Les Controverses de la foi chrétienne (Disputationes de controversiis) (page 126)

Robert Bellarmin · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Les Controverses, 34 livres · 336 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

CHAPITRE DIX

On le prouve ensuite par les exemples de l’Église primitive. Car, il appert qu’au tout début de l’église naissante, plusieurs ont commence à pratiquer la continence, et la vie en commun, en vendant tous leurs biens, ce qui a été rarement vu dans l’ancien testament. Il ne pouvait y avoir d’autre cause de cette innovation que la prédication du Christ et des apôtres. À actes 4, on lit que tous les possesseurs de champs et de maisons, les vendait pour en déposer le prix aux pieds des apôtres. Pourquoi cela ? Parce qu’ils avaient entendu que le Seigneur l’avait conseillé. Nous lisons en effet qu’un si grand nombre avaient senti l’appel que les quatre filles de Philippe sont devenues vierges, non pour un certain temps, mais, on n’en peut douter, pour toute la vie. Car, saint Luc rapporte comme une grande chose, qu’un seul homme ait quatre filles vierges. Qu’y a-t-il de si étonnant à avoir quatre filles vierges là où les filles se marient dès qu’elles deviennent nubiles ? Ajoutons que Eusèbe (livre 3, chapitre 30 de son histoire), enseigne d’après Policrate, que les filles de Philippe ont vieilli dans la virginité.

De plus, le Juif Philo (dans son livre sur la vie contemplative) atteste que plusieurs en son temps, c’est-à-dire au début de l’Église, ont mené la vie commune en tant que célibataires. Il dit qu’il y a eu de ces collèges d’hommes en plusieurs endroits de la terre, tant chez les Grecs que chez les barbares, mais surtout en Égypte. Parmi les Grecs saint Justin, auteur ancien, dit, dans son apologie du milieu du deuxième siècle, qu « ’aucun peuple ne vénère le célibat comme les chrétiens. On trouve chez eux, beaucoup d’hommes et de femmes qui demeurent vierges jusqu’à leur extrême vieillesse ». Tertullien, le plus ancien écrivain des latins, écrit la même chose dans son apologie, chapitre 9.

CHAPITRE 11

Le nombre des ordres ecclésiastiques

S’ajoute la troisième question sur la distinction des clercs, ou des ministres de l’Église. Cette question consiste en trois choses. Nous différons d’avis avec nos adversaires sur le nombre, l’antiquité et sur la fonction des clercs. Commençons donc par le nombre. Jean Calvin (livre 4, chapitres 4 et 19 de son institution) et Martin Kemnitius (dans son examen de la session 23 du concile de Trente) rejettent le chiffre sept que les catholiques reconnaissent et enseignent, et n’en acceptent que trois : l’ordre des évêques qu’ils appellent plutôt pasteurs, celui des presbytes, qu’ils appellent anciens, ou docteurs ou ministres de la parole, et celui des diacres. L’ordre des exorcistes ils l’écartent d’un revers de main. Les autres ils les reconnaissent mais pas comme des ordres, et sans qu’il y voir un nombre fixe. Ils disent que les lecteurs, les acolythes, les portiers furent des ministres que les pasteurs utilisaient selon les besoins du moment; qu’ils étaient plus ou moins nombreux selon la grandeur ou la petitesse de l’église. Ils le prouvent cela, en faisant remarquer que les pères ne présentèrent pas tous les mêmes chiffres. Calvin (livre, chapitre 4, verset 1) cite un texte de saint Jérôme (son commentaire d’Isaïe, chapitre 19) qui ne parle que de cinq ordres, les évêques, les prêtres, les diacres, les fidèles et les catéchumènes.

Kemnitius présente aussi ses citations. La première. Denys l’aréopagite (dans le chapitre 4 de sa hiérarchie ecclésiastique), n’en connait que trois : celui des pontifes, des prêtres et des ministres. La deuxième. Les canons apostoliques n’énumèrent que cinq ordres : celui des évêques, des prêtres, des diacres, des lecteurs et des chantres. La troisième. Saint Ambroise (dans son commentaire du quatrième chapitre des Éphésiens) n’en énumère que cinq, mais il met les exorcistes à la place des chantres. La quatrième. Saint Ignace dans son épitre aux antiochiens, et saint Épiphane (Panarius) en comptent plus que sept, car ils ajoutent des travailleurs. Saint Ignace ajoute, lui, des confesseurs. La cinquième. Les canonistes (Gratien dist 23 et 25) ajoutent un psalmiste. Et il conclut : « Ce n’est donc pas un dogme catholique qu’il n’y ait que sept ordres. »

Les catholiques, pour leur part, veulent qu’il y ait un nombre certain et statué des ordres ecclésiastiques proprement dits. Il faut noter que les auteurs ont coutume d’entendre le mot ordre (ecclésiastique) de deux façons. Une première, au sens propre, et une autre, au sens large. Sont appelés proprement ordres ecclésiastiques ceux qui sont conférés par l’évêque au moyen d’un rite sacré et solennel, et qui se rapportent à un ministère en relation avec le sacrifice divin. Dans ce sens, sept ordres seulement sont reconnus, à savoir le prêtre, le diacre, le sous-diacre, l’acolythe, le lecteur, l’exorciste et le portier. Car même si l’évêque et le prêtre sont différents, sous l’angle du sacrifice, ils exercent le même ministère. Voilà pourquoi ils forment un seul ordre, et non deux, comme le lecteur, le chanteur et le psalmiste.

