Vie d’Agricola (page 5)

Tacite · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Vie d’Agricola (Panckoucke), trad. Panckoucke 1833 · 7 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

GOUVERNEURS DE LA BRETAGNE, (suite)

L’île de Mona. C’est l’île d’Anglesey que les Gallais appellent encore l’île de Mon. « L’île de Mon est probablement la Monœda des anciens. La plus grande longueur d’Anglesey est d’environ vingt-cinq milles anglais, sa plus grande largeur de dix-huit. » (Pinkerton, t. ii, p. 236.)

XV. Ainsi la Germanie… a secoué le joug. Par la défaite de Q. Varus (Annales, liv. ii).

XVI. Boadicea. Veuve de Prasugatus, roi des Icènes. Voyez la note du chap. 43.

La colonie même. Cainalodunum, dans le pays des Trinobantes. On croit que c’est Colchester.

Et si Paullinus. Leur présence inopinée [des soldats romains] glaçait les esprits ; ils se montraient surtout après un mauvais succès, dans le temps que leurs ennemis étaient dans cette négligence que donne la victoire. (Grandeur et décadence des Romains, chap. 11.)

XVII. Des Brigantes. Ils habitaient la province d’Yorck.

XVIII. Les Ordoviques. Peuple sur la côte occidentale de l’île d’Albion, au sud des Brigantes et à l’ouest des Cornavii, dont Ptolémée fait mention. Il occupait les comtés de Flint, de Denbig, de Caernarvon, de Merioneth et de Montgomery.

Presser la renommée.

Et ce vainqueur, suivant de près sa renommée, .

Hier avec la nuit arriva dans l’armée.

(Racine, Iphigénie, acte i, scène 1.)

Il choisit parmi nos auxiliaires. C’étaient les Bataves qui, dix-sept années auparavant, avaient fait ce trajet avec Paullinus.

Et, suivant l’usage de leur pays y savaient nager. Les Romains prenaient, dans toutes ces nations, les divers corps de troupes qui convenaient à leurs desseins, et combattaient contre une seule avec les avantages de toutes les autres. (Grandeur et décadence des Romains, ch. xx.)

De lauriers. Les généraux vainqueurs enveloppaient leurs dépêches de lauriers. L. Vitellius, s’étant emparé de Terracine, envoya à son frère, l’empereur de Rome, le laurier que lui avaient mérité ses succès. (Hist., liv. iii, ch. 77.)

XIX. Il régla d’abord sa maison. Il mit une règle admirable dans sa dépense ; il fit valoir ses domaines avec sagesse, avec attention, avec économie ; un père de famille pourrait apprendre, dans ses lois, à gouverner sa maison. (Montesquieu, liv. xxxv, ch. 18, parlant de Charlemagne.)

Revendre à prix fixé. Il est bon, dans le gouvernement despotique, que les marchands aient une sauvegarde personnelle, et que l’usage les fasse respecter : sans cela, ils seraient trop faibles dans les discussions qu’ils pourraient avoir avec les officiers du prince. (Montesquieu, liv. xiii, ch. 10.)

Des chemins détournés. Règle générale : on peut lever des tributs plus forts, à proportion de la liberté des sujets ; et l’on est forcé de les modérer, à mesure que la servitude augmente. Cela a toujours été et cela sera toujours : c’est une règle tirée de la nature qui ne varie point. (Montesq., liv. xiii, ch. 12.)

XXII. Æstuario nomen est. Le terme expressif estuary a été souvent employé dans son acception latine par M. Pennant, pour signifier les larges embouchures des rivières qui sont guéables ou peu profondes aux basses eaux, mais qui, dans la haute marée, ressemblent à des bras de mer. Telles sont, sur la côte occidentale, celles de Dée, du Mersay, de Ribble, Morecambe-Bay et Solway-Firth. (Dr Aikin.) — Ce mot désigne aussi les anses, les baies un peu profondes que forme l’Océan. Peu de pays offrent autant que les côtes de l’Écosse ces déchirures qui semblent avoir été formées par la violence des flots.

Jusqu’à l’embouchure du Taüs, Le Tay, rivière d’Écosse, et qui traverse ce pays à peu près vers le milieu. Elle prend sa source à l’ouest, dans le mont Grantsbain, qui sépare le comté d’Argyle de celui de Perth, coule à l’est et se jette dans l’Océan Britannique, en formant un golfe à quinze milles Est de Dundée.

— Le mot œstuarium signifie plus souvent encore un terrain qu’inonde le flux de la mer, et qu’elle laisse en se retirant couvert de flaques d’eau. Il peut également s’entendre de l’embouchure d’un fleuve, et surtout en Écosse, où l’évasement des terres, à l’endroit où les rivières tombent dans la mer, n’est pas en rapport avec le peu d’étendue de leur cours.

Campden et Baxter ont cru qu’il s’agissait ici du Tay. La Bletterie semble assez porté à admettre cette supposition, et Dureau Delamalle n’a pas hésité. Je ne crains pas de dire que je la rejette entièrement, soit qu’il faille entendre par œstuarium Taum, l’embouchure du Tay, ou le lac Tay.

On ne peut voir l’excursion d’un parti dans l’expression vastatis nationibus, qui ne peut s’entendre que d’un système parfait d’une offensive décidée. Or, les Romains ne pénétrèrent dans l’Écosse septentrionale que dans la cinquième campagne ; il est donc absurde de voir leurs légions sur le lac ou la rivière de Tay, dès la troisième campagne.

Ce fleuve Taus pouvait être, ou la Tyn qui se jette dans la mer dans le comté de Hadington sur la côte méridionale de Forth, ou mieux encore la Tweed, qui traverse une grande partie des provinces méridionales de l’Écosse, et qui tombe dans la mer à Berwick, où elle fait encore la limite de l’Angleterre et de l’Écosse.

