La superstition et l'idolâtrie

Chapitre 38 : Superstition et divination · cours « Théologie » · 7 questions

L'excès dans le culte divin et le péché d'idolâtrie selon la Somme théologique.

Religion

Superstitio Et Idololatria

Le vice par excès

La superstition est le vice opposé à la vertu de religion par excès. Non pas un excès de dévotion (car on ne peut jamais trop honorer Dieu), mais un excès dans la manière : on rend à Dieu un culte indu, ou bien on rend à une créature le culte qui n'est dû qu'à Dieu seul. Saint Thomas traite de ce vice dans la Somme théologique (IIa-IIae, Q. 92) et distingue trois espèces principales :

  • le culte divin rendu de manière indue (Q. 93 sur l'idolâtrie)
  • la divination (Q. 95)
  • les observances superstitieuses (Q. 96)

Les causes de l'idolâtrie

L'idolâtrie, forme la plus grave de la superstition, consiste à rendre à une créature le culte de latrie, qui n'est dû qu'à Dieu seul. Saint Thomas identifie trois causes de l'idolâtrie :

  • la disposition corrompue de la nature humaine après le péché originel
  • l'instigation des démons qui désirent recevoir un culte divin
  • l'ignorance du vrai Dieu

Saint Paul confirme cette analyse en écrivant : « Ce que les païens sacrifient, c'est à des démons et non à Dieu qu'ils le sacrifient » (1 Co 10, 20). Les Pères de l'Église enseignent que les démons se cachaient derrière les idoles pour capter le culte destiné à Dieu.

Images sacrées et sacrements

Le culte catholique des images sacrées n'est pas de l'idolâtrie : selon le principe formulé par saint Basile et défini par le IIe concile de Nicée en 787, l'honneur rendu à l'image remonte au prototype. On ne vénère pas la matière, mais la personne représentée. De même, le culte du vrai Dieu peut devenir superstitieux lorsqu'on y introduit des éléments faux ou vains, prétendant apporter une efficacité magique que l'Église n'a jamais reconnue. Les sacrements, bien qu'ils agissent « ex opere operato », ne relèvent pas de la magie : leur efficacité procède de l'institution divine du Christ, non d'une formule humaine.

La superstition corrompt le culte par excès dans la manière ; l'idolâtrie, forme la plus grave, rend à une créature le culte dû à Dieu seul.

Testez-vous : 7 questions

1. Selon saint Thomas, la superstition est un vice opposé à la vertu de religion par :

  • Excès dans le culte
  • Excès de charité
  • Manque de foi
  • Défaut de prière
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Réponse : Excès dans le culte

La superstition s’oppose à la vertu de religion par excès : non pas un excès de dévotion envers Dieu (ce qui est impossible), mais un excès dans la manière : on rend le culte là où il ne faut pas, ou comme il ne faut pas (IIa-IIae, Q. 92, a. 1).

2. L’idolâtrie consiste à rendre à une créature le culte de :

  • Hyperdulie
  • Piété filiale
  • Dulie
  • Latrie
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Réponse : Latrie

L’idolâtrie est le fait de rendre à une créature (statue, astre, démon, homme) le culte de latrie, qui n’est dû qu’à Dieu seul. C’est la forme la plus grave de la superstition, car elle détourne radicalement l’homme du vrai Dieu (IIa-IIae, Q. 94, a. 1).

3. Parmi les causes de l’idolâtrie selon saint Thomas, on trouve :

  • La trop grande piété
  • L’instigation des démons
  • L’excès de pénitence
  • La pratique du jeûne
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Réponse : L’instigation des démons

Saint Thomas identifie trois causes de l’idolâtrie : la disposition corrompue de la nature humaine après le péché originel, l’instigation des démons qui désirent recevoir un culte divin, et l’ignorance du vrai Dieu (IIa-IIae, Q. 94, a. 4).

4. Pourquoi le culte catholique des images sacrées n’est-il pas de l’idolâtrie ?

  • L’honneur va au prototype
  • Elles montrent des saints
  • Les images sont bénites
  • L’Église le tolère
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Réponse : L’honneur va au prototype

Selon le principe formulé par saint Basile et défini par le IIe concile de Nicée (787), « l’honneur rendu à l’image remonte au prototype ». On ne vénère pas la matière de l’icône, mais la personne qu’elle représente. L’idolâtre, au contraire, prend la créature elle-même pour dieu.

5. Le culte du vrai Dieu peut devenir superstitieux quand :

  • On y mêle du faux ou vain
  • On prie trop longtemps
  • On jeûne plus que prescrit
  • On multiplie les sacrements
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Réponse : On y mêle du faux ou vain

Saint Thomas enseigne (Q. 93, a. 2) que le culte divin devient superstitieux lorsqu’on y introduit des éléments faux, vains ou contraires à l’institution divine : par exemple des cérémonies inventées prétendant apporter une efficacité magique que l’Église n’a jamais reconnue.

6. Que dit saint Paul au sujet des sacrifices offerts aux idoles (1 Co 10, 20) ?

  • On sacrifie aux démons
  • Ils honorent le vrai Dieu
  • Ils sont sans effet réel
  • Ce sont de simples coutumes
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Réponse : On sacrifie aux démons

Saint Paul affirme : « Ce que les païens sacrifient, c’est à des démons et non à Dieu qu’ils le sacrifient » (1 Co 10, 20). Les Pères de l’Église, comme saint Augustin, enseignent que les démons se cachaient derrière les idoles pour capter le culte destiné à Dieu.

7. Pourquoi les sacrements ne sont-ils pas de la magie, bien qu’ils agissent « ex opere operato » ?

  • Institués par le Christ
  • Sans effet visible
  • Effet selon le prêtre
  • Effort humain requis
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Réponse : Institués par le Christ

Les sacrements agissent ex opere operato (par l’acte accompli), mais en vertu de l’institution divine du Christ, non par une puissance magique. Saint Thomas rappelle que seuls les sacrements institués par le Christ possèdent cette efficacité, qui procède de la grâce divine et non d’une formule humaine.

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Dans ce chapitre : Superstition et divination

  1. La superstition et l'idolâtrie
  2. La divination
  3. Les observances superstitieuses