Le bien commun
Le bien commun, fin de toute société : l'ensemble des conditions qui permettent à chacun de s'épanouir pleinement.
Bonum Commune
Un principe de la Doctrine Sociale
Le bien commun est l'un des grands principes de la Doctrine Sociale de l'Église. Saint Thomas d'Aquin le définit comme le bien de la multitude ordonnée, c'est-à-dire l'ensemble des conditions qui permettent à chaque membre de la société de vivre selon la vertu et d'atteindre sa fin dernière (ST I-II, q. 90, a. 2). Le bien commun n'est pas la somme des intérêts privés : il les dépasse et les ordonne à une fin plus haute.
Les trois éléments essentiels
Le Catéchisme de l'Église catholique enseigne que le bien commun comporte trois éléments essentiels.
- Le premier est le respect et la promotion des droits fondamentaux de la personne humaine, car la société est ordonnée au service de l'homme et non l'inverse.
- Le deuxième est la prospérité ou le développement des biens spirituels et temporels du corps social, c'est-à-dire les conditions matérielles, culturelles et morales qui permettent à chacun de s'épanouir.
- Le troisième est la paix, que saint Augustin définit magnifiquement comme la « tranquillitas ordinis » (la tranquillité de l'ordre), c'est-à-dire la stabilité d'un ordre juste fondé sur la vérité, la justice et la charité, et non la simple absence de conflit armé.
L'enseignement des papes
Le pape Léon XIII, dans son encyclique « Rerum Novarum » (1891), a insisté sur le devoir de l'État de protéger en priorité les plus faibles et les plus pauvres, car la justice l'exige. Son successeur Pie XI, dans « Quadragesimo Anno » (1931), a précisé que l'État ne doit jamais absorber ni détruire les corps intermédiaires (familles, associations, corporations), mais les aider et les coordonner selon le principe de subsidiarité. Enfin, saint Thomas enseigne que le bien commun est « plus divin » que le bien particulier, car il reflète davantage la bonté de Dieu qui se diffuse généreusement sur toute la création.
Le bien de la multitude ordonnée : respect de la personne, prospérité sociale et paix
Testez-vous : 7 questions
1. Comment saint Thomas définit-il le bien commun ?
- L’intérêt de l’État
- Somme des richesses
- Bonheur du prince
- Bien de la multitude
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Réponse : Bien de la multitude
Saint Thomas définit le bien commun comme le bien de la multitude ordonnée, l’ensemble des conditions permettant à chacun de vivre selon la vertu (ST I-II, q. 90, a. 2).
2. Combien d’éléments essentiels comporte le bien commun ?
- Cinq
- Trois
- Sept
- Deux
Voir la réponse
Réponse : Trois
Le bien commun comporte trois éléments : le respect de la personne, la prospérité matérielle et spirituelle du corps social, et la paix.
3. Comment saint Augustin définit-il la paix ?
- La soumission au roi
- Tranquillitas ordinis
- Le silence absolu
- L’absence de guerre
Voir la réponse
Réponse : Tranquillitas ordinis
Saint Augustin définit la paix comme la « tranquillité de l’ordre » : la stabilité d’un ordre juste fondé sur la vérité et la charité, et non la simple absence de conflit.
4. Le bien commun est-il la simple somme des biens particuliers ?
- Somme des biens d’âme
- Somme des seuls biens
- Exactement la somme
- Il les dépasse
Voir la réponse
Réponse : Il les dépasse
Le bien commun n’est pas la somme des intérêts privés : il les dépasse et les ordonne à une fin plus haute, qui est de permettre à chacun de vivre selon la vertu.
5. Selon Léon XIII, l’État doit protéger en premier :
- Les plus faibles
- Les militaires
- Le clergé seul
- Les plus riches
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Réponse : Les plus faibles
Léon XIII enseigne dans Rerum Novarum que l’État doit protéger les droits de tous, et spécialement ceux des plus faibles et des plus pauvres, car la justice l’exige.
6. Selon Pie XI, l’État doit absorber les corps intermédiaires pour assurer le bien commun.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Faux
Inversion : Quadragesimo anno (Pie XI, 1931) affirme au contraire le principe de subsidiarité : il est injuste que l’État accapare ce que les corps intermédiaires peuvent accomplir.
7. Selon saint Thomas, pourquoi le bien commun est-il « plus divin » ?
- Il reflète Dieu mieux
- Réservé aux saints
- Il est invisible
- Il vient des anges
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Réponse : Il reflète Dieu mieux
Saint Thomas enseigne que le bien commun est plus divin que le bien particulier, car il reflète davantage la bonté de Dieu qui se répand sur toute la création.
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Dans ce chapitre : Dignité humaine et bien commun
- La dignité de la personne
- Le bien commun
- La destination des biens