Vie d’Agricola (page 4)
GOUVERNEURS DE LA BRETAGNE, (suite)
Ostorius Scapula (Vie d’Agricola, 14 ; Ann. ; xii, 31 et suiv. ; Supplém. aux Annales, xi, 3). Tacite lui donne le nom de propréteur, Ann, xii, 31 et 40.
Didius Gallus (Vie d’Agricola, 14 ; Ann., xii, 40 ; xiv, 29).
Q. Veranius (Vie d’Agricola, 14 ; Ann., xiv, 29).
Suetonius Paullinus (Vie d’Agricola, 14 et suiv. ; Ann., xiv, 29 et suiv.).
Petronius Turpilianus (Vie d’Agricola, 16 ; Ann., xiv, 39).
Trebellius Maximus (Vie d’Agricola, 16 ; Hist’., i, 60 et suiv.).
Vettius Bolanus (Vie d’Agricola, 16 ; Hist., ii, 65).
Petilius Cerialis (Vie d’Agricola, 17).
Agricola tempéra sa propre énergie. Par un malheur attaché à la condition humaine, les grands hommes modérés sont rares ; et comme il est toujours plus aisé de suivre sa force que de l’arrêter, peut-être, dans la classe des gens supérieurs, est-il plus facile de trouver des gens extrêmement vertueux que des hommes extrêmement sages. (Montesq., liv. xxviii, ch. 41.)
Habuerunt virtutes spatium exemplorum. Tous les commentateurs et traducteurs ont hésité sur le sens de cette phrase. Je crois que virtutes se rapporte directement à Agricola, qui d’abord, pour ne pas offenser Bolanus, s’était contraint, avait tempéré son énergie et ses vertus, ses qualités. Dès que Cerialis arriva en Bretagne, alors les mérites eurent un libre espace… Videbaturque locus virtutibus patefactus (Ann, xiii, 8).
IX. Consul, il me promit… Le consulat d’Agricola, selon l’opinion la plus probable, tombe en l’an 77 de Jésus-Christ ; il faut donc dire que Tacite se maria l’an 78. Cette remarque sert à réfuter l’opinion de ceux qui croient que Pline a voulu parler de notre Corneille Tacite, et d’un fils qui, à trois ans, était d’une taille extraordinaire ; car Pline mourut l’an 79 ou l’an 80. Voyez Bayle, Dict., art. Tacite (Caïus Corneille).
Après son consulat. Le consulat sous la république durait une année entière : sons les empereurs on n’accordait plus cette dignité que pour quelques mois, et Commode, durant une seule année, nomma vingt-cinq consuls.
X. La Bretagne, la plus grande des îles. La superficie de l’Angleterre et du pays de Galles est évaluée à 49, 450 milles anglais carrés. (Pinkerton, t. ii, p. 3.)
Dispecta est et Thule. Cléomède dit qu’on rapporte qu’à l’île de Thulé, où l’on prétend qu’a été le philosophe Pythéas, de Marseille, le tropique d’été est tout-à-fait au dessus de l’horizon, et que ce cercle, pour les habitans, est le cercle polaire arctique. Les auteurs ne sont pas d’accord sur la situation de Thulé. Virgile, dans un compliment à Auguste, lui demande, entre autres choses relatives à ce qu’il fera quand il sera dans le ciel :
An deus immensi venias maris, ac tua nautæ
Numina sola colant ; tibi serviat ultima Thule ?
Par le terme ultima Thule, il semble faire entendre que c’était la partie la plus reculée du monde connu au temps d’Auguste. En supposant que le globe se trouve dans les circonstances dont vient de parler Cléomède, et que le tropique d’été devienne le cercle polaire des habitans de ce pays, suivant la doctrine des anciens, il devient évident que cette Thulé est située au 66° 30’ de latitude nord, et que, par conséquent, c’était probablement l’Islande. Ceci n’est dit que dans la supposition que la Thulé des anciens était une île. Mais Strabon affirme, page 175, que Pythéas n’avait donné le nom de Thulé qu’à la partie la plus septentrionale de la Grande-Bretagne, sans faire mention si c’était une île ou non. Si cela est vrai, alors Thulé peut n’avoir été autre chose que l’extrémité la plus septentrionale de l’Écosse. Les observations des anciens n’étaient pas faites avec assez d’exactitude, ni leurs relations avec assez de précision, pour pouvoir y compter. Dans les contrées septentrionales, les réfractions sont très-considérables, et élèvent le soleil et la lune au dessus de l’horizon ; mais cela était connu de Pythéas, de sorte que, à Thulé, l’élévation du pôle a dû être moindre de 66° 30’. (Histoire de l’Astronomie, par G. Costard, page 16.)
