La question des lapsi
Miséricorde ou rigueur ? Le débat sur la réintégration des chrétiens tombés pendant la persécution.
Pénitence et unité
Paenitentia et Unitas
Les lapsi de la persécution
La persécution de Dèce (250) frappe l'Église avec une violence inédite : l'empereur exige que tous les habitants de l'Empire offrent un sacrifice aux dieux et obtiennent un certificat de sacrifice appelé libellus. Beaucoup de chrétiens tombent sous la pression. On appelle « lapsi » (tombés) ceux qui ont failli, et on les distingue en deux catégories :
- les sacrificati, qui ont effectivement offert un sacrifice aux idoles
- les libellatici, qui ont simplement obtenu un faux certificat sans sacrifier réellement
La pénitence requise est proportionnée à la faute : longue pour les sacrificati, plus courte pour les libellatici.
La voie de la réconciliation
Cyprien voit dans cette persécution un châtiment divin, car les chrétiens s'étaient enrichis et avaient négligé la prière. Après la tempête, la question de la réconciliation des lapsi divise l'Église. Certains confesseurs (chrétiens ayant souffert pour la foi sans mourir) distribuent des « billets de paix » (libelli pacis) réintégrant les lapsi sans pénitence, prétendant pouvoir réconcilier de leur propre autorité, sans passer par l'évêque. D'autres, les rigoristes, refusent tout pardon. Cyprien tient une voie médiane : le pardon est possible, mais après une pénitence proportionnée. La réconciliation se fait par l'imposition des mains de l'évêque, seul habilité à réintégrer le pénitent. Ce pouvoir de pardon est fondé sur le pouvoir de lier et de délier confié par le Christ à Pierre (Mt 16, 19).
L'unité de l'Église
Saint Cyprien de Carthage développe une ecclésiologie d'une profondeur remarquable. Pour lui, l'unité de l'Église est fondée sur la chaire de Pierre, et chaque évêque légitime participe à cette unité. Sa formule « Celui qui n'a pas l'Église pour mère ne peut avoir Dieu pour père » exprime la nécessité de l'Église visible pour le salut. Le chapitre 4 de son traité De l'unité de l'Église existe en deux rédactions, l'une insistant sur la primauté de Pierre, l'autre sur l'égalité des évêques, les deux probablement de la main de Cyprien.
Le baptême et la charité
Sur la question du baptême des hérétiques, Cyprien soutient que le baptême conféré hors de l'Église est invalide. Rome, au contraire, affirme que le baptême est valide pourvu qu'il soit trinitaire. C'est la position romaine qui sera finalement retenue par l'Église, développée ensuite par saint Augustin : le sacrement est valide ex opere operato, indépendamment de la sainteté du ministre. Augustin, autre grand évêque d'Afrique, cite d'ailleurs constamment Cyprien comme modèle dans ses propres écrits sur l'ecclésiologie et les sacrements. La correspondance de Cyprien (81 lettres conservées) est une source majeure pour l'histoire de l'Église d'Afrique au IIIe siècle. Pendant la grande peste de 252-254, Cyprien organise les secours et soigne sans distinction païens et chrétiens, montrant la charité chrétienne en acte.
Celui qui n'a pas l'Église pour mère ne peut avoir Dieu pour père.
Testez-vous : 14 questions
1. Que devaient obtenir tous les habitants de l’Empire pendant la persécution de Dèce ?
- Un certificat de sacrifice
- Un acte de naissance
- Une autorisation de culte
- Un passeport romain
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Réponse : Un certificat de sacrifice
Un certificat de sacrifice (libellus).
2. Comment appelle-t-on les chrétiens qui ont effectivement offert un sacrifice aux idoles ?
- Thurificati
- Confessores
- Sacrificati
- Libellatici
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Réponse : Sacrificati
Les sacrificati ont offert un sacrifice effectif.
3. Les confesseurs distribuaient des « billets de paix » réintégrant les lapsi sans pénitence.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Vrai
Certains confesseurs distribuaient des libelli pacis.
