Politique tirée de l'Écriture sainte (page 5)

Jacques-Bénigne Bossuet · Doctrine

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

J bas abattit » quatre cents coudées des murailles de Jérusalem , et » enleva les- trésors de la maison du Seigneur et de la » maison durai ($)* i> Si Àraasiàè eût connu les forces de ses voisins, ri ahjuroît pas cru qu'il pût vaincre un roi plus puissant que lui , parce qu’il en avoït vaincu un plus foible; et celte ignorance causa sa ruine. Au contraire, Judas le Machabée, pour avoir par¬ faitement connu la conduite et les conseils des Ülmmôns, leur puissance et leur -manière de faire la guerre, enfin leurs Secrètes jalousies contre les rois W. W’fimr. miw. is, (x) III ri, ia, i3. (ij £V< , *ff. T>£ L'EOVmKT. LIT. Y. 1 1 7 *îe Syrie (i) , s’eu fit des protecteurs assures , qui don¬ nèrent moyen aux .Tuifs de secouer le joug des Genl ils* , Que le prince soit donc averti, et n’épargne rien ©our cela, -C'est à lui principalement que s’adresse telle parole du sage : i« Achetez la venté (2). » Hais qu’il prenne donc guide h ne point payer des trom¬ peurs , et à ne pas acheter le mensonge. xv" r no position* Lê prince doit savoir parler. j , ; 'j r ■'■ ■ i, " ■■ - - t:; u Les ouvrages sont lodeslparla inuin de 1 ouvrier} 4 et le prince du peuple tetft reconnu sage par ses '» discours (5)- « On n’aitendde lui que Je grandes choses. Job sentoit icn Cela son obligation, ‘et J-attente des peuples, lorsqu’il dîsôii (/|) : « On u?at tendent de ma potiche 3> que de belles sentences, et on se laîsoit pour b écouter mes conseils. On ne trouvok rien ù ajouter » h mes par d les, » 1 ■ Ce n’est pas tout de tenir de sages discours , ni de dire de bonnes choses ; il les faut dire a propos. * Les belles sentences sont rejetées dans la bouche >> de l’im prudent : car il ne les dit pas en leur w temps (5). » C’est pourquoi le sage pense à ce qu'il dit , pour ne parler que quand il faut, v Le c cour du sage instruit » sa bouche , ét 'donne -grâce à scs lèvres. Des paroles V bien ordonnées soûl comme le miel ; la douceur en V est extrême (6). ï> « Les paroles du sage le rendront agréable ; celles b du fou rengageront dans le précipice : il coinJ, mence par une folie, et finit par une erreur ioV supportable (7)* »

S’il n’y a rien de plus agréable qu’un discours fait à propos, il n’y a rien de plus choquant qu’un dis- (.1} I. Mach. vm, I, 2t 3, etc (2) Pw; pni. tâ* — {$) RccL 1*. 2$. — (4) Job. sxjx. 21 , 22. — (6) Eccl xx. 22. (G) Prov. xyi. ^ — (?) Éccles. x. 12, ri. *4$ POOTfQTÏÏ cours inconsidéré* Un homme désagréable res-» » semble A un discours hors de propos (i). » Parler mal à propos n’est pas seulement chose désagréable , niais nuisible* c Le discoureur se blesse b lui-même d une épee j la langue des sages est la » santé (2)* » Et encore: « Qui garde sa bouche, » garde son ■ Time ; le parleur inconsidéré se perdra » lui- même (5)* » Le vain discoureur a un caractère de folie* « Lln~ » sensé parle sans fin (4). » Et encore : * Voÿë*-vûU3 v cet homme prompt A parler ? il y a plus à espérer » d’un fou que de lui (S)* a La langue conduite parla sagesse est un instrument propre à tout. Voulez-vous adoucir un homme irrité? <* Lue douce réponse apaise la colère ^ maïs une pa- » rôle rude excite la fureur (ft)* * Et encore ; ü Une t ^ langue douce est 1 arbre de vie j une langue cmb portée accable l'esprit (7), » Voulez- vous gagner quelqu’un qui soit mécontent ? la parole vous y sert plus que les dons. « La rosée ra-, » fraîchit Tardeur; cl une parole vaut mieux qu’un î> présent (8). » Il faut donc être maître de sa langue* « Le cœur du » sage instruit sa bouche » , comme nous venons de Voir* Et encore : a Le cœur des fous est en la puis- » sance de leur bouche ; et la bouche des sages est b en la puissance de leur cœur (9)* » La démangeais sou de parler emporte Lun; la circonspection mesure toutes les paroles de l’autre : l’un Réchauffe en dis¬ courant, et s’engage ; Pautre pèse tout dans une ba¬ lance juste, et ne dit que ce qu'il veut» xvt' pbo position* Le prince doit savoir se taire : U secret est Vâmt des conseils, « II est bon do cacher le secret du roi (toj* » (1) EccL xx. ai. — fa) i'w, xn* 18. — (3) fbid. xm, 3 , — (41 E&déÇ' X- 1 4 — f 5) Prav. xxix, 20, — (6) Ibid .

xv. 1* (7) Ibid, 4 . — (8j Eccï. &ym. 16, — (9) Ibid, u|t au, -- (loj l'ob. iin* 7, tiKke BE l’ëC&ITÜKE, IlV* T* 149 Le secret des conseils est une imitation de Ta sagesse prolbndé et impénétrable de Dieu, * On ne peut eonl noître la hauteur des deux, ni la profondeur de la » terre , ni le cœur des rois (1). * Il n’y a point de force où il n’y a point de secret. * Celui qui ne peut retenir sa langue* est une ville w ouverte et sans murailles (2), » On Valtaque * 011 Fenfûnce de toutes parts. Si trop parier est un caractère de folie* savoir se taire est un caractère de sagesse, « Le tou meme, s il » sait se taire, passera pour sage (5b » Le sage interroge plus qu’il ne parle : « Faites sem- » b tant de ne pas savoir beaucoup de eboses , et » ccoutei en vous taisant , et en interrogeant (4). » Ainsi , sons vous découvrit') vous découvrirez 1rs autres* Le désir de montrer qu’on sait, empoche de pénétrer et de savoir beaucoup de choses, ^ lî faut donc parler avec mesure, « L’insense ait ïï d’abord tout ce qu’il a dans l’esprit : le sage réserve b toujours quelque chose pour l’avenir (5)* yv Il ne se lait pas toujours ; £t mais il se tait jusqu au » temps propre ; l'insolent et l'imprudent neconnois- » sent pas lu temps (6), » « Il y en a qui se taisent parce quHIs ne savent pas » parler ; et Î1 y en a qui se taisent * parce qu ils cuti-* » naissent le temps {7). » Tant de grands rois, à qui des paroles témérairenient échappées ont 'Cause tant d inquiétude * justi¬ fient cette parole du sage : « Qui garde sa bouche et » sa langue , garde son âme de grands embarras et ï> de grands chagrins (B). » « Qui mettra un sceau sur mes lèvres* et une » garde autour de ma bouche, afin que ma langue h ne me perde point (9} ? » (t) Prw. xvv. 3, — (2) Ibid . 23, — (3) Ibid. xvn. aft* — (A) EccL xxxn, 12, — (5) Prou. xxix. n. —(6) EccL 7. — (j) Ibid, 6,^(3) Prov* xxw a3 — (9) EccL xxn. ISO POUTIQTÈ xv ir l’Rorosmoïï* Le prince doit prévoir. Ce n'est pas assez aiV prince de voir* il faut qu'il prévoie, « L’habile homme a yu le mal qui le mena- *) çoit, et s’est mis à couvert : le malhabile a passé »

outre , et a. fait ij ne grande perte {]). » K Jouissez des biens dans lés temps heureux; mais ” donnez-vous garde du temps fâcheux : car le Seln gneur a fait l’an et l’aiitre (2), » îl ne tant point avoir une prévoyance pleine de souci et d’mquiéiùde, qui vous trouble dans la bonne forluba ; mais il faut avoir une prévoyance pleine de précaution , qui. empêche que la mauvaise fortune ne nous prenne au dépourvu. f Dans l'abondance souvenez-vous de la famine ï> pensez é î a p a u v re té e t a u b es 01 n p a rm îles riches» es : » le temps change du matin au soir (5). » Kous avons vu David , pour avoir prévu l'avenir , ruiner le parti d’Àbsalon , et éloulïer la rébellion de Scbà dans sa naissance (4)* ïfoboam, Àmasias , et les autres dont nous avons tu les égaremens, n'ont rien prévu , et sont tombés. Les exemples de lun et de l’autre événement sont in¬ nombrables* Il n’y a guère d’homme qui ne soit touché d'un grand mal présent, et ne fasse des efforts pour s'en1 tirer : ainsi toute la sagesse est à prévoir* L'homme prévoyant prend garde aux petites- choses, parce qu’il voit que de celles- J& dépendent les grandes, « Qui méprise les petites choses, tombera peu à » peu (5), » Dans la plupart des affairés, «e n?est pas tant la chose que la- conséquence qui est à craindre : qui ne n tend pas cela , n’entend rien* La santé dépend plus des, précautions que des re- (1) Prou, sx ii* 3. *-*■ (s) Éceîes. vil* i5, — (3) EccL xviil* 25 , sG* -h (4) II. Ileg> sv, ss, — (5) EccL six. 1* Tlftliü DE L iXïll.TUAE. UV, Y, l >\ modes- «■ Apprenez avant de parler ; prenez le re- » rnede avant la maladie (1)* « Que les particuliers aient des vues courtes, cela peut être supportable. Le prifree doit knijoars JMffuiîr der au loïu 5 et ne se pas renfermer dans son sièclea La vie de Hiornine a des jours comptés } ruais les a jours d’Israël son innombrables (o.). * O prînceï regardez donc la postérité* Vous mour¬ rez; mais votre Etat doit être immortel. XVIIIe proposition. j Le- fvincù doit être capabto d- instruire : scs ministres* CVst-à-dire que la raison doit être dans la tcle.

