Qu'est-ce que la métaphysique ?

Chapitre 9 : Qu'est-ce que la métaphysique ? · cours « Métaphysique » · 15 questions

La science de l'être en tant qu'être : une enquête sur ce qui se cache derrière toute réalité.

Aristote

Les grandes questions métaphysiques

Quaestiones metaphysicae

L'origine du mot

Le mot « métaphysique » vient du grec meta ta physika, c'est-à-dire « après les livres de physique ». Ce nom n'est pas d'Aristote lui-même : c'est Andronicos de Rhodes, au Ier siècle avant Jésus-Christ, qui l'a forgé en classant les traités du Stagirite. Il plaça après les traités de physique ceux qui portaient sur les réalités les plus fondamentales de l'être. Aristote, pour sa part, appelait cette discipline la « philosophie première » (protè philosophia), car elle étudie non pas tel ou tel domaine particulier, mais l'être en tant qu'être, ce qui fait que tout ce qui existe est. Elle se distingue ainsi de la physique, qui considère les êtres mobiles et matériels, des mathématiques, qui étudient la quantité abstraite, et de la logique, qui règle les opérations de l'esprit. La métaphysique ne se limite nullement aux réalités matérielles et sensibles : elle embrasse tout ce qui est, y compris les réalités immatérielles, et cherche les principes premiers de toute la réalité.

La sagesse par excellence

Saint Thomas d'Aquin enseigne que la métaphysique est la « sagesse par excellence », car elle connaît les principes les plus universels et les plus certains. « Il appartient au sage d'ordonner », écrit-il : le métaphysicien ordonne toutes les connaissances en remontant jusqu'aux causes ultimes. C'est précisément ce désir de connaître les causes ultimes qui, selon Aristote, distingue l'homme de l'animal dans l'ordre de la connaissance : l'animal perçoit, l'homme cherche à comprendre, et la métaphysique est l'aboutissement de ce désir.

Les questions ultimes

La métaphysique se reconnaît à ses questions : ce sont les questions ultimes, celles auxquelles aucune science particulière ne peut répondre. « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » est la question métaphysique par excellence (Leibniz). Cette question n'est pas scientifique au sens moderne, car la physique étudie comment les choses se comportent, non pourquoi elles existent : l'existence même appelle une explication métaphysique. Aristote ouvre sa Métaphysique par : « Tous les hommes désirent naturellement connaître. » Ce désir ne s'arrête pas aux connaissances utiles : il cherche les premières causes et les premiers principes de tout ce qui est. Quatre grandes questions métaphysiques se dégagent : Qu'est-ce que l'être ? Pourquoi y a-t-il de l'être ? Qu'est-ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est ? Qu'est-ce qui est véritablement ? La question de l'être débouche nécessairement sur la question de Dieu : si tout être fini a reçu l'existence, il faut remonter à un Être qui existe par Lui-même. La métaphysique considère ainsi l'être dans toute son universalité, et c'est pour cela qu'elle est la reine des sciences.

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? La question fondatrice de la métaphysique.

Testez-vous : 15 questions

1. Que signifie le mot « métaphysique » ?

  • au-delà de la physique
  • contre la physique
  • après la physique
  • avant la physique
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Réponse : après la physique

Meta ta physika signifie « après les livres de physique ». Ce nom vient du classement des œuvres d’Aristote par Andronicos de Rhodes au Ier siècle av. J.-C.

2. Comment Aristote appelle-t-il la métaphysique ?

  • science suprême
  • philosophie naturelle
  • philosophie seconde
  • philosophie première
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Réponse : philosophie première

Aristote appelle la métaphysique « philosophie première » (protè philosophia), car elle étudie les principes les plus fondamentaux de toute réalité.

3. Quel est l’objet propre de la métaphysique ?

  • la substance première
  • l’être en tant qu’être
  • les nombres
  • le mouvement
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Réponse : l’être en tant qu’être

La métaphysique étudie « l’être en tant qu’être » (ens qua ens) : non pas tel être particulier, mais ce qui fait que tout ce qui existe est.

4. Qui a donné son nom à la métaphysique en classant les œuvres d’Aristote ?

  • Platon
  • Alexandre d’Aphrodise
  • Andronicos de Rhodes
  • Porphyre
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Réponse : Andronicos de Rhodes

Andronicos de Rhodes, au Ier siècle av. J.-C., classa les traités d’Aristote et plaça ceux sur l’être après (meta) les traités de physique.

