Politique tirée de l'Écriture sainte (page 6)

Jacques-Bénigne Bossuet · Doctrine

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

Vous pas vous-même que le Seigneur vous a mis » entre nies mains? Et j’ai dit : A Dieu ne plaise , » que j’étende ma main sur Point du Seigneur . ne- » connoissez donc, ô mon roi , que je n ai point de » mauvais dessein , et que je n’ai manque en rien a » ce que je vousdois. C’est vousqui voulez meperdre. (,) I. Iles. mm. 3, 4--M Md- *«- ■'» 12 ' e(c'“ - - - I — (4) j&ï. vu, 16. IX. etc. f ptu. AAI? W Ail” \n / „ p (3) Jbid, xxiv et xxvt iSA 1 foutïqïïe “ T* eL“oi* et q«n » plaise nue ï i r',' P'a,,'a- Wai* à Dieu ne ” ^ orl ! !e q u i t o u Sachant ez-y o u s* roi l’il f,mmnc'- » qui vous acUan^7_vArTfi 0 ^ y ? com™ » Contre un yer de i °ri co.nt™ lm c!i|Vti mort . » entre vous et moi "f' ^ Ie Sei>eur soit juge * me délivre de vos mir/nS ma cause ’ « C°,#te » « con- * vzmTïZî ' 1 CmtC Ies 1,lains de Saül* ii » Üs tins ; et m?e S* üimeiSâUVe- lâ ,erre tIcs rW- » dans te roÆé^d'fir lîe “e “'ou^r Dudn il a/ÏÏ^ Àda? M ” SeSTfe ,?>; büeS , et ha. prftlrs,; * *£reAsr donnant nulles tes ri5 V®** roi.’ 1«W ™ f'éierve pour perdre un j‘ ma Jee , emploie tout sans lom : Je lK ‘ rt# lS2»CrW?ÎBr J°nt iJ «* i«- donné et trahi, se fait u r,(.‘\l ■ , K?, particulier aba ti¬ que par les moyens Utiles lKlSSllli d° nesc défendre a» î « æs fsririrer, * ,», satisfaire. ’ q üuWle rJen pour se «rm ,_(3; ** TIRtE OE l’ECRtTCRE* Lit. ARTICLE fit Des curiosités el connaissances dangereuses, et de la confiance qu’au doit mettre en Dieu. i" ÿROPo'siTiôK. Le prince doit éviter Us consultations cuneuses èt mpGŸStitiôUScsTelles sont les consultations des *«*„«*J *£ tr dogues- : chose que' Pambitidn et ia faiblesse de grands leur fait si souvent recherchera h « Qu’il ne se trouve personne parmi vous qu con » suite les devins, ni qui croie ^son^etauK » augures. Qu’il n’y ait ni enchanteur, n devin, » aucun qui se mêle d’évoquer les morts, le S , » gneur a toutes ces choses en exécration. U ^ s trait , pour ces crimes , les peuples qu il » ™- „ entre vos mains. Soye* parfaits et tS“S' voir » vaut le Seigneur votre Dieu.

Les Ms qW vou. > détruirez écoutent les devins et ceux qu :ti;« <- n augures. Mais, pour vous, vous avez etc in IrmL n autrement par le Seigneur voire Dieu. 11 veut q „ vous ne sachiez la vérité que par lui seul '■ fi s » ne veut pas vous la découvrir, il n y a qu a s aban- » donner à sa providence (>■}. * _ romiQtE » chevaux, sur leurs chariots, et sur tout le neunlo- * jls sero'?1 tous comme des femmes : le glaive sui * |®ül;s tresors, qui seront pillés. » g Uf JF “J* "T d° piuS füiljIe ni déplus timide, oue eux qui se fient aux pronostics : trompés dins iU p"'Jem « ieureot u .u^SÉl'.BŸ”> “ire des astrologue, , lui diSioV," 7a°;r;s eV“ ,rio,"i’h“ ■>“ w F* « ^S£ST.nt®fS? W ' » SSSïiïu™*1^ ’ *"■ '"i"'1* '« » &r " «“*««5» p3m!s.TÎïi)«î . proaoallî. ; ggp&p: ssesüüss: . iriri if:*r ■ no r“'“i - a’eotn’t^ Ptlrlfi ^ : “ Qui «si «loi gui appeile!elUqui a ,ou,es ,es faces lutuius ? " Æ»S&rîtei.®^-.4 '« s* ’ Lt ,1'* *“ TOUS annoncent l’avenir Dé- couvrezmous les choses futures, et nous vous tien¬ drons pour des dieux (3). » Et encore (4 J ; « Ecoutez, maison d’Israël • Voici Toiï'to Gc'nS : "* Poioîl»™. des Gentils, ne craignez point les signes du ai* '^a^X-wXrl\ xlïrft?'^'351'' 4‘ Hj** tiiïÊe de i/éciutcbe. ut. y. 1 „ ciel que les Gentils craignent : la loi île ces peuples Les Gentils ignora ns adoroient les planètes et les autres astres; leur attribiioienl des empires, des ver¬ tus, et des influences divines, par lesquelles ns uominoient sur le monde, et en régloientdes eyenemens; leur assignaient des temps et des heuï, OÙ_ il, excr noient leur domination. L’asLiotogie judiciaire est un reste de cette doctrine , autant impie que fabuleuse, Ke craigne* donc ni les éclipses, ni les comètes, ni les planètes, ni les constellations que les hommes ont composées è leur fantaisie, ni ces conjonctions esti¬ mées fatales , ni les lignes formées sur ks mains ou Sllr le visage , et les images nommées Talismans. , imprégnées des vertus célestes Ne craignes ni les figures , ni les horoscopes , ni les présagé, qui en son tirés.

Toutes ces choses, où l’on n allègue pour toute raison que des paroles pompeuses, au fond sont des rêveries que les affronteurs vendent cher aux igno10 Ges sciences curieuses , qui servent de couverture aux sortilèges et aux maléfices, sont condamnéeSydans tous les Etats , et néanmoins souvent recherchées pai les princes qui les défendent. Malheur à eux, mal¬ heur encore une fois ! Ils veulent savoir 1 avenir, ccst- à-dire, pénétrer le secret de Dieu. Ils tomberont dans la malédiction de Saül. Ce roi avoit défendu les de¬ vins, et il les consulte. Une femme devineresse ui dit, sans le connoître (1) : « Vous savez que San a » exterminé les devins, etvous venez me tenter pour a me perdre? Vive le Seigneur, répondit Saut, il ne » vous arrivera aucun mal. La femme lui dit : Uui » voulez-vous que je vous évoque ? Evoquez-moi Sa- » muel , répondit Saül. La femme ayant vu Samuel, » s’écria de toute sa force : Pourquoi m avez -vous » trompée? Vous êtes Saüi. Saül lui dit : Ne crm- « g nez rien: qu’avez- vous vu ? Je vois quelque chose « de divin qui s’élève de terre. Saül répliqua : Queue. (i) I, fteg. xxvm. 9, io, etc. i §8 imîTïçirÉ » est sa figure? Un vieillard s'élève y dit-elle, revêtu » d’un manteau. Il comprit que c’étoit Samuel , et se » prosterna la face contre terres Alors Samuel dit à »- Saül : Pourquoi troublez-vous mon repos en m’e- * voquanl ? Et que vous sert de m’intfenroger, après » que le Seigneur s’est retiré de vous y pour aller à & celui que vous ciîyîez ? Le Seigneur fera suivant Hr que je vous l’ai dit de sa part : il vous ôtera voire * royaume ^ et le donnera a David ; parce que vous » n avez pas- obéi à la parole du Seigneur, et n’avez » pas satisfait sa juste colère contre Àmalec. C’est la »> cause de tous les maux qui vous arrivent aujour- » d hui. Et le Seigneur livrera avec vous l’e peuple » d’Israël aux Philistins : demain vous et vos enfans ^ serez avec moi* j> G’esî-à-dire , vous serez parmi les morts. À cette terrible sentence , Saül tomba de frayeur, et il ëtoît hors de Mi-même (i).