Thulé. Pythéas, natif de Marseille, avait dit qu’elle était dans un climat où l’hiver n’est qu’une longue nuit et l’été un jour continuel. Ératosthène le traita de visionnaire. Pline, plus éclairé, défendit l’opinion de Pythéas. Procope, qui se figurait celte île beaucoup plus grande que l’Angleterre, a cru que c’était la Scandinavie. Ortelius l’a placée dans la Norwège, et Camden en l’ile de Schetland : d’autres veulent que ce soit Thyl-insel, la plus septentrionale des Orcades. Mais Cluvier, faisant plus d’attention aux passages de Mêla et d’autres anciens, ne doute nullement que ce soit l’Islande, qui fut découverte l’an 890 par un pirate norwégien. Voyez la Géographie comparée de J. R. Joly, t. i, p. 395.
Les montagnes, où se forment et grossissent les tempêtes. Il ne faut qu’une montagne considérable pour faire changer de direction au vent, ou pour le rendre plus fort et plus impétueux. Voyez les Dictionn. de physique.
XI. La Calédonie. M. Thierry, dans son Histoire de la conquête d’Angleterre par les Normands, pense que le mot Caledonia vient du kymric Calyddon, forêt.
Des Silures. Le pays de Galles était divisé en trois tribus bretonnes, les Silures, les Dimètes et les Ordovices. (Géographie de Malte-Brun, t. iii, p. 255.)
Des Ibères. Les premiers habitans de l’Espagne.
Les Bretons les plus voisins des Gaulois, En remontant jusqu’aux temps les plus reculés, on ne trouve pas de plus anciens habitans que les Gaulois. On croit que les Gaulois vinrent des plus prochains rivages de France et de Flandre. (Géographie de Pinkerton, t. ii, p. 3.)
XII. Leur force est dans l’infanterie. Leurs troupes ne sont pas seulement composées d’infanterie et de cavalerie, mais ils se servent encore, dans le combat, de chariots que deux chevaux traînent, et qui sont armés de faux. Ils appellent cet attelage des essedes en langage du pays. (Jornandès.)
Le ciel est souvent obscurci de pluies et de brouillards. L’air, en Angleterre, est surchargé de vapeurs, que le vent d’ouest chasse de l’Océan Atlantique. (Géogr, de Malte-Brun, tom. iii, pag. 10.)
Le froid n’y est pas rigoureux. L’Écosse jouit d’une température plus douce que ne le ferait croire sa situation au nord. Ce pays doit surtout cet avantage au voisinage de la mer, d’où lui viennent, ainsi qu’en Angleterre, des vents chauds qui adoucissent la vivacité naturelle de l’air. (Géographie de Malte-Brun, t. iii, p. 278.)
On voit durant la nuit la clarté du soleil. Dans les îles de Schetland et d’Orkneg on peut lire à minuit aux mois de juin et de juillet. (Géogr. de Malte-Brun, t. iii, p. 264.)
Ne se couche ni ne se lève. Le nord de l’Écosse est dans le soixantième degré de latitude ; par conséquent l’équateur s’y abaisse d’environ trente degrés sous l’horizon du côté du nord, et le tropique d’été, seulement de six degrés et demi : lors donc que le soleil décrit ce tropique, vers le 21 juin, cet astre ne descend pas plus de six degrés au dessous de l’horizon, et la réflexion de sa lumière est assez vive pour effacer les étoiles.
La Bretagne renferme de l’or, de l’argent. L’Angleterre possède d’excellentes mines de fer. On a découvert de l’or en divers endroits de l’ile, nommément auprès de Silsoë, en Bedforshire. Cornouaille recèle cette espèce d’argent que les minéralogistes appellent mine d’argent cornée.