Voilà pourquoi le pape Corneille (dans son épitre à Fabien, citée par Eusèbe (livre 6, chapitre 33 de son histoire), dit que, dans l’église romaine, en son temps, c’est-à-dire il y a 1300 ans, il y avait 46 prêtres, 7 diacres, 7 sous-diacres, 42 acolythes, des exorcistes avec des lecteurs et des portiers au nombre de 52. Il ne fait là aucune mention des chanteurs et des travailleurs, ou d’autres ordres dont parlent d’autres auteurs. Et la raison en est que ces derniers n’avaient pas d’ordination propre, et n’avaient pas un ministère en rapport avec le saint sacrifice de l’autel. Dans le concile romain, sous Sylvestre (chapitre 3), les mêmes sept ordres sont énumérés. Dans le quatrième concile de Carthage (canon 2 et suivants), en plus des ordres déjà nommés dans l’épitre de saint Corneille, et dans le concile romain, a été ajouté celui de psalmiste ou de chantre. Mais, au même endroit, le concile précise que le psalmiste n’est pas ordonné par l’évêque, mais qu’il peut exercer son ministère sans la permission de l’évêque, et sans un ordre de son pasteur. Saint Isidore (au livre 7 des étymologies, chapitre 12, et dans sa lettre à Ludifredus, Raban (livre 1, chapitre 6 et suivants des institutions cléricales), Amalarius (livre 2, chapitre 7 et suivants des offices ecclésiastiques), Hugo de Saint Victor (livre 2, par 3 chapitre 5, dans son livre sur les sacrements), tous ces auteurs énumèrent et expliquent les mêmes sept sacrements. Pierre Lombard, le maître des sentences fait la même chose. Or tous les théologiens, comme l’on sait, l’ont suivi dans 4 dist 24.

De plus, le concile de Florence énumère les mêmes, dans son instruction aux Arméniens, ainsi que la session 23 du concile de Trente, chapitre deux. Et c’est ce qu’atteste aussi la pratique de l’Église. Car on ne confère jamais d’autres ordres que ceux-là. La tonsure, en effet, n’est pas un ordre, puisqu’elle n’a aucun office qui lui soit attaché. Elle n’est qu’une préparation aux ordres, comme le catéchisme l’est au christianisme.

On appelle ordres au sens large tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, sont voués aux devoirs divins, même s’ils n’ont aucun lien avec le sacrifice de la messe. Et dans ce sens, sont appelés ordres par les pères même les moines, les vierges, et les veuves consacrées à Dieu, ainsi que les fossoyeurs. Saint Denys l’aréopagite parle de l’ordination d’un moine (dans le chapitre sixième de la hiérarchie ecclésiale), et Épiphane des fossoyeurs, dans sa somme doctrinale, car l’ensevelissement des morts était considéré comme une action religieuse. Le même Épiphane parle de l’ordre des diaconesses, des vierges ou des veuves, qui servaient l’église dans l’instruction des femmes qui allaient être baptisées, et dans l’immersion elle-même.

À partir de ce que nous venons de préciser, il sera facile de donner une explication des passages que les adversaires nous présentent contre le nombre sept des ordres. D’abord, le texte de saint Jérôme que nous oppose Jean Calvin. Je réponds que, dans ce texte, saint Jérôme ne parle pas des ordres des clercs, mais des ordres des chrétiens. Voilà pourquoi il place en premier lieu les clercs, ensuite les laïcs, qu’il appelle fidèles, et à la fin les catéchumènes. Ensuite, parmi les clercs, il n’en nomme que trois : les évêques, les prêtres et les diacres, car il voulait reproduire le chiffre cinq. Il expliquait alors ce passage d’Isaïe : « Il y aura cinq villes, dans la terre d’Égypte, qui parleront la langue cananéenne »; et il voulait voir dans ces cités l’église catholique. Donc, pour atteindre le chiffre cinq, il ne plaça que les trois premiers des clercs, dans lesquels les autres sont contenus, bien qu’ailleurs il les ait présentés souvent au complet. Car, il parle des sous-diacres dès les premiers mots de sa lettre 91, des acolytes et des lecteurs dans sa lettre 2 à Népotien, des exorcistes et des portiers, dans les derniers mots de son commentaire du chapitre 2 de l’épitre à Tite.

