Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 114)
2. EUTHYME, in Ps. XVIII : " Pardonnez-moi les péchés d'autrui, puisqu'il est, hélas trop certain que les rois, les pontifes, les pères de famille, les maîtres, tous les supérieurs enfin, sont responsables des péchés de leurs sujets ou de leurs peuples, de leurs enfants ou de leurs serviteurs, toutes les fois que ces péchés ont l'effet de leur propre négligence. "
10 : " Il y a deux principes de tous les péchés : nous les commettons, ou par un dessein volontaire et libre, ou à la persuasion d'autrui. C'est cela, je pense, que se rapporte ce qu'a dit le Prophète : Seigneur, purifiez-moi de mes péchés cachés, et pardonnez à votre serviteur ceux des autres. L'un et l'autre à la vérité est volontaire : car, comme en péchant par sa propre détermination, on ne pèche point malgré soi, ainsi quand nous consentons au mal qu'un autre nous suggère, c'est toujours volontairement que nous y consentons. Il y a néanmoins plus d'énormité à pécher non-seulement sans que personne nous y porte, mais en persuadant encore par envie et par artifice à d'autres de le faire, que de n'être porté à pécher que par la suggestion d'autrui (Cf. Les livres de saint Augustin sur le libre arbitre, p. 228). " p.3 fin p.4 début
4. S. BASILE, Lib. II de Baptismo, c. 9 : " Instruits maintenant de ce qui ferait que nos œuvres seraient infructueuses, gardons-nous bien de rien omettre de ce que Dieu demande de nous dans le combat engagé à son service, mais faisons au contraire tous nos efforts pour nous montrer en tout ses dignes ministres. Et non contents de nous conserver nous-même purs, prenons garde aussi de participer à l'impureté d'autrui, et conformons-nous à cet avis que nous donne l’Apôtre, de nous abstenir de toute participation aux œuvres infructueuses de ce siècle ténébreux (Ephes., V, 44). En ajoutant ensuite, " condamnez-les plutôt, " MAGIS AUTEM REDARGUITE, l’Apôtre nous fait voir jusqu'où nous devons porter notre attention à ne pas nous rendre complices ou responsables de ces sortes d'œuvres. "
" Mais qu'est-ce que participer aux œuvres de ténèbres et de combien de manières peut-on y participer ? C'est ce qu'il nous reste à dire maintenant. Me remettant donc à la pensée ces paroles des Proverbes (I, 11) : Venez avec nous, faites-vous complice de la mort de notre ennemi ; ces autres paroles de l’Apôtre (Philip., I, 7) : Vous êtes tous associés aux grâces que j'ai reçues de Dieu ; ces autres encore (Philip., IV, 14) : Participant à mes tribulations ; ces autres aussi (Gal., VI, 6) : Que celui qui reçoit l'instruction fasse part de ses biens à celui qui la lui donne ; ces autres du Psalmiste (Ps. XLIX, 18) : Si tu voyais un voleur, tu courais avec lui, et tu te faisais complice des adultères ; ces autres du Lévitique (XIX, 17) : Vous reprendrez votre frère quand vous le verrez pécher pour ne pas vous faire complice de sa faute ; ces autres enfin du Psalmiste (XLIX, 21) : Voila ce que tu as fait, et je me suis tu ; tu as pensé que je te ressemblerais ; je te citerai à mon tribunal, et je te mettrai en face de toi-même : en me rappelant ces passages et d'autres semblables, je dis qu'il y a participation dans les œuvres, quand on agit de concert pour atteindre un même but, et participation dans la volonté, quand celui même qui n'agit pas consent et applaudit à celui qui agit. Il est une autre sorte de participation, qui ne semble pas participation à plusieurs, mais à laquelle l’Ecriture sainte bien comprise donne ce caractère : c'est celle qui a lieu lorsque, sans coopération effective ni même consentement positif de la volonté on se tait sur le mal qu'on voit faire, au lieu de le condamner ouvertement ; c'est ce que font bien voir plusieurs des passages que je viens de citer, et de plus ce que l’Apôtre disait aux Corinthiens ( I Cor., V, 6 ) :
Vous n'avez pas demandé avec larmes qu'on ôtât p.4 fin p.5 début du milieu de vous celui qui a fait cette action ; et ces autres paroles ajoutées à ces dernières :
Un peu de levain suffit pour aigrir toute une masse de pâte.
