La science et la volonté du Christ

Chapitre 11 : La science et la volonté du Christ · cours « Théologie » · 18 questions

La science du Christ en tant qu'homme : vision béatifique, science infuse et science acquise réunies en une seule Personne.

Gethsémani

Scientia et Voluntas Christi

La plénitude de la grâce

Après avoir traité de l’union hypostatique (q. 2-6), saint Thomas examine ce que le Christ possède dans sa nature humaine : sa science (q. 9-12), sa puissance (q. 13), ses déficiences corporelles (q. 14) et ses déficiences d’âme (q. 15). En tant qu’homme, le Christ reçoit la plénitude de la grâce habituelle (Jean 3, 34) parce que son âme est unie personnellement au Verbe : cette grâce est à la fois personnelle (sanctifiant son humanité) et capitale (se répandant sur tous les membres de son Corps mystique). Finie en son essence puisqu’elle est créée, elle est infinie en plénitude de son ordre et atteint le sommet absolument indépassable de ce qu’une grâce peut être dans une âme humaine.

La triple science

Le Christ possède une triple science. La science bienheureuse, ou science de vision, lui donne dès sa conception la vision béatifique : il contemple l’essence divine et connaît tout ce qui est, fut et sera, mais non les infinis possibles que seul Dieu connaît dans son omniscience. La science infuse est une connaissance reçue directement de Dieu sans passer par les sens. La science acquise, enfin, est celle qu’il obtient comme tout homme par l’exercice naturel de son intelligence et l’expérience sensible : elle n’est pas superflue, car elle perfectionne l’intellect agent humain dans son opération propre, à savoir connaître par abstraction à partir du sensible. Chaque puissance de l’âme doit être actualisée selon son mode.

Les deux volontés

Le Christ possède deux volontés, correspondant à ses deux natures. Le monothélisme, hérésie qui n’en reconnaissait qu’une, fut condamné au IIIe concile de Constantinople en 681. La prière de Gethsémani manifeste cette distinction réelle : la volonté humaine recule naturellement devant la souffrance, tandis que le Christ consent par obéissance à la volonté divine du Père ; les deux volontés sont distinctes sans être opposées, l’humaine étant toujours parfaitement conforme à la divine en raison de l’union hypostatique et de la vision béatifique permanente. C’est pourquoi le Christ ne pouvait pas pécher : son libre arbitre, voyant Dieu par essence, demeurait infailliblement orienté vers le bien suprême. Enfin, il a assumé nos faiblesses corporelles (faim, soif, fatigue, douleur, mort) pour les guérir de l’intérieur, selon le mot de saint Grégoire de Nazianze : ce qui n’est pas assumé n’est pas guéri. Mais il n’a pas assumé le péché, l’ignorance ni la concupiscence désordonnée, contraires à la perfection de son âme unie au Verbe.

Triple science, deux volontés, impeccabilité : tout découle de l’union hypostatique

Testez-vous : 18 questions

1. Quelles sont les trois sciences du Christ homme (ST IIIa, q.9) ?

  • Béatifique, infuse, acquise
  • Père, Fils et Esprit
  • Théologie, droit, musique
  • Science divine seule
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Réponse : Béatifique, infuse, acquise

Le Christ homme possède trois sortes de connaissance : la science bienheureuse (vision de Dieu), la science infuse (espèces reçues de Dieu) et la science acquise (connaissance par expérience sensible).

2. Pourquoi la grâce du Christ est-elle sans mesure ?

  • Grâce ordinaire accrue
  • Mérite personnel seul
  • Grâce baptismale accrue
  • Union au Verbe divin
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Réponse : Union au Verbe divin

La grâce du Christ est sans mesure parce que son âme est unie personnellement au Verbe de Dieu. L’union hypostatique est la raison de cette plénitude.

3. L’âme du Christ jouissait-elle de la vision béatifique dès sa conception (ST IIIa, q.9, a.2) ?

  • Après la Résurrection
  • Au moment du Baptême
  • Après sa mort
  • Dès sa conception
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Réponse : Dès sa conception

Dès sa conception, l’âme du Christ jouit de la vision béatifique. Il est à la fois viator (en chemin) et comprehensor (au terme) : il souffre en son corps tout en jouissant de Dieu en son âme.

4. Combien de volontés le Christ possède-t-il (ST IIIa, q.18) ?

  • Trois volontés distinctes
  • Une seule, divine
  • Deux : divine et humaine
  • Aucune volonté propre
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Réponse : Deux : divine et humaine

Le Christ possède deux volontés correspondant à ses deux natures. Le monothélisme (une seule volonté) a été condamné au IIIe concile de Constantinople (681).

5. Quel concile a défini les deux volontés du Christ ?

  • Chalcédoine (451)
  • Latran IV (1215)
  • Nicée I (325)
  • Constantinople III (681)
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Réponse : Constantinople III (681)

Le IIIe Concile de Constantinople (681) a défini contre le monothélisme que le Christ possède deux volontés, divine et humaine, sans confusion ni opposition.