À la citation de saint Denys l’Aréopagite, présentée par Kemnitius, je réponds que saint Denys ne voulait pas énumérer le nombre des ordres, mais le nombre des hiérarchies. Car, il y a trois hiérarchies dans l’église militante, comme il y en a trois aussi dans l’église triomphante. La première est celle des pontifes, la seconde celle des prêtres, et la troisième celle des diacres. Si comparés aux prêtres, les diacres sont appelés et sont vraiment des ministres, ils sont cependant, si on les compare au peuple des fidèles, des princes et des présidents; et voilà pourquoi on en fait une hiérarchie. Les ordres inférieurs ne président pas au peuple, mais ne font que servir les diacres et les prêtres. Que les diacres président, c’est ce qu’enseignent saint Ignace (dans son épitre aux Tralliens : « Soyez soumis à l’évêque, ainsi qu’aux prêtres et aux diacres. » Saint Jérôme (dans le chapitre 2 à Tite) : « Ce ne sont pas seulement les évêques, les prêtres et les diacres qui doivent s’appliquer avec soin à précéder par la conduite, la parole et la science, le peuple sur lequel ils président, mais même les grades inférieurs comme ceux des exorcistes, des lecteurs, et tous ceux qui servent dans la maison de Dieu. » Saint Jean Chrysostome enseigne la même chose dans son homélie 83 sur Matthieu, dans laquelle il persuade un diacre de refuser la communion à un empereur qui se présente indignement à la sainte table: « Empêche-le, et corrige-le, car tu as un pouvoir plus grand que le sien! » Et c’est la raison pour laquelle on choisit des évêques parmi les prêtres ou les diacres de l’Église, non parmi les ordres inférieurs, comme le montre saint Léon (épitre 84 à Anastase, chapitre 6). Et je pense que c’est aussi pour cette raison que, dans l’église romaine, seuls les évêques, les prêtres ou les diacres sont cardinaux.

Au sujet des canons apostoliques, je réponds que saint Clément n’a jamais voulu, dans les canons des apôtres, énumérer tous les ordres, mais qu’il a tantôt parlé de l’un, tantôt de l’autre, selon que le contexte le demandait. Que le même Clément ait connu plusieurs ordres, le canon 15 le laisse entendre clairement : « Si un prêtre, un diacre, ou l’un quelconque du nombre des clercs. » Au témoignage de saint Ambroise, je réponds que dans son commentaire aux Éphésiens, chapitre 14, il ne fait mention que de cinq ordres parce qu’il voulait expliquer les paroles de saint Paul sur les ordres : il a été donné à d’autres d’être des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs. Et comme saint Paul n’en a nommé que cinq, il s’est cru obligé de s’en ternir au chiffre cinq. Par apôtres, il entend des évêques, par prophètes des presbytes, par évangélistes des diacres, par pasteurs des lecteurs, par docteurs, ou comme il le lit, par maîtres, des exorcistes. Je réponds aux textes de saint Ignace et de saint Épiphane que ces pères ont compté parmi les ordres non seulement les ordres proprement dits, mais aussi ceux qui le sont au sens large. Aux témoignages des canonistes, je réponds qu’ils comptent neuf ordres parce qu’ils distinguent les évêques des prêtres, et le lecteur du chantre, ce que les théologiens ne font pas. Mais il n’y a pas entre eux de dissension, car les théologiens ne regardent les ordres que dans leur relation au sacrifice de l’autel. C’est de cette façon que nous disons, nous, qu’un évêque n’est pas différent d’un prêtre, et qu’un lecteur n’est pas différent d’un chantre. Les canonistes, eux, envisagent les ordres en tant qu’ils constituent une hiérarchie, et c’est pour cette raison qu’ils distinguent les évêques des prêtres.

CHAPITRE 12

L’antiquité des ordres

Jean Calvin parle ainsi de l’antiquité des ordres, surtout des ordres mineurs (livre 4, chapitres 19, verset 27 de ses institutions) : « Ils furent inconnus à la primitive église, et ils furent inventés plusieurs années après. » Mais saint Clément et saint Ignace, disciples des apôtres, prouvent que cette déclaration de Calvin est farfelue, car chacun de ces deux se souvient des ordres mineurs. Saint Clément (livre 8 des constitutions apostoliques) décrit les rites de presque tous les ordres, même des ordres mineurs. Et saint Ignace dans sa lettre aux Antiochiens conclut ainsi : « Je salue votre saint presbyte, je salue les saints diacres, je salue les sous-diacres, les lecteurs, les chantres, les portiers, les travailleurs et les exorcistes. » Et au temps de saint Cyprien, tous ces ordres se trouvaient dans l’église, sans avoir commencé alors. Car, les auteurs de ce temps en parlent comme d’une chose antique et reçue partout, qui ne devait donc pas être beaucoup éloignée des temps apostoliques. Cyprien (livre 2, épitre 2) dit : « J’ai transmis à l’acolythe Nicéphore des exemplaires qui m’ont été envoyés par Mettius le sous-diacre. » Aux livres 2 et 4 de l’épitre 5, il écrit qu’il vient d’ordonner les lecteurs Aurélien et Célérin. Dans l’épitre 14 du livre 5, il écrit « Le presbyte et lecteur Lucien a écrit sur le clerc et l’exorciste. »

