Justice et engagement
La justice sociale appelle l'engagement concret des chrétiens dans la cité pour transformer les structures injustes.
Iustitia et Opera
Les trois formes de justice
La justice, selon l'enseignement de l'Église, se décline en trois formes complémentaires. La justice commutative règle les échanges entre personnes : elle exige l'égalité stricte dans les transactions : rendre à chacun ce qui lui est dû, payer le prix convenu, respecter les contrats. Saint Thomas la définit comme la vertu qui ordonne les rapports de personne à personne (IIa-IIae, q. 61, a. 1). La justice distributive concerne la répartition des biens communs par l'autorité : elle demande que chacun reçoive selon ses besoins et ses mérites. La justice sociale, enfin, vise les conditions qui permettent à chaque personne d'obtenir ce qui lui revient : elle appelle à réformer les structures injustes.
Les œuvres de miséricorde
L'Évangile de Matthieu (25, 35-36) rapporte les paroles du Seigneur au Jugement dernier : « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais étranger et vous m'avez recueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venu à moi. » Ces paroles fondent les œuvres de miséricorde corporelles, au nombre de sept selon la tradition catéchétique :
- nourrir les affamés
- donner à boire aux assoiffés
- vêtir ceux qui sont nus
- accueillir les étrangers
- visiter les malades
- visiter les prisonniers
- ensevelir les morts
Elles s'adressent au corps souffrant du prochain, en qui le chrétien reconnaît le visage même du Christ.
Subsidiarité et justice sociale
Le pape Pie XI, dans son encyclique Quadragesimo Anno (1931), a formulé avec une clarté décisive le principe de subsidiarité : ce que les personnes et les communautés plus petites peuvent accomplir par elles-mêmes ne doit pas leur être retiré par une autorité supérieure. Ce principe organise la société par corps intermédiaires (familles, paroisses, corporations, communes) afin que chaque échelon exerce la responsabilité qui lui revient. La justice sociale, quant à elle, ne se contente pas de régler des échanges particuliers ni de distribuer des aumônes : elle vise à réformer les structures mêmes de l'injustice, afin que les conditions de la vie commune permettent à chaque personne humaine d'obtenir ce qui lui est dû selon sa dignité de créature faite à l'image de Dieu.
Justice commutative, distributive et sociale : le chrétien transforme la société par la vertu et les œuvres de miséricorde (Mt 25,35-36)
Testez-vous : 7 questions
1. Quelle forme de justice règle les échanges entre personnes ?
- La justice commutative
- La distributive
- La justice pénale
- La justice sociale
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Réponse : La justice commutative
La justice commutative règle les échanges entre personnes et exige l’égalité stricte dans les transactions. Saint Thomas la définit comme la vertu qui ordonne les rapports de personne à personne (IIa-IIae, q. 61, a. 1). C’est la forme la plus fondamentale de la justice.
2. Que concerne la justice distributive ?
- Les peines judiciaires
- Les contrats privés
- Le commerce extérieur
- Les biens communs
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Réponse : Les biens communs
La justice distributive concerne la répartition des biens communs par l’autorité publique. Elle demande que chacun reçoive selon ses besoins et ses mérites, en vue du bien commun. Elle se distingue de la justice commutative qui règle les échanges privés.
3. Dans Mt 25,35-36, quelles œuvres Notre-Seigneur mentionne-t-Il ?
- Les dix commandements
- Les béatitudes
- Les sept sacrements
- Les œuvres corporelles
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Réponse : Les œuvres corporelles
Dans le récit du jugement dernier (Mt 25,35-36), Notre-Seigneur énumère les œuvres de miséricorde corporelles : nourrir, donner à boire, accueillir l’étranger, vêtir, visiter les malades et les prisonniers. Le Catéchisme de Trente y ajoute l’ensevelissement des morts.
4. Quel principe de Pie XI organise la société par corps intermédiaires ?
- La subsidiarité
- La solidarité
- La laïcité
- La tolérance
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Réponse : La subsidiarité
Pie XI, dans Quadragesimo Anno (1931), formule le principe de subsidiarité : ce que les corps inférieurs (familles, corporations) peuvent accomplir ne doit pas être repris par une autorité supérieure. Ce principe protège les libertés concrètes contre la centralisation excessive.
5. Laquelle est une œuvre de miséricorde corporelle ?
- Enseigner
- Consoler
- Visiter les malades
- Prier pour les morts
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Réponse : Visiter les malades
Visiter les malades est l’une des sept œuvres de miséricorde corporelles. Elle répond à l’appel du Christ : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25,36).
6. Combien d’œuvres de miséricorde corporelles y a-t-il ?
- Douze
- Cinq
- Dix
- Sept
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Réponse : Sept
Il y a sept œuvres de miséricorde corporelles : nourrir, abreuver, vêtir, héberger, visiter les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts.
7. Que vise la justice sociale selon la DSE ?
- Régler les échanges
- Réformer l’injustice
- Supprimer l’inégalité
- Distribuer l’aumône
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Réponse : Réformer l’injustice
La justice sociale vise les conditions structurelles qui permettent à chaque personne d’obtenir ce qui lui revient. Pie XI, dans Quadragesimo Anno, enseigne qu’elle appelle à réformer les structures injustes de la société selon l’ordre voulu par Dieu.
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Dans ce chapitre : Travail, économie et justice sociale
- La théologie du travail
- L'économie et l'homme
- Justice et engagement