Le prince et la loi : obéir pour commander
Celui qui veut commander aux autres doit d'abord se soumettre à la loi.
Le prince et la loi, obéir pour commander
Rex sub lege
Le premier sujet de la loi
Le roi est le premier sujet de la loi. Isidore de Séville enseigne que la loi ne vient pas du roi : elle vient de Dieu. Le prince qui obéit à la loi reconnaît une autorité supérieure à la sienne.
Jonas d'Orléans durcit l'exigence : le roi qui viole la loi qu'il impose aux autres perd sa légitimité devant Dieu. Il n'est plus roi : il est tyran. La loi reflète l'ordre divin, et la transgresser, c'est trahir Dieu.
L'Écriture confirme ce principe : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non » (Jc 5,12). Le prince doit être le premier à tenir sa parole et à respecter la règle qu'il établit.
L'exemple, première leçon
Cette exigence d'exemplarité repose sur un principe fondamental des miroirs des princes : l'exemple est la première forme d'enseignement. Le roi qui obéit à la loi enseigne par sa vie plus que par ses décrets ; son peuple l'imite par amour. Celui qui la viole enseigne la tricherie ; on ne lui obéit que par peur et contrainte. On aime celui qui donne l'exemple, on craint celui qui ne le fait pas. La maxime latine « Quod tibi non vis fieri, alteri ne feceris » (ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse) résume cette sagesse : le prince ne doit rien imposer aux autres qu'il ne s'impose d'abord à lui-même.
Se commander soi-même
Ce principe dépasse d'ailleurs la seule figure royale. Les miroirs le répètent : tout père, maître ou chef est soumis à la même exigence. Celui qui veut commander les autres doit d'abord se commander lui-même. L'autorité véritable naît de l'exemple, non du pouvoir. Enfin, Isidore pousse le raisonnement jusqu'à sa conséquence ultime : le prince qui s'affranchit de la loi refuse toute autorité au-dessus de lui. Or la loi vient de Dieu. S'en affranchir, c'est se mettre à la place de Dieu, c'est l'orgueil suprême, racine de toute tyrannie.
Le roi est le premier sujet de la loi : car la loi ne vient pas du roi, elle vient de Dieu
Testez-vous : 8 questions
1. Selon Isidore de Séville, d’où vient la loi ?
- Du peuple
- De Dieu
- Du roi
- Du sénat
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Réponse : De Dieu
Isidore de Séville enseigne que la loi vient de Dieu, non du roi. Le prince n’est pas la source de la loi : il en est le premier serviteur. En obéissant à la loi, il reconnaît l’autorité divine qui est au-dessus de lui.
2. Que devient le roi qui viole la loi, selon Jonas d’Orléans ?
- Un martyr
- Un tyran
- Un saint
- Un usurpateur
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Réponse : Un tyran
Jonas d’Orléans enseigne dans son De Institutione Regia que le roi qui viole la loi qu’il impose aux autres perd sa légitimité. Il ne mérite plus le nom de roi : il n’est qu’un tyran qui trahit la mission reçue de Dieu.
3. Quel verset de l’épître de Jacques dit « Que votre oui soit oui » ?
- Jc 3,17
- Jc 1,5
- Jc 5,12
- Jc 2,17
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Réponse : Jc 5,12
« Que votre oui soit oui, que votre non soit non » (Jc 5,12). Ce verset rappelle que la parole donnée doit être tenue. Le prince, plus que tout autre, doit être fidèle à ce qu’il dit et à ce qu’il ordonne.
4. Pourquoi les miroirs insistent-ils sur l’obéissance du prince à la loi ?
- L’exemple enseigne d’abord
- La loi est sacrée en soi
- Le roi est faible sans loi
- Le peuple craint son roi
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Réponse : L’exemple enseigne d’abord
Le roi enseigne par sa vie plus que par ses décrets. S’il obéit à la loi, son peuple l’imitera par amour. S’il la viole, son peuple apprendra à tricher. L’exemple du prince est la première école du royaume.
5. Que signifie la maxime « Quod tibi non vis fieri, alteri ne feceris » ?
- Pas à autrui ce qu’on refuse
- Obéis au plus fort
- Rends à autrui le mal reçu
- Frappe avant d’être frappé
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Réponse : Pas à autrui ce qu’on refuse
C’est la règle d’or, inscrite dans les miroirs des princes. Elle s’applique d’abord à celui qui commande : le prince ne doit pas imposer aux autres ce qu’il ne s’impose pas à lui-même.
6. Quelle est la différence entre obéir par amour et obéir par peur ?
- L’amour suit l’exemple
- C’est la même chose
- La peur est plus efficace
- L’amour est moins fiable
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Réponse : L’amour suit l’exemple
On obéit par amour à celui qui pratique ce qu’il enseigne : son exemple attire l’imitation. On n’obéit que par peur à celui qui commande ce qu’il ne fait pas : son autorité repose sur la contrainte, non sur la vertu.
7. Comment ce principe s’applique-t-il au-delà du roi ?
- Tout chef obéit d’abord
- Seul le roi est concerné
- La loi ne lie que les sujets
- Le chef est au-dessus
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Réponse : Tout chef obéit d’abord
Les miroirs le répètent : tout homme qui exerce une autorité (père de famille, maître, chef) est soumis à la même exigence. Celui qui veut commander les autres doit d’abord se commander lui-même. L’autorité naît de l’exemple.
8. Pourquoi Isidore dit-il que le prince qui s’affranchit de la loi « se fait dieu » ?
- Il devient plus puissant
- Il commet un sacrilège
- Il rejette toute autorité
- Il imite saint Paul
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Réponse : Il commet un sacrilège
La loi vient de Dieu. Le prince qui obéit à la loi reconnaît Dieu au-dessus de lui. Celui qui s’en affranchit prétend ne dépendre de personne : il se met à la place de Dieu. C’est l’orgueil suprême, et la racine de toute tyrannie.
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Dans ce chapitre : Justice et Clémence
- La justice du prince : protéger les faibles
- La clémence : savoir pardonner
- Le prince et la loi : obéir pour commander