Le Sang du pauvre (page 7)
L’article 5 du règlement est admirable : « Tous emblèmes religieux et tous monuments affectant la forme des sépultures humaines sont absolument prohibés dans le cimetière zoologique. » Le public est averti, par ce dernier mot, que le fondateur ou la fondatrice est une personne savante qui ne parle pas en vain. On n’est pas des chiens soi-même ni des sentimentaux imbéciles, mais des zoologues, des penseurs. Et cela éclaire singulièrement la prohibition, quelque peu jésuitique, des emblèmes religieux. Il semblerait, en effet, que cette défense ait en vue d’empêcher des profanations, alors qu’il suffit d’un coup d’œil sur les monuments pour s’assurer d’un athéisme volontaire et solidement corseté. Exemple :
Si Ton Âme, ô Sapho, n’accompagne la mienne,
Ô chère et noble Amie, aux ignorés séjours,
Je ne veux pas du Ciel ! Je veux, quoiqu’il advienne,
M’endormir comme Toi, sans réveil, pour toujours.
Ces vers, héroïquement chevillés, d’un vieux bas-bleu millionnaire, sur la charogne de sa chienne aimée, en disent assez et même un peu plus. Mais la zoologie sauve tout. Il ne tient qu’aux visiteurs de se croire dans un jardin. Pour ce qui est de « la forme absolument prohibée des sépultures humaines », tout ce qu’on en peut dire, c’est que cette clause est une bien jolie blague. Un myope, incapable de déchiffrer les inscriptions et non averti, pensera nécessairement qu’il est dans un cimetière, païen à coup sûr et fort bizarre, mais humain et on ne voit pas ce qui pourrait le détromper. Il y a là des monuments grotesques et coûteux dont le ridicule n’a rien d’excessif ni d’humiliant pour la meilleure compagnie et qui conviendraient parfaitement aux carcasses des gentilshommes les plus distingués. Les épitaphes, il faut l’avouer, ne laissent aucun doute, mais seulement les épitaphes.
La monotonie des « regrets éternels » est un peu fatigante. La formule de fidélité, plus canine que les chiens eux-mêmes : « Je te pleurerai toujours et ne te remplacerai jamais » surabonde péniblement. Néanmoins le visiteur patient est récompensé.
« Ma Ponnette, protège toujours ta maîtresse. — Kiki, Trop bon pour vivre. — Drack, Il nous aimait trop et ne pouvait vivre. — Linda, Morte d’attachement, de fidélité, d’intelligence et d’originalité. — (Au-dessous de deux niches). Le destin qui les unit sur terre les réunit dans le néant. — (Au-dessous d’une tente militaire). Produit d’une collecte d’artilleurs. — Sur ton corps le printemps effeuillera des roses. — Elle était toute notre vie. — À Folette, Ô ma mignonne tant aimée, De ma vie tu fus le sourire. Quelle épitaphe pourrait dire Combien mon cœur t’aura pleurée ? — La brutalité des hommes a mis fin à notre amour ». — Et celle-ci, oh ! celle-ci : « Mimiss, sa mémère à son troune-niouniousse ! »
On ne saurait trop recommander un monument glorieux qu’on pourrait croire celui d’un Desaix ou d’un Kléber, et je ne sais quel chapiteau colossal au centre duquel se voit un énorme cœur en ex-voto blasonné du nom d’un chien en lettres d’or. Il y a aussi des couronnes de marquis, de comtes, de vicomtes, un tortil et même une couronne fermée surmontée de la croix, prohibée pourtant. Mais on ne refuse rien aux princes et on est dans la pourriture aristocratique des chiens, à plusieurs millions de lieues des prolétaires.
On est forcé de se demander si la sottise décidément n’est pas plus haïssable que la méchanceté même. Je ne pense pas que le mépris des pauvres ait jamais pu être plus nettement, plus insolemment déclaré. Est-ce l’effet d’une idolâtrie démoniaque ou d’une imbécillité transcendante ? Il y a là des monuments qui ont coûté la subsistance de vingt familles ! J’ai vu, en hiver, sur quelques-unes de ces tombes d’animaux, des gerbes de fleurs dont le prix aurait rassasié cinquante pauvres tout un jour ! Et ces regrets éternels, ces attendrissements lyriques des salauds et des salaudes qui ne donneraient pas un centime à un de leurs frères mourant de faim ! « Plus je vois les hommes, plus j’aime mon chien », dit le monument à Jappy, misérable cabot bâtard dont l’ignoble effigie de marbre crie vengeance au ciel. La plupart de ces niches sans abois sont agrémentées, pour la consolation des survivants, d’une photographie du pourrissant animal. Presque toutes sont hideuses, en conformité probable avec les puantes âmes des maîtres ou des maîtresses. « Les attractions, a dit Fourier, sont proportionnelles aux destinées. »
Je n’ai pas eu le bonheur d’assister à un enterrement de 1re classe. Quel spectacle perdu ! Les longs voiles de deuil, les buissons de fleurs, les clameurs et les sanglots de désespoir, les discours peut-être. Malheureusement, il n’y a pas de chapelle. Avec un peu de musique, la Marché funèbre de Beethoven, par exemple, il m’eût été facile d’évoquer le souvenir des lamentables créatures à l’image de Dieu portées, après leur mort, dans les charniers de l’Assistance et enterrées à coups de souliers par des ivrognes.
