La solmisation et les muances
Changer d'hexacorde : dur, mol, naturel.
Solmisatio et Mutationes
La solmisation
La solmisation est la méthode inventée par Guido d'Arezzo pour enseigner les intervalles à l'aide des syllabes de l'hexacorde (ut, ré, mi, fa, sol, la). Le chantre apprend à reconnaître le demi-ton unique entre mi et fa, repère fixe dans chaque hexacorde. Guido enseignait à ramener tout intervalle inconnu à cette référence auditive stable, ce qui permettait aux chanteurs d'apprendre en quelques semaines ce qui exigeait auparavant des années de pratique. Mais comme l'hexacorde ne couvre que six notes, il faut, pour chanter des mélodies plus étendues, passer d'un hexacorde à un autre : c'est la « muance » (mutatio).
Les trois hexacordes
On distingue trois hexacordes. L'hexacorde naturel commence sur ut. L'hexacorde dur commence sur sol et contient le si bécarre ; le terme latin pour « dur » dans ce contexte est durum, et c'est de là que vient le signe du bécarre. L'hexacorde mou commence sur fa et contient le si bémol ; le terme latin correspondant est molle. C'est précisément de ce « b arrondi » (b molle) de l'hexacorde mou que provient le signe moderne du bémol, par opposition au « b carré » (b durum) de l'hexacorde dur qui a donné le bécarre.
La main guidonienne
Pour enseigner la solmisation et les muances de manière concrète, les maîtres médiévaux utilisaient un outil pédagogique remarquable : la main guidonienne. Chaque articulation de la main correspondait à une note précise de l'échelle musicale. Le maître montrait une jointure de sa main, et les chanteurs devaient immédiatement chanter la note correspondante. Cet instrument visuel et corporel permettait de naviguer dans tout l'ambitus des mélodies grégoriennes sans recourir à la notation écrite, rendant l'enseignement accessible même aux chantres qui ne savaient pas lire.
La solmisation et les muances permettent de naviguer dans tout l'ambitus des mélodies grégoriennes.
Testez-vous : 8 questions
1. Comment appelle-t-on la méthode de Guido d’Arezzo qui utilise les syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la pour enseigner le chant ?
- La psalmodie
- La solmisation
- La vocalise
- La notation
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Réponse : La solmisation
La solmisation est la méthode de Guido d’Arezzo qui utilise les syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la pour enseigner les intervalles musicaux.
2. Combien d’hexacordes différents le notre système distingue-t-il ?
- 3
- 2
- 7
- 5
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Réponse : 3
Le système médiéval distingue trois hexacordes (naturel, dur et mol), chacun débutant sur une note différente pour couvrir toute l’étendue vocale.
3. Comment appelle-t-on le passage d’un hexacorde à un autre lorsque la mélodie dépasse les six notes ?
- La muance
- La transposition
- La cadence
- La modulation
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Réponse : La muance
La muance est le passage d’un hexacorde à un autre quand la mélodie dépasse six notes. Le chantre change de repère pour maintenir le demi-ton mi-fa.
4. L’hexacorde « dur » commence sur la note sol et contient un si naturel. Quel est le terme latin pour « dur » dans ce contexte ?
- Naturale
- Firmum
- Molle
- Durum
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Réponse : Durum
Le terme latin « durum » (dur) désigne l’hexacorde sur sol contenant le si naturel, par opposition au « molle » (mou) avec si bémol.
5. Quel hexacorde contient le si bémol et commence sur la note fa ?
- L’hexacorde dur
- L’hexacorde chromatique
- L’hexacorde mou
- L’hexacorde naturel
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Réponse : L’hexacorde mou
L’hexacorde mou commence sur fa et contient le si bémol. Le mot « mou » (mollis) a donné le signe du bémol dans la notation.
6. Quel outil pédagogique, utilisant les articulations de la main, servait à enseigner la solmisation et les muances ?
- Le diapason ancien
- Le monocorde sonore
- La lyre antique
- La main guidonienne
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Réponse : La main guidonienne
La main guidonienne utilise les articulations de la main pour enseigner la solmisation. Chaque jointure correspond à une note de l’échelle.
7. D’où vient le signe moderne du bémol (♭), utilisé pour abaisser une note d’un demi-ton ?
- Du b anguleux (dur)
- De la lettre d
- Du b arrondi (molle)
- Du chiffre 6
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Réponse : Du b arrondi (molle)
Le signe du bémol vient du « b arrondi » (b molle) de l’hexacorde mou, par opposition au « b carré » (b durum) de l’hexacorde dur.
8. Selon Guido d’Arezzo, à quel repère fixe la solmisation ramène-t-elle un intervalle inconnu ?
- La quarte ut-fa
- Le ton entier ré-mi
- La quinte ut-sol
- Le demi-ton mi-fa
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Réponse : Le demi-ton mi-fa
Le demi-ton mi-fa est le repère fixe de la solmisation. Guido enseignait à ramener tout intervalle inconnu à cette référence auditive stable.
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Dans ce chapitre : La notation et les neumes
- La tradition orale
- Les premiers neumes
- Les lettres significatives
- L'hymne « Ut queant laxis »
- La notation carrée
- Solesmes et la restauration du chant
- Les neumes liquescents
- Les neumes, signes musicaux primitifs
- Guido d'Arezzo et la portée
- « Ut queant laxis » et les noms des notes
- La solmisation et les muances
- Les clefs et les manuscrits grégoriens