Les préceptes de la loi naturelle
Les grands principes moraux que la raison découvre dans la nature humaine.
Praecepta Legis Naturalis
Le premier précepte
Tout le monde sent qu'il ne faut pas tuer un innocent. D'où vient cette certitude ? Saint Thomas répond qu'il existe un premier précepte de la loi naturelle, si évident qu'il n'a pas besoin de démonstration : « Le bien est à faire et à poursuivre, le mal est à éviter » (I-II, q.94, a.2). Tous les autres préceptes moraux en découlent, comme les branches d'un arbre naissent du tronc. Ce premier principe est au domaine pratique ce que le principe de non-contradiction est au domaine spéculatif : personne ne peut le nier sans se contredire.
La syndérèse et la conscience
La connaissance de ce premier principe n'est pas le fruit d'un raisonnement : elle est donnée par un habitus naturel que la tradition appelle la syndérèse. La syndérèse est comme un murmure intérieur qui ne se tait jamais : elle nous fait saisir immédiatement que le bien est à poursuivre et le mal à éviter. Elle ne se trompe jamais sur ces premiers principes. En revanche, la conscience, qui est l'application de ces principes aux situations concrètes, peut, elle, errer. C'est pourquoi il est nécessaire de former sa conscience par l'étude et la prière, tout en sachant que la syndérèse demeure un guide infaillible dans l'ordre des principes.
Les trois inclinations
Pour découvrir les préceptes qui dérivent de ce premier principe, saint Thomas suit les inclinations naturelles de l'homme. Il en distingue trois.
- La première est la conservation de l'être, commune à toute substance vivante : d'où découlent l'interdit de tuer un innocent et le devoir de protéger la vie.
- La deuxième est la propagation de l'espèce, partagée avec les animaux : d'où naissent l'institution du mariage et le devoir d'éduquer ses enfants.
- La troisième, propre à l'homme en tant qu'être rationnel, est l'inclination à connaître la vérité sur Dieu et à vivre en société : d'où procèdent la recherche de la sagesse et l'organisation de la vie commune.
Le Décalogue codifie la loi
Ces préceptes ne sont pas des inventions humaines : le Décalogue lui-même les codifie et les exprime. Saint Thomas enseigne (I-II, q.100) que les dix commandements expriment ce que la raison découvre par elle-même dans la loi naturelle. La Révélation divine ne contredit pas la raison : elle la confirme, la précise et l'élève.
Le bien est à faire et à poursuivre, le mal est à éviter.
Testez-vous : 7 questions
1. Quel est le tout premier précepte de la loi naturelle selon saint Thomas ?
- Honore tes parents
- Tu ne tueras point
- Aime ton prochain
- Poursuivre le bien
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Réponse : Poursuivre le bien
« Le bien est à faire et à poursuivre, le mal est à éviter » (STh I-II, q.94, a.2) : fondement de toute morale.
2. Comment s’appelle l’habitus qui nous fait connaître les premiers principes pratiques ?
- La tempérance
- La sagesse
- La prudence
- La syndérèse
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Réponse : La syndérèse
La syndérèse est l’habitus naturel des premiers principes pratiques, un murmure intérieur qui ne se tait jamais.
3. Combien d’inclinations naturelles saint Thomas distingue-t-il ?
- Cinq
- Sept
- Deux
- Trois
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Réponse : Trois
Saint Thomas distingue trois inclinations : conserver l’être, propager l’espèce, connaître la vérité et vivre en société.
4. De quelle inclination naturelle découle l’interdit de tuer un innocent ?
- Propager l’espèce
- Connaître Dieu
- La vie en société
- Conserver l’être
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Réponse : Conserver l’être
L’interdit de tuer découle de la première inclination naturelle, la conservation de l’être, commune à tout vivant.
5. Quel rapport le Décalogue entretient-il avec la loi naturelle ?
- Il l’exprime
- Il la contredit
- Il en est indépendant
- Il la remplace
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Réponse : Il l’exprime
Le Décalogue codifie la loi naturelle : ses préceptes expriment ce que la raison découvre par elle-même (STh I-II, q.100).
6. La syndérèse peut-elle se tromper sur les premiers principes ?
- Chez les païens
- Jamais
- Chez les enfants
- Souvent
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Réponse : Jamais
La syndérèse ne se trompe jamais sur les principes ; seule la conscience peut errer dans leur application concrète.
7. De quelle inclination découle le devoir d’éduquer ses enfants ?
- Conserver l’être
- La vie en société
- Propager l’espèce
- Connaître Dieu
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Réponse : Propager l’espèce
Le mariage et l’éducation des enfants dérivent de la deuxième inclination naturelle, la propagation de l’espèce.
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Dans ce chapitre : La loi naturelle : fondement de tout droit
- La loi éternelle et la loi naturelle
- Les préceptes de la loi naturelle
- La loi humaine et ses conditions