La largesse : donner sans compter
La générosité du prince, qui distribue ses biens pour le bien de tous.
La largesse, donner sans compter
Largitas Regia
Le fleuve et le marécage
La largesse (en latin largitas) est la vertu qui pousse le prince à donner généreusement de ses biens à ceux qui en ont besoin et à ceux qui le servent fidèlement. Dans le monde médiéval, cette vertu est considérée comme l'un des plus beaux ornements du roi. Sedulius Scotus, lettré irlandais du IXe siècle, écrit dans son De Rectoribus Christianis que le roi généreux est comme un fleuve qui arrose les terres qu'il traverse : partout où il passe, il fait naître la vie. L'avare, au contraire, est comme un marécage : il retient tout, et tout pourrit autour de lui. Cette image est saisissante : le bien qui ne circule pas se corrompt, exactement comme l'eau stagnante qui croupit dans un bassin fermé.
L'intendant de Dieu
Le fondement scripturaire de la largesse royale se trouve dans la parole du Christ : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8). Tout ce que le prince possède (terres, richesses, puissance) vient de Dieu. Il en est l'intendant, non le propriétaire. La générosité n'est donc pas une option pour le souverain chrétien, mais un devoir sacré qui découle de la gratuité même de la grâce divine.
Largesse et prodigalité
Toutefois, la largesse ne doit pas être confondue avec la prodigalité. La différence est essentielle : la largesse est ordonnée, elle donne avec mesure et discernement, selon les besoins réels et les mérites de chacun. La prodigalité, elle, jette l'or au vent sans réflexion. La générosité folle ruine le royaume ; la générosité sage le consolide et le fortifie.
Le prix de l'avarice
C'est pourquoi le roi large s'attache la fidélité sincère de son peuple. Celui qui donne généreusement inspire la gratitude et le dévouement, créant autour de lui un cercle de fidèles prêts à le servir par amour. Au contraire, l'avare est méprisé dans la société médiévale, jugé indigne de commander. Les chroniqueurs médiévaux blâment l'avarice comme un vice honteux, incompatible avec la dignité royale. Un roi qui garde tout pour lui ne mérite pas que ses sujets meurent pour lui.
Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement (Mt 10,8)
Testez-vous : 8 questions
1. Comment appelle-t-on en latin la vertu de générosité du prince ?
- Caritas
- Largitas
- Justitia
- Magnanimitas
Voir la réponse
Réponse : Largitas
La largesse se dit largitas en latin. C’est la vertu qui pousse le prince à donner généreusement de ses biens à ceux qui en ont besoin et à ceux qui le servent fidèlement.
2. À quoi Sedulius Scotus compare-t-il le roi généreux ?
- À un soleil
- À un fleuve
- À un arbre
- À une montagne
Voir la réponse
Réponse : À un fleuve
Sedulius Scotus compare le roi généreux à un fleuve qui arrose les terres qu’il traverse : partout où il passe, il fait naître la vie. Le bien doit circuler comme l’eau vive.
3. Que dit le Christ en Mt 10,8 sur la gratuité du don ?
- Donnez avec mesure
- Donnez aux pauvres
- Donnez gratuitement
- Donnez sans compter
Voir la réponse
Réponse : Donnez gratuitement
Le Christ enseigne à ses apôtres : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8). Tout ce que le prince possède vient de Dieu : il doit le faire fructifier pour tous, non le garder pour lui.
4. Quelle est la différence entre la largesse et la prodigalité ?
- Elle est ordonnée
- Elle donne davantage
- Elle est plus rare
- Elle suit l’usage
Voir la réponse
Réponse : Elle est ordonnée
La largesse donne avec ordre et mesure, selon les besoins et les mérites. La prodigalité jette l’or au vent sans discernement. La générosité folle ruine le royaume ; la générosité sage le consolide.
5. À quoi Sedulius Scotus compare-t-il le roi avare ?
- À un désert
- À une forteresse
- À un marécage
- À un puits sec
Voir la réponse
Réponse : À un marécage
L’avare est comparé à un marécage : il retient tout, et tout pourrit autour de lui. L’image est saisissante : le bien qui ne circule pas se corrompt, comme l’eau stagnante.
6. Pourquoi la largesse s’attache-t-elle la fidélité du peuple ?
- Elle inspire gratitude
- Le peuple craint le roi
- Elle achète la loyauté
- Elle libère les hommes
Voir la réponse
Réponse : Elle inspire gratitude
Le roi large crée autour de lui un cercle de gratitude et de dévouement. Un roi qui donne généreusement inspire une fidélité sincère, tandis que celui qui garde tout pour lui ne mérite pas qu’on meure pour lui.
7. Pourquoi l’avare est-il méprisé dans la société médiévale ?
- Il est faible
- Il est pauvre
- Indigne de commander
- Esclave de l’or
Voir la réponse
Réponse : Indigne de commander
L’avare est jugé indigne de commander. Les chroniqueurs médiévaux blâment l’avarice comme un vice honteux, incompatible avec la dignité royale. Un roi doit donner pour être digne de recevoir la fidélité de ses sujets.
8. Pourquoi peut-on dire que le bien qui ne circule pas se corrompt ?
- Comme l’eau stagnante
- Il perd toute sa valeur
- Il est rapidement volé
- Il finit oublié de tous
Voir la réponse
Réponse : Comme l’eau stagnante
L’image du marécage de Sedulius est profonde : comme l’eau qui ne coule pas devient stagnante et pourrit, les richesses gardées égoïstement ne profitent à personne et corrompent celui qui les retient. Le bien est fait pour circuler.
Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›
Dans ce chapitre : Piété et Humilité
- La piété du prince : Dieu d'abord
- L'humilité du puissant : le roi à genoux
- La largesse : donner sans compter