Le sacré comme violence méconnue

Chapitre 6 : Le sacré archaïque · cours « Anthropologie » · 7 questions

Le sacré n'est pas d'abord le divin : il est la violence fondatrice méconnue et divinisée.

Le sacré archaïque

La violence méconnue

Le sacré archaïque, selon Girard, n'est pas une réalité divine mais la violence humaine méconnue et transfigurée par la communauté.

Le sacré naît du meurtre fondateur : la communauté attribue un caractère surnaturel à la violence qui l'a menacée puis sauvée. Le sacré est la violence vue avec crainte et vénération.

Un sacré ambigu

Ce sacré archaïque est fondamentalement ambigu : il est à la fois terrifiant et bénéfique. La victime émissaire, dont le meurtre a ramené la paix, inspire autant la terreur que la gratitude. Girard rejoint ici la notion de « numineux » empruntée au théologien Rudolf Otto, qui décrivait le sacré comme un mysterium tremendum et fascinans, un mystère qui fait trembler et qui fascine en même temps. Mais là où Otto voyait une expérience religieuse authentique, Girard discerne le voile posé sur la violence fondatrice. La « méconnaissance » est précisément ce processus par lequel la communauté ignore que le sacré est fait de violence humaine. Le sacré fonctionne comme un écran : il cache la violence réelle du meurtre fondateur en la transfigurant en mystère divin. Les mythes, les rites, les interdits ne sont que les formes successives de cette dissimulation.

Le dévoilement biblique

C'est ici que la Bible se distingue radicalement des mythologies archaïques. Alors que le sacré archaïque cache la violence et prend le parti des persécuteurs, la Révélation biblique la dévoile. Elle donne la parole aux victimes innocentes (d'Abel à Job, des Psaumes au Serviteur souffrant d'Isaïe) et culmine dans la Passion du Christ, qui révèle une fois pour toutes le mécanisme victimaire.

Le sacré archaïque n'est pas divin ; c'est la violence humaine méconnue et transfigurée

Testez-vous : 7 questions

1. Qu’est-ce que le sacré archaïque selon Girard ?

  • La peur de la mort
  • La violence humaine méconnue
  • La présence de Dieu
  • La peur de la nature
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Réponse : La violence humaine méconnue

Le sacré archaïque est la violence humaine méconnue et transfigurée.

2. D’où naît le sacré archaïque ?

  • De la prière
  • De la contemplation
  • Du meurtre fondateur
  • De la peur des dieux
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Réponse : Du meurtre fondateur

Le sacré archaïque naît du meurtre fondateur : la violence unanime qui met fin à la crise est ensuite attribuée à la victime devenue dieu. Le sacré est donc de la violence méconnue, tenue à distance par les interdits et rejouée par les rites.

3. Pourquoi le sacré archaïque est-il ambigu ?

  • Terrifiant et bienfaisant
  • Il est trop ancien
  • Il est mal compris
  • Toujours bienfaisant
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Réponse : Terrifiant et bienfaisant

Le sacré reflète la double nature de la violence.

4. À quel penseur Girard emprunte-t-il le concept du « numineux » ?

  • Rudolf Otto
  • Claude Lévi-Strauss
  • Sigmund Freud
  • Mircea Eliade
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Réponse : Rudolf Otto

Girard emprunte le numineux à Rudolf Otto, qui désignait par là le sacré éprouvé comme effroi et fascination mêlés. Girard en déplace la cause : ce que l’homme archaïque prend pour une présence divine est l’effet d’une violence collective qu’il ne s’avoue pas.

5. Que signifie la « méconnaissance » dans la théorie de Girard ?

  • Le sacré masque la violence
  • Les mythes sont oubliés
  • La communauté ignore Dieu
  • On oublie les ancêtres
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Réponse : Le sacré masque la violence

La méconnaissance est le processus par lequel la communauté ne reconnaît pas la violence du sacré.

6. Pourquoi le sacré est-il un « écran » selon Girard ?

  • Cache le meurtre fondateur
  • Il empêche la violence
  • Il projette des images
  • Il libère la communauté
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Réponse : Cache le meurtre fondateur

Le sacré est un écran car il transfigure la violence en mystère divin.

7. Quelle différence fondamentale y a-t-il entre le sacré archaïque et le Dieu de la Bible ?

  • L’un cache, l’autre dévoile
  • Aucune différence
  • Le sacré est plus ancien
  • La Bible est plus violente
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Réponse : L’un cache, l’autre dévoile

Le sacré archaïque cache la violence ; la Bible la dévoile.

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Dans ce chapitre : Le sacré archaïque

  1. Le sacré comme violence méconnue
  2. Le sacrifice rituel
  3. Les mythes : le récit des persécuteurs