« Toute caisse contenant un animal mort », dit l’article 9 du Règlement déjà cité, « sera ouverte, pour vérification, à son entrée au cimetière ». Ce très-sage article a, sans doute, prévu le cas où quelque putain richissime y voudrait faire enterrer son père.
XV LES ÉTERNELLES TÉNÈBRES
Et factæ sunt tenebræ horribiles.
Moïse.
Il y a en haut de Montmartre, un peintre d’humeur farouche et doux comme les moutons du Bon Pasteur. Il jette facilement les riches à la porte de son atelier et partage avec de plus pauvres que lui le peu qu’il gagne. Aussi n’est-il pas sur le chemin de la fortune et des honneurs. Trop de probité en art et pas du tout d’entregent. Il est ce que les confrères arrivistes et pleins de pantalons nomment entre eux un raté.
Un monsieur se présente, descendant d’une automobile. Curiosité d’un côté, espérance de l’autre. Le visiteur a du temps à perdre. C’est si amusant, les ateliers d’artistes et on peut quelquefois y rencontrer des petits modèles ! Le visité, que tourmente son propriétaire, voudrait bien vendre une ou deux toiles. Rien de plus banal. Mais, ce matin, le pauvre peintre est particulièrement sombre et le bruit de l’automobile agite ses nerfs. Une conversation s’engage pourtant, bien stupide, hachée comme du chiendent. Tout à coup, on ne sait comment ni pourquoi, le monsieur, cédant à cet obscur mouvement intérieur qui porte les assassins à tout avouer, se déclare millionnaire. Il n’en faut pas davantage. L’artiste bondit.
— Vous êtes millionnaire, crie-t-il, qu’est-ce que vous venez faire ici ? Vous êtes millionnaire, vous avez une de ces voitures hideuses que j’exècre et vous ne l’employez pas uniquement à courir, du matin au soir, au secours des pauvres ! vous m’entendez bien, au secours des pauvres qui vous ont été confiés pour leur malheur et qui vous attendent en pleurant. Mais alors, vous êtes une canaille infâme, un voleur des pauvres ! Car enfin cet argent qui ne vous a rien coûté que la honte de le recevoir d’un père qui était probablement un bandit, vous le devez rigoureusement aux indigents, et vous ne pouvez le retenir sans être le plus lâche et le plus abominable des coquins… Ah ! vous ne sortirez pas d’ici avant de m’avoir entendu jusqu’au bout. Vous êtes venu comme cela en amateur, pour vous égayer de la misère d’un artiste fier qui vous comblerait d’honneur en vous invitant à lui décrotter sa chaussure, probablement même dans l’immonde espoir d’abuser de sa détresse ! Il est trop juste que vous m’entendiez, que cela vous plaise ou non. Je le répète, vous êtes une canaille, une lâche et sale canaille, infiniment au-dessous des cambrioleurs assassins qui, du moins, risquent leur peau ou leur liberté. Vous opérez ignoblement avec la complicité des gendarmes et des magistrats. Que l’argent, dont vous êtes le sac, ait été laissé par votre père ou que vous l’ayez volé vous-même, vous avez le devoir de le restituer aux victimes et vous le savez très-bien, si vous n’êtes pas un imbécile. Mais, à supposer que vous en fussiez le possesseur légitime, — ce qui est impossible et contraire à la raison, — un atome de conscience vous forcerait à vous en dépouiller. L’argent est pour la Gloire de Dieu, sachez-le bien, et la Gloire de Dieu est au sein des pauvres. Tout autre usage qu’on en peut faire est une prostitution et une idolâtrie. Mais, avant tout, c’est un vol. Il n’y a qu’un moyen de ne pas détrousser les autres, c’est de se dépouiller soi-même. Ce langage est nouveau pour vous, n’est-ce pas ? On ne parle pas ainsi dans vos milieux de crétins et de fainéants. N’importe ! cela me fait du bien de dire ces choses et de vous forcer à les entendre. Pour votre profit, je vous souhaite la ruine et la misère. Vous saurez alors ce que c’est que l’argent. Jusque-là vous resterez une brute. Si j’avais le malheur de devenir riche, monsieur le millionnaire, je n’aurais rien de plus pressé que de redevenir pauvre pour avoir le droit de boire du bon vin et de manger de délicieuses volailles. Les choses fines sont pour les pauvres, exclusivement, et les riches n’ont droit qu’aux ordures et aux tortures. Vous le comprendrez plus tard, je veux l’espérer. Maintenant, j’ai dit. Prenez votre chapeau et foutez le camp !
