Œuvres spirituelles (page 27)
1 Mat., 5. — 2 II Cor., 11 — 3 II Reg., 1.
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qui verse des larmes sur l'affliction des autres, comme en versa David sur Absalom, son ennemi; comme en versa Job : « Autrefois, dit-il, je pleurais sur celui qui était affligé, et mon cime avait compassion des malheureux (1). » Jésus-Christ fut dans ces degrés lorsqu'il gémit sur Jérusalem, en disant : « Si tu avais connu, etc. (2); » et une glose sur l'Evangile de saint Marc dit : « L'homme est dans la souffrance, et il rit; mais Dieu lui compatit et pleure. »
IV. C'est aussi un haut degré de cette vertu de compatir à ceux qui sont dans les peines corporelles; c'en est un plus haut de compatir à ceux qui sont dans les peines spirituelles, et c'en est un très-haut de compatir à ceux qui ont des défauts en leur âme.
V. C'est encore un haut degré de compatir à ceux qui sont dans une affliction passagère. C'en est un plus haut de compatir à ceux qui sont dans une affliction de longue durée, et c'en un très-élevé de compatir à ceux qui sont toute leur vie dans l'affliction. Jésus-Christ a eu tous ces degrés.
CHAPITRE XVII. Degrés de la congratulation.
I. C'est un degré élevé de congratulation de féliciter tous les hommes de ce qu'ils ont été créés à l'image et ressemblance de Dieu; de même, de les féliciter
1 Job., 30. — 2 Luc., 19
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de tous les biens qu'ils ont reçus de lui. C'est un plus haut degré de féliciter les anges de ce qu'ils sont le sceau de Dieu, de ce qu'ils n'ont éprouvé aucune misère , et de ce qu'ils ont toujours joui de la vue de la divinité. C'en est un très haut de féliciter Dieu de son éternelle et immense béatitude, qu'il possède de soi-même et par nature.
II. C'est de même un haut degré de congratulation de féliciter Dieu de ce que sa volonté est accomplie par les hommes au ciel et sur la terre. C'en est un plus haut de le féliciter de ce que cette même volonté est accomplie dans le ciel par les anges, et c'en est un très-haut de féliciter les trois personnes divines de ce que la volonté de chacune d'elles est accomplie par les deux autres.
III. C'est aussi un haut degré de congratulation de féliciter tous les hommes de tous les dons fortuits qui leur arrivent. C'en est un plus haut de les féliciter des dons naturels du corps et de l'âme; et c'en est un très-haut de les féliciter de tous les dons spirituels et des vertus dont ils sont ornés.
IV. C'est encore un degré élevé de congratulation de féliciter tous ses proches de tous les biens qu'ils reçoivent et de leurs succès. C'en est un plus élevé de féliciter de la sorte ceux qui nous sont étrangers , et un très-élevé d'avoir les mêmes sentiments pour nos ennemis.
V. C'est enfin un haut degré de nous féliciter de tout ce que la nature nous montre comme digne de nos félicitations. C'en est un plus haut de le faire
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pour tout ce que la sainte Ecriture nous offre de semblable, et c'en est un très-élevé de le faire toutes les fois que l'inspiration divine nous y pousse. Jésus-Christ a possédé tous ces degrés.
CHAPITRE XVIII. Degrés de l'abstinence.
I. C'est un haut degré d'abstinence d'éviter les jouissances superflues du corps dans la nourriture, le vêtement et autres commodités. C'en est un plus élevé d'éviter les jouissances de l'esprit qui se présentent tout-à-coup et s'en vont de même , comme il arrive dans la luxure, les assemblées profanes, et lorsqu'on entend avec joie ou qu'on dit soi-même des paroles de mensonge, de médisance , et autres choses semblables. Et c'en est un très-grand de fuir les jouissances de l'esprit qui s'offrent souvent et persévèrent longtemps : « telles sont celles qui se trouvent dans les parures superflues, dans les amitiés mondaines et dans les plaisirs temporels.