Le prince habile lait les ministres habiles, et les forme sur ses maximes. C’est ce que voulait dire l'Ecclésiastique : y Le sage * jugé* c’est-à-dire le sage prince instruira son » peuple ! et le gouvernement de iliommc sensé sera » durable (o). » Et encore : « L’homme sage instruit » son peuple ? et les fruits do la sagesse ne sont pas b trompeurs (j). » L’exemple de J os aphât* également sage > vaillant et pieux, nous Apprendra ce qu’il faut faire. Dans la troisième année de son règne, il envoya cinq des seigneurs de la cour. « pour instruire le ü peuple dans les villes.de Juda, et avec eux huit » lévites et doux prêtres* 1b enseignaient le peuple » de Juda, ayant en main le livre do la loi du Scï- » gneur ; et ils parcouroîent tontes les villes de Juda s » et ils instnusoîent le peuple (5). » Remarquez toujours que la loi du Seigneur étoit la lot du royaume, dont le peuple doit être instruit ; et le roi prend soin de Fcn faire instruire. Comme cette loi cou ton oit ensemble les choses religieuses et politiques, aussi, pour enseigner le ppUple, il envoya des prêtres avec des seigneurs. Mais voyons la suite. (i) JEccL xvi ii. 19, 20. — (3) Ibid * xxx vu. 28, — (3) Ibid. u a(îi — (5) " x* — (4 J.^ïh 11% Par. * y H. 7, b1., 9, 1 02 foxïtiqtîe « Il é [ali lit des juges par toutes les villes fortes de Jud a ,Ieui‘ disant : Prenez garde à ce que vous avez a faire ; car ce n’est pas le jugement des hommes que vous exercez , mais le jugement du Seigneur ; et tout ce que vous jugerez retombera sur vous, y ue lu crainte du Seigneur soit donc avec vous : et laites tout avec soin ; car il n’y a point d’iniquité 'lus e Seigneur votre Dieu , ni d’acception de personnes* m de désir devoir des présens fij. » Outre ces tribunaux érigés dans les villes de Juda , . mSea- mi tribunal plus auguste dans la capitale du royaume* « lî établit dans Jérusalem des lévites et j) des prêtres j et les chefs de famille, pour juger le J> lugp.mem du Seigneur, et terminer toutes les cause* » «“ nni1^ El ü leur dit : Vous ferez ainsi, et amsi , dans la crainte du Seigneur, avec fidélité, et cl un cœur parfait.

Dans toute cause de vos frères qui viendra à vous, où il sera question de la loi des commande in en s , des ordonnances et de la justice, appre nez-leur a ne point offenser Dieu, de peur que la colère de Dieu ne vienne sur "vous et sur eux : en faisant ainsi, vous ne pécherez pas (a). » r Un prince habile donne ordre que le peuple soit Lien instruit des lois ; et lui-même il instruit ses mi¬ nistres , aUn qu’ils agissent selon la règle. ARTICLE IL Moyens à un prince d'acquérir les connaissances nécessaires . r* raorosiTioK. Premier moyen : Aimer îa vérité , et déclarer qu’on îa veut 'savoir • ÏÏous avons montré au prince, par la parole de (i) //♦ Fût, six, 5,6, j — (a) Ibtd, 3, 9, 10* TJHÉE DE L'ÈCaiTUftE. LIV. V- 1 55 Bien , combien il doit être instruit* et de combien de choses : donnons-lui les moyens d’acquérir les connoissances nécessaires , en suivant toujours cette di viue parole comme notre guide. Le premier moyen qu'a le prince pour connoître la vérité, est de l'aimer ardemment, et de témoigner qu'il l’aime : ainsi elle lui viendra de tons cotés , parce qu'on croira lui faire plaisir de la lui dire. * Les oiseaux de même espèce s'assemblent, et la » vérité retourne à celui qui la recherche (i). » Les véritables cherchent les véritables : la vérité vient ai¬ sément à un esprit disposé à la recevoir par l'amour qu’il a pour elle. Au contraire, toute leur cour sera remplie d'er¬ reur et de flatterie, s'ils sont de l'humeur de ceux « qui disent aux royans ; Ke voyez pas; et à ceux » qui regardent : Ne regardez pas pour nous ce qui n est droit ; difes-nous des choses agréables , voyez )> pour nous des illusions (a). » Peu disent cela de bouche ; beaucoup le disent de cœur. Le monde est rempli de ces insensés dont parte le sage : u L’insensé n’écoute pas les discours pru- » dens ; ni ne prête l’oreille , si vous ne lui parlez » selon scs pensées (5). » 11 né suffit pas au prince de dire en général qu’il - veut savoir la vérité, et de demander, comme fit Pi¬ late à noire Seigneur (4) : « Qu’est-ce que la vérité »

? puis s’en aller tout à coup sans attendre la réponse. Il faut et le dire , et le faire de bonne foi. Les uns s'informent de la vérité par manière d’ac¬ quit, et en passant seulement , comme il semble que Pilate fit en ce lieu. Les autres, sans se soucier de la savoir, s’en informent par ostentation, et pour se faire honneur de cette redierebe. Tel étoit Àchab , roi d'Israël , dans lequel nous voyons tous les carac¬ tères de ce dernier genre d’hommes. Au fond il n'aimoit que la flatterie, et eraïgnoit la (O Eccf'XX.v it. t o. — (a) Is&i xsx, >o. ~ (3) (4)nAwi. xv ut* 3§. 1'*) V POttTlQVE Tcrilfi. C’est pourquoi « il hafesoit Micbée, par cefte seule raison , qu’il ne lui prophêtisoit qlle Jes mal- » heurs (i).» Repris de celle aversion injuste par Josaphat. roi de «itïdft ? il n ose lui- refuser d’écouler ce prophète vé- I rï table : mais en renvoyant quérir par un courtisant ilaüeur* il lui fit dire sous main, comme nous avons déjà vu ; « Ions Jes prophètes annoncent unanime- « ment au roi des succès heureux .* ten e/Avi un même » langage (a), & Cependant quand il paraît devant Josaphat et i devant le moufle, il fait semblant de vouloir- savoir-; la vérité, « Miellée * dit À chah * entreprendrons*-! * nous- celte guerre ? Je vou* demande, encore une » fois j au nom do Dieu* de no me dire que la yé>: » rite £5) », Maïs aussitôt quoie saint prophète commence à la lui expliquer 5 il s’en fâche; et Aiariïn de somdiscours H le fait mettre en prison. «Ne voos.avob^jo pas .bïem - î>; ne vous prophétise roi t que des mal- r » heurs (4) ? j> C’est ainsi qu’il t parla â Josaphat, aussitôt presque, que Mâchée eut ouvert læbôuche. Et quand il culioufe dit, « le roi d’Israël donna cet ordre ; Enlevea-moi* * Miehce* et menezdc au gouverneur de la ville* et » ù Joas fils d’Àméieeh * et dite s de or : Le roi coin*^ s mande qu’on mette cet homme en prison* et qu’on; J » le nourrisse au pain et a Peau en petite quantité* » jusqu’à ce que je revienne en pais [5). » Voilà à quoi aboutit ce beau semblant que fit Âchab de vouloir savoir la vérité.

Aussi Micbée, le jugeant» indigne de la savoir* lui répondit d’abord d’un ton ironique : «Allez* tout vous réussira (0)* ® Enfin* pressé au nom do Dieu de dire la vérité,, le prophète exposa devant tout le monde celte ter-. {]) ///. lîeg; xxti 8. — //. Pur xyru, y, — ///. Aegl mut* >3. //♦ Par. xvin« is. — (3) /lî. JÎcg. xxiil i5, i£. //. Pur. xviik 14, i5. “(4) HL /irg. xxii. 18, IL Pur. xv in. 17, — (5) J IL lieg. xxî 1 . 38 , 37. IL Par, x: y tir J it5. aô. — (8} IIL Meg. xïjj. i5. IL Pur, xwi, 1 j. h* pnorosmom Second moyen : Etre attentif et vous lettre. T1R&E DE LKCftlTUflE. LÏV. V, 2 55 rible vision (i) : « J'ai vu le Seigneur assis dans sou » trône; et toute l'année du ciel a droite et à guu- » elle ; et le Seigneur dit : Qui trompera Auhab, roi » d'Israël , afin qu'il assiège lia niolh -G alaad 9 et q u ’ il y » périsse? L'un disoit d'une façon, et l'autre d'une » autre. Un esprit s'avança au milieu de l'assemblée , » et dît au Seigneur : Je le tromperai- Eu quoi le » trompera&-tu , dit le Seigneur ? Et il répondit : .le » serai esprit menteur dans la bouche de tous les pro- » phètqs. Le Seigneur lui diL r Tu le tromperas, et tu ii prévaudras ; va, et fais comme tu dis. Maintenant j> donc , poursuivit Hiuhée 9. le Seigneur a mis lfesprU ». de mensonge dans la bouche de tous vos prophète^ i> et il a résolu votre perte- » Qui ne tremblera en voyant de si terribles jtigprnens ? Mais qui n'en admirera la justice ! Dieu punit par la flatterie les rois qui aiment la flatterie; et livre a l'esprit de mensonge les rois qui cherchent Je men¬ songe et de fa u s ses co m plais; m CM* Àcbab fut luq ; et Dieu lit. voit: que , qui cherche a être trompé trouve la tromperie pour sa perteu Vous êtes juste , ô Seigneur ! et tous vos juge-, n mens sont droits (2). » On a beau avoir la vente devant les yeux ; qui no les ouvre pas , ne la voit pas. Ouvrir les yeux , à Lame ç est être attentif. « Les yeux du sage sont en sa tête ; le fb » dans les ténèbres (5J- >* Ou demande a l'imprudent et au téméraire 1 Insensé , à: quoi pensiez-vous ?