Et le lendemain la prédiction fut accomplie (2). 11 n’étoit pas au pouvoir d’une enchanteresse d’é- Toquer une dme sainte; ni au pouvoir du démon , qui a paru , selon quelques uns y sous la forme de Samuel, de dire si précisément l’avenir. Dieu con^ dnïsoit cet événement, et v oui oit nous apprendre que, quand il lui plaît, il permet qu’on trouve la vérité par des moyens illicites , pour lu juste punition de ceux qui s’en servent. Ne vous étonnez donc pas de voir arriver quelquefols ce qu’ont prédit les astrologues. Car, sans recou¬ rir au hasard , parce que ce qui est hasard à l1 égard des hommes , est dessein à l’égard de Dieu; songez que y pat on terrible jugement. Dieu même livre à fe séducliorï ceux qui la cherchent* 11 abandonne le monde, c’est* â -dire ceux qui aiment le monde, à des esprits séducteurs dont les hommes ambitieux et vai¬ nement curieux sont le jouet* Ces esprits trompeurs ét malins amusent et déçoivent par mille illusions les âmes Curieuses , et par là crédules. Un de leurs so (0 /. ifrg. xiyni* 20 3 ai, — (l) Ibid. xixf.J TIÏILE IjE L,i pUTCHË* Ll V. Y- 1% umts est Fasirologte , et les autres genres de divina¬ tions, qui réussissent quelquefois , scion que Dieu trouve juste de livrer, ou à l'erreur, du A de justes supplices, une folle curiosité. C’est ainsi que SaUJ trouva dans sa oimosîté la sen¬ tence de sa mort. -C?est ainsi que Dieu doubla son supplice, le punissant non seulement parle mal meme qui lui arriva, mais encore par la prévoyance. Si c'est un genre de punition de livrer les hommes c'tiriaux à des terreurs furieuses, c’en est mn autre de les livrer à de flatteuses espérances. Enfin leur crédulité, qui fait qu’ils se fient a d’autres qu’à Dieu , mérite il ’étiO; punie de plusieurs manières; c’est-à-dire, non seulement par le mensonge , mais encore par Ja vérrité ; a fi n que leur té me ra î re c U tio siié leur to mm c à tuai en toutes façons. ? C’est ce qu’enseigne somt Augustrn1? fondé sur les Ecrit u tes, dans le deuxième 1 ivre de la Doctrine çhrér tienne , ch.

xs et suivans. Gardez-vous bien , ù rois, ô grands de la terre , d'approcher de vous ces trompeurs et ces ignora ns , que l’on appelle devins ; * qqi vous font des raisonne- » mens , et vous donnent des dédsiqn^de ce qu’ils » ignorent, » dît Je plus sage des rois (;i). Ne cherchez point parmi eux des interprète s de vos songes, comnie s’ils étoient mysterieux. Celui qui » s’y fié est un., insensé : une vaine espérance, et le » mensonge , est son partage. Celui qui s’arrête A * ces trompeuses visions, ressemble ù l’homme qui b embrasse une ombre, et qui court après ; le vent, » Il n li omme cr q i t v o i r un a u t rc b orn m c de va ntl ni j> dans son sommeil , et prend pour vérité upc creuse » et vainc ressemblance. » ( Ce ne sont que vapeurs impures qui s ’élè vont dans le cerveau, d'une nourri¬ ture mal digérée. ) & Espérez-vous épurer vos pensé es ,» par ce mélange confus d’imaginations , on que 1g » mensonge vous instruise de la vérité ? La divinav \lm est une erreur;, les augures unci tromperie , et (i) P ray* xxiu. 6f |C*0 FO LITIQCE » les songes un mensonge et une illusion. Il nVppar- » tient qu’au Très-Haut d’envoyer de véritables vi- » siens : et tout Je reste ressemble aux fantaisies a qu’une femme enceinte se met dans l’esprit* N’y » mettez point votre cœur, si vous ne voulez être le » jouet d’une honteuse foiblëaaé > d’une folle erédu- » lité? et d’une espérance trompeuse (i). » 11e proposition. On ne doit pas présumer des conseils humains y 5 ni de leur sagesse* « L’homme sait à peine les choses passées , qui lui j a découvrira les choses futures (a) ? » Ainsi « qui se fie en son coeur, est fou (5). à Et encore: « Ne vous élevez pas dans votre cœur comme b un taureau furieux, de peur que celle pensée ne a vous dévore. Vos feuilles seront mangées , vos j a fruits tomberont; vous demeurerez un bois sec; » votre gloire et votre force s’évanouiront (4)* a Les Egyptiens SC pi quoi eut d’une sagesse extraor¬ dinaire dans leurs conseils. Voici comme Dieu leur parle (5).

te Les princes de Tarife J sages conseillers a de Pharaon , lui ont donné des conseils extrava- » gang. Comment dites- vous à Pharaon : Je suis le a fils des sages , le fils de ces anciens rois renommés a par leur prudence. O O sont maintenant voyages? » Qu’ils vous disent ce que le Dîeu des armées a or- 1 » donné de FBgypte, Les princes de Tanis ont perdu a l’esprit : les princes de Memphis se sont trompés, s et ils ont trompé l’Egypte, eux en qui elle se huit » comme en ses remparts. Le Seigneur a répandu au » milieu d’eux Fesprît de vertige : la tète leur a tourné : j> et ils font errer l’Egypte , comme un ivrogne qui » chancelle , et tournoie en vomissant. I/Egypte ne » fera plus rien : elle ne fera ni grandes ni petites (i ) EccL xxxi v, 1 1 2 f 3 , 4 * 5 , 6 j 7 . — (a) Ecc/es, x. 14. 1— (3) Prov'i xxv ni. — (4) EccL yi. 3, sec, lxx. — (ù) hui . xix. n , 13 j etc , mÉs de ï/EcninmE. uv. v. 191 » choses, On la verra étonnée , et tremblante comme » une femme* Tous ceux qui la verront* trembleront » à la vue des desseins que Dieu a sur elle» » Quand on voit ses ennemis prendre de foibles con¬ seils , il ne faut pas pour cela s’enorgueillir* mais songer que c’est le Seigneur qui leur envoie cet es¬ prit d’égarement pour les punir, et craindre un' sem¬ blable jugement. S’il se retire, dit le saint prophète (i) * « la sagesse » des sages périt* et rintelligence des prude ns est » obscurcie. » « C’est lui qui réduit à rien les conseils profonds* » et qui rend inutiles les grands de la terre (a), » Tremblez donc devant lui* et gardez-vous de pré¬ sumer de la sagesse humaine* III* FBO POSITION* II faut consulter Dieu par ia prière, et mettre en lui sa confiance * en faisant ce qttJon peut de son côté , Nous avons vu que c’est Dieu qui donne la sa¬ gesse. Nous venons de voir que c’est Dieu qui Tôle aux superbes. Il faut donc la lui demander hum¬ blement. C’est ce que nous enseigne l’Ecclésiastique , lors¬ qu ’aprè s nous avoir prescrit * dans le chap. xxxyiï * tant de fois cité, tout ce que peut faire la prudence * il conclut ainsi (3) : « Mais par-dessus tout, priez le »

Seigneur* afin qu’il dirige vos pas à la vérité* n Lui seul la connaît à fond ; c’est à lui seul qu’il en faut demander Finleïligencc. Mais qui demande de Dieu la sagesse, doit faire de son côté tout ce qu’il peut. C’est il cette condition qu’il permet de prendre confiance è sa puissance et i sa bonté* Autrement* c’est tenter Dieu * et s’imaginer vainement qu’il enverra ses anges pour nous soutenir* (Q JW, xxix, 14* —(a) Ibid, xl* -* (3) Eccf* \x\yus ARTICLE JY ITt PIVOPQ^ITIQSÇ* Ce que c* est que {a ,ïî.i ajestè* 19a rOïJTi§u£ quand nom nous serons précipités uoiis-mêmH, ainsi que Satan osoit le conseiller à Jésps-Ghrhjt (a). Conséquences de la doctrine précédente : de la majesté 2 et de ses accompagtwmem* Je n’appelle pas majesté , cette pompe qui envi¬ ronne le s r ois , ou cet jéckt extérieur /qiii éblouit le vulgaire. C’est le rejaillisswnent.de la majesté yetJion pas la majesté elle-même. La mai esté est Piifrèiré delà grandeur de Dieu dans ■ f^r.n V'J'*- UfiMii J l/ivu , Vy y f. j' ■ j 0H tOTlt que prince * n’est pas regardé comme un homme par¬ ticulier : c’est un personnage public; tout l’Etat est eu lui; !a volonté de tout le peuple.est renfermée dans 3a sienne* Comme en Dieu est réunie doute perfection et toute vertu 5 ainsi toute la puissance des particuliers est réunie en la personne du prince. Quelle grandeur qu’on seul homme en contienne tant! La. puissance de Dieu sc fait sentir on un instant de 1 ; entré mité d u . m o n de à 1 ap t re : la pu iss a ne e raya le agit en mémo temps dans tout le royaume. BUe ‘tient tout le royaume en état *, comme Dieu y tient tout le monde. Que Dieu retire sa main > le monde retombera d^na le néant : que l'autorité cesse dans le royaume*, tout sera en confusion. Considérez le prince dans son cabinet. De. là partent les ordres qui font aller de concert les magistrats rét les capitaines ? les citoyens et les, soldai s* les provinces cl les années par mer et par (i) Mm. ty. G - T* Tniéi j üe l’écmtüi*. tiv. T. *9^ Dieu , qui , assis dans son trône nu plus haut <les cieu,t> fait aller toute la nature.

