Les adversaires de la métaphysique
Du nominalisme au positivisme : les attaques contre la science de l'être et la réponse thomiste.
Adversarii Metaphysicae
Nominalisme et criticisme
Depuis sa naissance, la métaphysique a été attaquée. Le nominalisme de Guillaume d'Ockham (XIVe siècle) affirme que les universaux ne sont que des noms sans réalité hors de l'esprit. Si les universaux n'existent pas, la métaphysique perd son objet. Saint Thomas répond que les universaux ont un fondement dans la réalité : le concept d'« homme » exprime une nature réelle commune à tous les hommes. Le criticisme kantien (XVIIIe siècle) prétend ensuite que la raison ne peut connaître que les phénomènes, jamais la chose en soi (Ding an sich). La métaphysique classique dépasserait les limites de la raison. Le thomisme réplique que le phénomène manifeste l'être, il ne le cache pas : l'intelligence atteint vraiment l'être des choses à travers les phénomènes.
Positivisme et vérifiabilité
Au XIXe siècle, Auguste Comte fonde le positivisme et déclare les questions métaphysiques « dépassées », réservant le savoir véritable aux seules sciences expérimentales. Le Cercle de Vienne radicalise cette position en posant un critère de vérifiabilité : seules les propositions vérifiables empiriquement auraient un sens. Or ce critère se réfute lui-même, car l'affirmation « seules les propositions vérifiables ont un sens » n'est pas elle-même vérifiable empiriquement. Face à toutes ces attaques, l'Église maintient fermement, à travers l'enseignement de saint Thomas et les conciles, que la métaphysique est possible et nécessaire : la raison humaine peut connaître l'être et remonter jusqu'à Dieu.
Du nominalisme au positivisme, les attaques contre la métaphysique se réfutent elles-mêmes.
Testez-vous : 7 questions
1. Quel philosophe du XIVe siècle est le fondateur du nominalisme ?
- Saint Thomas d’Aquin
- Duns Scot
- Guillaume d’Ockham
- Bonaventure
Voir la réponse
Réponse : Guillaume d’Ockham
Guillaume d’Ockham (XIVe siècle) est le fondateur du nominalisme. Il enseigne que les concepts universels ne sont que des noms (nomina) sans réalité hors de l’esprit.
2. Que réplique saint Thomas au nominalisme sur les universaux ?
- Simples conventions
- Simples illusions
- Fondés dans le réel
- Innés dans l’esprit
Voir la réponse
Réponse : Fondés dans le réel
Saint Thomas enseigne que les universaux ont un fondement dans la réalité (fundamentum in re). Le concept d’« homme » exprime une nature réelle commune à tous les hommes.
3. Quel concept kantien rend la métaphysique impossible selon Kant ?
- La chose en soi inconnue
- L’espace et le temps
- La raison pratique
- L’impératif catégorique
Voir la réponse
Réponse : La chose en soi inconnue
Kant affirme dans la Critique de la raison pure que la « chose en soi » nous est inaccessible. Notre connaissance se limiterait aux phénomènes, rendant la métaphysique impossible.
4. Comment le thomisme répond-il à Kant sur la connaissance de l’être ?
- abstraction de l’être réel
- Seule la foi atteint l’être
- L’être est inconnaissable
- On ne peut répondre à Kant
Voir la réponse
Réponse : abstraction de l’être réel
La réponse thomiste est que l’intelligence atteint vraiment l’être des choses à travers les phénomènes. Le phénomène n’est pas un écran : il est la manifestation de l’être.
5. Qui est le fondateur du positivisme au XIXe siècle ?
- Auguste Comte
- Friedrich Nietzsche
- David Hume
- Karl Marx
Voir la réponse
Réponse : Auguste Comte
Auguste Comte (XIXe siècle) fonde le positivisme et déclare les questions métaphysiques « dépassées ». Seules les sciences expérimentales donneraient un savoir véritable selon lui.
6. Pourquoi le critère de vérifiabilité du Cercle de Vienne se réfute-t-il lui-même ?
- Il est trop ancien
- Il contredit Kant
- Il suppose Dieu
- Lui-même non vérifiable
Voir la réponse
Réponse : Lui-même non vérifiable
L’affirmation « seules les propositions vérifiables ont un sens » n’est pas elle-même vérifiable empiriquement. Le critère du Cercle de Vienne se détruit donc lui-même.
7. Quelle est la position de l’Église sur la possibilité de la métaphysique ?
- La raison est impuissante
- La métaphysique est niée
- Seule la foi compte
- La raison atteint Dieu
Voir la réponse
Réponse : La raison atteint Dieu
L’Église, à travers saint Thomas et les conciles, maintient fermement que la métaphysique est possible et nécessaire : la raison humaine peut connaître l’être et remonter jusqu’à Dieu.
Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›
Dans ce chapitre : Qu'est-ce que la métaphysique ?
- Qu'est-ce que l'être ?
- Qu'est-ce que la métaphysique ?
- Métaphysique et théologie
- Les adversaires de la métaphysique