où aviez-vous lus )*eux ? Vous ne les aviez pas Ma- tête* ni devant vous ; vous ne voyiez pas devant vos pieds . cTest- 2^ dire , vous ae pensiez à lien; vous idayicz au¬ cune attention. ?OtITIQtC C’est comme si on n’avoit point d’yeux, ni d’oreilles; * Ce peuple ne voit pas de ses yeux, et n’écoute pas » des oreilles (i). » Ou, comme traduit saint Paul . al * « Vous écouterez , et n’enleudrez pas ; vous verrez, et » ne concevrez pas ». C’est pourquoi le sage nous dit «qu'il y a un œil ” ?ll‘ v.nit’ el une oreille qui écoute : et c’est , dit-il , )> Je Seigneur qui fait l’un et l’autre (5). ,, Ce don de Dieu n’est pas fait pour ceux qui dor¬ ment , et qui ne pensent à rien, 11 Tant s’exciter sormemo et considérer. « Que vos yeux considèrent ce » qui est droit, que vos paupières précèdent vos pas. » Dressez-vous vous-même un chemin, el vos dé- » marches seront fermes (4). » Regardez avant que de marcher : soyez attentif à ce que vous faites. Il ne faut jamais rien précipiter. « Où il n’y a point ü d intelligence* iï n’y a point de bien : qui se pré- » cipite ch o pp er a ; la Mie des hommes les lait tomber, i> et puis ils s’en prennent ft-Dieu dans leur cœur ( 5). » Soye? donc attentif et considéré en toutes choses. * Devant que de juger, ayez la justice devant les a yeux i apprenez ayant que de parler : prenez la * médecine devant la maladie : examinez-vous vous- * friême, avant que de prononcer un jugement * et » Dieu vous sera propice (6). » L attention en lout5 e’est ce qui nous sauve* « Le * conseil el Patient ion vous garderont, Ja prudence » tous Rivera des mauvaises voies : vous serez dé- « livré de l’homme qui parle malicieusement, qui » Lusse le droit chemin * et marche par des voies té- i> nebreuses (^)* » Au milieu des déguisemens et des artifices qui ré¬ gnent parmi les hommes, îl n’y a que l’attention et la Vigilance qui nous puissent sauver des surprises. Qui considère les hommes attentivement , y est ra¬ rement trompé. Jacob connut au visage de Laban \l)/sf1' TLe°' **VIT*’ a6, ~ (3} Prou, xs, i2, (H J lùid iY JO.

— (5) xix. 2, 3. — (<3J Mçcl xyui. JC), *>- — .WJiW.ii, H, in, i3, w TIREE üB L EGfilTTCttE» LI\. V j U1} mie les dispositions de son cœur étoînnt changées. U vit que le visage de Laban étoit autre qui 1 accou¬ tumée (i). Et sur cela il prit la résolution de sc re111 Car. comme dit l’Ecclésiastique, selon les Sep¬ tante : « On commît les desseins de vengeance dans le > changement du visage (2). » Et encore : «Le cœur » de l’homme change son visage, soit pour le bien, » soit pour le mal (5). » Mais cela n’est pas aisé à découvrir, il y faut une grande application. ■> On trouve difficilement et avec » travail les vestiges d’un cœur bien dispose, et un » bon visage (4). » . .... Que le prince considère donc attentivement toutes choses ; mais surtout qu’il considère attentivement les hommes. La nature a imprimé sur le dehors une image du dedans. « L’homme se eonnoît à la vue ; on » remarque un homme sensé à la rencontre : I habit f » le ris, la démarche découvrent l’homme (5). » ^ Il ne faut pourtant pas en croire les premières impressions. Il y a des apparences trompeuses : il y a de profondes dissimulations. Le plus sûr est d ob¬ server tout, mais de n’en croire que les œuvres. « Vous les connoîtrei par leurs fruits (G) » , c est adirfc par leurs œuvres j dit la Vérité meme. Et au¬ teurs : L’arbre se eonnoît par son fruit {?)« » Encore faut-il prendre garde à ce que dit l'Eccle¬ siastique. « II y en a qui manquent , mais ce n est « pas de dessein. Qui ne pèche point dans ses pa- » rôles (B) ?» Comme s’il dboit : Ne prenez pas garde à quelque parole et à quelque faute qui échappe. C’est en regardant la suite des paroles et des actions 5 que yqus porterez un jugement droit. Il n’y a rien de moins attentif, ni de moins consi¬ déré que les enfant Le sage nous veut tirer de cet fi) Gcn . xxxi. 2, 5. — (a) JBccL xvm. ^4- “ (3) Ihiâ' mi. 3i* — (4) tbàt- te. ~ (*) ihi*l XIX'/H? r 7\7 (5) Maith , Yir. 20, — (7) Ibid, xn. 33, — (&j EccL xifc. 1 roLmprE ctai j et nous rendre plus sérieux, quand ii nous dit • l’“" * 4*Æ Sup”“ “S'-'ii, r™o' if™ commo -asioupi dans une profonde léthargie* Je mu- %&!%*>* “■ '«■ f ««-dUi «.%%?£ S «ÿteltÈe‘>“'S“ 1 ~ ”““ta > «« ••Simtfcï»»4* Voyez comme l’un est posé : i 'autre , pendant qu'on Im parle, jette deçà, et delà ses regards inconsidéré* ■ son esprit est Inin devons; il ne vous écoute pas il ne s écoute pas.

lui-même ; il n'a rien de suivi - et s’es <*£ ,Çg^S fpnt roir 0ûmbica ses pensées sont m-wSfc‘*5 U" c.araclil'e> qo» n’ost pas moins i«auv<us, ni lapins vivement représenté. « C’est ^'S:Üv!,“!l'iQî”,?f endormi , que de discourir ». avec I, insensé , qut, à lpiin du discours , demande : » De quoi parle- t-on (3) ? » OuMI^» Süinmeil .est. ij^<î»ent parmi les hommes 1 ,v . V crj '‘ peu qui soient atteiitils, et aussi qu’il y a tout jfiîPi c es-1 p;>m’{llloi ^s.us-Ciirist , .trouvant JV u RûBperjiiïgaifl. -assoupi-j le réveille par celte paro?c V' 11 si souvent’: « Veillez, 80}cr attenté , pensez, à vous-mêmes (4). » J » “ ^ ôy.cz, voiliez, pi iez. Voiliez, encore une foi1*, », Ct ce que je vous dis , je le dis à tous, veillez » Vous ne savez pas a quelle heure viendra le vo- ». Jetjrfo). » Æ 'ili Veiüe llns est toujours .surpris. Quelle crrcui au prince , qui veut autour de lui des sentinelles ,x- G — (2) Ibid- xvii. 2ij. — (3) piCCi xx -.-(ii) Mituh. xkiv. ia, 43. uv ,3 n, i u9‘ ™ "■ J* *»• 3 J- “ h M«rc. .mi, 53, 'Mf?: ’ 4 HUÉE DE l’ÉCMTCRE. E1V. V. 1-^9mn veillent, cl qui laisse- dormir en lui-même son attention, sans laquelle il n’y a nulle garde qui soit SU1Le prince est lui-même une sentinelle établie pour tarder son Etat : U doit veiller plus que tous les autres. Peuple malheureux 1 tes sentinelles ( tes princes , tes magistrats, tes pontifes-, en un mot, tous, tes pasteurs* qui doivent veiller i ta conduite ), » tes ». sentinelles dis-je , sunt lous aveugle* ; ils sont tous, » ignorans ; chiens muets , qui ne savent poini japper : voient que des choses -vaines : ■ ïls dprracnt, »- ils aiment les* songea * ce sont des - chiens- ïro pu ti ens • », et insatiables. Us pasteurs munm n’entendenb jj rien : chacun songe à son intérêt : cbacuij suit Son: ^ avarice ? depuisle premier jusqu’au. dernier, Tenez, n disent-ils., Inno 4 s ? enivrons-nous ; il sent dé¬ jà main comme? aujourd’hui', et cela diqrero long^ >î temp;(a). « . ~ i Toilù le langage de eaux qui croient que les aiïaue$; se font toutes seules et que ce qui a duré durera d& lui-même sans qu’on y pense.

