Le mystère du changement

Chapitre 5 : Le mystère du changement · cours « Philosophie Naturelle » · 7 questions

Comment expliquer que les choses deviennent autres tout en restant quelque chose ?

Héraclite

Mysterium mutationis

L'énigme du changement

Le problème le plus difficile de la philosophie de la nature est celui du changement. Comment les choses changent-elles ? Comment quelque chose de nouveau apparaît-il ? Cette question a tourmenté les premiers philosophes grecs, et deux d'entre eux ont donné des réponses opposées qui semblaient toutes deux irréfutables.

Parménide et Héraclite

Parménide d'Élée, le premier, affirme que le changement est tout simplement impossible. Son raisonnement est implacable : « L'être est, et le non-être n'est pas. » Si rien ne peut venir du néant (et du néant pur, effectivement, rien ne sort), alors aucune nouveauté véritable ne saurait apparaître dans le monde. Toute apparence de changement serait une illusion de nos sens. À l'opposé, Héraclite d'Éphèse soutient que tout coule sans cesse. « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », dit-il. Le feu est son symbole par excellence : tout brûle, tout se transforme, rien ne demeure. Pour Héraclite, seul le changement est réel, et la stabilité n'est qu'apparence.

La solution d'Aristote

Comment sortir de cette impasse ? C'est Aristote qui découvre la solution décisive. Il distingue deux modes réels de l'être : l'acte et la puissance. L'être en puissance désigne ce qu'une chose peut devenir mais qu'elle n'est pas encore. Ainsi le gland est un chêne en puissance : il n'est pas encore chêne en acte, mais il porte en lui cette capacité réelle. La puissance n'est ni le pur néant ni l'être achevé ; elle est un « milieu » authentique entre les deux. Le changement, dès lors, n'est pas le passage impossible du néant à l'être, mais le passage de la puissance à l'acte. Parménide avait partiellement raison (du néant absolu, rien ne peut sortir), mais il ignorait que l'être se dit de plusieurs manières. Acte et puissance sont deux modes réels de l'être, et cette distinction est la clé qui résout le paradoxe du changement.

Le changement n'est pas le passage du néant à l'être, mais de la puissance à l'acte : voilà la solution d'Aristote

Testez-vous : 7 questions

1. Que dit Parménide sur le changement ?

  • Il est une illusion
  • Il est le seul réel
  • Il est impossible
  • Il vient du hasard
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Réponse : Il est impossible

Parménide affirme que le changement est impossible : « L’être est et le non-être n’est pas. » Du néant rien ne sort ; donc rien de nouveau ne peut apparaître.

2. Que dit Héraclite sur le changement ?

  • Tout coule sans cesse
  • Seul Dieu change
  • Tout est immobile
  • Rien ne change jamais
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Réponse : Tout coule sans cesse

Héraclite affirme que tout coule (panta rhei) : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » Pour lui, seul le changement est réel.

3. Qu’est-ce que l’être en puissance ?

  • Ce qui peut advenir
  • Ce qui a déjà été
  • Ce qui est ici présent
  • Ce qu’une chose refuse
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Réponse : Ce qui peut advenir

L’être en puissance est ce qu’une chose peut devenir mais n’est pas encore. Le gland est un chêne en puissance. La puissance est un mode réel de l’être.

4. Comment Aristote résout-il le problème du changement ?

  • En niant le mouvement
  • Par l’acte et la puissance
  • En suivant Héraclite
  • Par la forme et la fin
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Réponse : Par l’acte et la puissance

Le changement n’est pas le passage du néant à l’être, mais de la puissance à l’acte. La puissance est le « milieu » entre l’être et le néant.

5. Quel est le symbole d’Héraclite ?

  • L’air
  • La terre
  • L’eau
  • Le feu
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Réponse : Le feu

Le feu est le symbole d’Héraclite : tout brûle et se transforme sans cesse.

6. En quoi Parménide a-t-il partiellement raison ?

  • Du néant, rien ne sort
  • Le changement est un rêve
  • L’être est immuable
  • Les sens nous trompent
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Réponse : Du néant, rien ne sort

Parménide a raison : du néant pur, rien ne peut sortir. Mais il ignorait que l’être se dit de plusieurs manières.

7. Que signifie « l’être se dit de plusieurs manières » ?

  • Acte et puissance
  • L’être est univoque
  • Chaque langue a son mot
  • L’être a plusieurs noms
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Réponse : Acte et puissance

« L’être se dit de plusieurs manières » : cette formule d’Aristote est la clé du problème. Acte et puissance sont deux modes réels de l’être.

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Dans ce chapitre : Le mystère du changement

  1. Le mystère du changement
  2. Les types de changement
  3. Génération et corruption
  4. L'altération et le mouvement local