La fin de la République
Guerres civiles, Marius, Sylla : la République romaine agonise dans le sang.
Finis Rei Publicae
La corruption des mœurs
Les conquêtes de Rome inondent la cité de richesses. L'or de Carthage, les trésors de la Grèce, les esclaves par centaines de milliers : tout cela corrompt les mœurs romaines. L'antique vertu des pères, faite de sobriété et de dévouement au bien commun, s'effondre. Les riches accaparent les terres, les petits paysans, ruinés, viennent grossir la plèbe de Rome. La République se fissure de l'intérieur. Deux frères, Tiberius et Caius Gracchus, tribuns du peuple (133-121 av. J.-C.), tentent des réformes agraires pour redistribuer les terres. Tous deux sont assassinés par la faction sénatoriale. La violence politique entre dans Rome.
Marius, Sylla et Cicéron
Après les Gracques, c'est Marius qui bouleverse l'ordre romain en créant l'armée de métier : désormais, les soldats sont des professionnels liés non plus à la République, mais à leur général. L'armée devient un instrument de pouvoir personnel. En 88 av. J.-C., Sylla commet l'acte inédit de marcher sur Rome avec ses propres légions, un sacrilège politique sans précédent. Devenu maître de la cité, il instaure les proscriptions, ces terrifiantes listes de condamnés à mort dont les biens sont confisqués et que quiconque peut tuer impunément. La terreur règne dans Rome. Quelques décennies plus tard, en 63 av. J.-C., c'est Cicéron qui sauve la République par la seule force de ses discours. Face à la conjuration de Catilina, qui prépare un coup d'État, le consul prononce au Sénat les célèbres Catilinaires (« Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? ») et démasque le complot par son éloquence.
Sans vertu, point de liberté
Pourtant, ces sursauts ne font que retarder l'inévitable. La grande leçon de cette époque tragique est que sans vertu, un peuple ne peut rester libre. Quand la cupidité remplace le dévouement au bien commun, quand la violence se substitue au droit, la liberté périt. Saint Augustin résumera cette vérité en affirmant qu'une cité sans justice n'est rien d'autre qu'une bande de brigands.
Les richesses des conquêtes corrompent Rome. Quand la vertu s'effondre, la liberté disparaît : les Gracques, Marius, Sylla et Catilina en sont la preuve tragique.
Testez-vous : 7 questions
1. Que tentent les frères Gracques (133-121 av. J.-C.) ?
- Une réforme militaire
- L’abolition du Sénat
- La conquête de l’Égypte
- Des réformes agraires
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Réponse : Des réformes agraires
Les frères Tiberius et Caius Gracchus tentent de redistribuer les terres aux pauvres. Le Sénat les fait assassiner.
2. Quelle est la grande réforme de Marius ?
- Le calendrier romain
- La conquête des Gaules
- L’armée de métier
- Le droit de vote
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Réponse : L’armée de métier
Marius transforme l’armée : les soldats deviennent des professionnels liés à leur général. L’armée devient un outil de pouvoir personnel.
3. Quel acte inédit Sylla commet-il en 88 av. J.-C. ?
- Abolir le Sénat
- Marcher sur Rome
- Exiler Cicéron
- Détruire Carthage
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Réponse : Marcher sur Rome
Sylla est le premier Romain à tourner ses légions contre sa propre cité. Il instaure ensuite les proscriptions : des listes de condamnés à mort.
4. Comment Cicéron démasque-t-il la conjuration de Catilina ?
- Par la trahison
- Par la torture
- Par ses discours
- Par un combat
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Réponse : Par ses discours
Cicéron prononce les Catilinaires au Sénat : « Jusques à quand abuseras-tu de notre patience ? » Son éloquence sauve la République.
5. Pourquoi les conquêtes affaiblissent-elles la République romaine ?
- Les dieux punissent
- Elles affament Rome
- Elles corrompent
- L’armée est trop faible
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Réponse : Elles corrompent
Les richesses des conquêtes corrompent les mœurs. Les riches accaparent les terres, les pauvres s’entassent à Rome. La vertu cède à la cupidité.
6. Que sont les « proscriptions » instaurées par Sylla ?
- Lois agraires
- Listes de condamnés
- Interdictions de culte
- Réformes du Sénat
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Réponse : Listes de condamnés
Sylla affiche des listes de condamnés à mort. Quiconque y figure peut être tué impunément et ses biens confisqués. La terreur règne.
7. Quelle leçon donne la chute de la République romaine ?
- Les réformes échouent
- Sans vertu, pas libre
- La guerre enrichit
- Le Sénat est inutile
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Réponse : Sans vertu, pas libre
Quand la vertu des citoyens s’effondre, la liberté disparaît. Saint Augustin dira qu’une cité sans justice est une bande de brigands.
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Dans ce chapitre : L'Empire et la Pax Romana
- La fin de la République
- Jules César
- Auguste et la Pax Romana