" . . . , . « Quel mouvement se fait; -dit saint Augustin i, 1) 5 » au seul commandement de l’empereur? Il ne lait » que remuer les lèvres , il n’y a [>omt Je plus léger » mouvement, et tout l’empire se remue. C est, dit „ ü, l’image de Dieu, qui Lait tout par sa parole. » II a dit, elles choses ont été finies ; il a commande, ü et elles ont é té créées. » . Ou admire ses œuvres; la nature est une matière tic discourir aux curieux. « Dieu leur donne le monde à ,> méditer ; mais ils ne découvriront jamais le secret „ de son ouvrage depuis le commencement jusqu a la « fin (2). » On en Voi t quelque parcelle ; mais le fond est impénétrable. Ainsi est le secret du prince. Les desseins du prince ne sont bien connus que par l’exécution. Ainsi se manifestent les conseils de Dieu : jusque là, personne n’y entre, que ceux que Dieu y admet. Si la puissance de Dieu s’étend partout , la* magni¬ ficence raccompagne. l\ n’y a endroit de l univers où il ne paroisse des marques éclatantes de sa honte, y0vez Tordre j voyez la justice, voyez la tranquillité dans tout le royaume ; c’est l’eifct naturel de l’auto¬ rité du prince. r , 11 n*y a rien de plus majestueux que la bonté ré¬ pandue ; et il n*y a point de plus grand avilissement de la majesté, que la misère du peuple causée par le prince. Les médians ont beau se cacher, la lumière de Dieu les suit partout; son bras va les atteindre jusqu’au haut des deux , et jusqu’au fond dés abîmes. « Où a irai-je devant votre esprit, et où fuirai- je devant votre face ? Si je monte au ciel , vous y êtes ; si je u me jette au fond des enfers , je vous y trouve ; si » je me lève le matin, et que j’aille me retirer sur les » mers les plus éloignées, c’est votre main qui me (l) Jlig* m Ps. CSL Y UT, lu 2, tom. iy f col. I<>î3. — - (a) iïccles. m. 1 1 , Bossuet. Politique, 9 ig4 politique » mètie làj et votre main droite me tient. Et j’ai dit ; » Peut-Être que les ténèbres me couvriront : mais la \ » nuit a été un jour autour de moi. Devant vous les »

ténèbres ne sont pas ténèbres , la nuit est éclairée \ » comme le jour : l'obscurité et la lumière ne sont 1 » qu’une meme chose (i). n Les méchans trouvent ! Dieu partout , en haut et en bas, nuit et jour; quel¬ que matin qu’ils se lèvent, il les prévient ; quelque loin qu’ils s’écartent, sa main est sur eux. Ainsi Dieu donne au prince de découvrir les trames les plus secrètes. Il a des yeux et des mains partout, Nous avons vu que les oiseaux du ciel lui rapportent ce qui se passe- 11 a même reçu de Dieu, par Pusngc des affaires, une certaine pénétration qui fait penser qu’il devine. À-t-H pénétré Fintrigue? scs longs bras vont prendre ses ennemis aux extrémités du monde : ils vont les déterrer au fond des abîmes* Il n’y a point d’asile assuré contre une telle puissance. Enfin ramassez ensemble les choses si grandes et si augustes que nous avons dîtes , sur l’autorité royale. Voyez un peuple immense réuni en une seule per¬ sonne ; voyez celte puissance sacrée > paternelle et absolue; voyez la raison secrète qui gouverne tout le corps de F Etat, renfermée dans une seule tête : vous voyez Fîmage de Dieu dans les rois, et vous avez l’i¬ dée de la majesté royale. Dieu est la sainteté meme* la bonté même , la puis¬ sance même , la raison même* En ces choses est la majesté de Dieu. En l’image de ces choses est la majesté du prince. Elle est si grande cette majesté , qu’elle ne peut Être dans le prince comme dans sa source ; elle est em¬ pruntée de Dieu, qui la lui donne pour le bien des peuples, è qui il est bon d’être contenu par une force supérieure. Je ne sais quoi de divin s’attache au prince , étins* pîre la crainte aux peuples* Que le roi ne s’oublie pas pour cela lui-même, « Je l’ai dit, c’est Dieu qui parle; (1) fis. cixxyni, 7, S, 9, etc. Tia&B üe t’ÉaiiTEttE. yy. r, i<)5 p Je l’ai dit : Vous êtes des dieux* et vdus êtes tous j) en fans d u T r è $ - H au t ; ma i$ y o u s m 0 n ire z c 0 m m ê d es » hommes , et vous tomberez comme les grand? (i),a J c T ai dit : V eus êtes des dieux; é’e sl-ô-d ire: V 0 u s avez dans votre autorité, tous portez sur votre front un caractère divin.

Vous êtes les enfarts du Trés*- Haiit : c’est lui qui a établi votre puissance, pour le bien du genre humain. Mais, ô dieux dé chair et de sang, ô dieux de boue et de poussière, vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme les grands, La grandeur sépare les hommes pour un peu de temps ; une chute commune à la fin les égale tous, O rois 1 exercez donc hardiment voire puissance; car elle est divine, et salutaire an genre humain; mais exereez-îa avec humilité, hile vous est appliquée parle dehors. Au fond, elle vous laisse foïblcs ; clic vous baisse mortels; elle vous laisse pécheurs, et vous charge devant Dieu d’un plus grand compte, ïic raoposiTio^* La magnanimité^ (a magnificence, et toutes tes gf malts vertus conviennent à la majesté, A la grandeur conviennent les choses grandes : à la g ra n de 1 1 r la p J usé m în ente ,1 es ch os es les p 1 u s g ra n des ? c’est'é-dire les grandes vertus. Le prince doit penser de grandes choses, a Le » prince pensera des choses dignes d’un prince {a) , a Les pensées vulgaires déshonorent la majesté. Saiit est élu roi; en même temps, Dieu qui l’a élu* « lui change le eæur, et il devint un autre homme (5), i> Taisez-vous , pensées vulgaires ; cédez aux pensées royales. Les pensées royales sont celles qui regardent le bien général ; les grands hommes ne sont pas nés pour eux-mêmes : les grandes puissances, que tout le (1) Ps. zxxxu 6, 7. — (fc) Jlÿ«L xxxu, S. — (3) /. /tVg, x, 6, g. JfOiniQlTÊ monde regarde, sont faîtes pour le bien de tout le mon de. Le prince est par sa charge, entre tous les hommes, le plus au-dessus des petits intérêts , le plus inté¬ ressé au bien public : son vrai intérêt est celui de l'Etat, Il ne peut donc prendre des desseins trop nobles, ni trop au-dessus des petites Yuesct des pen¬ sées partit uliéres. Ce San I , changé en un autre homme , dans le temps qu’il fut ûdèle à la grâce de son ministère, étoit audessus de tout. Au-dessus de la royauté, dont il appréhende le fardeau , et dont il méprise le faste (iV Nous Payons déjà YUi Au-dessus des senti mens de vengeance* À un jour de victoire , où tout le peuple lui veut immoler scs ennemis , il offre à Dieu un sacrifice de dé¬ mence (a).

Au-dessus de lui-même, et de tous les sentimens que le sang inspire : prêt à dévouer pour le peuple sa propre personne, et celle de Jonathas son fils bien aimé (5). Que dirons -nous de David, à qui on donne cette belle et juste louange (4) : c Le roi mon seigneur res- » semble à un ange de Dieu : il h’estèmu ni du bien » ni du mal qu’on dît de lui? » Il va toujours au bien public ; soit que les hommes ingrats blâment sa con¬ duite ; soit quelle trouve les louanges dont elle est digne» Voilà la véritable magnanimité,' que les louanges n’enüent point, que le blâme n’abat point, que fa seule vérité touche. On abandonne avec joie toute sa fortune à la con¬ duite d’un tel prince, Vous êtes comme un ange » de Dieu ; faites de moi tout ce qu’il vous plaira » , lui dit Miphiboseth (5) , petit-fils de Saül , trahi par Siba son serviteur» (i) L Æcg. x j XI. — (a) Ibid. xi. ia» t3. — (3) Ibid. xiv, £t , — ( J) IL lieg, xiv. 17. — (5) Ibid. xix. 27. TraÈE i’ICfiiTtiAE. UY. V* Î9? Eu effet, David n’étolt plein que de grandi choses, de Dieu et du bien public. . Nous avons vu que, malgré les rebellions et 1 in¬ gratitude de son peuple, U se dévoue pour lui a la vengeance divine , comme étant le seul coupable. « Frappez, Seigneur, frappez ce coupable, et épar; « gnez le peuple innocent Ç *)• » Combien sincèrement avoue-t-il sa faute . ch ose si rare à un roi. Avec quel zèle la réparc-t-il 1 « J’ai » péché, dit-il (2) , d’avoir fait 3e dénombrement du » peuple. O Seigneur l pardonnez-moi ; car j’ai agi » trop follement. » Nous lui avons vu mépriser sa vie en cent com¬ bats; et après, nous l’avons vu se mettre au-dessus de la gloire de combattre, en se conservant pour son Etat. Mais combien est-il au-dessus du ressentiment et des injures ? Nous avons admire sa joie, quand Àbî- gaïl l’empecîia de se venger de sa propre main- Nous l’avons vu épargner et défendre contre les siens , Saul, son persécuteur, quoiqu’il sût qu’eiv se vengeant il s’assuroit la couronne , dont la succession lui appar¬ tenait.

