La mystique médiévale : Bernard et Hildegarde
Saint Bernard, Hildegarde de Bingen et la littérature de l'expérience divine.
L'âme face à Dieu : la littérature mystique
Theologia Mystica
L'expérience directe de Dieu
La littérature mystique médiévale est celle qui tente de dire l'indicible : l'expérience directe de Dieu dans l'âme. Ce n'est pas de la théologie spéculative : c'est le cri de l'âme qui a touché Dieu et qui tente de raconter ce qu'elle a vu et ressenti. L'expérience vécue, cette connaissance du cœur qui dépasse le raisonnement, constitue la marque distinctive de toute écriture mystique.
Parmi les plus grands mystiques médiévaux, deux figures dominent.
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux consacra quatre-vingt-six sermons au Cantique des Cantiques, y voyant le dialogue d'amour entre Dieu et l'âme contemplative. La douceur et la beauté de sa prose latine lui valurent le surnom de Doctor mellifluus, « docteur au miel », tant ses écrits semblent couler comme un nectar spirituel. Bernard fut aussi un acteur majeur de la vie de l'Église : c'est sur son conseil que le pape Eugène III approuva les visions de la seconde grande figure de cette époque.
Sainte Hildegarde de Bingen
Sainte Hildegarde de Bingen reçut dès l'enfance des visions d'une intensité extraordinaire. Son œuvre majeure, le Scivias (« Connais les voies »), mêle théologie, poésie et prophétie en un ensemble sans équivalent dans la littérature médiévale. L'approbation pontificale d'Eugène III, obtenue lors du synode de Trèves, consacra l'authenticité de ces visions. Outre ses écrits visionnaires, Hildegarde excella dans l'art de la musique : ses compositions liturgiques comptent parmi les plus belles du répertoire médiéval et témoignent d'une sensibilité spirituelle d'une rare profondeur.
L'école de Saint-Victor
Au-delà de ces deux figures, la théologie mystique trouva un foyer intellectuel à l'école de Saint-Victor à Paris, centre de la contemplation au XIIe siècle. Hugues et Richard de Saint-Victor y développèrent une synthèse remarquable alliant rigueur intellectuelle et élan contemplatif, faisant de ce lieu le passage obligé de tout moine désireux d'étudier la voie mystique.
Le mystique ne raisonne pas sur Dieu : il raconte ce qu'il a vu et ressenti.
Testez-vous : 7 questions
1. Sur quel livre de la Bible portent les célèbres sermons de saint Bernard ?
- L’Apocalypse
- L’Évangile de Jean
- Les Psaumes
- Le Cantique
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Réponse : Le Cantique
Saint Bernard a consacré 86 sermons au Cantique des Cantiques, y voyant le dialogue d’amour entre Dieu et l’âme contemplative.
2. Quel surnom a valu à saint Bernard la beauté de sa prose latine ?
- Doctor angelicus
- Doctor universalis
- Doctor subtilis
- Doctor mellifluus
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Réponse : Doctor mellifluus
Doctor mellifluus (« docteur au miel ») : ce surnom salue la douceur et la beauté de la prose latine de saint Bernard de Clairvaux.
3. Comment s’appelle l’œuvre majeure de sainte Hildegarde de Bingen ?
- La Consolation
- Le Proslogion
- Le Scivias
- Les Confessions
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Réponse : Le Scivias
Le Scivias (« Connais les voies ») est l’œuvre visionnaire majeure de sainte Hildegarde, mêlant théologie, poésie et prophétie.
4. Quel pape a approuvé le Scivias d’Hildegarde, sur le conseil de saint Bernard ?
- Grégoire VII
- Urbain II
- Innocent III
- Eugène III
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Réponse : Eugène III
Le pape Eugène III approuva le Scivias sur le conseil de saint Bernard, reconnaissant l’authenticité des visions d’Hildegarde.
5. Outre ses visions, dans quel autre art Hildegarde de Bingen excelle-t-elle ?
- La sculpture
- L’architecture
- La musique
- La peinture
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Réponse : La musique
Hildegarde de Bingen excelle aussi en musique : ses compositions liturgiques comptent parmi les plus belles du répertoire médiéval.
6. Un moine du XIIe siècle veut étudier la théologie mystique à Paris. Vers quelle école se tourne-t-il ?
- Le Mont-Cassin
- La Sorbonne
- Cluny
- Saint-Victor
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Réponse : Saint-Victor
L’école de Saint-Victor à Paris était le centre de la théologie mystique au XIIe siècle, alliant contemplation et rigueur intellectuelle.
7. Qu’est-ce qui distingue la littérature mystique de la théologie spéculative ?
- Le raisonnement seul
- La citation d’Aristote
- L’expérience vécue
- L’usage du syllogisme
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Réponse : L’expérience vécue
La littérature mystique se distingue par l’expérience vécue de Dieu, connaissance du cœur qui dépasse le raisonnement spéculatif.
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Dans ce chapitre : La poésie liturgique et mystique
- Les hymnes : de saint Ambroise au Dies Irae
- La mystique médiévale : Bernard et Hildegarde