Les trois opérations de l'esprit

Chapitre 5 : La logique : l'art de bien raisonner · cours « Philosophie I » · 7 questions

Appréhension, jugement, raisonnement : les trois actes fondamentaux de l'intelligence humaine.

Aristote

Tres Operationes Mentis

La logique classique repose sur l'analyse des trois opérations fondamentales de l'esprit humain. Chaque acte de pensée, si complexe soit-il, se ramène à l'une de ces trois opérations ou à leur combinaison.

La simple appréhension

La première opération est la simple appréhension (simplex apprehensio). C'est l'acte par lequel l'intelligence saisit la nature d'une chose sans rien affirmer ni nier. Quand je pense « homme », « arbre », « justice », je conçois quelque chose sans porter de jugement. Le fruit de cette opération est le concept (ou notion), et son expression verbale est le terme. Un terme peut être universel (« homme » en général) ou singulier (« Socrate »). La simple appréhension, en elle-même, n'est ni vraie ni fausse : elle ne fait que saisir ce qu'une chose est.

Le jugement

La deuxième opération de l'esprit est le jugement (judicium). Par le jugement, l'intelligence affirme ou nie quelque chose de quelque chose : « L'homme est raisonnable » ou « La pierre n'est pas vivante. » Lorsqu'elle unit deux concepts dans un jugement affirmatif, on parle de composition (compositio) ; lorsqu'elle les sépare dans un jugement négatif, de division (divisio). C'est au niveau du jugement, et de lui seul, que la vérité et l'erreur apparaissent pour la première fois, car la simple appréhension, ne posant rien, ne peut être ni vraie ni fausse. Le fruit du jugement s'appelle la proposition, et c'est Aristote, dans le De Interpretatione, qui en a établi l'étude systématique.

Le raisonnement

Quant à la troisième opération, le raisonnement (ratiocinatio), elle consiste à passer de jugements connus à un jugement nouveau par enchaînement nécessaire. Le raisonnement présuppose donc les deux opérations précédentes : il faut d'abord concevoir des termes, puis former des jugements, avant de pouvoir les enchaîner en raisonnement. La forme la plus parfaite du raisonnement déductif est le syllogisme, qui tire une conclusion nécessaire de deux prémisses par l'intermédiaire d'un moyen terme : c'est l'objet des Analytiques d'Aristote. Les Catégories, quant à elles, traitent des termes issus de la première opération.

Appréhension (saisir), jugement (affirmer ou nier), raisonnement (conclure) : trois actes, toute la logique.

Testez-vous : 7 questions

1. Qu’est-ce que la simple appréhension ?

  • Un jugement implicite
  • Saisir sans affirmer ni nier
  • Une intuition mystique
  • Un raisonnement spontané
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Réponse : Saisir sans affirmer ni nier

La simple appréhension est l’acte par lequel l’intelligence saisit la nature d’une chose (« homme », « justice ») sans porter de jugement. Elle n’est ni vraie ni fausse.

2. Quel est le fruit de la simple appréhension ?

  • Le concept
  • La proposition
  • Le syllogisme
  • La définition
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Réponse : Le concept

Le fruit de la simple appréhension est le concept (ou notion), et son expression verbale est le terme. Un terme peut être universel ou singulier.

3. À quel niveau de l’activité intellectuelle la vérité apparaît-elle pour la première fois ?

  • Au niveau du jugement
  • Au niveau de la sensation
  • Au niveau du raisonnement
  • Au niveau de l’appréhension
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Réponse : Au niveau du jugement

C’est au niveau du jugement (affirmer ou nier quelque chose de quelque chose) que la vérité et l’erreur apparaissent pour la première fois. La simple appréhension, elle, n’est ni vraie ni fausse.

4. Comment s’appelle l’acte par lequel l’intelligence unit deux concepts dans un jugement affirmatif ?

  • L’abstraction
  • L’induction
  • La composition (compositio)
  • La division (divisio)
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Réponse : La composition (compositio)

La compositio est l’acte par lequel l’esprit compose, unit deux concepts dans un jugement affirmatif : « L’homme est raisonnable. » La divisio est l’acte inverse, dans un jugement négatif.

5. Qu’est-ce que le raisonnement présuppose ?

  • Seule l’appréhension simple
  • Appréhension et jugement
  • Le seul jugement initial
  • Aucune opération antérieure
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Réponse : Appréhension et jugement

Le raisonnement enchaîne des jugements (qui supposent des concepts) pour atteindre une conclusion nouvelle. Il présuppose donc les deux opérations précédentes.

6. Quel ouvrage d’Aristote traite spécifiquement des propositions (deuxième opération de l’esprit) ?

  • Les Topiques
  • Les Catégories
  • Le De Interpretatione
  • Les Analytiques
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Réponse : Le De Interpretatione

Le De Interpretatione traite des propositions (jugements). Les Catégories traitent des termes (concepts). Les Analytiques traitent des syllogismes (raisonnements).

7. Quelle est la forme la plus parfaite du raisonnement ?

  • Le syllogisme
  • L’induction
  • L’analogie
  • L’intuition
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Réponse : Le syllogisme

Le syllogisme est la forme la plus parfaite du raisonnement déductif : il tire une conclusion nécessaire de deux prémisses par l’intermédiaire d’un moyen terme.

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Dans ce chapitre : La logique : l'art de bien raisonner

  1. La logique : l'art de bien raisonner
  2. Les trois opérations de l'esprit
  3. Le carré logique
  4. Le syllogisme catégorique