Quelle hauteur de courage, de se mettre si aisément au-dessus de la douceur de régner, et de celle de la vengeance î Quand Saiil et Joriathâs furent tués, David les pleure tous deux ; David chante leur louange* Ce n’est pas seulement Jonathas, son intime ami, dont il dé¬ plore la perte 1 il pleure son persécuteur. Saul et Jo- ) nathas, tous deux aimables et couverts de gloire, » toujours unis dans leur vie , n’ont pas été séparés a * la mort. Filles d’Israël, pleurez Saül qui vous hai> billoït de pourpre, par qui vous aviez des parures » d’or; » et le reste (3). Il oe tait point les vertus d’on prédécesseur in¬ juste, qui a lait tout ce qu’il a pu pour le perdre : il les célèbre, il les immortalise par une poésie incom¬ parable. (1) IL lîeg. xxiv. 17. — (a) Ibid. — (3) Ibid. 1. 17, ïï3# 2^ j etc. *0$ FOUTltyl'E îl m pleure pas seulement Sai/Ï; il le vengé, m punit de mort celui qui s’éioit vante de ravoir tué, « Je l ai percé de mon épée, dîsoii ce traître (%} ” apres lui avoir Ôté le diadème de dessus la tête 1 « * le bracclet o voit nu bras, pour vous apporter ces marques royales , à vous, mon seigneur, w Ces riches présens ne sauvèrent pas ce parricide, « Pourquoi n’as- tu pas craint de mettre la main sur * I o lu t du Seigneur (il J ? » Que t e soil , si vous vouiez, l’intérêt Je la royauté qui lui ait fait venger son prédécesseur; toujours est-ce ntt sentiment au-dessus des pensées vulgaires, que David banni, loin de témoigner delà joie d’une mort qui le delivroil d un si puissant ennemi, et lui mettait le dia<^me sur.la tête, la venge sur l’heure, et assure le repos public avec la vie des rois. e.V'c*-,®"®01’? un redoutable qnnemi ; c’étoit un tils de baülj qni partage oit le royaume : il sembloit que Ja politique le pouvoit porter à ménager davan¬ tage celui qui le délit de Satil \ maïs ce grand courage lie 'CIjt point être délivré de ses ennemis pur des attentats et par des crimes. Pn effet , quelque temps après, des médians lui ap~ portèrent la tête de ce second ennemi.

«Voilà, lui B <*irent-ib (3), la tête d’Ieboseth f .fils de Saul, qui n en you l'oit à votre vie; mais le Seigneur vous en a * vengé. David dit : Vive le Seigneur qui m*a délivré » de tout péril ; jTui fait mourir celui qui croyait m’ap- * p rtei une. nouvelle agréable en m’annonça ni la )> monde Saul *' il trouva la mort 1 ni -même au lieu » de la récompense qu’il espéroit ; combien plus vous ï> dois-je u ter de la terre, vous qui avez tué dans sou » lit un homme innocent?» Il les fit mourir aussitôt 3 et ht atlachercn lieu pu¬ blic leurs mains sanguinaires, . et leurs pieds qui | avoLont couru au meurtre; afin que tout Israël connût qu’îl ne voulait point de tel? services, (0 //, lie^ u io.— (a) Ibid, t4. - (3) Jbid. jv. S, 9* IOj Itj 12, îltlÈE [>r. l'ÉCMTUtlE. uv. v Au lieu que les rois d’une nouvelle tan al le ne songent qu’à oflbil.Hr et à détruire les restes des niaiTm q»i U m ~ le «*» WW’fiÈT lient et relève la maison de Saul et de Jonatha.- En un mot, tontes les actions et toutesdes parqUs de David respirent je ne sms quoi de si grand, et J < conséquent l si ro’yal , qu’il ne faut q«c.£» v» , et écouter ses discours, pour prendre 1 iJee de la ma la magnanimité répond la magnificence , qui joint les grandes dépenses aux grands desseins. David nous en est encore un beau modèle. Ses Jtoîres étoïent marquas par les dons magnifiques tpi n Sit au Sanctuaire, qi’ü «ricW-U des dépouillés achevé glorieusement tant de guerres, passer sa vjeilfiieù 6faire les préparatifs et les desseins de ce ma¬ gnifique temple , que son fdshatit opicssa moi • S « Il assemblai grands frais tout ce qu il J avoit de n nias excellons ouvriers; il amassa des poids tni- » mens es de fer et d’airain ; les cèdres qu il fit venir » n’avuient point de prix t il consacrai Ç® grand ou „ vrage cent mille talens d’or, et dix millions de U- » lent d’argent; le reste ètoit innombrable. Salomon » mon fils est jeune; et la maison, disoit-d, que je « veux bâtir, doit être renommée par tout 1 univers .

» ainsi je lui en veux préparer toute la dépense (.)}.» Après de si magnifiques préparai]! s il cru y oit ft a" voir rien fait. « J’ai offert, dit-il (4) , é Dieu toutes (,) II. lîeg. ix. i, 7> 3, 9 - (a) Ibid. ™«. - J. Par. xvm. n. — (3) I. fiar . xxu. î, a, 3, 4> 5> H' (4) Ibid. i4K»tmqrE » ces choses dans nm pauvreté. » II trouve pauvre tout ce qu’il a préparé, parce que celte dépense i royale n égaloit pas scs désirs ni ses idées ; tant il les ûvoit grandes# On parlera p J us commodément en un outre endroit des munificences de Salomon ? et des autres grands rois de Jurîa. Et pour définir en quoi consiste jo magnificence* on verra qu’elle paraît dans l'es grands !i> Taux consacres a 1 -utilité publique j dans les ouvrages qui attirent de la gloire à ia nation * qui impriment du respeet aux sujets et aux étriùgersj et rendent im¬ mortels les noms des princes» TIREE de itoi"»- ut. TI. liyre sixième. 1ES DEVOIRS DES sr^Eis envers « iîARLIS PAR LA doctrine PRECEDENTS. article premier. Du service qu'on doit, au prince. 1” proposition. On doit au prince ies mêmes services gu u sa patrie* Personne n’en pool Jouter, .p* #^ S v rsïrsa1 SoL aoit » prince, « « q»’»» ** comme choses inséparables. u* proposition. U faut servir l’Etal comme le prince l’entend. Car nous avons vu qu’en lui réside la raison qui C° Ceux ^pensent servir l’Etat autrement qu’en ser¬ vant le prince , et en lui obéissant, s attribuent uneSic de l’auto J royale : ils troublent la paix pu; Clique, et le concours de tous les membres avec .le tllTels étaient les enfans de S a v via , qui , par un faux zfe)o , vouloicnt perdre ceux à qui Davul avoit par¬ donné. « Qu’y a-t-il entre vous et “2' „ a Sarvia? Vous m’êtes aujourd hui un Satan frj.” (i) II. IieS. xix. aa. runngtE prince voit de plus loin et de plus haut : on doit croire qu 'il voit mieux; et il tout obéir sans murmure puisque le mm mure est une disposition h U sédition. Le prince sait tout le secret et toute la suite des al¬ to ires : manquer d’un moment à scs ordres, c’est mettra tout en hasard.

David dit à Amas a ; « Assemblez Par- " mee {V01S joursj et rendez-vous prés de moi en » même temps. Amnsa alfa donc assembler 1’armée, w e! demeura plus que Je roi n’a voit ordonné. Et DaM vul dit a Abisaï ; Scha nous fera plus de mal qu’Ab- « salon ; allez vite avec les gens qui sont près de ma » personne, et poursuîvez-Ie sans relâche (l). » Amasa n a voit pas compris que P obéissance con¬ siste dans la ponctualité. IIIe PROPOSITION. U n3y a que tes ennemis publics qui séparent i intérêt du prince de V intérêt de l'Etat. Dans le style ordinaire de l’Ecriture, les ennemis de LEiat sont appelés aussi les ennemis du roi. Nous avons déjà remarqué que Salît appelle ses ennemis, les Philistins, ennemis du peuple de Dieu (2). David ayant défait les Philistins : « Dieu, dit-il (3) , a dé- » toit mes ennemis. » Et il n’est pas besoin de rap¬ porter plusieurs exemples d’une chose trop claire pour être prouvée. 1 Il ne faut donc point penser, ni qu’on puisse atta¬ quer le peuple sans attaquer le roi , ni qu’on puisse attaquer le roi sans attaquer le peuple. C’étoit une illusion trop grossière , que ce discours que iaisoit Rahsaec, général de l’armée de Seunaché- rib , roi d Assyrie* Son maître l’a voit envoyé pour ex¬ terminer Jérusalem ci transporter les Juifs hors de leur pays. 11 toit semblant d’avoir pitié du peuple ré¬ duit à l’extrémité par îa guerre, et tache de le soulever contre son roi Ezéchias. Voici comme il parle de¬ vant tout le peuple aux envoyés de ce prince (4} : (1) /A Eeg. xx* 4 j 5, G. — (2) A Itee siv* 24. nafa i» t’icsmiRE. tiv. vr. roi, le roi pourra vous , ié chias ne Ne récoutez pas; mais écoulez , délivrer de “tt“fJ^HAï#yrkW; laites ce qui vous » ce quo dit le ro # Chacun de vous mangera , est utile , et vene • ‘ boira du l’eau de sa » de sa vigne eide son fi*l ’^Vj lriin5porle à une o citerne, jusqu a te fli e. { ' mc ia yûtre , «bon- ; œ&iïsïïS.’ ?A-i r‘“* **• n chias qui vous trompe. » . des intérêts de o„rfim,",e°£» “ S, W» P»*» po»r »» temps flatter les antres parties.

