Le mariage et la famille
L'institution du mariage et la famille comme cellule fondamentale de la société.
Matrimonium et Familia
Une institution naturelle
Le mariage est une institution naturelle : il précède l'État et l'Église. Ce n'est pas une simple convention entre deux volontés, mais une réalité inscrite dans la nature humaine, ordonnée à des fins que l'homme ne choisit pas mais découvre.
Les trois biens
Saint Augustin, dans le De bono coniugali, identifie les trois biens du mariage :
- la proles (les enfants, fin première)
- la fides (la fidélité mutuelle)
- le sacramentum (l'indissolubilité du lien)
Ces trois biens ne sont pas des options : ils sont constitutifs du mariage lui-même. Saint Thomas d'Aquin précise la hiérarchie des fins (Supplementum, q. 41).
Le consentement et l'aide mutuelle
Le droit romain avait codifié le principe consensus facit nuptias (« le consentement fait le mariage »), signifiant que c'est l'échange libre des volontés, et non la cérémonie, la dot ou la consommation charnelle, qui constitue le lien conjugal. L'Église a repris et approfondi ce principe : les ministres du sacrement de mariage sont les époux eux-mêmes, et le prêtre n'est que le témoin qualifié de l'Église. Saint Thomas identifie comme fin secondaire du mariage le mutuum adiutorium, l'aide mutuelle entre les époux, cette communion de vie quotidienne où chacun soutient l'autre dans l'ordre naturel et surnaturel.
L'autorité paternelle
En droit romain, le père de famille exerçait la patria potestas, une autorité absolue sur ses enfants, incluant théoriquement le droit de vie et de mort sur eux. L'Église a progressivement combattu cette conception excessive en interdisant ce pouvoir de vie et de mort, affirmant que les enfants ne sont pas la propriété de leurs parents mais des personnes confiées à leur garde par Dieu. Isabeau de Bavière, la propre mère du dauphin Charles, a trahi son fils en signant le traité de Troyes qui le déshéritait au profit du roi d'Angleterre, illustrant dramatiquement comment la rupture de la fides conjugale et familiale peut ébranler un royaume tout entier.
Consensus facit nuptias : c'est le consentement qui fait les noces.
Testez-vous : 7 questions
1. Le mariage est une institution qui :
- Dépend de la coutume
- Est créée par l’État
- Naît de l’Église
- Précède l’État
Voir la réponse
Réponse : Précède l’État
Le mariage est une institution naturelle qui précède l’État et l’Église : il est inscrit dans la nature humaine.
2. Quels sont les trois biens du mariage selon saint Augustin ?
- Dot, accord, cérémonie
- Amour, fidélité, unité
- Enfants, fidélité, sacrement
- Charité et obéissance
Voir la réponse
Réponse : Enfants, fidélité, sacrement
Saint Augustin identifie trois biens : proles (enfants), fides (fidélité) et sacramentum (indissolubilité du lien).
3. Quelle est la fin première du mariage selon saint Thomas ?
- L’aide mutuelle
- Procréer et éduquer
- L’amour conjugal
- Le remède au péché
Voir la réponse
Réponse : Procréer et éduquer
La fin première est la procréation et l’éducation des enfants : non seulement les engendrer, mais les élever dans la vertu.
4. Que signifie le principe consensus facit nuptias ?
- La cérémonie crée
- La dot crée le lien
- Le consentement crée
- La consommation crée
Voir la réponse
Réponse : Le consentement crée
Consensus facit nuptias : seul le consentement mutuel libre et éclairé crée le lien matrimonial.
5. Que désigne la patria potestas en droit romain ?
- L’autorité du père
- Le pouvoir du consul
- La tutelle de l’État
- Le droit du citoyen
Voir la réponse
Réponse : L’autorité du père
La patria potestas est l’autorité du père de famille sur toute sa maisonnée : épouse, enfants, esclaves.
6. Qu’a interdit l’Église concernant la patria potestas romaine ?
- Vie et mort sur eux
- Le mariage des fils
- Le travail des enfants
- Le droit d’héritage
Voir la réponse
Réponse : Vie et mort sur eux
L’Église a supprimé le droit de vie et de mort du père et protégé la femme et les enfants contre l’arbitraire.
7. Quelle est la fin secondaire du mariage chez saint Thomas ?
- Le patrimoine familial
- La procréation
- La vie commune
- L’aide mutuelle
Voir la réponse
Réponse : L’aide mutuelle
La fin secondaire est l’aide mutuelle (mutuum adiutorium) et le remède à la concupiscence (Suppl. q. 41).
Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›
Dans ce chapitre : Le droit des personnes
- La personne en droit
- Le mariage et la famille
- La tutelle et la curatelle