5. Pourquoi saint Thomas dit-il que la métaphysique est la « sagesse par excellence » ?

  • Elle saisit l’universel
  • Elle est la plus ancienne
  • Elle est la plus difficile
  • Elle étudie les causes
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Réponse : Elle saisit l’universel

La métaphysique est la sagesse par excellence car elle connaît les principes les plus universels et les plus certains, et « il appartient au sage d’ordonner ».

6. De quelles trois sciences la métaphysique se distingue-t-elle ?

  • Physique, maths, logique
  • Éthique, politique, poétique
  • Astronomie, droit, médecine
  • Physique, chimie, biologie
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Réponse : Physique, maths, logique

La métaphysique se distingue de la physique (êtres mobiles), des mathématiques (quantité abstraite) et de la logique (opérations de l’esprit).

7. La métaphysique étudie uniquement les réalités matérielles et sensibles.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Faux

C’est faux. La métaphysique étudie l’être en tant qu’être, c’est-à-dire ce qui est commun à toute réalité, matérielle et immatérielle. Elle dépasse les sciences particulières en atteignant les principes premiers de tout ce qui est.

8. Aristote appelle la métaphysique la « philosophie ____ ».

  • première
  • seconde
  • naturelle
  • morale
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Réponse : première

Aristote appelle la métaphysique « philosophie première » car elle étudie l’être en tant qu’être et les causes premières de toute réalité.

9. Quelle est la question métaphysique par excellence selon Leibniz ?

  • Pourquoi l’être et non rien
  • Où se trouve Dieu
  • Quand le monde commence
  • Comment marche l’univers
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Réponse : Pourquoi l’être et non rien

La question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » est la question fondatrice de la métaphysique. Aucune science empirique ne peut y répondre, car elle porte sur l’existence même.

10. Par quels mots Aristote ouvre-t-il sa Métaphysique ?

  • Tous veulent connaître
  • La philo naît d’étonnement
  • L’être se dit en plusieurs
  • Connais-toi toi-même
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Réponse : Tous veulent connaître

Aristote ouvre sa Métaphysique par cette affirmation célèbre : « Tous les hommes désirent naturellement connaître. » Ce désir naturel de savoir est le point de départ de toute la métaphysique.

11. Combien de grandes questions métaphysiques sont identifiées dans cette leçon ?

  • Deux
  • Quatre
  • Dix
  • Sept
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Réponse : Quatre

Les quatre grandes questions sont : Qu’est-ce que l’être ? Pourquoi y a-t-il de l’être ? Qu’est-ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est ? Qu’est-ce qui est véritablement ?

12. Sur quelle question fondamentale débouche la question de l’être (quid est ens) ?

  • La question de Dieu
  • La question de la matière
  • La question du temps
  • La question du nombre
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Réponse : La question de Dieu

La question de l’être débouche nécessairement sur la question de Dieu. Si tout être fini a reçu l’existence, il faut remonter à un Être qui existe par Lui-même.

13. Pourquoi la métaphysique se distingue-t-elle des sciences particulières ?

  • elle est plus ancienne
  • réservée aux théologiens
  • étudie l’être en général
  • usage des mathématiques
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Réponse : étudie l’être en général

La métaphysique ne se limite pas à un genre d’être (les vivants, les nombres, les astres), mais considère l’être en tant qu’être, dans toute son universalité.

14. Pourquoi la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » n’est-elle pas scientifique au sens moderne ?

  • trop ancienne
  • sans réponse possible
  • porte sur l’existence
  • trop facile à résoudre
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Réponse : porte sur l’existence

Cette question n’est pas scientifique au sens moderne car la physique étudie comment les choses se comportent, non pourquoi elles existent. L’existence appelle une explication métaphysique.

15. Selon Aristote, qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal dans l’ordre de la connaissance ?

  • Le désir des causes ultimes
  • L’instinct de survie
  • La perception sensible
  • La simple mémoire
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Réponse : Le désir des causes ultimes

Le désir naturel de connaître les causes ultimes distingue l’homme de l’animal. L’animal perçoit, l’homme cherche à comprendre. La métaphysique est l’aboutissement de ce désir.

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Dans ce chapitre : Qu'est-ce que la métaphysique ?

  1. Qu'est-ce que l'être ?
  2. Qu'est-ce que la métaphysique ?
  3. Métaphysique et théologie
  4. Les adversaires de la métaphysique