À la même époque le pape Corneille a écrit une lettre à Fabien, évêque d’Antioche. Voici quelles sont ses paroles, comme les a transcrites Eusèbe (livre 6, chapitre 33 de son histoire ecclésiastique) : « Celui qui revendiquait l’évangile ne savait donc pas que dans l’église catholique, il doit y avoir un évêque là où il voyait 46 prêtres, sept diacres, sept sous-diacres, quarante-deux acolythes, des exorcistes et des lecteurs avec des portiers ? » J’omets le canon 24 du concile de Laodicée et les canons 2 et suivants du quatrième concile de Carthage, dans lesquels il est fait mention de tous les ordres. Ces conciles ont été célébrés l’un il y a 1100 ans, et l’autre il y a 1200 ans. On peut facilement en déduire que ces ordres sont beaucoup plus anciens que ne le pense Calvin.

CHAPITRE 13

Des fonctions ou des tâches des ministres

Il reste la fonction ou la tâche de tous ces ministres. Sur ces points, Calvin et Kemnitius sont fort loin de penser comme nous. La porte d’entrée dans le ministère est la tonsure, laquelle n’est pas un ordre, puisqu’elle n’a aucune tâche particulière qui lui soit assignée. Elle n’est qu’une disposition, une préparation aux ordres. Ceux qui sont ainsi tonsurés professent leur désir de s’initier aux ordres, et de passer des affaires du monde à la milice ecclésiastique. C’est donc plus loin que nous traiterons formellement du rite de la tonsure.

Le premier ordre est celui de portiers. Tous tombent d’accord sur son existence. Car Calvin (livre 4, chapitre 4, verset 9 de ses institutions) admet que la fonction des portiers fut, autrefois, d’ouvrir et de fermer les portes de l’Église, et aussi d’avoir soin du temple. Et au chapitre 19, verset 27 il reproche à l’église de demander aux évêques d’ordonner des portiers par un rite solennel, car ce n’était pas pour lui une tâche ecclésiastique, mais un travail quelconque, comme celui que remplissent les portiers dans les maisons profanes. Mais il ne présenta aucun texte pour prouver son assertion. Nous avons, nous, les textes ci-haut cités dans lesquels l’ordre des portiers est compté parmi les ordres de l’Église. Et de plus, dans le quatrième concile de Carthage, au canon 9, sont prescrits le rite et la forme des ordinations des portiers. Et c’est précisément ce rite que l’église utilise encore aujourd’hui. Voici ce que dit le concile : « Quand le portier est ordonné, après avoir appris de l’archidiacre comment il doit se comporter dans la maison de Dieu, l’évêque, à la suggestion de l’archidiacre, lui remet, de l’autel, les clefs de l’église en disant : « Agis comme devant avoir rendre compte des choses qui sont remises en sureté par ces clefs. » Quand Calvin se moque de cela, ce n’est pas seulement des papistes modernes (pour employer son expression) qu’il se moque, mais de l’église catholique qui est aujourd’hui et qui a été dans le Christ pendant plus de mille ans.

Le deuxième ordre est celui des lecteurs. Leur travail consistait à lire, du pupitre, tout ce qui devait être lu, dans l’église, des textes de l’ancien et du nouveau testament. Que même les évangiles étaient lus par les lecteurs, saint Cyprien l’atteste (livre 2, épitre 5). Il dit, en parlant de l’ordination du lecteur Aurèle : « Rien ne convient mieux à la voix qui confesse Dieu par une glorieuse prédication que de proclamer les lectures; et, après les paroles sublimes qui parlent du martyre du Christ, de livre l’évangile qui fait les martyrs. » Il est croyable, cependant, qu’il n’appartenait pas au lecteur de lire l’évangile au moment du sacrifice (car cela appartenait aux diacres, comme nous le montrerons plus haut), mais seulement en dehors de ce temps. Calvin reconnait (livre 4, chapitre 4, verset), que tel fut le travail des lecteurs. Mais il dit que ce ne fut ni un grade, ni un ordre dans l’église. Les évêques ne faisaient que demander à l’un de leurs serviteurs ou ministres de lire les « Écritures dans l’Église. Le peuple finissait ainsi par les connaitre et à les distinguer des autres.