iy° rnoPOSjTfoîî- ïS.’Süirrttct Saül , au couronnement de Salomon, a^ *^cle Jofl9 , oc entend ce cri de tout le peuple . .Vive le ro» ■ i mi vive le roi David , vive le roi Salomon ( ) "ÿSTSttUi- "*• 0”c?TS“oopdI ces vœux : « O roi, vivez à jamais (a). Dieu con » serve votre vie, û roi monseigneur. » Le prophète Baruch commande, pendant la c.p (,) /. Reg. X. ai- HI‘ ms- ’■ 3l » 3 I ’ 3y* 11 ' llC5' X1* 12 , — (a) //. ISsdr* u. 3, frOUTÏQtîE livite ? à tout le peuple 3 de « prier pour la vie du roi » Nabuehodonosor, et pour h vie de son dis Bal >1 tasar (i), u Tout le peuple « offroit des sacrifices au Dieu <lu u ciel, et prioit pour la vie du roi, et celle de ses » enfans (a), » Saint Paul nous a commandé de prier pour les puis¬ sances (5J ? et a mis dans leur conservation celle de la tranquillité publique* Ou j or oit par la vie du roi, comme par une chose acree ; et les Chrétiens, si religieux à ne point jurer par les créatures , ont révéré ce serment , adorant les ordres de Dieu dans ïe salut et la vie des princes,- K gus en avons vu les passages. Le prince est un bien publie que chacun doit Cire jaloux de se conserver* « Pourquoi nos frères de Juda w nous ont-ils dérobé le roi , comme si e’étoit à eux " s„cu 5 de le &ardèr (4) » Pel le reste que nous avons vu. De li ces par oies , déjà remarquées. « Le peuple dit * à David (5) : Vous ne combattrez pas avec nous; il j* vaut mieux que vous demeuriez dans ia ville pour » nous sauver tous. » La vie du prince est regardée comme le salut de tout le peuple : c’est pourquoi chacun est soigneux de s Ja du prince, comme de la sienne, et plus que de la sienne, L oint du Seigneur, que nous regardions comme b le souffle de notre bouche (6) * ; c’est-à-dire , qui nous étoil cher comme rair que nous respirons* C'est ainsi que Jérémie parle du roi, U Les gens de David lui dirent : Vous ne viendrez plus avec nous à la guerre, pour ne point éteindre la b lumière d'Israël (7). » Voyez comme on aime le prince ; il est la lumière de tout le royaume* Qu’est-ce qu'on aime davantage que la lumière ?

Elle fait ia joie cl le plus grand bien de l’uni vers* (1) Bantc. 1. J 1* — (a)L M&dr. vn jo. — (3)1. Tim.u. 11 IleS' 41* etc. — (SJ lbidf ïvm. 1 — (O) Jemu* Jjsxm. iv, 20, — (7) //, Beg, x\j* 17* TIRÉE ÏVE l’ÉCRÏTTTM-. HT. TI, 50 5 IV Ainsi un bon sujet aime son prince comme ïe bien public, comme le salut île tout l’Etat, comme \ air qu’il respire, comme la lumière de ses jeux, comme sa vie , et plus que sa vie. y* troposition. La mort du prince est une calamité 'publique : et tes gens de bien la regardent comme un châti¬ ment de pieu sur tout le peupleQuand la lumière est éteinte, tout est en ténèbres, tout est en deuil. C’est toujours un malheur public, lorsqu un Etat change de main ; à cause de la fermeté d’une autorité établie , et de !a foiblcsse d’un règne naissant. C’est une punition de Dieu pour un Etat, lorsqu il change souvent de maître, a Les péchés de la terre, » dit le sage (i), sont cause que les princes sont » multipliés : la vie du conducteur est prolongée , afin » que la sagesse et la science abonde. » C’est un mal¬ heur à un Etat d’être privé des conseils et de la sagesse d’un prince expérimenté \ et d’etre soumis a de nou¬ veaux maîtres, qui souvent n’apprennent à Être sages qu’aux dépens du peupleAinsi quand Josias eut été tué dans la bataille de Mageddo , « toute la Judée et tout Jérusalem lepleu- » rèrent, principalement Jérémie, dont tous les muai- » ciens elles musiciennes chantent encore é présent les » lamentations sur la mort de Josias (a). n ’ Et ce ne sont pas seulement les bons princes, comme Josias, dont la mort est réputée un malheur public ; le même Jérémie déplore encore la mort de Sédécïas; de ce Sédécias dont il est écrit, «qu’il avoit w mal fait aux yeux du Seigneur; et qu’il n’avoît pas respecté la face de Jérémie * qui lui parlait de ta part j, de Dieu (5). » Loin de respecter ce saint prophète , il Favoit persécuté (4)< Et touteiois, après la ruine de (0 Prov* xxvnr a- — fa) IL xxxv. 24. — {gj Uid. wx\i. —(4) Jercm, xxvu c* xxxym.

so6 politique Jérusalem , oh Sédéeias fait prisonnier eut les yeux crevés ? Jérémie , qui déplore les maux de son peuple, déplore comme un des plus grands malheurs Je malheur de Sédéeias. <* L’oint du Seigneur , qui ^ toit » comme le souffle de notre bouche, a été pris pour a nos péchés, lut à qui nous disions : Nous vivrons sous » votre ombre parmi les Gentils (1). » Un mi captif, un roi dépouillé de ses Etats, et même privé de la vue , est regardé comme le soutien et la consolation de son peuple captif avec lui. Ce reste de majesté sembïoit encore répandre un certain éclat sur la nation désolée ; et le peuple , touche des malheurs de son prince, les déplore plus que les siens propres. « Le Seigneur , » dit- il (a) , a renversé sa maison ; il a oublie les fêtes » cl les sabbats de Si on ; le roi et Je pontife ont été » l’objet de sa fureur. Les portes de Jérusalem sont » abattues : Dieu a livré sou roi et scs princes aux a Gentils, » Le prophète regarde Je malheur du prince comme un malheur publie y et un châtiment de Diêu sur tout le peuple, même le malheur d’un prince méchant; car il ne perd pas par ses crimes la qualité d’oint du Seigneur, et la sainte onction qui Ta consacré le rend toujours vénérable. C’est pourquoi David pleure avec tout le peuple la mort de Saul , quoique méchant. « Tes princes sont * morts sur tes montagnes, ô Israël ! Comment les forts j> o nt“ ils é té tués ? N e p o r tçz p n i n t cette n ou v elle dans » Geth; ne Tannonoeï point dans les rues d’Ascalun , » de peur que les femmes des Philistins ne s’en ré jouis- .» sent; de peur que ce ne soit un sujet de joie aux filles w désincîrconcist Montagnes de Geîboé , que la rosée » ni Ja pluie ne distillent plus sur vous, que vos champs » stériles ne portent plus de quoi offrir des prémices ; » puisque sur vous sont tombés les boucliers des forts, » le bouclier de Sa fd, comme s’il n’a voit pas été oint » de Thuile sacrée (3). » Et le reste que nous avons déjà rapporté. (1 ) Jerem, Zam, iv. 30 .—(a) '/&•«/.

u. 6; g, — (3) //. lies. i. njf aof 2i, TiïLUË OC t’ieiUTCREi LIV. Tf. 20 7 G’estüiflsi que l'a mort du prince , quoique rnechant, quoique réprouvé, fait la joie des ennemis de l L tel, À la douleur de ses sujets, fout le pleure; tout est en deuil pour sa mort: et il faut que tes chose, les plu* insensibles, comme les montagnes, et enhu que toute la nature s’en ressente. vt” moposmOH. Un homme de bien préfère la vie du prince à la sienne, et s'expose pour le sauver. Sous l’avons vu: le peuple va combattre, il ne se soucie pas de son péril , pourvu que le prince soit en s fl re lù ( i V La manière dont on fait la garde autour du prince , à la ville et à la campagne , le fait voir. Quand Davu entra de nuit dans fa tente de Saul, il fallut passer au travers d’Àbner, et de toutle peuple , qui reposoit autour de lui (a). Et David ayant pris la coupe du roi et sa pique (5) , pour montrer qu’il avoit ete maître de sa vie, « crie de loin à Abner et à tout le peuple U) • » Abner, êtes- vous un homme? Pourquoi gardez- » vous si mal le roi votre maître ? Quelqu’un est entre » dans sa tente pour le tuer. Vive le Seigneur, vous » méritez tous la mort , vous tous qui gardez si mal » le roi votre maître , l’oint du Seigneur? ilegardcz i) où est sa pique et sa coupe* » Le peuple doit garder le prince ; le peuple campe autour de lui ; il faut avoir enfoncé tout le camp > avant qu’on puisse venir au prince : on doit veiller afin que le prince repose eu sûreté ; qui néglige de le garder est digue de mort. Quand le roi étoil a la ville , le peuple et les grands même couchoient à sa porte. « Ufie ( quoiqu il fût » homme de commandement) courbait à la porte du « palais royal , avec les autres -serviteurs du roi sou 0 maître (5)» » (i) JL xvi n a xxu — 2oS ÏOUTZQt’É Dînant la rébellion d Absalon , Ethaï Getliécn marchoit de 7a tu loi à la tu te de six cents hommes de Geth , tous brades soldais. Ü’éto It des troupes étrangères, dont David vouJoît éprouver la fidélité , et il dit a Elhaï (i ): « Pourquoi venir avec nous ?

