Le beau et le bien
Le beau et le bien diffèrent par la raison : l'un attire la contemplation, l'autre le désir.
De Pulchro et Bono
Identiques par l'être
Le beau et le bien sont réellement identiques : ils désignent la même réalité, la perfection de l'être. Mais ils diffèrent par la raison, c'est-à-dire par l'aspect sous lequel l'intelligence les considère. Le bien regarde l'appétit (la volonté qui désire) ; le beau regarde la connaissance (l'intelligence qui contemple).
La parole de saint Thomas
Saint Thomas l'exprime avec une précision remarquable : « Le bien est ce que toutes choses désirent ; le beau est ce dont la saisie même plaît. » Le bien attire le désir ; le beau comble la contemplation. Quand je vois un bon repas, je veux le manger (appétit) ; quand je contemple un beau tableau, je veux le regarder (contemplation). Le beau est en réalité le bien resplendissant : ce qui est véritablement beau est toujours bon, car la beauté est une perfection de l'être. Cependant, tout ce qui est bon n'est pas immédiatement perçu comme beau, car la bonté doit resplendir à la connaissance pour apparaître dans son éclat : ce que les médiévaux appellent la claritas.
Contre le fonctionnalisme
Une cathédrale est belle non parce qu'elle est fonctionnelle, mais parce que sa forme resplendit. Réduire la beauté à l'utilité, c'est précisément l'erreur du fonctionnalisme en architecture, qui réduit la forme à la seule fonction pratique. En supprimant l'éclat de la forme, le fonctionnalisme détruit la beauté : il reste l'utile, mais le beau a disparu. Or c'est la splendeur de la forme qui fait la beauté d'un édifice, non sa seule commodité.
Le bien attire le désir, le beau comble la contemplation : mêmes réalités, aspects différents
Testez-vous : 7 questions
1. Comment le beau et le bien diffèrent-ils ?
- Bien meut, beau plaît
- Bien et beau confondus
- Le bien suit le beau
- Le beau précède le bien
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Réponse : Bien meut, beau plaît
Le beau et le bien sont réellement identiques mais diffèrent par la raison : le bien regarde l’appétit (la volonté qui désire), le beau regarde la connaissance (l’intelligence qui contemple).
2. Que dit saint Thomas : « Le beau est… » ?
- Ce qui est difficile
- Ce qui est précieux
- Ce qui plaît à voir
- Ce qui touche le cœur
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Réponse : Ce qui plaît à voir
Saint Thomas définit le beau comme « ce dont la saisie même plaît » (id quod visum placet). Le beau se reconnaît au plaisir de la contemplation, non au désir de possession.
3. Pourquoi le beau ne se réduit-il pas à l’utile ?
- L’utile est supérieur
- La forme, pas la fonction
- Ils s’opposent toujours
- L’utile vise un but
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Réponse : La forme, pas la fonction
Une cathédrale est belle non parce qu’elle est fonctionnelle, mais parce que sa forme resplendit. Réduire la beauté à l’utilité détruit la beauté, car l’utilité ne regarde pas la forme mais la fin pratique.
4. Qu’est-ce que le fonctionnalisme en architecture ?
- Un style décoratif
- Un art religieux
- Réduire la forme à l’usage
- Une école d’ornement
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Réponse : Réduire la forme à l’usage
Le fonctionnalisme réduit la beauté à l’utilité pratique. Or, la beauté tient à la splendeur de la forme, non à la simple fonction. Un bâtiment « fonctionnel » sans beauté a perdu sa forme.
5. Comment le beau se rapporte-t-il au bien ?
- Le bien resplendissant
- Le beau remplace le bien
- Ils sont contraires
- Le beau précède le bien
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Réponse : Le bien resplendissant
Le beau est le bien saisi dans son éclat. Ce qui est véritablement beau est toujours bon, car la beauté est une perfection de l’être. Le beau est le bien en tant qu’il resplendit à la connaissance.
6. Pourquoi le fonctionnalisme détruit-il la beauté ?
- Supprime l’éclat de la forme
- Il est trop ancien
- Il coûte trop cher
- Il manque de matériaux
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Réponse : Supprime l’éclat de la forme
En réduisant l’édifice à sa fonction, le fonctionnalisme supprime la splendeur de la forme. Or, la beauté est précisément cette splendeur. Sans elle, il reste l’utile, mais le beau a disparu.
7. Pourquoi tout ce qui est bon n’est-il pas immédiatement perçu comme beau ?
- Bien et beau s’opposent
- Certains biens sont laids
- La bonté doit resplendir
- Le beau cache la bonté
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Réponse : La bonté doit resplendir
Tout être est bon en tant qu’il est, mais la beauté exige que cette bonté resplendisse à la connaissance. La bonté doit être saisie dans son éclat (claritas) pour apparaître comme belle.
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Dans ce chapitre : Le beau parmi les transcendantaux
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