Soyons donc saisis de crainte, et obéissons à celui qui a dit : Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte toute nouvelle (ibid., 7). Mais si quelqu'un coopère à une action bonne en elle-même, et qu'il ignore l'intention mauvaise de celui qui fait cette action, il ne sera pas coupable de participation au mal, mais il recevra sa récompense pour ce qu'il aura fait, parce que, sans partager en rien la mauvaise disposition de l'autre, il se sera conservé lui-même dans l'amour de Dieu, comme Notre-Seigneur Jésus-Christ nous le déclare de ceux qui seront sauvés, quoique travaillant au même moulin ou couchant dans le même là avec ceux qui périront. Or, la distinction à faire entre ceux qui sont confiés à ma charge et ceux qui ne me sont pas confiés, consiste dans les soins que je dois donner aux premiers, mais non dans la participation que je pourrais apporter aux péchés, soit des uns, soit des autres. Car je ne dois un soin particulier qu’à ceux dont je me trouve spécialement chargé ; au lieu qu'il m'est défendu indistinctement à l'égard de tous de participer aux œuvres infructueuses des ténèbres. "
5. S. AUGUSTIN, Serm. XVIII de verbis Domini :
" Soyez toujours séparé de cœur des méchants quand même vous pourriez, en usant de précaution, vous mêler de corps momentanément avec eux ; toutefois ne soyez pas négligent à reprendre ceux qui sont soumis à votre conduite, et n'épargne à leur égard ni les avis, ni les conseils, ni les exhortations, ni les menaces. Usez de tous vos moyens pour cela, et que les exemples que vous pouvez trouver dans l'Ecriture et dans l'histoire des saints qui ont vécu, soit avant, soit depuis Notre-Seigneur, et qui semblent prouver que les bons peuvent vivre au milieu des méchants sans en contracter de contagion, ne vous rendent pas négligent à reprendre les méchants. Pour n'être pas souillé par le contact de ces derniers, il faut deux choses : ne pas consentir au mal qu'ils font, et de plus les en reprendre, c’est-à-dire en deux mots, n'y apporter ni participation ni consentement. Il y a participation, lorsque la volonté est complice et qu'elle approuve le mal ; et c'est contre ce vice que nous prémunit l’Apôtre lorsqu'il dit : Ne participez point aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les (Ephés., V, 11). Comme ce ne serait pas assez de ne pas consentir, si l'on négligeait la correction, c'est pour cela que l’Apôtre ajoute : Mais plutôt con- p.5 fin p.6 début damnez-les. Voyez comme il joint ensemble ces deux devoirs : Ne participez point, mais plutôt condamnez. Que veulent dire ces mots : Ne participez point ? Cela veut dire : Ne consentez pas, ne louez pas, n'approuvez pas. Que veulent dire ces autres paroles : Mais plutôt condamnez ? Elles signifient : Reprenez, corrigez, réprimez. Vous ne devez donc ni consentir au mal en l'approuvant, ni négliger de reprendre ceux qui s'y livrent, ni cependant exercer cette correction avec orgueil, ou d'une manière insultante pour ceux qui la subissent. "
Question II
Combien compte-t-on de ces péchés dits d’autrui ? On en compte neuf, comme il y a à peu près le même nombre de manières de commettre ces péchés eux-mêmes, savoir : par conseil, par injonction, par consentement, par provocation, par adulation ou flatterie, par réticence, par connivence ou indulgence, par participation au crime, et enfin par protection donnée au mal.