Je réponds que le quatrième concile de Carthage, au canon 8, a prescrit le rite solennel de l’ordination des lecteurs; et que saint Cyprien (livre 2, épitre 5, livre 3, épitre 22, et livre 4, épitre 5) indique clairement que le lectorat a été un ordre et un grade dans l’Église. Car, il lui donne souvent le nom de grade et honneur ecclésiastique. Il dit aussi que Célerin, par humilité, avait fui ce grade, mais que, averti par une divine révélation, il a acquiescé. Il s’excuse d’avoir, en situation d’urgence, ordonné des lecteurs sans l’avis et le consentement des clercs. Il dit qu’il a approché de la cléricature un certain Saturus pour lui permettre de lire à Pâque dans l’église, parce qu’il n’avait pas encore été ordonné. Il le fit, ensuite, entrer parmi les clercs, et le promut à l’ordre de lecteurs. Ces textes montrent clairement qu’autre est lire dans l’église, ce que Calvin admet, et autre être promu à l’ordre de lecteur.

Le troisième est celui d’exorciste. Leur tâche consiste à lire les exorcismes de l’Église sur les énergumènes, et, de cette façon, les préparer à être prêts à participer au sacrifice divin. Autrefois, parce qu’il arrivait fréquemment que des démons soient chassés des corps humains, beaucoup d’énergumènes accouraient à l’église en grand nombre, et comme en troupeaux. Et c’est pour cette raison que cet ordre a été institué. Que l’ordre des exorcistes fut un ordre véritable et non seulement un don ou une grâce donnée gratuitement, comme le veut Calvin, les textes déjà cités le démontrent. Saint Ignace dans sa lettre aux Antiochiens, le pape Corneille, dans sa lettre à fabien (d’après Eusèbe livre 6, chapitre 23 de son histoire), et saint Cyprien (livre 5, épitre 14, le concile romain sous Sylvestre (canon 3) et le concile de Laodicée (chapitre 24) énumèrent, tous, les exorcistes parmi les ordres. Mais c’est le concile de Carthage no 4, chapitre 7, qui le montre le plus clairement : « Quand il est ordonné, que l’exorciste reçoive de la main de l’évêque un livre dans lequel sont écrits les exorcismes. En lui tendant le livre, l’évêque lui dit : « Reçois-le et confie-le à ta mémoire. Et aie le pouvoir d’imposer les mains sur un énergumène, baptisé ou catéchumène. » Et le concile de Laodicée (au canon 26) interdit à quiconque d’exorciser, en public ou en priver, à moins d’avoir été promu par un évêque à l’ordre des exorcistes.

Ces conciles nous font mieux comprendre quel fieffé menteur est Jean Calvin. Car il ose dire (livre 4, chapitre 19, verset 24 de ses institutions) : « On prétend qu’un pouvoir ait été conféré aux exorcistes sur les énergumènes par l’imposition des mains. » Comment pourrions-nous feindre, nous qui prouvons par des conciles ce que nous avançons. Ajoutons aussi le témoignage de Sulpice Sévère qui, dans sa vie de saint Martin, (au chapitre 4) écrit : « Saint Hilaire de Poitiers, après avoir ordonné Martin Diacre, chercha à l’impliquer davantage dans la charge pastorale, et à l’employer à un ministère divin. Mais comme il résistait toujours en se déclarant indigne, il comprit qu’il ne pouvait obliger un homme de cette trempe qu’en lui en imposant la tâche, et en lui enlevant ainsi tout prétexte de commettre une injustice. Il lui ordonna donc de devenir un exorciste. Et cette ordination il ne la répudia pas, pour ne pas sembler l’avoir méprisée parce qu’elle était trop humble. »

Le quatrième ordre est celui des acolythes. Leur fonction propre consistait à suivre le diacre avec un cierge allumé jusqu’à l’endroit où se trouvaient l’évangile et l’encens. C’est lui, aussi, qui préparait les burettes pour le sacrifice, et qui les présentait au sous-diacre. On l’a appelé acolythe à partir du mot grec akoloutheô, qui signifie je suis. On l’a appelé aussi céroféraire, parce qu’il s’occupe des cierges. Ici, Calvin ne peut pas retenir son rire. Car, voici ce qu’il dit (livre 4, chapitre 19, verset 23 de son institution) : « Elle est certainement admirable la subtilité qu’ils montrent en philosophant sur le mot acolythes. Ils l’appellent céroféraire, mot magique qui n’a été entendu dans aucune langue et dans aucune nation. » Et plus haut, (chapitre 4, verset 9), il dit : « On appelait acolythes ceux qui accompagnaient l’évêque dans ses tâches domestiques. On l’accompagnait toujours d’abord pour lui faire honneur, et, ensuite pour que ne naisse aucun soupçon. » Il veut donc que les acolythes n’aient été rien d’autre que les domestiques des évêques. Mais, il ne cite aucun texte pour appuyer ses dires. C’est à lui à voir s’il n’a pas affabulé lui-même, en tirant ces acolythes de son cerveau. Quant à nous, que le grade et l’ordre ecclésiastique des acolythes a existé nous le prouvons par les témoignages cités, ceux du pape Corneille, de saint Cyprien, du concile romain, et du concile de Carthage.