4. Quelle est la position de Cyprien face aux deux extrêmes ?
- Renvoi au Jugement dernier
- Pardon après pénitence
- Pardon immédiat sans rien
- Exclusion définitive
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Réponse : Pardon après pénitence
Pardon possible après pénitence proportionnée.
5. La réconciliation des lapsi se fait par l’imposition des ____ de l’évêque.
- mains
- cendres
- huiles
- croix
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Réponse : mains
La Réconciliation des lapsi se fait par l’imposition des mains de l’évêque : le geste marque que le pardon est un acte de l’Église, non une faveur privée. Cyprien l’oppose aux billets de paix délivrés par les confesseurs, qui court-circuitaient l’évêque.
6. Pourquoi Cyprien voit-il dans la persécution un châtiment divin ?
- Évêques infidèles
- Enrichissement et tiédeur
- Chrétiens persécuteurs
- Trahison de l’Empire
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Réponse : Enrichissement et tiédeur
Les chrétiens s’étaient enrichis et avaient négligé la prière.
7. Quel pouvoir du Christ justifie le pardon de l’Église ?
- Lier et délier les péchés
- Le pouvoir de baptiser
- Le pouvoir de guérir
- Le pouvoir de prophétiser
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Réponse : Lier et délier les péchés
Le pouvoir de lier et de délier (Mt 16, 19).
8. Qui prétend pouvoir réconcilier les lapsi sans passer par l’évêque ?
- Les diacres
- Les confesseurs
- Les catéchumènes
- Les vierges consacrées
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Réponse : Les confesseurs
Les confesseurs (chrétiens ayant souffert pour la foi sans mourir) prétendaient pouvoir réconcilier les lapsi de leur propre autorité. Cyprien s’y oppose fermement.
9. Quelle distinction Cyprien fait-il parmi les lapsi ?
- Clercs et laïcs
- Catéchumènes et baptisés
- Sacrificati et libellatici
- Confesseurs et apostats
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Réponse : Sacrificati et libellatici
Les sacrificati ont réellement sacrifié aux idoles (pénitence longue) ; les libellatici ont simplement obtenu un faux certificat (pénitence plus courte).
10. Quelle position sur le baptême sera finalement retenue par l’Église ?
- Rome : valide si trinitaire
- Montaniste : seuls les purs
- Cyprien : hérétique invalide
- Donatiste : ministre saint
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Réponse : Rome : valide si trinitaire
L’Église retiendra la position romaine, développée par saint Augustin : le sacrement est valide ex opere operato, indépendamment de la sainteté du ministre.
11. Combien de lettres de Cyprien sont conservées ?
- 154 lettres
- 81 lettres
- 27 lettres
- 103 lettres
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Réponse : 81 lettres
La correspondance de Cyprien (81 lettres) est une source majeure pour l’histoire de l’Église d’Afrique au IIIe siècle.
12. Comment Cyprien réagit-il face à la grande peste de 252-254 ?
- Il soigne païens, chrétiens
- Il fuit Carthage
- Il interdit de soigner
- Il accuse les païens
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Réponse : Il soigne païens, chrétiens
Cyprien organise les secours pendant la peste, soignant sans distinction païens et chrétiens, montrant la charité chrétienne en acte.
13. Quel Père de l’Église cite constamment Cyprien comme modèle ?
- Saint Ambroise
- Saint Jérôme
- Saint Augustin
- Saint Grégoire
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Réponse : Saint Augustin
Saint Augustin, autre grand évêque d’Afrique, cite constamment Cyprien dans ses propres écrits, notamment sur l’ecclésiologie et les sacrements.
14. Que contient le chapitre 4 du De l’unité de l’Église ?
- Deux versions sur Pierre
- Condamnation du montanisme
- Martyre de Pierre et Paul
- Liste des évêques de Rome
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Réponse : Deux versions sur Pierre
Le chapitre 4 existe en deux rédactions : l’une insistant sur la primauté de Pierre, l’autre sur l’égalité des évêques, les deux probablement de Cyprien.
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Dans ce chapitre : Saint Cyprien de Carthage
- Le De Unitate Ecclesiae
- La question des lapsi