Le cercle, image de Dieu

Chapitre 1 : Géométrie et contemplation divine · cours « Géométrie » · 8 questions

Centre partout, circonférence nulle part.

La Création

Imago Dei Circulus

La figure la plus parfaite

Le cercle est la figure la plus parfaite de la géométrie. Il n'a ni commencement ni fin ; chacun de ses points est également distant du centre.

Une image de Dieu

Les Pères de l'Église et nos théologiens y virent une image de Dieu : infini, éternel, sans début ni terme. Le Pseudo-Denys compare Dieu au centre d'où émanent tous les rayons. Saint Augustin, dans le De Ordine, admire l'ordre de cette figure qui, en sa simplicité, contient une beauté indicible.

La sphère infinie

Et le « Livre des XXIV Philosophes », recueil mystérieux du XIIe siècle, définit Dieu comme « une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part », reprenant une formule attribuée à Empédocle et transmise par Alain de Lille.

Et le « Livre des XXIV Philosophes », recueil mystérieux du XIIe siècle, définit Dieu comme « une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part », reprenant une formule attribuée à Empédocle et transmise par Alain de Lille.

Testez-vous : 8 questions

1. Quelle propriété géométrique caractérise le cercle : tous ses points sont à égale distance de quoi ?

  • De la tangente
  • De la corde
  • Du diamètre
  • Du centre
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Réponse : Du centre

Le cercle est caractérisé par le fait que tous ses points sont à égale distance du centre. Cette distance constante est le rayon. Le centre, d’où tout rayonne, est comparé par les théologiens à l’unité divine, et la circonférence à la création qui entoure Dieu. Cette propriété d’équidistance parfaite fait du cercle la figure la plus symétrique du plan.

2. Pourquoi nos théologiens voyaient-ils dans le cercle une image de Dieu ?

  • Sans début ni fin
  • Composé de droites
  • Il est le plus grand
  • Il a quatre côtés
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Réponse : Sans début ni fin

Les théologiens médiévaux voyaient dans le cercle une image de Dieu parce qu’il est sans début ni fin : sa ligne courbe revient éternellement à elle-même, sans commencement ni terme. De même, Dieu est éternel, sans origine ni fin. Cette analogie, développée par saint Augustin, Hugues de Saint-Victor et d’autres, fait du cercle la figure théologique par excellence.

3. Quel auteur mystique compare Dieu au centre d’où émanent tous les rayons ?

  • Ptolémée
  • Aristote
  • Le Pseudo-Denys
  • Euclide
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Réponse : Le Pseudo-Denys

Le Pseudo-Denys l’Aréopagite (Ve siècle), auteur mystique dont les œuvres furent attribuées au disciple de saint Paul, compare Dieu au centre d’un cercle d’où émanent tous les rayons. De même que les rayons procèdent du centre et y retournent, toute la création procède de Dieu et retourne à lui. Cette image géométrique, reprise par l’abbé Suger, est au fondement de la théologie de la lumière.

4. « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part. » De quel ouvrage vient cette célèbre formule ?

  • La Consolation
  • Livre des XXIV Philosophes
  • Les Confessions
  • Éléments d’Euclide
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Réponse : Livre des XXIV Philosophes

La formule « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part » provient du Livre des XXIV philosophes (Liber XXIV philosophorum), opuscule anonyme probablement composé au XIIe siècle. Cette image géométrique saisissante exprime l’omniprésence et l’infinité de Dieu. Elle fut reprise et popularisée par Alain de Lille, Nicolas de Cues et Blaise Pascal.

5. Saint Augustin, dans quel ouvrage admire-t-il l’ordre et la beauté des figures géométriques, dont le cercle ?

  • Le De Trinitate
  • Les Confessions
  • Le De Ordine
  • La Cité de Dieu
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Réponse : Le De Ordine

Saint Augustin, dans le De Ordine (Sur l’ordre), admire l’ordre et la beauté des figures géométriques, en particulier du cercle, qu’il considère comme la plus belle de toutes les figures. Pour Augustin, la beauté géométrique n’est pas un hasard : elle reflète l’ordre rationnel que Dieu a inscrit dans la création. La géométrie est ainsi un chemin vers la contemplation divine.

6. Quel théologien du XIIe siècle, maître de l’école de Lille, popularisa la formule de « la sphère dont le centre est partout » ?

  • Pierre Lombard
  • Bernard de Clairvaux
  • Alain de Lille
  • Abélard
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Réponse : Alain de Lille

Alain de Lille (v. 1128-1202), théologien et maître de l’école de Lille, popularisa la célèbre formule : « Dieu est une sphère intelligible dont le centre est partout et la circonférence nulle part. » Cette image géométrique, reprise du Liber XXIV philosophorum, exprime l’omniprésence et l’infinité de Dieu en termes spatiaux.

7. Chez Proclus, commentateur d’Euclide, le cercle symbolise quel type de causalité divine ?

  • Le jugement dernier
  • La création ex nihilo
  • Le retour à l’origine
  • La chute des anges
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Réponse : Le retour à l’origine

Chez Proclus (412-485), néoplatonicien et commentateur d’Euclide, le cercle symbolise la causalité divine du retour à l’origine (epistrophè). Toute chose procède de l’Un, se déploie dans la multiplicité, puis retourne à sa source : mouvement circulaire qui reflète la structure même du cercle. Cette lecture philosophique enrichit la symbolique chrétienne du cercle comme image de Dieu.

8. Dans le Timée de Platon, transmis par Calcidius, le Démiurge donne au monde quelle forme, jugée la plus parfaite ?

  • La forme cubique
  • La forme cylindrique
  • La forme sphérique
  • La forme pyramidale
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Réponse : La forme sphérique

Dans le Timée de Platon, transmis au Moyen Âge par la traduction latine de Calcidius, le Démiurge (l’artisan divin) donne au monde la forme sphérique, jugée la plus parfaite de toutes les formes. La sphère, également distante du centre en tous ses points, symbolise la complétude et l’harmonie. Les théologiens chrétiens reprirent cette idée pour décrire la perfection de l’œuvre divine.

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Dans ce chapitre : Géométrie et contemplation divine

  1. Le cercle, image de Dieu
  2. La sphère céleste, image de la perfection
  3. Les proportions du Temple de Salomon
  4. Boèce et Hugues de Saint-Victor, maîtres de la géométrie
  5. La géométrie au service de la contemplation