L’Océan y produit aussi des perles. On pèche encore des perles dans la rivière de Tay. (Voy. Faujas de Saint-Fond, t. ii, p. 186.)
On les ramasse. Selon Cambden, c’est vers l’embouchure de la petite rivière d’Irt, dans le Cumberland, qu’on pêche les huîtres à perles, ou plutôt qu’on les ramasse ; car les habitans de cette côte ne plongent point, mais attendent que la mer se soit retirée, comme ils faisaient du temps de Tacite. (Extrait de Labletterie.)
XIII. Tout le monde sait l’action extravagante de Caligula. Cet empereur fit avancer son armée sur les côtes de la Gaule : il avait publié qu’il voulait soumettre les Bretons. Il parut sur le rivage opposé, d’où il menaça l’ile, fit ensuite ramasser des coquilles à ses soldats, et les ramena chargés, disait-il, des dépouilles de l’Océan.
Impatiemment. Les hommes s’accoutument à tout et à la servitude même, pourvu que le maître ne soit pas plus dur que la servitude. (Montesq., liv. xv, ch. 16.)
C’était le plan d’Auguste. Si une monarchie peut agir longtemps avant que l’agrandissement l’ait affaiblie, elle deviendra redoutable, et sa force durera tout autant qu’elle sera siégée par les monarchies voisines. Elle ne doit donc conquérir que pendant qu’elle reste dans les limites naturelles à son gouvernement ; la prudence vent qu’elle s’arrête sitôt qu’elle passe ces limites. (Montesq., liv. x, ch. 9.)
Contre la Germanie. Les grandes menaces de guerre de Caligula ne furent, pour les Germains même, qu’un objet de dérision. (Mœurs des Germains, chap. xxxvii.)
Et Vespasien désigné par les destins.
Ostendent terris hune tantum fata……
(Virgil., Æneîd. lib. vi, v. 869.)
XIV. Aulus Plautius. La Bretagne fut tranquille jusqu’au règne de Claude, qui y établit sa domination. Cet événement fut la suite de l’exil d’un seigneur anglais nommé Bercius, qui, banni de son pays, se réfugia à Rome. Animé du désir de se venger, il représenta à l’empereur la situation des affaires de sa patrie, d’une manière à lui persuader que la conquête en serait aisée. Claude l’écouta, fit demander aux Bretons le tribut qu’ils devaient, et, sur leur refus, donna ordre à Plautius, qui commandait dans les Gaules, d’embarquer les légions. Ce général obéit, et fit la descente dans l’île par trois endroits différens. Les Bretons, embarrassés par cette diversion, ne savaient de quel côté faire tête aux ennemis. Aussi prirent-ils le parti de gagner leurs marais et leurs montagnes. Plautius les poursuivit, les attaqua séparément, les battit dans toutes les rencontres, et s’ouvrit le chemin jusqu’à leurs retranchemens, après avoir passé la Tamise, le long de laquelle il fit camper son armée.
Plautius gouverna de 796 à 800, et obtint, à son retour à Rome, les honneurs de l’ovation. Ostorius Scapula commanda de 800 à 803, et mourut en Bretagne.
Près de la ville d’Herford, dans la paroisse de Dinder, il existe un camp romain, que les Anglais croient avoir appartenu aux expéditions d’Ostorius, dans un lieu qui porte encore le nom de Oyster-hill, Ostorii mons ; mais ne serait-ce pas plutôt la colline des coquillages ?
Le roi Cogidunus… reçut en présent quelques cités. Il [le sénat] ôtait une partie du domaine du peuple vaincu pour la donner aux alliés, en quoi il faisait deux choses : il attachait à Rome des rois dont elle avait peu à craindre et beaucoup à espérer, et il en affaiblissait d’autres dont elle n’avait rien à espérer et tout à craindre. (Grandeur et décadence des Romains, ch. 6.)
Didius Gallus. Voyez Ann., xii, 40 ; xiv, 29, où il est parlé de Didius Gallus et de ses successeurs.