de la nature
Aristote montre que dans la nature, la génération d'un être est toujours la corruption d'un autre, et inversement. Quand le bois brûle, il cesse d'être du bois (corruption) et devient de la cendre et du gaz (génération de nouvelles substances). Toute génération naturelle suppose une matière préexistante qui perd une forme pour en recevoir une autre. La nature ne connaît pas de création à partir de rien : elle transforme ce qui existe déjà.
Contingence et Créateur
Ce cycle incessant de génération et de corruption manifeste non pas la nécessité, mais au contraire la contingence du monde matériel. Rien ici-bas n'est nécessaire : tout naît et périt, tout est fragile et passager. Cette fragilité universelle nous conduit à reconnaître notre dépendance envers le Créateur. Seul Dieu est l'Être nécessaire, et Lui seul peut créer ex nihilo, à partir de rien. La création à partir de rien est un acte de puissance infinie qui transcende entièrement l'ordre naturel et appartient à Dieu seul, au-delà de toute génération et de toute corruption.
La génération d'un être est toujours la corruption d'un autre : dans la nature, rien ne vient de rien, toute naissance suppose une transformation.
Testez-vous : 7 questions
1. Comment s’intitule le traité d’Aristote consacré à ce sujet ?
- De Generatione & Corruptione
- De Anima
- Les Météorologiques
- La Physique
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Réponse : De Generatione & Corruptione
Aristote consacre un traité entier à la génération et la corruption : le De Generatione et Corruptione. Il y montre que la génération d’un être est toujours la corruption d’un autre, et inversement.
2. Dans la nature, la génération d’un être est toujours la corruption d’un autre.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Vrai
Aristote montre que génération et corruption sont corrélatives : quand la nourriture est digérée, elle cesse d’être aliment (corruption) et devient chair vivante (génération). Toute génération naturelle suppose une matière qui perd une forme pour en recevoir une autre.
3. Dans la nature, toute génération suppose une matière ____ qui change de forme.
- préexistante
- nouvelle
- divine
- éternelle
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Réponse : préexistante
La nature ne connaît pas de création à partir de rien. Toute génération naturelle suppose une matière préexistante qui perd une forme pour en recevoir une autre. Seul Dieu crée ex nihilo (à partir de rien).
4. Qu’est-ce qui distingue la génération substantielle de l’altération ?
- Forme substantielle change
- Seules les qualités changent
- La quantité augmente
- Le corps se déplace
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Réponse : Forme substantielle change
Dans l’altération, le sujet demeure et seuls ses accidents (qualités) changent. Dans la génération substantielle, c’est la forme substantielle elle-même qui change : l’être devient un autre être. Le bois brûlé devient cendre : c’est un changement de substance.
5. Du bois qui brûle et devient cendre : quel type de changement est-ce ?
- Corruption et génération
- Un mouvement local
- Simple altération de qualité
- Une augmentation de quantité
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Réponse : Corruption et génération
Le bois qui brûle cesse d’être du bois (corruption) et devient de la cendre et du gaz (génération de nouvelles substances). C’est un changement substantiel, non une simple altération de qualité.
6. Le cycle incessant de génération et corruption manifeste la nécessité absolue du monde matériel.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Faux
Le cycle de génération et corruption manifeste au contraire la contingence du monde matériel : rien ici-bas n’est nécessaire, tout naît et périt. Seul Dieu est l’Être nécessaire. Cette fragilité nous conduit à reconnaître notre dépendance envers le Créateur.
7. Qui seul peut créer ex nihilo, c’est-à-dire à partir de rien ?
- Dieu
- L’âme
- La nature
- L’artisan
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Réponse : Dieu
Seul Dieu crée ex nihilo, à partir de rien. Dans la nature, toute génération suppose une matière préexistante. La création à partir de rien est un acte de puissance infinie qui transcende l’ordre naturel et appartient à Dieu seul.
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Dans ce chapitre : Le mystère du changement
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- Les types de changement
- Génération et corruption
- L'altération et le mouvement local