6. Que manifeste la prière du Christ à Gethsémani (ST IIIa, q.18, a.5) ?

  • Les deux volontés distinctes
  • Une simple imitation
  • Un doute passager
  • Un refus de la mission
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Réponse : Les deux volontés distinctes

À Gethsémani, le Christ montre que sa volonté humaine peut naturellement vouloir éviter la souffrance, tout en consentant par obéissance à la volonté divine. C’est la preuve des deux volontés distinctes.

7. Qu’est-ce que le monothélisme ?

  • Deux personnes au Christ
  • Une seule nature au Christ
  • Deux natures au Christ
  • Une seule volonté au Christ
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Réponse : Une seule volonté au Christ

Le monothélisme est l’hérésie qui n’attribue au Christ qu’une seule volonté. Constantinople III (681) a défini qu’Il possède deux volontés, divine et humaine.

8. Quelles déficiences le Christ n’a-t-il PAS assumées (ST IIIa, q.14-15) ?

  • Péché et ignorance
  • La faim et la soif
  • La mortalité du corps
  • La tristesse et la crainte
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Réponse : Péché et ignorance

Le Christ a assumé les déficiences corporelles et certaines passions, mais pas le péché, l’ignorance ni la concupiscence désordonnée, qui sont contraires à sa perfection.

9. Pourquoi le Christ a-t-il assumé nos faiblesses corporelles (ST IIIa, q.14, a.1) ?

  • Non assumé, non guéri
  • Non, montrer non-Dieu
  • Non, il ne pouvait
  • Non, effrayer démons
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Réponse : Non assumé, non guéri

Le Christ a pris nos faiblesses pour les guérir, selon le principe de saint Grégoire de Nazianze. Il a souffert pour satisfaire pour nos péchés et nous donner un exemple de patience.

10. Qu’est-ce que la grâce capitale du Christ ?

  • Grâce des seuls anges
  • Grâce qui rejaillit sur nous
  • Grâce de l’Ancienne Loi
  • Grâce pour le Christ seul
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Réponse : Grâce qui rejaillit sur nous

La grâce capitale se répand du Christ, comme Tête du Corps mystique, sur tous ses membres. Toute grâce que nous recevons vient de Lui.

11. Pourquoi la science acquise du Christ n’est-elle pas superflue (ST IIIa, q.12, a.1) ?

  • Elle parfait l’intellect
  • Elle n’est qu’apparente
  • Elle remplace l’infuse
  • Elle vient par révélation
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Réponse : Elle parfait l’intellect

La science acquise est nécessaire pour que l’intellect agent humain du Christ soit perfectionné dans son opération propre : connaître par abstraction à partir du sensible. Chaque puissance doit être actualisée selon son mode.

12. Le Christ possède la science de ____, infuse et acquise.

  • vision
  • foi
  • grâce
  • raison
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Réponse : vision

Le Christ possède trois sciences : la vision béatifique, la science infuse et la science acquise par expérience humaine.

13. Qu’est-ce que la science infuse du Christ ?

  • Connaissance directe de Dieu
  • Vision béatifique seule
  • Connaissance par les sens
  • Science acquise par l’étude
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Réponse : Connaissance directe de Dieu

La science infuse du Christ est une connaissance reçue directement de Dieu, sans passer par l’expérience ni l’apprentissage humain.

14. La volonté humaine du Christ a-t-elle toujours voulu ce que voulait la volonté divine ?

  • Seulement après Pâques
  • Elles se contredisaient
  • Par conformité parfaite
  • Sauf à la Passion
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Réponse : Par conformité parfaite

La volonté humaine du Christ était toujours conforme à la volonté divine, en raison de l’union hypostatique et de la vision béatifique.

15. La science bienheureuse du Christ connaît-elle tous les possibles ?

  • Oui, même le pur néant
  • Oui, sans distinction
  • Tout passé, présent, futur
  • Seulement le présent
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Réponse : Tout passé, présent, futur

La science bienheureuse du Christ connaît tout le réel (passé, présent, futur) mais non les infinis possibles que seul Dieu connaît.

16. Pourquoi le Christ avait-il la science acquise ?

  • Apprendre des apôtres
  • Par simple curiosité
  • Intellect agent actif
  • Faute de science infuse
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Réponse : Intellect agent actif

Le Christ possédait la science acquise pour que son intellect agent humain exerce son activité naturelle et ne reste pas inactif.

17. Le libre arbitre du Christ pouvait-il pécher ?

  • Non, il voit Dieu en essence
  • Non, après le baptême
  • Oui, il était bien humain
  • Non, avant la Passion
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Réponse : Non, il voit Dieu en essence

Le Christ ne pouvait pas pécher car sa volonté humaine jouissait de la vision béatifique et était unie à la Personne divine.

18. La grâce habituelle du Christ est-elle finie ou infinie ?

  • Absolument infinie
  • Variable selon les actes
  • Finie, mais en plénitude
  • Finie en tout sens
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Réponse : Finie, mais en plénitude

La grâce habituelle du Christ est finie en son essence créée, mais infinie en plénitude : elle atteint le sommet possible de son ordre.

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Dans ce chapitre : La science et la volonté du Christ

  1. La science et la volonté du Christ
  2. Les deux volontés et l'impeccabilité du Christ