II. C'est de même un haut degré d'abstinence d'éviter volontiers tous les amusements illicites que l'Homme ne peut avoir ou du moins que fort difficilement. C'en est un plus élevé de s'éloigner de plein gré des amusements que nous avons ou que nous pouvons avoir facilement; et c'en est un très-haut d'éviter les jouissances licites que nous possédons ou
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que nous pouvons posséder , et dont nous pouvons user sans démérite. C'est pourquoi il est dit que la vertu consiste à s'abstenir des biens qui nous sont permis.
III. C'est aussi un haut degré d'abstinence de s'éloigner volontiers de ce qui peut réjouir dans les choses viles et nuisibles. C'en est un plus grand de s'éloigner pour un temps de ce qui plaît, de ce qui est rare et précieux, de ce qui ne s'obtient qu'avec une grande diligence et ne s'acquiert qu'à grands frais. Et c'en est un très-élevé de s'éloigner pour toujours de la jouissance de pareilles choses.
IV. Enfin c'est un haut degré d'abstinence de ne point chercher à cause de Dieu une consolation passagère dans les choses visibles. C'en est un plus haut de fuir à cause de Dieu la consolation passagère qui se trouve dans les anges et les choses invisibles, comme Madeleine, qui ne cherche pas les anges, mais celui qui est son Créateur et le Créateur des anges. Et c'en est un très-élevé de se priver pour un temps, en vue du salut du prochain, de la consolation qu'on peut trouver dans le Sauveur lui-même, à l'exemple de l'Apôtre, qui disait : « Je désirais être anathème pour mes frères; et : Je désire être dégagé de mon corps et être avec Jésus-Christ; mais il est plus utile pour votre bien que je demeure sur la terre (1). » Le Sauveur a été dans tous ces degrés.
I. C'est un haut degré de concorde, d'être uni dans une sainte société avec les hommes qui mènent une vie sainte. C'en est un plus haut d'être uni avec les saints anges dans une louange continuelle de Dieu; et c'en est un très-haut d'être uni avec Dieu par une volonté parfaite.
II. C'est de même un haut degré de concorde de s'accorder avec ses inférieurs en compatissant à leurs défauts. C'en est un plus haut de s'accorder avec ses égaux et ses semblables en se réjouissant de leurs succès; et c'en est un très-haut de s'accorder avec ses supérieurs en obéissant en tout à leurs volontés.
III. C'est aussi un haut degré de cette vertu de s'accorder avec les parfaits en observant les commandements de Dieu. C'en est un plus haut de s'accorder avec ceux qui sont plus parfaits par l'accomplissement des conseils que Dieu nous donne en son Ecriture; et c'en est un très-haut d'être d'accord avec ceux qui sont très-parfaits en se conformant aux perfections de Dieu.
IV. Enfin c'est un haut degré de concorde de s'accorder avec tous les hommes autant qu'on le peut afin d'empêcher toute dissension. C'en est un plus haut de s'y accorder dans l'intérêt de son propre repos
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et pour n'avoir en soi aucune cause d'affliction. Et c'en est un très-haut de conserver cet accord de peur que notre coeur, au milieu de ses tourments, ne s'éloigne de Dieu ou que Dieu ne s'éloigne de lui pour un temps de longue ou de courte durée. Jésus-Christ a été dans tous ces degrés.
CHAPITRE XX. Degrés de la reconnaissance.
I. C'est un haut degré de reconnaissance d'estimer comme il convient les dons naturels du corps. C'en est un plus élevé d'estimer de même les dons naturels de l'âme, comme la mémoire, l'intelligence et la volonté. Et c'en est un très-haut d'avoir une estime semblable pour les dons gratuits, comme les dons du Saint-Esprit et les vertus.
II. C'est de même un haut degré de reconnaissance de faire cas des dons temporels que Dieu nous fait. C'en est un plus haut de faire cas des dons spirituels que nous en recevons ; et c'en est un très-haut de faire cas des dons éternels qu'il nous promet.
