La clémence : savoir pardonner

Chapitre 2 : Justice et Clémence · cours « Miroirs des Princes » · 8 questions

La miséricorde du prince, reflet de la miséricorde divine envers les pécheurs.

Miséricorde

La clémence, savoir pardonner

Clementia regis

La vertu qui tempère

La clémence est la vertu royale par excellence. Les miroirs des princes enseignent que le pouvoir sans miséricorde est une tyrannie, et la miséricorde sans discernement, une faiblesse. La vraie clémence se tient entre ces deux excès. Le prince clément sait punir quand il le faut, mais il sait aussi pardonner quand la justice le permet. Il ne pardonne pas par lâcheté ni par indifférence : il pardonne parce qu'il reconnaît dans le coupable un fils de Dieu capable de conversion.

Imiter la miséricorde divine

La clémence est proprement la vertu qui tempère la sévérité du jugement. Elle ne supprime pas la rigueur de la loi, elle la modère quand les circonstances l'autorisent. Smaragde, abbé carolingien et conseiller des rois, rappelle à ce propos la béatitude évangélique : « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). Le roi qui exerce la clémence imite Dieu lui-même, qui est infiniment miséricordieux. La sévérité sans clémence devient cruauté, car elle punit sans laisser aucune place au repentir ni au pardon. Or la clémence suppose précisément le repentir du coupable : pardonner celui qui ne se repent pas, c'est encourager le mal et détruire la justice ; les méchants n'ont plus rien à craindre et les bons ne sont plus protégés. Le juste milieu entre rigueur aveugle et indulgence molle est la sagesse même du bon prince.

La courtoisie quotidienne

La courtoisie quotidienne prolonge cette vertu princière à l'échelle de toute relation humaine. L'homme courtois ne se venge pas, ne rumine pas les offenses et ne cherche jamais à humilier celui qui a fauté. Il corrige avec fermeté mais sans colère, laissant à l'autre la possibilité de se racheter. La différence entre le seigneur et le brute tient tout entière dans cette maîtrise : le seigneur tempère sa force par la miséricorde, le brute écrase sans discernement. La courtoisie est la force gouvernée par la bonté : c'est ce qui distingue le noble du barbare.

La courtoisie est la force gouvernée par la bonté : le seigneur tempère sa puissance par la miséricorde

Testez-vous : 8 questions

1. Qu’est-ce que la clémence ?

  • Tempère la sévérité
  • Punit le coupable
  • Pardon total
  • Flatte le prince
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Réponse : Tempère la sévérité

La clémence (clementia) est la vertu qui modère la sévérité du prince. Elle ne supprime pas la justice : elle la tempère par la miséricorde quand les circonstances le permettent.

2. Quelle béatitude Smaragde relie-t-il à la clémence ?

  • Les miséricordieux
  • Les doux du cœur
  • Les pauvres en esprit
  • Les artisans de paix
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Réponse : Les miséricordieux

Smaragde rappelle la parole du Christ : « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7). Le roi clément imite la miséricorde de Dieu.

3. La clémence signifie-t-elle pardonner toujours ?

  • Non, il faut le repentir
  • Non, petites fautes seules
  • Oui, sans exception
  • Oui, sauf pour les princes
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Réponse : Non, il faut le repentir

La clémence n’est pas la faiblesse. Pardonner à celui qui ne se repent pas, c’est encourager le mal. La vraie clémence suppose le repentir du coupable et le discernement du prince.

4. Pourquoi la sévérité sans clémence est-elle de la cruauté ?

  • Elle est trop rare
  • Elle punit sans miséricorde
  • Elle fatigue le peuple
  • Elle nourrit la peur
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Réponse : Elle punit sans miséricorde

La sévérité sans clémence est cruauté parce qu’elle ne laisse aucune place au pardon ni au repentir. Le tyran punit sans discernement ; le bon prince tempère la rigueur par la miséricorde.

5. Comment la clémence s’applique-t-elle à la courtoisie quotidienne ?

  • Bien parler aux dames
  • Être poli en société
  • Ne pas se venger ni humilier
  • Pardonner même les torts
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Réponse : Ne pas se venger ni humilier

L’homme courtois ne se venge pas, ne rumine pas les offenses et ne cherche pas à humilier celui qui a fauté. Il corrige avec fermeté mais sans colère, et laisse à l’autre la possibilité de se racheter.

6. Quelle différence entre le seigneur et le brute face à l’offense ?

  • Le seigneur tempère sa force
  • Le seigneur pardonne tout
  • Le seigneur fuit le combat
  • Le seigneur écrase aussi
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Réponse : Le seigneur tempère sa force

Le seigneur tempère sa force par la miséricorde ; le brute écrase sans discernement. La courtoisie est la force gouvernée par la bonté : c’est ce qui distingue le noble du barbare.

7. Pourquoi la clémence imite-t-elle Dieu plus que la justice seule ?

  • Dieu est miséricordieux
  • La justice seule est faible
  • Dieu ne punit jamais
  • Le roi doit céder toujours
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Réponse : Dieu est miséricordieux

Dieu est infiniment juste et infiniment miséricordieux. Le roi qui sait punir et pardonner imite plus parfaitement Dieu que celui qui ne fait que punir. La clémence élève la justice à sa perfection.

8. Que risque un roi qui pardonne toujours sans discernement ?

  • Il détruit la justice
  • Il est excommunié
  • Il perd sa couronne
  • Il perd sa noblesse
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Réponse : Il détruit la justice

Le roi qui pardonne toujours sans discernement détruit la justice : les méchants n’ont plus rien à craindre et les bons ne sont plus protégés. La clémence sans justice est faiblesse. Le juste milieu est la sagesse du bon prince.

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Dans ce chapitre : Justice et Clémence

  1. La justice du prince : protéger les faibles
  2. La clémence : savoir pardonner
  3. Le prince et la loi : obéir pour commander