Les parties de la justice
Droit, restitution, respect des personnes : la justice dans ses applications concrètes à la vie quotidienne.
Partes Iustitiæ
Les trois espèces
La justice (Somme théologique, IIa-IIae, q. 57-122) est la volonté constante de rendre à chacun ce qui lui est dû. Elle se déploie en trois espèces principales :
- la justice commutative règle les échanges entre individus ;
- la justice distributive règle ce que la communauté doit à chacun de ses membres, selon le mérite et le besoin ;
- la justice légale ordonne les actes des citoyens au bien commun.
Les parties potentielles
À ces espèces s’ajoutent plusieurs parties potentielles, vertus annexes qui rendent à autrui un dû sans pouvoir l’égaliser parfaitement.
- La religion rend à Dieu le culte qui lui est dû.
- La piété rend aux parents et à la patrie ce qui leur revient, devoir analogue à celui que l’on a envers Dieu.
- L’obéissance soumet la volonté au supérieur légitime en ce qu’il commande justement.
- La gratitude reconnaît le bienfait reçu, et la véracité fait dire ce que l’on pense, le mensonge lui étant toujours contraire.
- La libéralité use des biens matériels avec mesure : son excès est la prodigalité, son défaut l’avarice.
- Enfin l’équité (épikie) corrige la loi quand son application littérale serait injuste.
Le droit naturel demeure immuable, tandis que le droit positif est variable.
La justice se déploie en justice distributive, légale et commutative, complétée par la piété, l’obéissance et l’épikie
Testez-vous : 11 questions
1. Qu’est-ce que la justice ?
- Rendre à chacun son dû
- Punir les coupables
- Partager à parts égales
- Obéir strictement
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Réponse : Rendre à chacun son dû
La volonté constante de rendre à chacun son dû.
2. Que règle la justice distributive ?
- ce que tous doivent à chacun
- les lois civiles publiques
- les échanges commerciaux
- les contrats privés réglés
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Réponse : ce que tous doivent à chacun
La justice distributive règle ce que la communauté doit à chacun de ses membres, selon le mérite et le besoin.
3. Qu’est-ce qui caractérise la justice commutative, par différence avec la distributive ?
- entre individus égaux
- du tout vers ses parts
- la commutative l’emporte
- biens d’argent seuls
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Réponse : entre individus égaux
Commutative entre individus, distributive de la communauté vers les individus.
4. La religion est une partie de quelle vertu ?
- De la foi
- De la charité
- De la prudence
- De la justice
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Réponse : De la justice
De la justice : elle rend à Dieu le culte dû.
5. À qui la piété rend-elle ce qui est dû ?
- aux amis proches
- aux étrangers d’abord
- aux parents et à la patrie
- à Dieu seul en premier
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Réponse : aux parents et à la patrie
La piété rend aux parents et à la patrie ce qui leur est dû. C’est un devoir analogue, mais inférieur, à celui envers Dieu (la religion).
6. Qu’est-ce que l’épikie ?
- correction au nom du juste
- dispense donnée par le pape
- obéissance stricte à la loi
- respect aveugle de la lettre
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Réponse : correction au nom du juste
L’épikie corrige la loi quand son application littérale contreviendrait à l’intention du législateur et à la justice.
7. Qu’est-ce que la justice légale ?
- Justice des tribunaux
- Obéissance au Pape
- Respect des lois civiles
- Devoir envers le bien commun
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Réponse : Devoir envers le bien commun
Ce que les individus doivent au bien commun.
8. Quel vice est toujours contraire à la véracité ?
- la flatterie
- le mensonge
- l’ironie
- le silence
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Réponse : le mensonge
La véracité fait dire ce que l’on pense. Le mensonge lui est toujours contraire car il dénature la parole, signe naturel de la pensée.
9. Quel est l’excès contraire à la libéralité ?
- la prodigalité
- l’avarice
- l’ambition
- la pusillanimité
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Réponse : la prodigalité
La libéralité use des biens matériels avec mesure. Son excès est la prodigalité (donner sans ordre) ; son défaut est l’avarice.
10. Le droit naturel est-il variable ?
- Non, il n’existe pas
- Oui, selon les cultures
- Non, il est immuable
- Oui, selon les époques
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Réponse : Non, il est immuable
Non, il est immuable. Le droit positif est variable.
11. À quoi l’obéissance soumet-elle la volonté ?
- au supérieur légitime
- à l’opinion publique
- à ses propres désirs
- aux passions du moment
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Réponse : au supérieur légitime
L’obéissance soumet la volonté au supérieur légitime en ce qu’il commande justement. Elle est une partie potentielle de la justice.
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