La richesse a une telle puissance pour avilir et idiotifier que le plus étonnant miracle serait que de telles paroles ne fussent pas tout à fait perdues. On peut se représenter l’âme du riche sous des étages de ténèbres, dans un gouffre comparable au fond des mers les plus profondes. C’est la nuit absolue, le silence inimaginable, infini, l’habitacle des monstres du silence. Tous les tonnerres et tous les canons peuvent éclater ou gronder à la surface. L’âme accroupie dans cet abîme n’en sait rien. Même dans les lieux souterrains les plus obscurs, on peut supposer qu’il y a des fils pâles de lumière venus on ne sait d’où et flottant dans l’air, comme, en été, les fils de la Vierge dans la campagne. Les catacombes, elles aussi, ne sont pas infiniment silencieuses. Il y a, pour l’oreille attentive, quelque chose qui pourrait être les très-lointaines pulsations du cœur de la terre. Mais l’Océan ne pardonne pas. Lumière, bruit, mouvement, vibrations imperceptibles, il engloutit tout et à jamais.
VIII LES PRÊTRES MONDAINS
Les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté.La Sainte Vierge.
« Il en faut dix pour faire la douzaine », disent les marchands de cochons. Le total de cinquante prêtres mondains ne ferait pas même un seul Judas, un Judas qui rend l’argent et qui se pend de désespoir. Ceux-là sont franchement épouvantables. C’est par eux que le riche est solidifié, comme la glace par l’acide sulfurique.
C’est le prêtre mondain qui dit au riche : « Il y aura toujours des pauvres parmi vous », abusant pour le damner un peu plus, de la parole même de Jésus-Christ. Il est nécessaire qu’il y ait des pauvres et, s’il n’y en a pas assez, il faut en faire. « Heureux les pauvres », est-il dit encore. En les multipliant, vous multiplierez le nombre des heureux. Et comme l’exemple donne force au précepte, il convient que de tels apôtres soient riches eux-mêmes ou qu’ils le deviennent par le moyen de la maîtrise ou de la domesticité chez les millionnaires.
Jésus est sur l’autel, dans son tabernacle. Qu’il y reste. Nous autres, les ministres, nous sommes à notre affaire qui est d’attraper de l’argent par tous les moyens compatibles ou incompatibles avec la dignité de notre soutane. Les pauvres doivent se résigner. Dieu leur mesure le vent comme à la brebis tondue. Et les riches doivent se résigner aussi. Chacun son fardeau. Il serait injuste et déraisonnable d’exiger qu’ils prissent le fardeau des pauvres en les écrasant du leur.
Si vous avez des millions, mon très-cher frère, c’est un dépôt que la sagesse divine vous a confié. Vous devez le conserver intact pour vos enfants, le faire fructifier, autant que possible, par des placements judicieux que le ciel ne manquera pas de bénir, si vous vous gardez avec soin des entraînements téméraires d’une charité mal entendue. Quinque alia quinque. Cent pour cent comme dans la parabole des talents. C’est le taux de la vertu. Nous vous guiderons, d’ailleurs, bien volontiers, ayant plusieurs tuyaux à nos orgues. Si, par manque de foi, les affaires conseillées par nous ne vous réussissaient pas, vous aurez du moins la consolation de savoir qu’elles ne sont jamais sans récompense pour ceux d’entre nous qui savent dégraisser le bouillon.
La richesse est agréable au Seigneur et c’est pour cela qu’il en a comblé Salomon. Le Væ divitibus que prétendent nous opposer quelques anarchistes est une erreur visible de transcription, introduite vraisemblablement par l’un ou l’autre de ces moines bâtés et pouilleux qui déshonorèrent si longtemps l’Église. Il était urgent de remettre les choses à leur place et le clergé s’en occupe avec diligence. À la porte les pauvres, ou du moins très-près de la porte, dans les bousculades et les courants d’air. Il est inutile qu’ils voient l’autel. Les paroissiens à surface le voient pour eux. Cela suffit. Voudrait-on que des ouvriers ou des mendiants en cheveux s’agenouillassent à la place des pénitentes du curé, sur la peluche ou le satin de leur prie-Dieu, pendant que ces dames seraient reléguées au bas de la nef, dans le voisinage du trottoir ?! Il y a heureusement quelques-unes de nos églises paroissiales, et non des moins pieuses, où les gens mal vêtus ne sont admis à la communion qu’à des messes furtives et sans importance, chuchotées par des prêtres surnuméraires, à de tout petits autels peu éclairés.