Question III
Quand est-ce qu’on participe par conseil aux péchés d’autrui ? C'est lorsqu'on se fait l'auteur ou l'instrument d'un mauvais conseil que d'autres ensuite mettent ou pourraient mettre à exécution. Nous en trouvons un exemple dans Caïphe (JEAN, XI, 47-53), qui, par le conseil qu'il donna aux sénateurs juifs, les détermina à voter la mort de Jésus-Christ. L'exemple opposé nous est fourni par Joseph d'Arimathie, que l'Ecriture appelle bon et juste, pour n'avoir pas consenti à ce conseil et aux actes des princes des prêtres et des pharisiens, quand ceux-ci conspirèrent la mort, de Jésus-Christ. Tel fui aussi le péché de ce Démétrius qui, mû par un vil motif d'intérêt, et de concert avec les autres ouvriers, souleva presque toute la ville d'Ephèse contre saint Paul et contre la doctrine que prêchait cet apôtre. Tel fut encore le crime de l'infâme Hérodiade avec laquelle le roi Hérode vivait dans l'adultère. Car ce fut par son conseil et p.6 fin p.7 début sa persuasion que sa fille la danseuse demanda et obtint la tête de saint Jean-Baptiste.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. Ecclésiastique, XXVII, 28-30 : " Si un homme jette une pierre en haut, elle retombera sur sa tête ; et la blessure que fait le traitre, rouvrira les siennes propres. - Celui qui creuse une fosse y tombera ; celui qui met une pierre dans le chemin pour y faire heurter son prochain s'y heurtera, et celui qui tend un filet à un autre s'y prendra lui-même. - L'entreprise concertée avec malice retombera sur celui qui l'aura formée, sans qu'il sache d'où ce malheur lui sera venu. "
2. Ibidem, VI, 6-10 : " Ayez beaucoup d'amis qui vivent en paix avec vous, mais choisissez pour conseiller un homme entre mille. - Si vous cherchez un ami, ne le prenez qu'après l'avoir éprouvé et ne vous fiez pas sitôt à lui. - Car tel ami ne l'est que tant qu'il y trouve son avantage, et il cessera de l'être au jour de la tribulation. - Il y a tel ami qui se change en ennemi, et tel autre qui tout-à-coup manifeste sa haine, et se répand en injures et en outrages. - Tel est ami, qui ne l'est que pour la table, et qui ne le sera plus au jour de l'affliction. "
3. Ibidem, VIII, 20-22 : " Ne délibérez point au sujet de vos affaires avec des fous ; car ils ne peuvent aimer que ce qui leur plaît. - Ne traitez rien de secret devant un étranger ; car vous ne savez ce qu'il enfantera un jour. - Ne découvrez point votre cœur à toutes sortes de personnes, de peur que celui à qui vous vous fiez ne soit un faux ami, et qu'il ne médise ensuite de vous. "
4. Ibidem, XXXVII, 7-17 : " Ne prenez point conseil de celui qui vous tend un piège et cachez vos desseins à ceux qui vous portent envie. - Tout homme que l'on consulte donne son conseil ; mais il y en a qui ne regardent qu'eux-mêmes dans ce p.7 fin p.8 début qu'ils conseillent. - En demandant conseil à un homme, veillez à la garde de votre âme. Sachez auparavant quels sont ses intérêts ; car il vous donnera conseil selon ce qui lui sera le plus utile. - Craignez qu'il ne plante un pieu dans votre chemin, et qu'il ne vous dise : Votre voie est bonne, pendant qu'il se tiendra à l'écart pour voir ce qui vous arrivera. Allez, consultez un homme sans religion sur les choses saintes, un homme injuste sur la justice, une femme sur une autre dont elle est jalouse, un poltron sur la guerre, un marchand sur le trafic de vos marchandises, un acheteur sur ce qui est à vendre, un envieux sur les bienfaits que vous avez reçus, un impie sur