La science divine : de vision et de simple intelligence

Chapitre 26 : Science et volonté de Dieu · cours « Métaphysique » · 7 questions

Dieu connaît toutes choses — réelles et possibles — dans un unique acte de connaissance parfaite.

Saint Thomas d'Aquin

Scientia Dei

Dieu se connaît lui-même

La science de Dieu est un thème central de la Somme théologique (Ia, q. 14). Saint Thomas pose que Dieu se connaît lui-même parfaitement, et qu'en se connaissant, il connaît toutes choses, car son essence est la cause de tout ce qui existe et peut exister.

Vision et simple intelligence

La science divine se divise en deux grands modes : la science de vision (scientia visionis) porte sur tout ce qui existe réellement ; la science de simple intelligence (scientia simplicis intelligentiae) porte sur les possibles purs. Dieu connaît les choses non pas en les recevant d'elles, mais en les causant, sa connaissance est pratique et créatrice. En Dieu, connaître et être ne sont pas deux actes distincts : Il est sa propre connaissance, infinie, éternelle, immuable.

La controverse de la science moyenne

Au-delà de ces deux modes fondamentaux, une controverse célèbre a traversé la théologie catholique. Les molinistes, à la suite de Luis de Molina, ont proposé l'existence d'une « science moyenne » (scientia media) : une connaissance divine des futurs conditionnels, c'est-à-dire de ce que ferait librement telle créature si elle était placée dans telle circonstance précise. Les thomistes rejettent cette notion, car elle supposerait une détermination antérieure au décret divin et compromettrait la souveraineté absolue de la volonté créatrice. Saint Thomas enseigne par ailleurs que Dieu connaît le mal, non pas en le causant ni par une science spéciale, mais indirectement, comme privation du bien. De même que l'on connaît les ténèbres par la lumière, Dieu connaît le mal en connaissant parfaitement le bien dont il est la négation. Le mal n'étant pas un être positif mais un défaut d'être, il ne requiert pas de cause propre ni de connaissance directe.

Mesure de toute vérité

Enfin, la science divine est la mesure de toute vérité créée : une chose est vraie dans la mesure exacte où elle est conforme à l'idée que Dieu en a de toute éternité. Dieu ne découvre pas la vérité des choses, il la fonde. La vérité ontologique de chaque créature se mesure à sa conformité au plan divin, et c'est pourquoi la science de Dieu est le fondement ultime de toute intelligibilité.

Dieu connaît tout, le réel par science de vision, les possibles par simple intelligence, dans un unique acte éternel identique à son essence.

Testez-vous : 7 questions

1. La science de vision porte sur :

  • futurs conditionnels
  • idées abstraites pures
  • tout le réel actualisé
  • possibles non créés
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Réponse : tout le réel actualisé

La science de vision porte sur tout ce qui existe réellement (passé, présent et futur) car Dieu voit tout dans son éternel présent. Elle se distingue de la science de simple intelligence, qui porte sur les possibles non réalisés. La science de vision englobe la totalité du réel actualisé.

2. La science de simple intelligence porte sur les ____ purs.

  • possibles
  • universaux
  • nécessaires
  • singuliers
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Réponse : possibles

La science de simple intelligence porte sur les possibles purs : tout ce que Dieu pourrait faire mais n’a pas décrété. Elle se distingue de la science de vision, qui porte sur tout ce qui est, a été ou sera effectivement.

3. Comment Dieu connaît-il les choses selon saint Thomas ?

  • Par des sens divins
  • En les causant lui-même
  • Par une science moyenne
  • En les recevant en lui
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Réponse : En les causant lui-même

La connaissance divine est causative : Dieu connaît les choses en les créant, non en recevant passivement une impression des créatures.

4. Qu’est-ce que la « science moyenne » (scientia media) proposée par les molinistes ?

  • La science des anges
  • Savoir des futurs libres
  • Connaître les universaux
  • Un degré moyen de savoir
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Réponse : Savoir des futurs libres

La scientia media de Molina est une connaissance divine des « futurs conditionnels » : ce que ferait librement telle créature dans telle circonstance. Les thomistes la rejettent car elle supposerait une détermination antérieure au décret divin.

5. En Dieu, connaître et être sont deux actes distincts.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Faux

En Dieu, connaître et être ne sont pas deux actes distincts. Dieu est absolument simple : son intellection est identique à son essence, qui est identique à son être. Connaître, vouloir et être ne font qu’un en Lui.

6. Comment Dieu connaît-il le mal ?

  • Comme privation indirecte
  • Par science spéciale du mal
  • Il ne connaît pas le mal
  • En causant le mal lui-même
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Réponse : Comme privation indirecte

Le mal n’étant pas un être positif mais une privation de bien, Dieu ne le connaît pas directement. Il le connaît indirectement, comme privation du bien qu’il connaît parfaitement, de même qu’on connaît les ténèbres par la lumière.

7. Pourquoi la science divine est-elle la « mesure de toute vérité créée » ?

  • imposition par décret
  • vérité conforme à Dieu
  • vérité avant la science
  • mesurée par les choses
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Réponse : vérité conforme à Dieu

La science divine est la mesure de toute vérité créée : une chose est vraie dans la mesure où elle est conforme à l’idée que Dieu en a. La vérité ontologique des choses se mesure à leur conformité au plan divin. Dieu ne découvre pas la vérité : Il la fonde.

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