D’ailleurs, il y a, ne l’oublions pas, les grands enterrements où la fripouille ne peut être admise. Quand l’Apôtre dit que le mariage est un « grand sacrement », il faut l’entendre des riches mariages. Autrement cette parole n’aurait pas de sens. Il n’y a de grand que ce qui rapporte. Le mariage de la Sainte Vierge et de Saint Joseph a dû être un tout petit mariage. Le mieux qu’on puisse faire, c’est de n’en rien dire. Sem et Japhet furent loués pour avoir caché sous un manteau la nudité de leur père. Il y a enfin les quêtes qui sont l’implicite congé du pauvre, les quêtes saintes et profitables, dernier mot de la théologie purgative, intuitive et illuminative.
Le prêtre mondain est infiniment précieux pour les riches. Avec lui pas moyen de s’ennuyer une minute. Le salut, quoi qu’on fasse, est assuré. Il suffit de diriger l’intention. Tout est là. Soûlez-vous avec l’intention d’être sobre. Forniquez avec des élans de pureté. Soyez adultère, s’il le faut, pour mieux apprécier le bonheur d’être fidèle, etc. Félix culpa. Évidemment ce catéchisme n’est pas pour les pauvres qui en feraient un mauvais usage et qui doivent, dans tous les cas, être jugulés pour leur plus grand bien. Le pauvre, s’il est chrétien par ses pratiques, — ce qu’on peut difficilement admettre — a le devoir de jeûner exactement aux jours prescrits et même tous les jours de l’année, sans interruption. Le chrétien riche est un héros et même un martyr, s’il remplace le dindon truffé par la poule d’eau ou la truite saumonée, en temps de carême, et l’abbé mondain partage volontiers son abstinence. Combien d’autres choses encore ! mais qui peut tout dire ? L’essentiel devant Dieu et devant les hommes, devant les hommes surtout, c’est la ligne de démarcation et messieurs les prêtres mondains la tracent d’un doigt aussi lumineux et non moins inexorable que celui de Moïse écrivant le Décalogue sur les Deux Tables de pierre.
Reste à savoir si ces législateurs « parlent à Dieu face à face, comme un ami parle à un ami ». Il est à craindre, j’ose le dire, que la question ne soit pendante. Cela est, en vérité, fort à craindre. On a beau adorer la richesse, il y a, tout de même, un préjugé tenace qui milite obstinément pour la pauvreté. C’est comme si la très-modeste lance qui perça Jésus avait percé tous les cœurs. Cette plaie ne se ferme pas depuis vingt siècles. Il y a les lamentables sans nombre, femmes, vieillards, petits enfants ; il y a les vivants et les morts. Tout ce peuple saigne, toute cette multitude jette sang et eau au milieu de la Croix de misère, en Orient, en Occident, sous tous les ciels, sous tous les bourreaux, sous tous les fléaux, parmi les tempêtes des hommes et les tempêtes de la nature, — depuis si longtemps ! C’est la pauvreté, cela, l’immense pauvreté du monde, la totale et universelle pauvreté de Jésus-Christ ! Il faut bien que cela compte et que cela se récupère !
Il y a aussi les prêtres qui ne sont pas du monde, les prêtres pauvres ou les pauvres prêtres, comme on voudra les nommer, qui ne savent pas ce que c’est que de n’être pas un pauvre, n’ayant jamais vu que le Christ crucifié. Pour ceux-là, il n’y a pas de riches ni de pauvres ; il n’y a que des aveugles, en nombre infini, et un petit troupeau de clairvoyants dont ils sont les humbles pasteurs. Ils sont ensemble, comme les Hébreux de Gessen, seuls dans la lumière, au milieu des ténèbres palpables de la vieille Égypte. Quand ils étendent les bras pour prier, l’extrémité de leurs doigts touche les ténèbres.
Autour d’eux, un océan d’âmes « dans la nuit encloses, se sont couchées sous des toits de ténèbres, fugitives de la perpétuelle Providence, dispersées sous un obscur voile d’oubli, horriblement épouvantées. Même la caverne qui les contient ne les garde pas sans crainte… Aucune force de feu ne leur peut donner de lumière et les claires flammes des étoiles ne peuvent illuminer leur affreuse nuit… Car ceux qui promettaient de chasser les peurs et perturbations des âmes languissantes, dérisoirement languissent eux-mêmes, pleins de terreur… »
Les prêtres mondains, ceux-là que la Vierge aux Sept Glaives a nommés de sa bouche des « cloaques d’impureté », haïssent et méprisent ceux-ci, nécessairement, du fond de leur nuit. Tant qu’ils peuvent, il les injurient, les calomnient, les interdisent, les affament, s’efforçant de les capturer dans les mailles noires de leur cécité, les lapidant à tâtons de leurs excréments. Mais, pour parler comme Dante, les pauvres « se cachent dans la lumière ».