Retournez, et » attachez-vous au nouveau roi. Vous êtes étranger, et " ™us Êfes sorti de votre pays : vous armâtes hier, et, » dès aujourd’hui , vous marcherez avec nous ? Pour « moi, j irai ou je dois aller; niais vous, allez, raine- » nez vos frères, et le Seigneur récompensera la fidélité “ et la reconnoissance que vous m'avez témoignées* » Ethaï réponditau roi : Vi ve le Seigneur, et vive le roi » » mon maître; en quelque lieu que vous soyez, è roi mon f » seigneur , j’y serai avec vous ; et je ne vous quitterai » m à la vie ni à-la mort David lui dit: Venez ». A la réponse qu il lui lit , il Je connut pour un homme qui savolt ce que c’ctoit de servir les rois. ARTICLE IL De F obéissance due au prince . ire paorosmoïr. Les sujets doivent au prince une entière obéissan ce. Si le prince n’est ponctuellement obéi , l’ordre public est renversé , et il n’y a plus d’unité, par con¬ séquent p! us de concours ni de paix dans un Elût C’est pourquoi nous avons vu que quiconque dé¬ sobéît à la puissance publique est jugé digne de mort. « Qui sera orgueilleux , et refusera d’obéir au corn- » mandement du pontife, et à l’ordonnance du juge , » il mourra, et vous ôterez le mal du milieu dis- » rael (a). » C’est pour empêcher ce désordre que Dieu a or¬ donné les puissances; et nous avons ouï saint Paul dire eu son nom (5) ; u Que toute ime soit soumise aux i) IJ, lie g. xv. 9, 2o j ai, aa. — (a) B eut, xvn. 10 — TIM.E DE l'écrite RE- nv- VI. m .. -ntiissmices supérieures ; car toute puissance est de L " ■ n n’v en a point que Dieu n ait ordminee. : Xi Ï.1 îi.i.tc 1 la paias«»ae, rtaUB » 1 ordre ■ f “SaL-1.» d'Mr. sdumis «,« „ puissances, de leur .oiàéir ponctuellement, d cire .ont ministres de Die» £») ■ > y 1 nui est dit dans le livre de ia bagesse (o), qi i, les imnces sont ministres de sort royaume. » De là saint Paul conclut (4) » q^on leur. ^ doit o u s nécessite* non seulement par la cuunte d ; Litre, mais encore par l'obligation de la conscience.» Saint Pierre a dit aussi (5): « Soyez soumis pour s ràmour de Dieu à l’ordre qui est établi parmi les d hommes* Soyez soumis au roi , comme a celui qui étant envoyés de lui, parce que c est la volonté A 'cela se rapporte, comme nous avons déjà vu »

ce que disent ees^leux apôtres , « que les «rn J»™ „ yent obéir à leurs maîtres, quand meme dsseroient » durs et fâcheux (6). Non à J \ d hommes * mais comme si c etoit u Dieu (7J- ■Tout. ce que nous avons vu pour montrer que la puissance des rois est sacrée , confirme 'a vente e ce que nous disons ici: et il n’y a rien de mieux .fonde su la parole de Dieu , que l’obfcssance principe de religion, et de conscience, aux pmssanc Tri , qü«nd Jésus-Christ dit » dez à César ce qui est dû a Cesai (b) , h vi, 6, — nihia pas comment éloit établie la puissance <les Cé ,arS qo^ les trouvâtes et reÎnan?? Iku èi Rn ?Smtà\ âmS 1Ct’r aU,°dt': ''S ï i)ieu , elle fondement du repos public. U5 PROPOSITION ^une cœceptionà V obéissance qu’on doit Sei ’ C 6Sl *""* Ü ^aZo ‘contre » roi «nsi. . Obéfesei au I: » prtrac V. W “ qlU °PP*rtknt l’autorité su- ] renie , et an gouverneur , comme è relui * |w!S er°iei0' ” Et encorc' «Hÿ-H divers dc4és • »1W!W <,e Vmre ’ Ie a WÎb's » ^ 1C FOi C01"manSe * L’obéissance est duc à chacun selon son degré -'et crdrefdûPp7nce TflU ûtt préjudice des CW t v S,'Sre tCT IeS, eœPJre* cst l'empire de Dieu, dont 7U e?^ emPira ^solimmnt souverain, do to» les autres relèvent ; et c’est de lui qtt0 vieul n™‘ f mites les puissances. * Æ u^u” àX0Uh' aU o0l!Verneur, si dans ordresdu roi "V ™ de contraire au* v . , , 1 cîoit-on obéir aux orïîres du roi il n y pareil nen de contraire sua- ordres de Dieu ’ Mais, par la même raison, comme on ne doit pas oherr au gouverneur contre les ordres du roi. n„ doi encore moins obéir au roi , contre les ordres de Dieu. ^ est alors qu a lieu seulement cette réponse que les ap6 res font aux magistrats (3): « il faut obéir i Dieu 9 plu toi qu aux hommes, a IIIe PHOPOStTIQl*, Oh doit te tribut nu prince* Si, comme nous avons vu , on doit exposer sa vie « 1 Fetr‘ 111 ,3) Zcctcs. y. ?i §. _ rtj Acti mè.HEl't CU*I>» UT. TI. *'» pour sa patrie et pour son prmM, ’«** ld 19 “& i-i*- Mg a (ç’éloit eux qui reeevojentleB P (;t M de- « publics) vinrent a loi pool n0us pour Être soui„’r„L" jara >* st-s: r»

„ leur dit : S'exiger, pas plus (pu il ne ■ îsjfc,k ww f 1 °iu« fondolenl s»' ™ P'6" jutloc ne luietoilpas ou. ils « de Dieu ne texte àè religion, infidèle. Ms devoit point payer de tribvU^irm ce voulurent voir ce que i «il « JJ tatritoit sujet, parce que , s il pari™ tp our - j > >_ ,.j do;t u» <4»> de b- WS.ÏSS! Ainsi contre César , ils le défi «uV lui demandé- »> mm M, rcr.L (o) : « Est-Upeimui P connaissant leur irmlieo ■ d“ n CU i > » î\i(mLL€K-inoi une pièce de monnoic. : «üümm f, i|SS»5S0& SïHssSii le tribut qu’il impose. (,)^ m. .».-'($$& «3— (3) SK1J- ’7’ l8' iq j 2ü, si. Ainsi les tributs rjuV,n pare au prince son. „„ reconnoissançe de l'autorité suprême • et on L T peut refuser satos rébellion. ’ üe es Samt Paul l’enseigne expressément (il. ‘ « Le prince K Sîï 1 «•*•» rt'LJSZ ois* aoytet-im donc soumis par nécessité non seulement par la crainte de la culère du pHnce mais encore par E obligation de votre conscience! inin tresUdeUWeuV°se f JeZ tr*üt> ^ sont ininisci es de Dieu, servant pour cela. Rendez donc a ^ que vous lui devez; le / est dû le tribut; la taille, à quî elle ès dne- H crainte, à qui elle est du*- i ri ebl due > dû l’honneur! . ^ °l ‘ htmfleur’ 11 W «» P^ÏtriC-T ^rr,ICS ,',e ‘V^c, qu’on doit J’Y e 6 tr,ljut nn P'ince religieusement et en con¬ cerne e ; comme on lui doit rendre l’honneur et la sujet] un qui est due à son ministère. Lt la raison fait voir que tout l’Etat doit contribuer ÎE3&"**. r**w ■“!«"- i"f“c« d” panSi"!’’ '] défendre les pai ueuiieis , ni 1 Etat même. Le royaume sera en proie, les particuliers périront dans la ruine de l’Etat De sorte qu’à vrai dire, le tribut n’est autre Se qt une petite partie de son bien qu’on paie au prince pour lui donner un moyen de sauver le tout. P ’ IV* F aof OSITIOK. le respect, infidélité, l’ obéissance ait’ on doit aux rois, ne doivent être altérés par aucun prétexte. q,U’°n ,es doit 1CHIi0U« respecter, tou. jours servir , quels qu’ils soient , bons ou méehans « Obéissez a vos maîtres, non seulement quand ils .