Il avait à prendre soin des cierges et des cruchons, dont se moque Calvin. Mais c’est ce qu’atteste le concile de Carthage 4, canon 6 : « Quand il est ordonné, l’acolythe apprend de son évêque comment il doit se comporter dans son travail. Mais, c’est de l’archidiacre qu’il reçoit le porte-cierge avec un cierge, pour qu’il sache que sa tâche consiste à allumer les lumières de l’église. Et il reçoit aussi une burette vide pour suggérer le vin dans l’eucharistie du sang du Christ. » Tu vois donc que le mot porte cierge n’est ni magique, ni inouï, ni inconnu de toutes les langues et de tous les pays, à moins de considérer un si grand nombre de saints pères, dont saint Augustin, qui ont participé à ce concile, comme des magiciens ou des gens de rien qui n’habitent nulle part et qui ne connaissent aucune langue. On trouve le même nom chez Isidore (livre 7, chapitre 12, de ses étymologies), chez Amalarius (livre 2, chapitre 10), chez Raban Maure (livre1, chapitre 9, institution des clercs), Hugo (livre 2, par. 3, chapitre 5, sur les sacrements), et chez beaucoup d’autres, qui n’étaient ni mages, ni d’aucune langue, ni d’aucun pays.

Le cinquième est celui des sous-diacres. Son office propre consiste à servir le diacre dans le sacrifice. Voilà pourquoi, quand il est ordonné, il reçoit un calice vide et une patène, comme nous le voyons dans le concile de Carthage, canon 5, et dans celui de Tolède 4, canon 27. « C’est lui qui nous demande de lire les épitres de saint Paul à la messe », comme le concile de Reims l’enseigne au canon 4. Tous les auteurs cités plus haut ont fait mention de cet ordre. C’est donc une fausseté de plus qu’enseigne Calvin quand il dit (livre 4, chapitre 4, verset 5) que la tâche du sous-diacre ne consistait en rien d’autre qu’à aider les diacres dans la distribution des aumônes, et à prendre soin des pauvres.

Le sixième ordre est celui des diacres. Les catholiques ainsi que les hérétiques admettent que leur tâche consistait à recueillir les offrandes, et à administrer les biens d’église. C’est ce qu’attestent les actes des apôtres, au chapitre 6. Saint Léon également, dans son sermon sur saint Laurent. C’est peut-être à cause de cette fonction que des diacres autrefois se montrèrent insolents envers les prêtres. Les fonctions pécuniaires ont souvent été plus prisées que les autres. Nous voyons, en effet, que certains conciles reprochent aux diacres leur arrogance, comme ceux de Nicée (canon 14), de Laodicée (canon 20), de Tolède 4 (canon 38). Des Pères aussi, comme saint Cyprien (livre 3, épitre 9), saint Jérôme (épitre 85 à Évagrius, et livre 14 sur le chapitre 48 d’Ézéchiel), et saint Bernard (livre 4 de la considération). Mais en plus de ce travail, les diacres avaient d’autres fonctions que ne reconnaissent pas les adversaires. La première. D’assister le prêtre sacrifiant, de le servir, et de distribuer l’eucharistie au peuple. Et à cause de ce ministère sacré, ils recevaient une ordination éminemment sacrée. Nous voyons, dans les actes, que c’est par l’imposition des mains que les diacres ont été ordonnés. Il n’est pas croyable que les apôtres auraient utilisé cette cérémonie sacrée s’ils les avaient destinés au seul service des tables. Car, les veuves servaient aussi aux tables, sans avoir été ordonnées par un rite sacré.

De plus, Clément (livre 2, chapitre 14 des constitutions) nous apprend que les diacres avaient l’habitude d’assister les prêtres dans l’oblation du sacrifice. Ce que saint Cyprien enseigne aussi (dans son sermon 6 sur ceux qui ont apostasié pendant les persécutions). Nous apprenons la même chose de l’histoire du diacre saint Laurent racontée par saint Ambroise (livre 1, chapitre 41 de officiis). Il nous présente un saint Laurent qui parle ainsi à saint Sixte : « Où vas-tu sans ton fils, père ? Où te diriges-tu, prêtre saint, sans ton diacre, toi qui, jamais, sans ton ministre, avais coutume d’offrir le sacrifice ? » Et plus bas : « Celui à qui tu as confié d’être ton associé pour la consommation des sacrements, tu lui refuses d’être associé à ton sang? » La même chose nous est démontrée par la liturgie de saint Jean Chrysostome, et par son homélie 83 sur saint Matthieu. La même chose aussi par saint Grégoire, qui, dans sa lettre à Léandre, qui est placée en premier dans les livres sur Job, nous enseigne « que le diaconat n’est rien d’autre que le ministère du saint autel. » Enfin, Isidore, Raban, Amalarius, Hugo et les autres cités, qui décrivent les devoirs propres à chaque ordre, enseignent ce que nous venons de dire.