La difficulté qu’il y a de fixer avec certitude la position du Taus, tient peut-être à la science étymologique. La Bletterie rapporte, d’après Baxter, que tav ou sav signifient de l’eau dans la langue des anciens Bretons, c’est-à-dire le celtique. Aussi voit-on ce nom, modifié par ses terminaisons ou même par le changement très-fréquent du t en d, s’appliquer encore à un grand nombre de rivières, soit en Angleterre, soit en Écosse.

Le Tiev, le Dovey et la Dee, dans la principauté de Galles ; la Tees dans l’évéché de Durham ; la Tyne dans le Northumberland ; la Tweede, le Tay et la Dee en Écosse, sont des exemples qui viennent à l’appui de cette hypothèse.

(M. Cools Desnoyers.)

XXIII. Clota. La Clyde, grande rivière de l’Écosse méridionale. Elle a sa source à l’extrémité du comté de Larnack, passe à travers Gauford-Moor, laisse à sa gauche la chaîne de Leadhills, se détourne au dessous de la haute montagne de Tinto, près Syming-Tou, et poursuit son cours au nord. Environ à deux milles au sud de Caru-Wath, elle retourne vers l’ouest et reprend sa principale direction. (Pinkerton, tom. ii, pag. 298.)

Bodotria. Boderia, selon Ptolémée. Ce doit être Le Forth, rivière d’Écosse. Elle sort du lac Men Teith au comté de Perth, et forme, à son embouchure dans la mer, un golfe qui porte son nom. — Le Forth tire son origine principale de Ben Lomond, la rivière Gondie, qui sort du lac de Men Teith, se joint au Forth. Il reçoit ensuite celle de Teith, alimentée par les lacs Ketterin, Lubuaig, etc. Grossi du tribut de toutes ces eaux, le Forth forme un grand courant d’eau à quatre milles au dessus de Sterling. (Pinkerton, tom. ii, p. 297.)

Une langue étroite de terre. Cet espace est à peu près de huit lieues. Ce fut aussi là que Septime-Sévère, l’an 209, fit élever une muraille dont on aperçoit encore quelques ruines.

Fortifiée de citadelles. Nous vîmes, dans nos incursions à Dumbarton, des amas immenses de basalte réduit en fragmens : ces laves dures, noires, ainsi brisées et entassées les unes au dessus des autres, forment des collines entières. On est véritablement étonné de voir une aussi grande réunion de laves en fragmens, particulièrement à un quart de lieue de Dumbarton, sur la route de Glascow, où ces laves forment une vaste chaussée qui va s’unir au loin à des collines plus élevées. On nous dit que c’étaient là les restes d’un mur étonnant par son épaisseur et sa longueur, que des Romains avaient été obligés de construire du temps d’Agricola, pour se garantir des incursions des Calédoniens. (Voyage de Faujas de Saint-Fond, tom. i, pag. 264.)

XXIV. Le premier de nos vaisseaux. En traversant le Firth de la Clyde, ou Dumbarton-Bay, et tournant vers la côte occidentale d’Argyleshire, ou vers les îles d’Arran et Bute. Peut-être, cependant, que Tacite a lié par erreur cette traversée d’Agricola sur un bâtiment, avec l’établissement des postes militaires qu’il plaça dans cette partie de l’Écosse, qui est opposée à l’Irlande, puisque le point de l’Écosse le plus proche de celle-ci est Wigton en Galloway, vers lequel Agricola pouvait s’avancer sans traverser ni rivière ni bras de mer, et qui est situé à l’extrémité d’une langue de terre bien plus capable de tenter un conquérant que les montagnes stériles et nues de l’Argyleshire. (Dr. Aikin.)

L’Hibernie. L’Irlande est une des Iles Britanniques à l’ouest de l’Angleterre, dont elle est séparée par le canal de St-Georges, et au sud-ouest de l’Écosse, par un canal de cinq lieues. Sa longueur est de cent dix lieues du sud au nord, et sa largeur de soixante-deux lieues.

XXVI. Dans le camp même. Le camp de la neuvième légion, selon Gordon, était dans le Fife, et on en voit encore quelques vestiges à Loch-ore. L’aspect de la nature n’a pas changé dans cette contrée. Les marais et les lacs en occupent toujours une grande partie. À deux mille pas du camp de Loch-ore est un vaste marais appelé Loch-leven.

XXVIII. Cohors Usipiorum. Usipiens, peuples de la Germanie, qui s’étendaient le long de la rive droite de la Lippe. On ne saurait décider quel espace ils occupaient sur les bords du Rhin ; peut-être était-ce jusqu’à l’endroit où ce fleuve, se partageant, formait l’île des Bataves.

XXIX. Au mont Grampius. Chaîne de montagnes qui conserve encore le nom de Grampian.

Cruda ac viridis senectus.

Jam senior, sed cruda deo viridisque senectus.

(Virgile, Énéide, liv. vi, v. 3o4.)

Galgacus, que les historiens écossais appellent encore Corbied, était le vingt-unième roi de la race de Fergus Ier, qui fut le fondateur de la monarchie ; et, quoiqu’on ait élevé des doutes sur l’authenticité de cette monarchie, il est cependant certain, par le témoignage de l’histoire romaine, que les Calédoniens furent gouvernés par une suite de rois sages et courageux durant le séjour que les Romains firent dans la Bretagne. (Géographie de Mentelle et de Malte-Brun, tom. iii, pag. 330.)

XXX. Interiores Romani. On a fort tourmenté ce texte. Des éditions portent eo manifestiores, infestiores, inferiores, inter ea iis infestiores, etc. L’édition de Broder porte infestiores.

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