Tient cependant tout à, coup le moment fatal. « M*^b, fnécEX, Pn^Ms, %. Dieu a compté les joues de ion règne,. et le nombre » en est complet. Tu as été ni Mans la balance , et trj: & as été trouvé loger- Ton royaume a été divise, et ik w a été donné aux Modes et aux Perses. Itt la meuiu. »: nuit Ballhazar^wïv des Chftldéens, lut tué;, et Darius ». ic Mède eut son royaume (-.a).. » ïlP PROPOSITION T ro iém ô moyen : Prend ve cotise H i et donnertoute liberté à scs conseillers* tf Ne soyez, point sage en vous-même (3). » Ne croyez pas que vos yeux vous suffisent pour tout von, Z La voie Wfimentô est droite à ses yeux, » U croit toujours avoir raison. « Le sage écoute con- » ^èelf (44J- » (1) TsûL i.Yï. m, h, m. — (a) Dmü v. tôytô, rtc. — (iyPeùr. m, ’ÿ — ($) lùid. xi J- i5f POLITIQUE Scil^FnVn qui n’écome pas con- : %,ntr' ,„e„Z r ,s” “"î dan' » w«> « ■« p™»»»ptueus qui ne trouve bon que ce qu’il pense, est déjà î p«lK Pai'°iC1 d“ , r*~* " yomM ,ui farfa »>»» Qu’H est beau d’entendre parler ainsi Salomon le plus sage roi qui fut jamais! Qu’il se montre vraiSKÿP en rC£ünaoissant que sa sagesse ne lui tr„tUS&\ v1°Jr°nS'nous (Iu’en demandant à Dieu la saf ô môLdnin!,nrdeiUn cœurdoci,e- * Donnes, dit-il, / un “°“®leL,,*tà yolre serviteur un cœur docile» ( un cœur capable de conseil, point superbe, point » voire ne011? “af*n qu’il puisse gouverner est inelfi rP e * Çui est incaPal),e de conseil , est incapable de gouvernement* seSîÿ CtC"r d?ciJe’ c’est n’«tre point entêté de “2®é® ; c est «t™ capable d’entrer dans celle des autres ; selon cette parole de l’Ecclésiastique : «Soyez * «vieillards prudens, et unissez-vous de tout eneui* a Jcur sagesse (îj) . » nrudent^^'1 Nouâavons vu combien il 4tôlt P‘ del t ; nou.s lu T0ynns aussi écoutant toujours, et Sienne “ i ^ ** ^ > P°int ^ * 2 5? V e™ute avcc patience celte femme sage de , T1 c de i b e eue, qui osa bien lui venir parler des plus grandes affaires de son Etat , et de sa famille. «Qu il me soit permis, dit-elle (5), de parler au roi »

mon seigneur. Et il lui dit : Parlez. Elle poursuivit l îu'tv"üô C,0f ™0n sel>eur offense-t-il le peuple de Dieu ? et pourquoi fait-il cette faute de ne you- » loir pas rappeler Absalon qu’il a chassé ?» David fO Prov. XVÏI, I n. — fa)Thid xvm 5 — r U1- 9 - (4) **L y., 35. J (5) K3J *;v. îlll1; nesTÏRÈE ï>E l’ÉCMWll'E- ITV\ Vl'écouta paisiblement, et trouva quelle a voit raison. Quand Âbsàlon , abusant de la bonté de David , eut péri dans sa rébellion, ce bon père s’abandonnoU à fa douleur. Joab lui vint représente* de quelle consé¬ quence il lui étoit de ne point témoigner tant il aimetion de ïa mort de ce rebelle. «Vous avez, dit- 1 (ij, b couvert de confusion les visages de vos fiddes ser- » viteurs qui ont exposé leur vie pour votre salut , et « de toute votre famille : vous aimez ceux qui vous » haïssent, et vous baissez ceux qui vous aiment ; i> vous nous faîtes bien paroître que vous ne tous » souciez pas de vos capitaines , ni de vus serviteurs , » et Je vois bien que si Absalon vivoit, et que nous » fussions tous perdus, vous en auriez de la joie. b Lève z- vous donc, paroissez, et contentez vos serb viteurs par des paroles honnêtes * sinon, je 'eus » jure, en vérité, qu'il ne demeurera pas un seul j? homme auprès de vous ; et le mal qui vous armera » sera le plus grand de tous ceux que vous ayez ja- * maïs éprouvés depuis votre première jeunesse jusj> qu'à présent» » _ David, tout occupé qu’il étoït de sa douleur, entre dans la pensée d’un homme qui, en apparence, le trailoit mal, mais qui en effet le conseilloit bien * et en le croyant il sauva l’Etat. C’est donc en prenant conseil, et en donnant toute liberté a ses conseillers, qu’on découvre la vérité, et qu'on acquiert la véritable sagesse* « Moi Sagesse, » j'ai ma demeure dans le conseil , et je me trouve » au milieu des délibérations sensées (^}. * Èt en¬ core ! a La guerre se fait par adresse, et le salut est )î dans la multitude des conseils (5)t » C’est là que se trouvent avec abondance les expé¬ dions* «La science du sage est une inondation, et son »

conseil est une source Inépuisable (4)- w C’est pourquoi « 3c commencement do tout ou- » vrage est la parole , et le conseil doit marcher avant » toutes les actions (5). » (0 //. Reg. XIX. 5, etc. — (2) vin. 12. — (3) Ibid, 3LS4Y. 6, ” xxi, id. — (â) Ibid, xxxvik ac* poimqrn „ de eonscil îcs BfMes se dis. : : Ci $\y 3 Plusieurs conseillers elles se con- « Mon (ils, ne faites rien sans conseil, et vous ne » vous repentirez point de vos entreprises fa). ,, mr wl tiUe CS V!1036* ordinairement réussissent : Pl es lions conseils, on n cette consolation , qu’uu ne s impute rien quand on les a pris. 1 C cst une chose admirable de voir ce que devienTAÏZrT -!TS bons conseils, Inn i 011 a. opposer que sa famille et un petit tbirîm,1' 11 P.llissauce redoutable d’Àn? t loch u. , ioi de Syrie , qui opprimoit la Judée. Mais parce qn il réglé d’abord !çs aûàires et les conseils , il pose les fond cm en s do la délivrance du peuple (3), « bimpQ votre (rare est homme de conseil ? écoute, -le i l cnerr!'f ’rf * 'T* ^ JutlnS’ >"»>'“)« de i » guerre, commandera les troupes, et fera In ffl)erre » sont TlrP k' rV<îU® aH ire re/, avec vous ceux qui : sont suit* pour la loi de Dieu. Combattez , et dé, » fendez votre peuple. „ Un bon dessein, un bon I capitaine pour exécuter, est un moyen assoie d attirer.de monde dans le parti. Voilé un ami- ! grandiose? **’ * F'U Cü“lncncemellt' d’une ly* PEOFOSITÏOTÏ. Quatrième moyen ; Choisir son conseil. « Ne découvrez pas votre cœur a tout le monde fj), « Et encore : « Que plusieurs personnes soient h L » m-uC VA*\S ’ lnai ciiols!SSeil pour conseillurun entre " nui te [aj, w - ^ e.st PI,ul'tI»oi les conseils doivent être réduits i font fnMpS8, Les 1,oîs de Fme «Voient que al„n 'Cl e’îS|’ °'U ®ePt Principaux ministres. Noui ! p.vpns vu« qu tls etoient toujours auprès du roi, et ! » qu il ftmoit tout par leur conseil (6), » „ % *at ?nr2T(3) EccL ™"- -(3) /. mU if/ b-~^ Âccl- ym> aa, -(s ) ma. n. e.— (tîj £«h*r. ii lire be L-écRrtrM. liv, y. iG3 » David en ayoit encore moins.

« Jonalbam * oncle s> de David.* homme sage et savant* étoit son oon** » seiüer* Lui, et JaMel, iih de llachunumi, étoiont vi avec les eu fa us du roi* AehitophcJ et oit aussi con- ^ seiller dp roi, et Clrnsaï étoit son principal arm. 3> Après ÀdiHophclj Joïadas , fils de ïlanâms* et> Àbiathar lurent appelés aux conseils. JbaU avolt le a oo m niai) de me nt des années (i) « * et c’èloiL avec* lui que David trai toit des adaires de la guerre. H faut donc plusieurs conseillers* car ils s^cclaireot l'un Tautrc, et un seul ne peut pas tout voir mais il sc tant réduire à un petit nombre. Premièrement , parce que l’âme des conseils est le secret. «1 Nabuchodonosor assembla les sénateurs » et les capitaines* et tint avec eus le secret de son » conseil (*^). « C'est un ange qui dit h Tobic(5) : II est bon d& » cacher le secret du roi ; mais ii est bon de découvrir les œ livres de Dieu, fi Le conseil des rois est un mystère ; leur secret* qui regarde lé salut de tout l’EUt , a quelque chose de religieux; et de sacré* aussi bien que leur personne et leur 'ministère. C’est pourquoi ^interprète latin a traduit secret par le mot de mystère et de sacrement * pour nous montrer combien le secret des conseils du prince doit Être religieusement gardé. Au reste:, quand Fange dit qu’il est bon de cacher le secret du roi, mais qu’il est bon de découvrir les œuvres de Dieu * c’est que lès conseils des rois peuvent être détournés étant découverts- : nials hc puissance de Dieu ne trouve point d1 obstacle à scs de ; seins; et Dieu ne les cache, point par crainte tm< par précaution, mais parce que les hommes ne sont pas dignes de les avoir* nî capables de les porter. Que le conseil du prince soit donc secret ; et pour qela qu’il, suit entre très-peu de personnes. Car tes* paroles échappent aisément* et passent trop rapi^ (i) /. Par, xxvJt. 3a* 33* 34- — (a) Judith, u- a* — (3) Tob . ?tn. ?- . POLITIQUE detnent d'une bouche à l’autre. «Ne tenez peint « conseil avec le fou , qui ne saura pas cacher votre »