la piété, un homme sans honneur sur l'honnêteté, celui qui travaille aux champs sur tout autre travail, - un ouvrier à l'année sur ce qu'il doit faire pendant un an, et un serviteur paresseux sur l'assiduité au travail : vous ne devez point attendre de bons conseils de ces personnes sur toutes ces choses. Mais tenez-vous sans cesse auprès d'un homme saint, lorsque vous en aurez connu quelqu'un qui craigne véritablement Dieu, - dont l'âme ait du rapport avec la vôtre, et qui, lorsque vous aurez fait un faux pas dans les ténèbres, en gémisse avec vous.- Affermissez votre cœur dans la droiture d'une bonne conscience ; car vous n'aurez point de plus fidèle conseiller. "
6. Ibid., XVIII, 5, 7-10 : " La lumière de l'impie ne s'éteindra-t-elle pas, etc.? - Avec toute sa force il ne marchera qu’à l’étroit, et ses conseils le feront tomber dans le précipice - Car il a engagé ses pieds dans les rets, et il marche au milieu des pièges. - Son pied sera pris dans ce filet, et la soif le dévorera. - Le piège qu'on lui a préparé est caché sous terre, et on lui tend un appât le long du sentier. "
7. Ibid., XII, 16-17 : " Près de lui (Dieu) sont la force et la sagesse, il connaît, et celui qui trompe, et celui qui est trompé. - Il fait tomber ceux qui donnent conseil en des pensées extravagantes, dont la fin est malheureuse, et il frappe d'étourdissement les juges. "
8. ISAIE, XIX, 11-14 : " Les princes de Tanis ont perdu le sens ; ces sages conseillers de Pharaon ont donné un conseil plein de folie. Comment osez-vous dire à Pharaon : Nous sommes les fils des sages, les descendants des anciens rois ? - Où sont maintenant ces sages, ô Pharaon ? Qu'ils vous apprennent les desseins p.8 fin p.9 début du Dieu des années sur l'Egypte. - Les princes de Tanis sont dans le délire ; les princes de Memphis, dans l'abattement ; ils ont séduit l’Egypte, et perdu la force de ses peuples. - Dieu a répandu sur elle un esprit de vertige, et ses chefs ont laissé les peuples errer dans leurs œuvres comme un homme ivre qui ne va qu'en chancelant, et qui rejette ce qu'il a pris. "
9. Psaume VII, 13-14 : " Il a ouvert une fosse, et l'a creusée, mais il tombera lui-même dans son propre piège - Ses noirs projets se tourneront contre lui, et son iniquité retombera sur sa tête. "
40. Ps. IX, 14-15 : " Les nations sont tombées dans la fosse qu'elles avaient creusée - leurs pieds se sont engagés dans les lacs qu'elles avaient tendus. "
12. Ecclésiaste, X, 8-9 : " Celui qui creuse une fosse y tombera, et celui qui renverse un mur en ruine sera mordu par les serpents. - Celui qui roule des pierres en sera meurtri, et celui qui fend le bois en sera blessé. "
13. JEAN, XI, 47, 49, 50, 53 : " Les princes des prêtres et les pharisiens tinrent donc -conseil, et ils disaient : Que faisons-nous ? Cet homme opère beaucoup de miracles. - Mais l'un d'eux, nommé Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là leur dit : Vous n'y entendez rien, - et vous ne considérez pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse point, etc. - Ils ne pensèrent donc plus depuis ce jour-là qu’à le faire mourir. "
14. LUC, XXIII, 50, 51-52 : " Cependant, voici qu'un sénateur, appelé Joseph, homme vertueux et juste, - qui n'avait point consenti au dessein des autres, et à ce qu'ils avaient fait, qui était d'Arimathie, ville de Judée et attendait aussi le royaume de Dieu, vint trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. "