îïïïïîLï^’”1 ““ *"■**« L'Etat est en péril, et le repos public n’a plus rien (0 Rom. tm. 4, 3, 6, 7. — (a J/. Par. u. i8. tirée de l’écriture, lit* yï. de fermes s’il est permis de s’élever, pour quelque cause que ce soit , contre les princes* La sainte onction est sur eux; elle haut ministère qu’ils exercent au nom de Dieu, les met à couvert de toute insulte» Nous avons vu David, lion seulement refuser d’at¬ tenter sur la vie de Saîll * mais trembler pour avoir osé lui couper le bord de sa robe, quoique ce lût a bon dessein» « Que jfose lever ma main contre Point du >ï Seigneur , à Dieu ne plaise* Et le coeur de David fut » frappé , parce qu’it a voit coupé le bord de la cotte » d’armes de Saiil (i). ** Les paroles de saint Augustin sur ce passage sont remarquables* « Vous m’objectez, dit-il a Petiïien , i> évêque donatiste (2) , que celui qui n’est pas inw nocent ne peut avoir la sainteté* Je vous demande , » si Saul n’a voit pas la sainteté de son sacrement et » de Fonction royale , qu’est-ec qui causoit en lui i> de la vénération à David P Car c’est é cause de cette » onction sainte et sacrée qu’il l’a honoré durant sa » vie, et qu’il a vengé sa mort; Et son cœur frappé w trembla , quand il coupa le bord de la robe de ce » roi injuste* Vous voyez donc que Saul, qui n'a voit V point Finnocence, ne bussoit pas d’avoir la sainteté; „ non la sainteté de vie, mais la sainteté du sacrement » divin, qui est saint, même dans les hommes rnauj> yais. « Il appelle sacrement , Ponction royale ; ou parce qu’avec tous les Pères, il donne ce nom à toutes les cérémonies sacrées; on parce qu’en particulier l’onc¬ tion royale des rois , dans l’ancien peuple, étoït un signe sacré institué de Dieu , pour les rendre capables de leur charge, et pour figurer Ponction de JésusChrist même* Mais ce qu’il y a ici de plus important, c’est que saint Augustin reconnoit , après FEcriture, une saîn- (1 } J, Reg. xxïv» 6, 7. — (2) Lit. IL cont . lût* PetiL cap, xiv ut, n- 112, tom* ix j coL 2J4 ÛLÏÎlQfcE teté inhérente au caractère royal , qui ne peut être effacée par aucun crime.

C’est, dit-il , cette sainteté que David > injustement poursuivi à mort par Saül , David sacré lui-même pour lui succéder 3 a respectée dans un prince réprouvé de Dieu. Car il sa voit que c’éloit a Dieu seul a l'aire justice des princes ; et que c’est aux hommes é res* pecterle prince , tant qu'il plaît à Dieu de le conserver* Aussi voyons-nous que Samuel, apres avoir déclaré à Saül que Dieu Ta Voit rejeté , ne laisse pas de Thonorer, ■& J’ai mai fait, lui dit Saiil (i) ; mais, je vous prie, » portez mon péché , et rt tournez avec moi pour » adorer le Seigneur, Samuel lui répondit: Je n’irai » pas avec tous, parce que vous avez rejeté la pa¬ rt rôle du Seigneur, et le Seigneur vous a aussi rejeté; ; » il ne veut plus que vous soyez roi. Samuel se tour- » noit pour se retirer, et Saiil le prit par le haut de! » son manteau qui se déchira. Sur quoi Samuel lui » dit : Le Seigneur a séparé de vous le royaume d’Ish raül 3 cl l’a donné à un plus homme de bien. Ce Dieu a puissant et victorieux ne s’en dédira paiçear il n’est ! » pas comme un homme, pour se repentir de ses a desseins. J’ai péché, répondit Saiil; mais honorez- » moi devant les sénateurs de mon peuple, et devant » tout Israël ; et retournez avec moi , afin que j’adore i a avec vous le Seigneur votre Dieu. Alors Samuel x > suivit Saül , et Saül adora Je Seigneur. » On ne peut pas déclarer plus clairement à un prince ; sa réprobation ; mais Samuel à la ün se laisse .fléchir, et consent à honorer Saül devant les grands et devant le peuple; nous montrant, par cet exemple, que lé bien publie ne permet pas qu’on expose h prince au mépris. Kühoam traita durement le peuple; mais la révolte | de Jéroboam et des dix tribus qui le suivirent , quoi¬ que permise de Dieu en punition des péchés de Salo¬ mon, ne laisse pas d’ëtre détestée dans toute FlÉtfritore, qui déclare qu’en se révoltant contre la maison de (i) /. Iieg. sy , a.j, 25 ^ 26, 27, a8? 3ô, 3r. T1B.ÉB oe t’écEltttE* I-1Y* Vf* Da\id , ils se révoltaient contre Dieu qui régrtoit par elle (0- .

. r i Tou s les prophètes qui ont vécu sous les médians rois ; Elit et Elisée, àbus Achab et sousJèfcabel en Israël; Isaïe sous Acftafc ët sous passés; Jérémie sous Joachim, sous J écho nias , sous Sédéciaa ; on un mot, tous ta prophètes, sous tant de rois impies et médians , n ont jamais manqué à l'obéissance , ni inspiré la révolté, mais toujours la soumission et le respect* Pïqus venons d’ouïr Jérémie après la ruine de Jé¬ rusalem , et rentier renversement du trône des rois de Juda, parler encore avec un respect profond de son roi Sédécias. « L’oint du Seigneur , que nous regar- » dions comme le souffle de notre bourbe, a etc pris » pour tios pochés, lorsque nous lui disions : Noua ^ vivrons sous votre ombre parmi les gentils (a J » Les bons sujets ne se ten oient pas quittes un res¬ pect qu’ils dévoient é leur roi , après meme que son royaume fut renversé, et qu’il fut emmené comme on captif avec tout son peuple* Ils respeotoient jusque dans tes fers , et après la ruine du royaume, le carac¬ tère sacré de Tau tonte royale* v* rno position. 1/imèià tè déclarée , et même ta persécution , j V exemptent pas les suje ts de t obéissance qïi ils doivent aux princes. Le caractère royal est saint et sacre, meme dans les princes infidèles; et nous ayons vu que Cyrus est appelé par Isaïe « F oint du Seigneur (5). » ^abuchodonosor êtoit impie et orgueilleux jusquM vouloir s’égaler à Dieu, et jusqu a taire mourir ceux qui lui refuse tant un culte sacrilege : et neanmoins Daniel lui dît ces mots: « Vous êtes le roi des rois, et -a le Dieu du ciel vous a donné le royaume, et la puU’* !> sance , et l'empire, et la gloire (4)* » (i) IL Par. XIII* 5, 6, 7, 8. T (d) Jer. Mm . iv* 20* — (3) hai. eï* Y * 1* — (4) Bâti. H. 2lê POLITIQUE C’est pourquoi le peuple de Dieu priait pour la vie de Nabuehodonosor , de Baltasar (i) et d’Assutb rus (s). Àchab et J é label avoient fait mourir tous les- pro¬ phètes du Seigneur. Elie s’en plaint à Dieu (3); mats il demçure toujours dans l’obéissance.

Les prophète^ durant ce temps font des prodige? étonnans, pour défendre le roi et le royaume (4}« Elisée en .fit autant sous J or am fils d5 Achab (5), aussi impie que son père* Bien m'a jamais égalé Pimpictc de Mariasses, qui péeha et fit pécher Juida contre Dieu, dont il tacha d’abolir le oulte ; persécutant les fidèles serviteurs de Dieu, cl faisant regorger Jérusalem de leur sang (6). El cependant Isaïe , et les saints prophètes qui le reprenoient de ses crimes, jamais n’ont excité contre lui le moindre tumulte. Cette doctrine s’est continuée dans la religion chrétienne. C’étoit sous Tibère, non seulement infidèle, mais encore méchant , que notre Seigneur dit aux Juifs: a Rendez à César ce qui est à César (7), » Saint Paul appelle à César (8) , et reconnaît sa puissance. II fait prier peur les empereurs (9) , quoique l’empereur qui régnoit du temps de celte ordonnance fût Néron, le plus impie et le plus méchant de tons la hommes. Il donne pour but à ectle prière la tranquillité pu¬ blique, parce qu’elle deïnande qu’on vive en pals, meme sous les princes méchant et persécuteurs. Saint Pierre et lui commandent aux fidèles d’étre soumis aux puissances (10). Nous avons tu leurs pa¬ roles ; et nous avons vu quelles étoîent alors les puis* (ï) Baruch, r, 1 r* — fa) I. Esdt\ vi. io, — (3) III, Meg, jux. 10. 14/ — * (4> Ibid . U. — (5) ll\ jW, ni , yi , vu.— (6) Ibid. xxi. 2, 3 f t6+ — (^Mauh. x-xil. ai. — (S) Jet, xxv. joy 11 } etc, — {9} /, Timt il i t 2. — (10) Boni, \ui 5. /. Pkr. 11. i3, 14 s ï?» 18. •' Wm 5 1 w TiriEE pE l’eCRITURE. LIT. Yf* 5ances dans lesquelles ces deux sainls apôtres fai soie ut respecter aux fidèles Tordre de Dieu» £n conséquence de cette doctrine apostolique , les premiers Chrétiens, quoique persécutés durant trois cents ans, n’ont jamais causé Ic.moindre mou¬ vement dans Tempire. Nous avons appris leurs scnlî- limcns par Tcrïullien, et nous les voyous dans toute la suite de Thistoïre ecclésiastique. Ils continuoïeut ù prier pour les empereurs, meme an milieu des supplices auxquels ib les condamnaient injustement « Courage, dit Tertullien (i), arracher, ti ô bons juges, arrachez aux Chrétiens une âme qui »