secret (1). » r autre rf'SOn ûl,ii»e Ic Pnnce “ réduire son conseil a peu de personnes : c’est que le nombre do ceux qui sont capables d’une telle charge est rare. laUt pre“, I'e,ment ,ine sagesse profonde, chose rare parmi les hommes Mine sagesse qui né- netre les secrets desseins, et qui déterre, pour ainsi due, te qu i! y a de plus caché. « Les desseins qu’un » homme forme dans son cœur sont un abîme pro- » tonu ; un homme sage les épuisera (a), » . Cet h.ûlTime sage ne se trouve pas aisément. Mais je ne sais s il n est pas encore plus rare, et plus diffi¬ cile de trouver des hommes fidèles. « Heureux qui a trouve un véritable ami (5). „ Et encore : « Un ami * fidoic est une defense invincible, qui l’a trouvé a » trouve un trésor : rien ne lui peut être comparé ; » lité (4) „<!1'S<:nt 116 S0Ut nei1 ;|U Pris dü sa hdcanJ? ^hficulté est de connoître ces vrais et ces sages “ * ; 11 y a des hommes rusés qui conseillent les aulies, et ne peuvent pas se servir eux-mêmes (5). » 1 y a des raiïîncurs qui se rendent odieux à tout « nt-m0nde 11 y en a (f“i sont sages pour eux- » danTbf’ f Jes, de Jeur sagesse sont fidéics sont salitaîres^ 6 W ’ cWi-dirft IeUrS C0,lseils Pour les faux amis, ils sont innombrables* «Tout ! * ami it . e suis bon aniî; mais il y a des amis qui ! f'f dc liom’ ^^st-ce pas de quoi i jusqu a la mort, quand on Yûit qu’un ami » devient ennemi PO malheureuse pensée ! pourquoi » viens-tu couvrir tonte la terre dc tromperie P li y. » a deS amis de plaisir qui nous quittent dans l’af- " üiction. Il y a des amis de table et de bonne chère ; vin. ao.( sec. i.xx. — (V) — prov xx 5 _ (3) Jicd. xxv. 13. — (4 ) Ibid, vi 1 i r 5 (toiaâ ««««■ »‘--w a**. ■& - (7) Jlkk â: (5) tîkee DE l’ÉcnmTRE. liv» y- if>5 b ce sont des lâches qui abandonneront leur bouclier b dans le combat (1). » Et encore» « Il y a des omis » qui cherchent leur temps et leurs interets; il vous » quitteront dans la mauvaise fortunél Il y a des amis » qui découvriront les paroles d’emportement qui »

vous seront échappées dans votre colère» Il y a des » omis de table? que vous ne trouverez pas dans le » besoin. Dans la prospérité un tel ami sera comme b un autre vous-même? et il agira hardiment dans » votre maison» Si vous tombez ? il se mettra contre » vous ? et se retirera (2)» a Parmi tant de faux sages et de faux amis? il faut faire un choix prudent? et ne se lier qu’à peu de per¬ sonnes. Il n’y a point de plus sûr lien d'amitié ? que la crainte de Dieu, Celui qui craint Dieu sera ami » fidèle ; et son ami lui sera comme lui-meme (5)?, * Bl de là vient Je sage conseil (d) : « Ayez toujours a avec vous un homme saint que vous connaîtrez » craignant Dieu ? dont Famé s'accorde avec la votre? » et qui compatisse à yos secrets défauts» b Prenez garde ? dans tous ces préceptes ? que ïe sage vous marque toujours un choix exquis; et qu'il- faut se renfermer clans le petit nombre. Mais il faut surtout consulter Dieu. Qui a Dieu pour ami , Dieu lui donnera des amis, « Dn ami fidèle j» est un remède pour nous assurer la vie et Fimmortaa Jïté, Ceux qui craignent Dieu le trouveront (5), * Ve PROPOSITION, Cinquième moyen ; Emuler et s’informer* Autres sont les personnes qu'il faut consulter ordîna ire me ut dans ses affaires? autres celles qu’il faut écouter, De prince doit tenir conseil avec très-peu de per¬ sonnes. Mais il ne doit pas renfermer dans ce petit (1) Eccl. xxïvn, i3 a, 3, 4. 5* — (2) Ibid, vi. 8, p, ios tt, ta —(3) Ibid, 17, — (4) Ibid , xxxym j5? 16*^3 (5) Ibidi yi, ip. lG6 YÔLiriQTË nombre' tous ceux qu’il écoute : autrement, s’il'arilvolt qu’il y eCii justes plaintes contre scs conseil ters;, ou des choses qu’ils ne sussent pas, otrqu*lb réso^ ; lussent de lui taire , il n’en srtnroh jamais rien. Nous ayons vu David écouter sur des affaires in> portantes jusqu’à une femme, et suivre ses conseils 1 1 tant il aimoit la raison et 'la vérité, de quelque coté qu’elle lui vînt. 11 toi que le prince écoute, et s informe de toutes paris, s’il la veut savoir, Ce sont deux choses ; Î1 fat A qu il écoute, et remarque ce qui vient à lui; et qu’il s informe avec soin de tout ce qui n’y vient pas assea [ cl a î rem en i, « Si Vous prêter l’ oreille, 'y ou s serez îns^ »

trait j si vous aimez à écouter, vous serez sage (il, » À p ré s t an t cl ’i n s tr u cl ions li réc s des a u f e tirs sa c rés , ne refusons pas d’écouter un prince infidèle , mais ha- f hile et^ grand politique, CVsi Dioclétien qiii disoit : '« Il n y a rien de plus difficile que de Lien gouVer« » ner : quatre ou cinq hommes sVmbsent , et sfe ! » concertent pour tromper l’empere ur. Lui, qui est | » enfermé dans Ses cabinets, ne sait pas la vérité. Il & ne peut savoir que ce que lui disent ces quatre ou Jï cinq hommes qui rapprochent, Ï1 met dans les » charges des hommes incapables, II en éloigne les & gens de mérite. C’est ainsi , disoit ce prince , qu’un '* bon empereur, un empereur vigilant , et qui prend > gardrà iuiyést vendu. Bonus , ecmtus ,optimU s t » venMitur imperator (2), » Oui sans doute, quand il n’écpule que peu de per¬ sonnes, et ne daigne pas s’informer de ce qui se passe, TI* PROPOSITION* ■^Sixième moyen : Prendre garde à qui on croît} et punir (es faux rapports. Dans cette facilité de recevoir des avis de plusieurs endroits, il faut craindre, premièrement, que le .prince ne se rabaisse êu écoutant des personnes in- (r) EccL vj. 34, (3) Flavius Pop, Jurai* ntit de l’egrituri. liy, v. ifi? dignes, Cette femme, que David écouta 31 tranquil¬ lement (î)5 étoït une femme sage, et connue pour telle* L ‘Ecclésiastique , qui recommande tant d’éoouter 5 veut que ceux qu’on écoute soient des vieillards honorables, et des hommes sensés. « Soyez avec les » sages vieillards, et unissez votre coeur à leurs sages » p en s écs . S î v 0 u s y oyez unhommes en s é f ré q u e ri Le z n souvent sa maison, ou l'appelez dans la vôtre (2). » Secondement, il faut craindre que le prince qui écoute trop ne se charge de faux avis, et ne se laisse surprendre aux mauvais rapportsu Qui croît aisément, a le cœur léger, cl se dé- » grade lui- même (5). » Ne croyez donc pas à toute parole (4). « Pesez tout » dans une juste balance. » « Comptez et pesez » , dit l’Ecclésiastique (5).

11 faut entendre, et non pas croire; c’est-à-dire., ÿescr les raisons, et non pas croire le premier venu sur sa parole. « Le simple croit tout ce qu3on lui dit; » le sage entend ses voies (6), » Salomon, qui parle ainsi, avoi! profité de ce sage avis du roi son père (7) : « Prenez garde que vous » .entendiez tout ce que vous faites, et de quel coté >> vous aurez à vous tourner. » Comme s'il disoit : Tournez-Vous de plus d’un côté ; car la vérité veut être cherchée en plusieurs endroits : les affaires hu* riiaincs veulent être aussi tentées par divers moyens.; maïs, de quelque côté quq vous vous tourniez, tour¬ nez-vous avec connoissaiice, et ne croyez pas sans raison. Surtout, prenez garde aux faux rapports, « Le » prince qui prend plaisir à écouter les mensonges, » n’a que des médians pour ses ministres {S)r» On jugera de vous par les personnes à qui vous croyez, « Le méchant écoule la méchante langue; le n trompeur écoute les lèvres trompeuses (9). >> (1) //. lîeg. Ïiv. 3, — ('d EccL vt. 35, 33. — (3) Ibid . xix. 4’ — (4 ) Ibid. 16- — (5) Ibid. TS.L1I 7. — (fi) Prov, xiv. 1 5, - (7) ///. Iteg. u, 3, - (fi) Ib'ùv. AVi x, ia. — (9) Ibid. VVii/j, l68 POLITIQUE' « Plutôt un voleur, -dit le sage (i) ? que la conver- » sation du menteur, b Le menteur vovis dérobe par ses artifices le plus grand de tous les trésors, qui est la connaissance de la vérité ; sans quoi tous no sau* riez faire justice, ni aucun bon choix, ni, en un mot, aucun bien* Prenez garde que le menteur, qui a aiguisé sa langue, et préparé son discours pour couper la gorge à quelqu’un , ne manque pas de couvrir scs mauvais desseins sous une apparence de zèle. Miplnboseib, fils de Jonathas, zélé pour David, est trahi par Siba, son serviteur, qui, voulant le perdre pour avoir ses; biens, vient au-devant de David avec des rafraîchis- 1 semens pendant qu’il fayoit devant Absalon (a). « Oü » est le fils de voLrc maître ? lui dit David (3). Il est » demeuré, répondit le traître, à Jérusalem, disant » que Dieu lui rendrait le royaume de son père, b Voila comme on prépare la voie aux calomnies les plus noires par une démonstration de zèle.