Deuxièmement. C’était le devoir du diacre de lire l’évangile au momentdu sacrifice. On le prouve cela en plus des textes déjà cités, par saint Jérôme, (dans son épitre 48 à Sabinien) : « Toi, émacié et pâle, pour écarter tout soupçon, tu lisais l’évangile du Christ comme un diacre. » Dans le synode romain (livre 4, épitre chap 88) un canon interdit aux diacres de chanter dans l’église, « à l’exception de l’évangile au temps du sacrifice » Les anciens conciles attestent la même chose (vasense, canon 4, remense, canon 5. »

Troisièmement. Le rôle des diacres était de baptiser, de prêcher, de réconcilier les pénitents publics, de transporter l’eucharistie, et de l’apporter aux laïcs. En somme, de tout faire ce que les évêques et les prêtres font, sauf consacrer le corps du Sauveur, et ordonner des clercs, et d’autres choses qui requièrent un pouvoir d’ordre. Car, que les diacres peuvent baptiser, nous le voyons par l’exemple de saint Philippe, actes 8. Voilà ce qui fait dire à Tertullien dans son livre sur le baptême : « Le droit de donner le baptême c’est le prêtre suprême qui l’a, et aussi, même les prêtres et les diacres. » Que les diacres peuvent prêcher nous le montre l’exemple du diacre Saint Étienne, et du diacre Philippe (actes 7 et 8). De même l’exemple du martyr saint Vincent qui prêchait, tout diacre qu’il était, comme saint Augustin l’atteste au sermon 2 de saint Vincent. Ensuite, saint Grégoire (livre 4, épitre, chapitre 88) enseigne qu’appartient aussi au diacre le devoir de la prédication, et que lui-même a prêché quand il était encore diacre, selon ce qu’atteste le diacre Jean dans sa vie (livre 1, chapitre 41). Depuis, dans son épitre 17, livre 3, saint Cyprien enseigne que, en l’absence des évêques et des prêtres, les diacres avaient parfois coutume de réconcilier les pécheurs. Le concile de Nicée, au canon 14, enseigne que, en l’absence de prêtres, les diacres peuvent apporter la communion aux laïcs. Saint Justin, dans sa deuxième apologie, atteste que les diacres avaient coutume d’aller porter l’eucharistie aux absents.

Il faut cependant observer que toutes ces choses, et surtout le devoir de prêcher, appartient en propre aux évêques. Il n’était même pas permis aux prêtres de prêcher, sans le mandat et le consentement de l’évêque. Car ce sont les évêques qui succèdent en ligne directe aux apôtres. Et c’est des apôtres qu’il est dit en Actes 6 : « IL ne nous est pas bon d’abandonner le ministère de la parole de Dieu pour servir aux tables ». Possidius écrit dans la vie de saint Augustin (chapitre 5) que l’évêque Valère avait concédé le pouvoir de prêcher à son prêtre saint Augustin, parce que, étant grec, il était moins apte à prêcher en latin. Nous lisons aussi, dans le concile de Valence 2, au chapitre 2, que le pouvoir de prêcher à été donné aux prêtres par ce concile d’évêques. Le même concile prescrit que, en l’absence de tout prêtre capable de prêcher la bonne parole, les diacres, en guise de sermons, récitent les homélies des saints pères. Le septième ordre est celui du sacerdoce. Cet ordre est un sujet de grandes divisions entre nous et les adversaires. Ce que nous verrons dans le chapitre suivant.

CHAPITRE 14

La distinction entre évêques et prêtres

Voici donc en quoi consiste la question : le presbyte est-il absolument semblable à l’évêque, et surtout, de droit divin ? Il y eut autrefois une hérésie, celle d’Aerius, (selon Épiphane, hérésie 75, et saint Augustin, livre sur les hérésies, chapitre 53) qui soutenait qu’il n’y avait aucune différence entre un prêtre et un évêque. Il aurait conçu cette hérésie pour se consoler de n’avoir pas été nommé évêque, comme le laisse entendre clairement Épiphane. C’est la même hérésie qu’on soutenue autrefois Jean Wiclif (livre 2 de la doctrine de la foi, art 3, chapitre 60) et de nos jours les luthériens et les calvinistes. Voici comment s’exprime Jean Calvin sur cette question : « On appelait presbytres tous ceux à qui il avait été enjoint de prêcher la parole de Dieu. Ces mêmes presbytes, dans chaque cité, élisaient l’un d’entre eux à qui ils donnaient le titre particulier d’évêque, pour que, comme il arrive souvent, de l’égalité ne naissent pas de dissensions. L’évêque, cependant, n’était supérieur aux presbytes ni en honneur ni en dignité, comme maître de ses collègues. Pensons au rôle que joue un consul dans un sénat, lequel est celui de s’occuper des affaires, en conseillant, avertissant, exhortant, de gérer par sa propre autorité, et d’exécuter ce qui a été décidé d’un commun accord. C’est ce genre de fonction que remplissait un évêque dans l’assemblée des presbytes. Les anciens eux-mêmes témoignent que c’est par une décision humaine, à cause de la nécessité des temps, que cet ordre a été institué. » Martin Kemnitius dit des choses semblables dans son examen de la session 23 du concile de Trente, ainsi qu’Érasme (Timothée chapitre 1, 4).