16. Genèse, XLIX, 5-6 : " Siméon et Lévi tous les deux frères ; la fraude les a faits des instruments de violence. - Mon âme n'est point entrée dans leurs conseils, mon cœur ne s'est point uni à leur troupe, quand dans leur fureur ils ont tué des hommes, quand dans leur vengeance ils ont renversé une ville. " p.9 fin p.10 début
19. MATTHIEU, XXVI, 3-4 : " En ce même temps, les princes des prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans la salle du grand-prêtre, appelé Caïphe - et tinrent conseil ensemble pour se saisir de Jésus par ruse et le faire mourir. "
20. Actes, XIX, 24, 26, 28, 29 : " Un orfèvre nommé Démétrius qui faisait en argent de petits temples de Diane, donnait par-là beaucoup à gagner aux ouvriers de sa profession. - Les ayant donc assemblés avec d'autres qui travaillaient aux mêmes ouvrages il leur dit : Mes amis, vous savez que c'est de ce genre d'ouvrages que vient notre gain ; - cependant vous voyez vous-mêmes, etc. - Ayant entendu ces choses, ils furent transportés de colère, et s'écrièrent : La grande Diane des Ephésiens ! - Et toute la ville fut aussitôt remplie de confusion ; et ces gens-là coururent en foule au théâtre, etc. "
21. II Rois, X, 2, 3, 4, 6, 7, 18, 19 : " Alors
David dit : Je veux témoigne ma bienveillance à Hanon, fils de Haas, comme son père m'a témoigné la sienne. Il lui envoya donc des ambassadeurs, pour le consoler de la mort de son père. Mais lorsqu'ils furent arrivés sur les terres des enfants d'Ammon, - les plus puissants du pays dirent à Hanon, leur maître : Croyez-vous que ce soit pour honorer votre père et pour vous consoler, que David vous a envoyé ici des ambassadeurs, et ne voyez-vous pas qu'il l'a fait pour reconnaître l'état de la ville, et pour la détruire ? - C'est pourquoi Hanon fit saisir les serviteurs de David, leur rasa la moitié de la barbe, et coupa la moitié de leurs vêtement jusqu'au haut des cuisses, et puis les renvoya. Or les Ammonites, voyant qu'ils avaient offensé David, envoyèrent une députation aux Syriens de Rohob et de Soba, et levèrent chez ces peuples, à leurs propres dépens, vingt mille hommes de pied ; ils prirent aussi mille hommes du roi de Maacha et douze milles d'Istob. - David en ayant été averti, envoya Joab avec toutes ses troupes. . . . . - Israël les mit en fuite, et David leur enleva sept cents chariots et leur tua quarante mille cavaliers, et il fit à Sobach, général de l'armée ennemie, une telle blessure, que celui-ci en mourut sur-le-champ. - Tous les rois qui étaient venus au secours d'Adarezer, se voyant vaincus par les Israélites, furent saisis de frayeur et s'enfuirent p.10 fin p.11 début devant eux avec cinquante-huit mille hommes. Ils firent ensuite la paix avec les Israélites et leur restèrent soumis ; et depuis ce temps-là, les Syriens n'osèrent plus donner des secours aux enfants d'Ammon. "
22. II Samuel, XVI, 20-23 : " Absalom dit alors à Achitophel : Délibérez sur ce que nous avons à faire. - Achitophel dit à Absalom : - Entrez chez les femmes de votre père qu'il a laissées pour garder son palais, afin que, lorsque tout Israël saura que vous aurez déshonoré votre père, il s'attache plus fortement à vous. - On dressa donc une tente pour Absalom sur la terrasse du palais, et il abusa des femmes de son père devant tout Israël. - Or, les conseils que donnait Achitophel étaient regardés en ces jours-là comme les conseils de Dieu ; on les considéra toujours ainsi, et du temps qu'il était avec David, et quand il fut avec Absalom. "