La malice prend quelquefois d’autres couvertures. Elle fait la simple et la sincère. « Les paroles du x fourbe parc iss en L simples r mais elles percent le » cœur (4)» » Elle fait aussi la plaisante, et s’insinue par des moqueries. Mais de là naissent des querelles dange¬ reuses : v Chassez Je moqueur ; les querelles, les » procès, et les injustices se retireront avec lui (5). » En quelque forme que la médisance paroisse, craignez- la comme un serpent. « Si la couleuvre a mord en secret, le médisant qui se cache u’a rien n de moins odieux (6). » Le remède souverain contre les faux rapports, est de les punir. Si vous voulez savoir lu vérité, ô prince! qu’on ne vous mentû pas impunément. Nul ne manque plus de respect pour vous, que celui qui ose porter des mensonges et des calomnies à vos oreilles sacrées. On ne ment pas aisément à celui qui sait s’infor¬ mer, et punir ceux qui la trompent. (1) EccL xx. 27, — (2) TL Meg. xvi. 1 , 2. — (3) Ibid, j, (4) Rw- xym. 8. — xxu, 10. — (6) Eçcks, x. ut ÜÊ L^CfitTUHE, tlT» V* l6ç) La punition que je vous demande pour les faux rapports 5 c’est d’ôter toute croyance à. ceux qui les font* et de les chasser d’au pris 4e vou^, « Eloignez la n mauvaise langue; -ne laissez pqiqt approcher les » lèvres médisaqteg (i). » Ecpqter les médisaps, ou seulement les gouffeir, c’est participer a ïqqr crime, « N’ayez rien a démêler » avec le discoureur, et pe jetez point, de bois dans » son, feu .(£.)■ » N ’çptretcncz point les médisances on les écoutant , et en les souffrant, JSê encore 1 a N’aîlu- » iiuez^pointflû feu du pécheur* de peur que sa flamiqe » ne -vops dévote (5), » Ce n’est pas feulement les médisances qui sont à craindre ; r les fausses louanges ne sont pas mains dan¬ gereuses , et les traîtres qui vendent les princes ont des gens apostés pour se faire louer devant eux. Tu u le s les malices auprès des grands sefont sous pré¬ texte de zèle, Tobie l’Ammonite, qui voulait perdit Pféhémia$ , jlui iaisoit donner des a\is en apparence iipportans : y li ,y a clés desseins contre votre vie; ils îï vous veulent tuqr cette nuit : entendez-vous avec »

moi : tenons conseil dans le temple au lieu le plus » retire (4), Et je compris, dît Nèhémias (5), que a Séinaips étoit gagné par Tobie et SanabaJlat Tobie » entre ten oit .de secrets ooininercçs dans la Judée ; » il avoît plqsjem’s grands clans ses intérêts, quide b loupiqnt devant moi * et lui rapportaient toutes mes » paroles (g), » O Dieu l comment se sauver parmi tant de pièges , si pn qc sait se garder des discours artificieux, et parler avec précaution ? « Mettez une haie d’épines » autour de vos oreilles ; » n’y laissez pas entrer toute, sorte de discours : .« N’écoutezpas la mauvaise y> langue; luîtes une porte et que serrure à votre » bouche; pesez toutes vos paroles (7). « O prince fsaus çes précautions, vos affaires pour- . (0 ^ "V* 2j. — (2) EccL VIII, 4. — (3) ïhiâ. ï3, sec:md. lxx. — (4) II. Ms J. vi, 10, — (5) Ibid. 12,— (6) Ibid . 17, iS, 19* — (7) ^cc/v\xyiu. 26 , 29, BufJSl ET. PoLlîïQCS, J'JO POUTIQVË ront souffrir; mais quand votre puissance vous sau~ veroit de ces maux, c’est pour vous le plus grand de tous les maux de faire souffrir les innocens, contre qui les méchantes langues vous auront irrité/ Qu’il est beau d'entendre David chanter sur sa lyre (i) : « J 'étais dans ma maison avec un cœur » simple ; je ne me proposons point de mauvais dcs- » seins ; je haïssois les esprits artificieux. Le cœur » malin ne trouvoit point d'accès auprès de moi : je » persécutais celui qui médisoit en secret contre son » prochain ; je ne pou vois vivre avec le superbe et le » hautain ; mes yeux se tournoient vers les gens de » bien pour les Caire demeurer avec moi. Celui qui » vit sans reproche étoit le seul que je jugeois digne a de me servir; le menteur ne me plaisoit pas. Dès * le matin, je pensois à exterminer les impies; et je » ne pou vois souffrir les méchans dans la cité de u mon Dieu î » La belle cour, où Ton voit tant de simplicité et tant d'innocence, et tout ensemble tant de courage, tant d’habileté et tant de sagesse! VII* P R O POSITION* Septième moyen : Consulter (es temps passés , et ses propres expériences * En toutes choses, le temps est un excellent con¬ seiller.

Le temps découvre les secrets; le temps fait naître les occasions ; le temps confirme les bons conseils* Surtout qui veut bien juger de l'avenir doit con¬ sulter les temps passés. Si vous voulez savoir ce qui fera du bien et du mal aux siècles futurs, regardez ce qui en a fait aux siècles passés. Il n’y a rien de meilleur que les choses éprouvées, a PTaùtre-p assez point les bornes posées » par vos ancêtres (s). » Gardez les anciennes maximes sur lesquelles la monarchie a été fondée, et s’est soutenue* ( > ) PsaL c, — fa) Pro ia xxu, î8. TIKÈE DE l’ic3inira. liv. Ti 171 Imite e les rois de Perse qui ayoieût toujours au¬ près d’eux « ces sages conseillers instruit des lois et 3 des maximes anciennes (i)- » De là les registres de ces vois, et les annales des siècles passés qiTAssuérus sc faisoit apporter pendant la nuit, quand il ne pou voit dormir (a). Toutes les anciennes monarchies, celle des Egyp¬ tiens* celle des Hébreux* tenoient de pareils re¬ gistres* Les Romains les ont imités* Tous tes peuples enfin, qui ont voulu avoir des conseils suivis, ont marqué soigneusement les choses passées pour les consulter dans le besoin* « QiTest-ce qui sera? ce qui a été, QnVst-ce qui a » été fait ? ce qu’on fera* Rien n’est nouveau sous le a soleil, et personne ne peut dire : Cela n’a jamais t> été vu : car il a déjà précédé dans les siècles qui » sont devant nous (5)* » C’est pourquoi comme il est écrit dans la Sagesse : « Qui sait le passé, peut conjecturer 1- avenir (f\ . » « L’insensé ne met point de fin à ses discours* » L’homme ne sait pas ce qui a été devant lui ; qui lui » pourra découvrir ce qui viendra après (5)? # K’ccoulex pas tes vains et infinis raisonnemens * qui ne sont pas fondés sur l’expérience* Il n’y a que le passé qui puisse vous apprendre et vous garantir l’avenir. De là vient que l’Ecriture appelle toujours aux con¬ seils les vieillards expérimentés* Les passages en sont innombrables* En voici un digne de remarque (Ci) : « Hc vous éloignez point du sentiment des vieillards; »

écoutez ce qu’ils vous racontent ; car ils Mont appris » de leurs pères* Vous trouverez f intelligence dans » leurs conseils, et vous apprendrez à répondre comme » le besoin des affairés le demandera^ » Job , déplorant Fîgnçrance humaine* nous fait voir que s’il y a parmi nous quelque étincelle de sa* (1) Estk, f, t3. -* (2) Ibid. vt. 3. “(3) j Ecries* i 9, 10, — (fyiSup. y ni. S. — (5) £ççlç$. x. ï4. — (6) £ccL VUI, H , t*. POOTÏQFE (lans les vieillards qu’elle se trouve " SîfSSÎ C’ dil^l (*)■ et d’où nous vient 1 intelligence ? iillc est caches ans yeux de tous les » ■Yfvaiis ; elle est même inconnue aux oiseaux du '* et si » ( cest-à-dire aux. esprits les plus élevés ) " Llmorï et Ia corruption ont dit : Nous en avons -i> oui quelque bruit. » Les vieillards expérimentés qu un grand âgé- approche du .tombeau, en om ou5 «ire quelque chose. Joh a voit dît la même chose en d’autres paroles • « La sagesse est dans les vieillards , et la prudence » vient avec le temps (2). n C est donc par l'expérience quelles esprits se raf¬ finent, « Comme le fer émoussé s’aiguise avec grand t> travail, ainsi la sagesse suit le travail ptlIJappli- » cation (5). » 1 1 « Employez le sage, et -vous augmenterez sa sa- » gesse ( t). » L us%e et l’expérience le fortifiera. Lar 1 expérience on profile même de ses fautes. « 'Qui ii a point été éprouvé, que sa it-il ? L’homme » qui a beaucoup vu , pensera beaucoup : qui a beau- » coup appris, raisonnera bien. Qui n’a point d’ex- » penenoc , sait pou de- chose. Celui qui a été trompé * se rnlrrne, et mctle comble li sa sagesse, j ’ai beau* » coup appris dans mes fautes et dans mes voyages : * 1 intelligence que j’y ai acquise, a passé tous'mcs » raisonnemons : je me suis trou ré dans de grands » pénis, et mes expériences m’ont sauvé (5). a C est ainsi que b sagesse se forme ; nos -fautes memes nous éclairent, et qui sait en profiter est assez s ayant. r 1 rayai liez .donc, ô prinGc! à vous remplir de sag-esse, L expérience tonte seule tous la donnera, pourvu que vous soyez attentif à ce qui se passera devant vos yeux.