L’Église catholique, elle, reconnait une distinction entre ces deux ordres, et enseigne que c’est de droit divin que l’épiscopat est plus grand que le presbytérat, tant par le pourvoir d’ordre que de juridiction. C’est ainsi que parle le concile de Trente (session 23, chapitre 4) : « Le synode sacrosaint déclare que, en plus des autres grades ecclésiastiques, les évêques, qui succèdent aux apôtres dans leurs charges, appartiennent principalement à cet ordre hiérarchique, et, comme le dit l’apôtre, ont été placés par l’Esprit Saint pour régir l’Église de Dieu, et sont supérieurs aux presbytes. »

Et le canon 6 : « Si quelqu’un dit que, dans l’église catholique, il n’y a pas de hiérarchie instituée par une disposition divine, qui est formée d’évêques, de prêtres et de ministres, qu’il soit anathème. » C’est la même sentence que défendent les théologiens docteurs dans leurs commentaires du maitre des sentences (livre 4 sentences, dist 24) et saint Thomas (2, 2, question 184, article 6 ». La dispute qui porte sur les sacrements, à savoir si l’épiscopat et le presbytérat forment un seul sacrement ou un seul ordre ou deux, nous la laissons de côté pour l’instant. Nous tenterons de démontrer trois choses. La première. L’évêque est, de droit divin, plus grand que le presbyte par rapport au pouvoir de l’ordre. La seconde. Il est plus grand aussi par rapport à la juridiction. La troisième. Dans l’église ancienne, les évêques n’étaient pas, dans l’assemblée des presbytes, semblables à des consuls dans un sénat, mais semblables à des rois et des princes dans une assemblée de conseillers.

Il est facile de prouver que, quant au pouvoir de l’ordre, l’évêque est plus grand que le presbyte, et cela, de droit divin. Car, seul un évêque peut ordonner des presbytes, et générer ainsi des pères de l’Église, comme Épiphane le rappelait à Aérius. Les presbytes, eux, ne peuvent pas ordonner, mais seulement baptiser, et générer ainsi des fils à l’Église. C’est ce qu’enseigne saint Damase dans son épitre 3, ainsi que le concile d’Antioche (chapitre 10) et d’Ancyre (canon 12), Épiphane (hérésie 75), saint Jean Chrysostome, Theodoret, Theophylacte et Oecumenius (dans 3 et 4, chapitre 1 de Timothée). Saint Jérôme, (épitre 85 à Évagrius) : « À l’exception de l’ordination, que fait l’évêque que ne fait pas le presbyte ? » De même, saint Léon (épitre 88), ainsi que la coutume de l’église. Car on n’a jamais entendu dire que des presbytes aient ordonné des presbytes ou des diacres, ou même des évêques.

Que ce soit de droit divin que seuls les évêques ordonnent, on le déduit facilement de ce qu’une ordination faite par un non évêque serait tenue pour invalide. C’est dans ce sens que Grégoire 111 écrit à Boniface : « Les prêtres que tu as repérés, si on ne connait pas ceux qui les ont ordonnés, ou si on doute qu’ils aient été ordonnés par des évêques, qu’ils aient de bonnes mœurs, ou s’ils soient de vrais catholiques, ou prêtres dans le ministère du Christ, qu’ils soient instruits dans la loi de Dieu, qu’ils reçoivent la bénédiction du presbytérat par leur évêque, et que, ainsi ils exercent le saint ministère. » Et avant lui, le pape Damase, parlant, dans l’épitre 3, des chorépiscopes, qui, bien qu’ils n’aient été que des presbytes, osaient ordonner à la manière des évêques, dit : « Vain et nul tout ce qu’ils ont fait dans leur soi disant ministère de pontife suprême. » Or, il est certain que si c’était de droit divin que les presbytes tenaient de leur caractère sacerdotal le pouvoir d’ordonner, ce qu’ils feraient ne serait pas nul et invalide, même si l’Église le leur interdisait. De plus, comme l’ordination est un sacrement (ce que même Calvin admet), et que tous les sacrements ont été institués par Dieu, il est certain que celui qui est plus grand dans le pouvoir qui est reçu par le sacrement de l’ordination est nécessairement plus grand par l’institution divine.

Tous les livres