Les mythes : le récit des persécuteurs
Les mythes racontent la violence fondatrice du point de vue des bourreaux, en la justifiant.
Les mythes, le récit des persécuteurs
Mythi Persecutorum
Le récit des persécuteurs
Les mythes sont les récits du meurtre fondateur racontés du point de vue des persécuteurs. Ils sont des « textes de persécution ». Le mythe prend toujours le parti des persécuteurs : la victime y est présentée comme coupable, qu'il s'agisse d'un monstre, d'un criminel ou d'un fauteur de trouble. Jamais le mythe ne reconnaît l'innocence de la victime.
Les quatre stéréotypes
René Girard identifie quatre stéréotypes de la persécution qui permettent de reconnaître un meurtre fondateur même lorsqu'il se dissimule sous le voile du récit mythique.
- Le premier stéréotype est la crise sociale : une indifférenciation généralisée frappe la communauté, les repères s'effondrent, la violence menace de tout emporter.
- Le deuxième est l'accusation portée contre la victime : elle est chargée de crimes monstrueux (inceste, parricide, empoisonnement des sources) pour justifier son expulsion et son meurtre collectif.
- Le troisième est la marque victimaire : la victime porte des signes distinctifs qui la désignent à la violence du groupe, qu'il s'agisse d'un handicap, d'une origine étrangère ou d'un statut marginal.
- Le quatrième est la violence collective elle-même, le meurtre ou l'expulsion qui rétablit la paix.
La méconnaissance mythique
La « méconnaissance mythique » désigne précisément le fait que le mythe cache la vérité du mécanisme victimaire. Les persécuteurs croient sincèrement à la culpabilité de leur victime ; le récit qu'ils en font perpétue cette croyance. On reconnaît un texte de persécution déguisé en mythe lorsque les quatre stéréotypes sont réunis dans un même récit : la convergence de ces indices trahit, sous la surface du sacré, la réalité d'une violence fondatrice dirigée contre un innocent.
Les mythes racontent le meurtre fondateur du côté des bourreaux : ils cachent l'innocence de la victime
Testez-vous : 7 questions
1. Que sont les mythes selon René Girard ?
- Récits du meurtre fondateur
- Histoires fantaisistes
- Allégories de la nature
- Fables morales antiques
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Réponse : Récits du meurtre fondateur
Les mythes sont les récits du meurtre fondateur racontés par les persécuteurs.
2. De quel côté le mythe prend-il toujours parti ?
- Du côté de la victime
- Du côté des persécuteurs
- Du côté des juges
- Du côté de la foule
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Réponse : Du côté des persécuteurs
Le mythe prend toujours le parti des persécuteurs, parce qu’il est écrit par eux : la victime y est coupable, et son expulsion y ramène l’ordre. C’est à quoi la Bible s’oppose en racontant les mêmes lynchages du point de vue de l’innocent, Abel, Joseph, Job.
3. Combien de « stéréotypes de la persécution » Girard identifie-t-il ?
- Deux
- Sept
- Quatre
- Cinq
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Réponse : Quatre
Girard identifie quatre stéréotypes de la persécution : la crise indifférenciée, le crime indifférenciateur, les signes victimaires et la violence collective elle-même. Leur présence dans un mythe signale un lynchage raconté par ses auteurs.
4. Qu’est-ce que la « méconnaissance mythique » ?
- Le mythe cache le meurtre
- Le mythe est oublié
- La communauté l’ignore
- Le mythe dit la vérité
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Réponse : Le mythe cache le meurtre
Le mythe cache la vérité du mécanisme victimaire.
5. Quel est le premier stéréotype de la persécution ?
- La crise sociale
- L’accusation
- Le meurtre collectif
- La haine du peuple
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Réponse : La crise sociale
Le premier stéréotype est la crise sociale, décrite comme une indifférenciation : peste, guerre civile, famine, tout ce qui efface les distinctions. Le mythe la nomme toujours, car il faut un désordre pour justifier ce qui suivra.
6. Pourquoi la victime est-elle accusée d’un crime monstrueux dans les mythes ?
- Justifier meurtre collectif
- Elle est vraiment coupable
- Par simple erreur de foule
- Pour apaiser les dieux
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Réponse : Justifier meurtre collectif
L’accusation justifie l’expulsion et le meurtre.
7. Comment reconnaît-on un texte de persécution déguisé en mythe ?
- Quatre stéréotypes réunis
- Le récit est ancien
- Le récit parle de dieux
- Le héros est innocent seul
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Réponse : Quatre stéréotypes réunis
Quand les quatre stéréotypes sont réunis, c’est un meurtre fondateur déguisé.
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