III. C'est aussi un haut degré de reconnaissance de rendre grâces pour le don de la sainte Ecriture. C'en est un plus haut de rendre grâces de celui des sept sacrements ; et c'en est un très-haut de rendre grâces des exemples très-saints de Jésus-Christ et de ses perfections divines.
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IV. C'est encore un haut degré de rendre grâces des préceptes contenus en la sainte Ecriture. C'en est un plus haut de rendre grâces des consolations qu'elle nous offre; et c'en est un très-haut de rendre grâces des enseignements de Jésus-Christ dans l'Evangile.
V. C'est enfin un haut degré de reconnaissance de rendre grâces à Dieu de toutes les créatures que nous trouvons sur la terre. C'en est un plus élevé de rendre grâces de tous les anges et de tous les saints que nous avons pour amis dans le ciel ; et c'en est un très-grand de rendre grâces de tous les biens que nous avons en Dieu même. Jésus-Christ a été dans tous ces degrés, comme le prouvent ces paroles : « Je fais en tout temps ce qui est agréable à mon Père (1). »
CHAPITRE XXI. Degrés de la religion.
I. C'est un haut degré de religion de connaître tous les vices qui lui sont contraires et d'en concevoir de la haine : tels sont l'oisiveté, la dissipation , les mauvaises sociétés , la curiosité , la trop grande liberté. C'en est un plus haut de connaître et de désirer tout ce qui nous porte à la religion, comme la gravité, la solitude, le silence, les bonnes sociétés, les bons exemples. Et c'en est un très-haut de s'exercer avec empressement à toutes les choses qui
II. C'est de même un haut degré de cette vertu d'observer avec soin les préceptes de la religion. C'en est un plus haut d'en observer tous les désirs, non-seulement les plus considérables , mais encore les plus faibles; car celui qui néglige les plus petites choses tombera peu à peu. Et c'en est un très-haut d'imiter ceux qui sont parfaits dans la religion , et de marcher sur leurs traces.
III. C'est aussi un haut degré de la religion d'abandonner ses biens temporels. C'en est un plus haut d'abandonner ses amis selon la chair et selon l'esprit. C'en est un très-haut d'abandonner son jugement propre et sa volonté propre.
IV. C'est encore un haut degré de bien observer la religion et de l'aimer, pour éviter la peine qui est due à ceux qui font le contraire. C'en est un plus haut d'agir ainsi à cause de l'espérance qui accompagne dans le temps présent, et de la gloire qui attend après la mort ceux qui ont cet amour et cette fidélité. Et c'en est un très-haut de faire tout cela uniquement en vue de Dieu.
V. C'est enfin un haut degré de religion de s'efforcer de bien connaître ses défauts, qui sont toujours en grand nombre. C'en est un plus haut de tendre sans cesse à croître dans la vertu et les dons spirituels afin de mieux se conformer aux perfections divines; et c'en est un très-haut de s'attrister toujours de ne pouvoir vaincre tous ses défauts , et de ne
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pouvoir exercer toutes les vertus. Jésus-Christ a été dans beaucoup de ces divers degrés que nous venons d'énumérer.
CHAPITRE XXII. Degrés de la contrition.
I. C'est un haut degré de contrition de pleurer du fond de son cœur tous les péchés mortels dont on s'est rendu coupable. C'en est un plus haut de pleurer ainsi tous les péchés véniels considérables, et c'en est un très-haut de pleurer tous les péchés véniels les plus faibles.
II. C'est, en second lieu, un haut degré de contrition de s'attrister beaucoup de tous les péchés d'action qu'on a commis. C'en est un plus haut de s'attrister des péchés de parole, et c'en est un très-haut de s'attrister des péchés de pensée et de désir.
III. C'est, en troisième lieu, un haut degré de contrition de gémir sur tout le mal commis; un plus haut de gémir sur tout le bien négligé, et un très-haut de gémir sur tout le bien mal accompli par dégoût ou par tiédeur, ou même par une intention perverse.