Mais appliquez-vous de bonne heure : autrement., vous vous trouverez aussi peu ■JA-*?' **”"■ «•? ,V> «--(a) OU. m ta,.— f/ n K, X' J.0’ ~ ($*»<’• “■ 9- -W-XccLw v, iv t n j : vers. ? , T nu'- B DE L'ÉCftlTt-RE. LIT- V. K7 avancé dans un grand Sge, que vous l’avez été dans TTp3fevod» trouver dhns votre vieillesse ce . point amassé dans votre jeune » Sge(i)? w , .. . Laissez l’enfance, et vivez : et marchez par les » voies de la prudence (a). » Tin' Fzoposraotr. Huitième moyen : S'accoutumer à se résoudre par soMnème* n V a ici deux choses : la première, qu’il faut savoir se résoudre; la seconde, qu’il faut : savoir « résoudre par soi-même. C’est à ces deux choses qu .1 çr> Ta nt accoutumer de bonne heure, H faut donc, premièrement, savoir se vesou re Ecouter, s’informer, prendre conseil, choisir son conseil, et toutes. les autres choses que nous atons vues, ne sont que pour celle-ci ; c'est-à-dire, pour FL iTncfout donc point être de ceux qui, à force d ecouter, de chercher, de délibérer, se confondent dans leurs pensées, et ne savent à quoi se determmei . tns de grandes délibérations et de grandes propo¬ sitions , mais de nulle exécution. A la fin tout leur Triiya beaucoup de discours, beaucoup de » propositions , des raisonnemens infinis , la B y sera. L’abondance est dans l ouvrage [3j. II faut conclure et agir. > a Ne soyez pas prompt à parler, et languissant a « faire fV|. » Ne soyez point de ces discoureurs qui ont n la bouche de belles maximes , dont ils ne savent . lç.m.licnîinn : et de beaux raisonneanens po¬ litiques, dont ils ne font aucun parti, et tournez-vous à l’action. ■ r.'. BV,/ xw, 5. — (s) !"4 POLÏTIQÏTE « Ne soyez donc point trop juste ni trop sage, " rddfT^"* il ^.11™usne s°y*'z comme un stu¬ pide » (îj . immobile dans 1 action, incapable de prendre un dessein* * Cet Inimitié trop juste et trop sage, est un homme qui, par loiblesse , et pour ne pouvoir, se résoudre , nu t scrupule de tout, et trouve des difficultés infinies en toutes choses. y a.on cemîn sens droit , qui fait qu’on prend sort parti nettement.

« Dieu a fait l'homme droit, et * * s,esl Gm h a nasse de questions infinies (aj. » Il re^te à notre nature, même après sa chute, quelque chose de cette droiture c’est par là qu’il W se ré¬ soudre, et ne point toujours s’abandonner à de nou¬ veaux doutes. « Qui observe le vent ne sèmera point; qui COn- » sidéré les nuées rte fera jamais sa moisson (3). » Oui veut trop s'assurer et trop prévoir ne fera rien. il n est pas donné aux hommes de trouver l’assu¬ rance entière dans leurs conseils et dans leurs affaires Apres avoir raisonnablement considéré les choses, il iaut prendre le meilleur parti, .et abandonner le sur¬ plus à la Providence. Au reste, quand on a vu clair, et qu’on s’est dé¬ termine par des raisons solides, il ne faut pas aisé¬ ment changer : nous l’avons déjà vu. « Ne tourne* * Püs Atout ren!, et ne marchez point en tonte yoie. » U pécheur (celui qui se conduit ma 1 ) a une double î ïanëue * Il dit, et se dédit : il résout d’uue jaj’on * et exécute de Vautre* u Soyez ferme dans yotro jj intelligence; et que YOtre discours soit un (5), » ? Quan je dis qu’il foui savoir prendre sa résolution, c est-a-dire qu’il la faut prendre par soi-même : aut rcmen t, nous ne la prenons pas, on nous la donne; ce n’est pas nous qui nous tournons, on nous tourne. Revenons toujours à cette parole de David à Sa¬ lomon (6) : « Prenez garde, mon fils, que vous en- (OÆccfo. vti. i-r — (a) Ibid. 3o. — (3) Ibid. xi. L — (:i) Eccl. v. it . — (5) Ibid. y. 12, vers. lxx. — (6 ) ///. Mdg. U, J, 1 tiiûe I>E l’écmtore. UT. T. 1/ f •,« et de quel côté vous u tendiez tout ce que tous faites , T » aurez à vous tourner. » ^ but, il « Le sage entend «es voies £ ). n ^ a ses desseins, il r«f rf J^udence des fous est propose vont a sa lin.- J arr§té ils ne savent » errante. ..Faute d’avoir un bu ™“’se. où aller, et iis vontcommeon J rien; c’est un Qui se laisse ainsi menei * ne aveugle q m suit son # nous a déjà * Que vos yeux pruceden P deà autres, dit le sage (a);, vos yeux, faites- vous tout dire: Faites- vous tout par raison, ouvrez les yeux et marchez , n avalez .

mais Ecoutez donc vos amis et vo| ; "Vj de pBcclé- ne vous abandonnez pas à eux- de vos si astique est admirable (o • B prenez garde » ennemis , prenez garde a - ‘ vous qu’ils ne sc trompent : prenez garde qu rijES™. *h» « >'„t»gie s“V“" l’adresse de M preadr. pe, 1 O- p » intime noos a places , »W d(^ . veuÇ que noos soyons » tance; car, (les que ' «r j^Vuistice comme de sa bonté île » dans cette m’ite . d eit l ) sont nécessaires pour w nous accorder les seco q volonté* Ainsi, voua « que nous y marebipus au gi o Tant que vous * La F* * lui de- » régnerez par 70US‘“e certn;n d'en obtenir toutes » mander, et voos pouvez Être certm aurea ]jCaoi,i 1» les lainières , tous les mq ^ favoris ou des vn ih pour bien régner* l iais si c 1T unanimité d'un conseil „ Astres, ou la majorité ou mti me l u^.teü : ï£ÿiXS£téSi t** d. w *—• i:6 r,r ïOtniQH dlUe «V* Tout énTet*a ■ , * e : ,a Première eat un »25£S5S? ^'T"1 h Dam quelle réfeuiatidti $??&*. X'O* ’’ dü,,t 'I est écrit dans W ee mî de *®e , " contre les Ty riens et 1» " ^ei odt‘ étoit en -* ^meent à> lui tous cnimLll J SyJor,ié,W : ift * ,u?» chahibelfan Ju » Tôulumu. à 01 7 JÏS finirent ce qujijfe traite aVëcWe^BiS.^^ cn,'cffet’ «* FaotoHié »**8£ aies lcvélienccs; quand on &m te ^sW^^r ■I'°i de Perse , 11 ?EtaM? n’''ner Paï Aman laqi,elfe >> çrf^ontf^SS’iiî^ffiî11 în' T,°fre cœ,lr • ’ Prît li0lnme aîterfffT* f Pi"S fidÈ,e- *■*»■* * porte pïm âé houvclïcs^ni* * , ^1,res> Iui ^p1 dans des lieux émînens (A) » Z ls™lnt,,es P0^ répéter ce conseil du s;,ge. ' ° pCU1 troP T°us croyez quoiqu'on’; caHVxnéri îeal1eSse ’ *1"° vous ne Sge : les passions y sont tron iZa manque dans cet * - ■■‘"ï-SffjÆ » de TOUS ailier à bien ri™,. „ , ** von s refusez de régner ^ ^ C°“t,e Sa volonté , * t0ut provenir j tout connoitîc tout V"** “ PtM,rr*z pas vous un conseil : consulte-/-™’ 3aT,01r> aussi autez- » venez^ouS^Ue.ln dVuf nW rnim<fL,'*?; mai’ «®- étes; que tout doit rouler sur vntt-ni ?i°e r tSt TOna 9U* voua aurez appris ce que vous lj0rs <!onc que »

lorsque vous aurez recueilli les JurnT*^ ”£ pas saYOi1' ! * vous manque,, prononcez décide? leras?De ™>w pensiez » «l-elie contraire à' celle de ,ol? ^ 101 * TOtre °ï>™on " 1 rovideflcc scia de votre“«jL J *,* aoÇ® sûr que la T£!*»> *«v*. TIRÉE J»E LÉCHtTBft*. LIV. V . 1,7 „iron, n Faites-vous instruire clans ’ „ croîtra (0- 11 » tlu’aux clieTC"X >Ia'ics, ^ ü ^ aoil tou_ ® *û«qo« «J J* ’îoit commencer par la clocijours croître, niai* aymis ouj Salomon, au Jîte, C est on r^rWie , et dans sa première jeucommcncümfint de son d ï ■» vt |0 livre de la „cssy , ten;Je^n. Trltois un enfant ingénieux, Sagesse lut lait ( ■ ^ bonne âme (2); « c’etlXe portée au bien, et capable de prendre C°lt‘parïint en peu IXe proposition huitième moyen ; Eviter te «««vote» Nous en avons déjà vu une belle a^ji'ommes Knïï^tiiï.-rânrafinsîa mm* »"« •iss t^issrïu--** •*» g ^;s®=i^sr^ ■ ï>“> ,6t i““ to » valses finesses* Pùimqvt irm,che en^Wnceetjrîa1îiarChe » sera bientôt découveri (!) T ™*n«* T<*», <• r-j. : pF£rHS|“- (il a des intelligences secrètes avec tout le^monde^ - : “ii Kfflcmach,'n,î touiours i«®. tL „ leurs ami ! & ®?relIf s » et >mui]k les meil- * S® unïteilelond ^ f™r« plu’s deretède^r'1'^ licrs, combien^L^-Kd^ïpr^^ est le protecteur de la bonne foi ! P ’ q,u sSStÉE^-- <\Les médians sont abominables aux rois • le, * soTLs°d6l£s d ,S Par ld }US~iCC- Us lévrcs i"stcs » en sera aimé (5y» qU‘ parIc sil,cèlelr,cnt> S°"SC 4 M ** URÉE DE l’ÉCIUTEEÈ. LIT. T. raoposmofl* MoÆfc * U f~m. f yÀgiiîS 'précêd6ftï&' Nous pouvons connoître fa différence des sages vé- PdW les tmujpan» * b“' Lt Les eommcnceioens de Saul sont craignôît le fardeau de la royauté ; d etmt - «g J ■ il se fait obéir par son peuple ; d défait son cœur s’enfle ; il oublie D«a (J SUn& La îalousie s’empare de son esprit. U Bavld5{5) : il ne le W plus souffrir, apres g services lui ont acquis beaucoup kfijou* 11 “ ^ de la cour un si grand homme? üepeui £e crier contre lui-mûme ; mais i M’éloigne , sous - de il donner un commandement cons, de- ?able (O par là iï lui fait trouver les moyens d aug metdersa réputation , et do lui rendra do nouveau* “tiïuce prince jalons so résout itMJMiMMÉ il ne voit pas qu’il perd lui-mtime le meilleur servi £»“ qu’fl |t dans fout son royaume.