répand des vœux pour l'empereur, » Constance, fils de Constantin-Je-Grand, quoique protecteur des Amiens et persécuteur de la foi de Nïcéc, trouva dans TBglïse une fidélité in viol ab JeJulien TA postal , son successeur, qui rétablit le paganisme condamné par ses prédécesseurs , n en trouva pas les Chrétiens moins fidèles ni moins zélés pour son service r tant ils sayuient distinguei 1 im¬ piété du prince, d'avec le sacré caractère de la ma¬ jesté souveraine, , , Tant d’empereurs hérétiques qui Tinrent depuis ; un Yalens, une Justine, un Zênon , un Eaâîlisque, un Ana stase , un Héruclius, un Constant, quoiqu’ils chassassent de leur siège les évêques orthodoxes, et même les papes , et qu’ils remplissent l’Eglise de carnage et de sang , ne virent jamds leur autorité allanuée ou affaiblie par les catholiques. Enfin, durant sept ccnls ans, on ne voit pas seule ment un seul exemple, où ion ait désobéi aux em¬ pereurs sous prétexte de religion. Dans le huitième siècle tout Tempire demeure fidèle à Leon IsauHen, chef des Iconoclastes , et persécuteur des fidèles- Sous Constantin Copronyme, son fils, qui succéda à son hérésie et à ses violences aussi bien qu’à sa couronne, les fidèles d’ Orient n’opp osèrent que la patience à la persécution* Mais dans la chute de Tempire, lorsque (O TerttiL /fpoL n. 3a. B OS St ET- Poi-iŸtQTE. 21$ POUTIQÜE I s Césars suffisoient à peine à défendre l’Orient où ils s’ètoieut renfermés , Rome , abandonnée prés de deux cents ans à la fureur des Lombards , et contrainte d’implorer la protection des Français, fut obligée de s’éloigner des empereurs. On p£Uit long-temps ayant que d’en Tenir à cette extrémité ; et on n’y yint enfin, que quand la capitale de l’empire fut regardée par ses empe- . reurs, comme un pays exposé en proie, et laissé à l'abandon. ti* raoposmoN. Les sujets hyonlà opposer à ia violence des princes, que des remontrances respectueuses , sam mutinerie et sans murmure , et des prières pour leur conversion. Quand Dieu ybulut délivrer les Israélites de la tyrannie de Pharaon , il ne permit pas qu’ils procé¬ dassent par voie de fait contre un roi dont l’inhuma¬ nité envers eux et oit inouïe.

Ils demandèrent avec respect la liberté de sortir, et d’aller sacrifier à Dieu dans le désert. Nous avons vu que les princes doivent écouter même les particuliers ; é plus forte raison doiventils écouter 3e peuple, qui leur porte avec respect scs j justes plaintes par les voies permises. Pharaon , tout endurci et tout tyran qu’il étoit, ne laissait pas du moins d’écouter les Israélites. Il écoutait Moïse et j Àaron (i). «11 reçut à son audience les magistrats dy ! » peuple d’Israël, qui vinrent se plaindre b lui avec » de grands cris, et lui disoient : Pourquoi traitez- » vous ainsi vos serviteurs (2) P » Qu’il soit donc permis au peuple oppressé de re¬ courir au prince par ses magistrats, et par les voies légitimes ; mais que ce soit toujours avec respect. Les remontrances pleines d’aigreur et de murmure, ! sont un commencement de sédition qui ne doit pas Être spuffert. Ainsi les Israélites murmuroient contre (1) J Exod, v . vn. -* (3) Ibid, y, t V TittÉE »E l’ÉCKITERS. L!V. TT, 51$ Moïse , et ne lui ont jamais fait une remontrance I Moïse ne cessa jamais de les écouter, de les adoucir, de prier pour eux, et donna un mémorable exemple de la bonté que les princes doivent à leur peuple ; mais Dieu , pour établir l’ordre, lit de grands dm Umens de ces séditieux. Quand je dis que ces remontrances doivent être respectueuses, j’entends qu’elles le soient effectivenient j et non seulement eu apparence * comme celles de Jéroboam et des dix tribus ? qui dirent à Roboam : « Votre père nous a imposé un joug insupportable ; » dSninuez un peu un joug si pesant, et nous vous » serons fidèles sujets (s)- » II y a voit dans ces remontrances quelque marque extérieure de respect, en ce qu’ils ne demandaient qu’une petite diminution, et promettment dette fidèles. Mais l'aire dépendre leur Qdelite de la grâce qu’ils ~ demandaient , o’éloit un commencement de mutinerie, . . On ne voit rien de semblable dans les remontrances que les Chrétiens persécutés taisaient aux empereurs. Tout y est soumis, tout y est modeste ; la vente de Dieu y est dite arec liberté ; mais ces discours sont sï él cloués des ternies séditieux , qu’encore aujour¬ d’hui on ne peut les lire, sans sc sentir porte à Tobéissance.

. „ , L’impératrice Justine, mère et tutrice de Valen¬ tinien II, voulut obliger saint Ambroise ù donner une église aux Ariens qu’elle protégeoit , dans la ville de fttïhn, résidence de l’empereur. Tout le peuple sc réunit avec son évoque., et, assemble à 1 église, il atten¬ dait révénement de cette affaire. Saint Ambroise ne sortit jamais de la modestie d’un sujet et d un éveque. II fit ccs remontrances à l’empereur; * Ne croyez » pas* lui disoit-il (5) , que vous ayez pouvoir d’oter fi) Nam. xi, xni» xiv, xv, xxi , etc. — (2) IIL Eeg. xiu 4. //. Par. x. 4* — (3) Ep. xxï , ah xin^ n. aay tom. u , Pù Lmqri » a Dieu ce qui est à lui Je ne puis pas tous donner » 1 egiue que vous demandez ; mais si vous la pre- » nez, je no dois pas résister. » Et encore (i) ■ « Si *■ empereur veut avoir les biens de l’Eglise /il pCUt " *es peendre ; personne ne s’y oppose : qu’il nous les » etc, s il veut ; je ne les donne pas, mais je ne les » refuse pas. » « L’empereur, ajoutoît-il (a), est dans l’Eglise, non •'««-dessus de l’Eglise. Un bon empereur » loin de rejeter le secours de l’Eglise, le recherche. I j. lN nus disons ces choses avec respect ; mais nous » nous sentons obligés de les exposer avec liberté, » Il contenoii Ie peuple assemblé tellement dans le respect, qu’il n’échappa jamais une parole insolente. On prioit, on chanteit les louanges de Dieu, on atteucIoj t son secours* Voilà une résistance digne d’un chrétien et d’ua eyeque. Cependant, parce que le peuple étoH assemblé avec son pasteur, on disoit au palais que cc saint pasteur aspiroit à la tyrannie. Il répondit (5) : « J’ai » une défense y mais dans les prières des pauvres. Ces | iî aveugles et ces boiteux, ces estropiés et ces vieil* * lards, sont plus forts que les soldats les plus coura- ! » geux, » \oiJi les forces d’un évêque, voilà son armée. Il avoiLencore d'autres armes, la patience et les \ pneres qu il faisait à Dieu, w Puisqu'on appelle cela w uue tyrannie,, j'ai des armes, disoit-il (4) ; j’ai Je « pouvoir d'offrir mon corps en sacrifice, Nous avons M notre tyrannie et notre puissance.

La puissance » d'un évêque est sa foibfcsse. Je suis fort quand je » suis foible , disoit saint Paul. » En attendant la violence dont l'Eglise éloit menacée, ïe saint e\ eque ctoit a l'autel, demandant à Dieu, avec (armes 3 qu il n’y eût point de sang répandu , ou du | mon js -qu’il plût à Dieu de se contenter du sien* « Je i Uyjffibr. oral* de Basil te h non tradendis. n. 33 ; iom. col 8 n*xr — $7 3, — (4) dm M Ibid. 3Gj coL 8^3, — (3 ) Ibid. n, 33 ; col mbr, £p. xxi, aL \iu$ n . a.f; coL 85S TiivtG nu L KCMTunu. lit. vi. 221 . commençai , dit-il (.), à l^urer ^«Jj* J IV » ù sWdkce' priant Dieu de nous aider ae I tdkoie , qu’il n’y ‘ut point de sang répandu dan, ’ la cause dé l’Eglise ; qu’il n’y eût du moins que le » mien qui fût versé , non seulement pour le peuple, » mais même pour les impies. » fllt Dieu écoula des prières si ardentes . 1 E0bse lut victorieuse, et il n’en coûta le sang A personne. L’eu de temps après, Justine et son fils presque aban donnés de tout le monde, eurent recours à mnt Ambroise, et ne trouvèrent de Edelité m de zèlep m leur service, qu’en cet évêque, qui à leurs desseins dans la cause de Dieu et ..c I JSg» , Voilà ce que peuvent les remontrances respee tueuses ; voilà ce que peuvent les prières. Ain* soit la reine Esther, ayant conçu le dessein de fle&t Assucrus son mari, après qu’il eut résolu Je sacrifier loi,' les Juifs à la vengeance d'Aman ; elle fit due a Mardochée (a) : « Assemble» tous les Juifs que vous » trouverez à Suse, et priez pour moi. Ne mangez I, ni ne buvez pendant trois jours et trois nuits : je >, jeûnerai de même avec mes femmes ; après , \a m’exposerai à perdre la vie, et je parlerai au roi, s contre lu loi, sans attendre qu’il m appelle. » Quand eilepnrut devant le roi, (o) «les yeux elince- „ la ns de ce prince témoignèrent sa colore ; mais ji Dieu se ressouvenant des prières d Lsther > et de „ celles dos Juifs, changea la fureur, du roi en doit- „ ccnr. » Et les Juifs furent délivrés à la considéra¬ tion dé la reine.

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