Sa jalousie m fournit de noirs artifices pour » jus sir dans ce desse . « 11 lui promet sa fille , mais afin qu elle lu' ;01 _ . « occasion de ruine. Il lui fait dire par ses courtisans. I Vous* plaisez au roi , et tous ses ministres vous « aiment 5} : » mais tout cela pour le perdre. Sons prétexte de lui faire honneur, il l’expose i a des occa¬ sions ‘hasardeuses , et l’engage dans des perds presqu fo Ik fies. î,2ï, etc. si. 5. — ’QO JW- »VÆ ,iv. xv.-(3; Ibid xvi. au-M) Ibid. «WM, *>?> l3j ctr' — (5) Ibid, ai, aa. lbÙ . P f FOXÏTJQtK inévitables. «Vous serez mon gendre dii ;i ■ * 2 1. «%*» , « «tiSsJïSîSt fl"id: L- r. J V»°“ ™;Pt SS SS***» H S*KSÆtftL!lf7g” <™>pçrD‘;i? ü est conlrnint de se dé'robcr Ct n ou Véau (3), 1 * 3m ^ aVlcî s enfmt de ÆlSStfcM? jM*» K Sfe™ d„ David f 5 propres paroi, , e( Soa’iUi^S “lîïSS * S.ïïVr'V1 lîffîta . M-ilii i X£.mSÎ klu'i?!1 ?loi‘ » vous donnera des chaînes et dl* ■ ■ ■ ‘ ,s;u ‘T'» ■ £j? f‘‘ra “ri'aines et gL-raux d JâKfc, ffitjjj? » quoi avez-vous tous conjuré contre mn; ,?*! ' F » sonne ne m’avertit où est le fi]s d’îc-.V SZ****' » mon propre fils est lié d’amitié ? Aucun de q * On altt dejnai, „i„ rf^MSîfef U trouve des flatteurs irui ehtVent d* deÆav4 21Z£%S*t& sa • «A SS ■ &>«»*. vS^Ælia-^fe it t ?■ ■» - « “ » - ■nuis de L écrite s t. eit. v. lS' » Allé*, prépare! tout avec soin ; n’épa fgn« pas vos recherche/, tu«fü«,n« fc » l’aura vu. Car e est un homme teM " jj aue je le hais. Pénétrer, toutes ses i et taiteS , t Èp „ portez-moi des nouvelles certaines , àÛn «ie ) : adlo * avec vous. Fût-il cathé dans la terre, je en tir «ai, „ ct je le pout-süivrùi dans tout le pays de Jnjtt ( t)< » Que d’artificés , que de précautions , que de dis , - iriùlatioiis , que d’accusations injustes l Mac; que d or¬ dres précis donùès, et avec combien d allen ion et de vigilance ! tout cela pour opprimer un sujet Mehe Voilà Ce qui s’appelle des finesses pernicieuses. Mais nous allons voir eu David une sagesse venta de. Plus Saul tâchoit, en le flattant, de Taire qu il 9 Ou fcliât lüi-inetne, ét s’emportât à des paroles orguei - lentes plus Sa modestie naturelle lui en mspuoit de respectueuses.

* Qui suis-je? ct de quelle .mpoi tarico * est rua vie? Quelle est tna parente en Israël, afin » que je puisse espérer d’être le gendre du roi (a) - » Et encore : « Vous semble -t- il que ce soit peu de » chose que d’être le gendre du roi ? Pour moi , i« sms S un homme pauvre, et ma fortune est basse il ne sê défendi t jamais des malices de Saul par au eu ne Voit violente. Il ne se rendoit redoutable qub par sa prorfetice, qui lui faisoit tout prévoir. « 11 agis- ‘ soit prudemment dans toutes ses Voies , et le Sem „ gneur étoit avec lui. Saill vit qu’il «toit prudent, et S il le erra igh oit (4)* ” , ,, Il a voit des adresses innocentes pour échapper des mains d’uft ennemi s! artificieux et si puissant, il se faisoit descende secrètement par une ïeflfetrê ; et les satellites de Saüï ne trôuvoient dans son lit * où ih te cherchoient j qu'une sïatue bien douve rtè, '^uilui avoit servi dérober sa fuite à scs domestiques (5). Sç servoit de sa prudence pour se précautionner contre la jalousie du roi , il s’en servoit encore (t) I. ïte.s. Wm. ti>. io , ai, 22 , a3.~ &) Ibîd.xvM- j*. IbiiL VÎ. — (i) H>id. 1-1 , 10.— (SJ Ibid. ÏJS. 11, CÏC. FOUTEQtË "J listîns mlrchoîent6™5 cl 13?'' VQuand ,es Toitmîeuz que tous les -iiw °ne? PaT’d les ohserd»! am”fldu2flu?°n"“”^rceon“l»“nt. il J« fit lui donna retraite dans r-, „ ■ ^ï0,n jarruils- Samuel . Achiméleeh, ]e gnml LLf T ^ (»)• servi David innocemment il Z™* 6tt t"e P0Ui' avoir « Demeurez avec moi’ l’o m-T T fife.Al)î^ar : ” soin de voire y ie que de h ■* 5 ] aurai Je m®°ie • cuverons touS tLreÎLmSr’ H?T aoU3 ftS.““to“'“h»nn«e^»gïS ^Sa!T«fc'd^;™“'“s«e»è«nt wlemeM dans le» desseins sanguinaires d„ " -d voVlo,r eni«r ii», i™i. *. » "■«»- rendoit service à Saü] même „4®‘ h‘\ q'10' il s*i*« - m'tSïür** * comme U comoijoî, S, f jj f » P»s , posod pas tout-à-fait sur les q 6 01 ’ 1 nc se re' noit «nî. * Jonathas lui S f 5^?!?"* lüi d0n~ ■* rcz pojut; mon nèr-p mw ^ v ‘ *0ns ne Piour1 cilüsü qu’ü ne me J„ découvre11- S"1*. ni. Petite »

ce seul dessein P cela nr\f» ' lïl?tîr01t“^ caché » dit : Votre père sait m a Pa®- Mais David lui * WoowiUance; et il dit en lui ^ » couTnraijjoint à Jonathan A* eme'/ 'îc ne me dé- » Vive le Seieneui e v/fe ’ - P-Ur C e le ““Pister. » petit espace entre moi et là mort T ** °J 3 qU’un j «tfr&ï ^rrâ: Ies desseins découvrir; et ils convînt n/. Jonatflas pour les Jonathas donnent ¥» C ^ *«. >8, ao _ - - (6; ai-. 5<g; ~ <5> Ib‘d' — , TIRtE UE l’bCMTIî«B. tIV. V. 'B3 Comme il vit qu’il n’y avoit vieil & espérer de Salil, il pourvut à la sûreté de son pere et de sa mere , qu mit entre les mains du roi de Hoab ; » jusqu ace que ” je sache, dit-il (.), ce que Dieu aura ordonne de » moi.» Voilà un homme qui pense a t< °«t > « q . choisit bien ses protecleurs. ^le TOi ^e Moab ne le trompa point. Par ce moyen , il n eut plus a penser L’à lui-même. Et il n’y a rien de plus industrieux m de plus innocent que lut alors toute sa conduite. Contraint de se réfugier dans les terres d Aelns , roi des Philistins, les satrapes vinrent dire au roi. « Voilà David, ce grand homme , qui a défait tant de « Philistins * David fit reflexion sur ces dls cours, et sut si bien faire l’insensé, qu’Aclns, au lieu de le craindre et de l’arrêter, le fit chasser de sa piescncc , et lui donna moyen de se sauver. Environné trois à quatre fois par toute l’armee de Saiil, il trouve moyen de se dégager, et davon deux fois Saul entre ses mains (3> „ Alors se vérifia ce que David a lui-meme si so - vent chanté dans ses Psaumes (4) : « Le méchant est » tombé dans la fosse qu il a creusce : il a «.te pus » dans les lacets qu’il a tendus. » . , Quand ce fidèle sujet se vit maître de la vie de son roi, il n’en tira autre avantage que celui de lui taire connoître combien profondément il le respectoit , et de confondre les calomnies de scs ennemis. « Il lui >, cria de loin (5) : Mon seigneur et mon roi , pour- » quoi écoulez-vous les paroles des mechans qui vous » disent : David attente contre votre vie? Ne voyez- »

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