23. II Samuel, XXVII, 1-8, 14-23 : " Achitophel dit donc à Absalom : Si vous l'avez pour agréable je m'en vais prendre avec moi douze mille hommes d'élite et me mettre à la poursuite de David dès cette nuit ; - et fondant sur lui et sur ses gens qui sont tout harassés et hors de défense, je les battrai sans peine, tout le monde fuira, et le roi se trouvant seul, je m'en déferai ; - et je ramènerai tout le peuple comme si ce n'était qu'un seul homme, car vous n'en voulez qu'à un seul, et après cela, tout sera en paix. - Cet avis plut à Absalom et à tous les anciens d'Israël. - Absalom dit néanmoins : Faites venir Chusaï d'Arach, afin que nous sachions aussi son avis. - Chusaï étant venu devant Absalom, Absalom lui dit : Voici le conseil qu’Achitophel vient de nous donner ; devons-nous le suivre ? Que nous conseillez-vous ? Chusaï répondit à Absalom : - Cette fois, le conseil qu'a donné Achitophel n'est pas bon. - Vous n'ignorez pas, ajouta-t-il, quelle est la valeur de votre père. . . - Alors Absalom et tous les principaux d'Israël dirent : L'avis de Chusaï d'Arach est meilleur que celui d'Achitophel. Or, ce fut par la volonté du Seigneur, que le conseil d'Achitophel, qui était utile, fut ainsi rejeté, afin que le Seigneur fît peser la ruine sur Absalom. - Alors Chusaï dit aux grands-prêtres Sadoc et Abiathar : Voici l'avis qu’Achitophel a donné à Absalom et aux enfants d'Israël et voici celui que je lui ai donné. - Envoyez donc en diligence quelque exprès à David pour lui en donner nouvelle, et faites-lui dire qu'il ne demeure point cette nuit dans les plaines du désert, mais qu'il passe au plus tôt le p.11 fin p.12 début Jourdain, de peur qu'il ne périsse, lui et tous ses gens. - Jonathas et Achimaas étaient près de la fontaine de Rogel, n'osant se montrer ni entrer dans la ville ; mais une servante vint les trouver, et les avertir de tout cela. Ils partirent en même temps, pour porter ce message au roi David. - Il arriva néanmoins qu'un enfant les vit, et en donna avis à Absalom. Mais hâtant le pas, ils entrèrent chez un homme de Bahurim, qui avait un puits à l'entrée de sa maison, et ils y descendirent. - Et la femme de cet homme étendit une couverture sur la bouche du puits, comme pour faire sécher de l'orge mondé. Ainsi la chose demeura cachée. - Et quand les gens d’Absalom furent venus dans cette maison, ils dirent à la femme : Où sont Achimaas et Jonathas ? Elle leur répondit : Ils ont pris un peu d'eau, et s'en sont allés. Ainsi ceux qui les cherchaient ne les ayant point trouvés, s'en revinrent à Jérusalem. - Après qu'ils s'en furent retournés, Achimaas et Jonathas sortirent du puits, continuèrent leur chemin, et vinrent dire à David : Décampez et passez le fleuve au plus tôt, parce qu’Achitophel a donné tel conseil contre vous. - David se mit donc aussitôt en marche avec toute sa troupe, et ils passèrent le Jourdain avant la pointe du jour, en sorte qu'il n'en resta pas un seul en-deçà du fleuve. - Achitophel, voyant que son conseil n'avait point été suivi, fit seller son âne, s'en alla à la maison qu'il avait en sa ville, et après avoir mis ordre à toutes ses affaires, il se pendit. "
24. I Rois, XII, 12-19 : " Jéroboam vint donc avec tout le peuple trouver Roboam le troisième jour, - de même que Roboam leur avait dit : Revenez me trouver dans trois jours. - Et le roi répondit durement au peuple, et abandonnant le conseil que les vieillards lui avaient donné, - il leur parla selon que les jeunes gens lui avaient conseillé de le faire, et leur dit : Mon père vous a impose un joug pesant, mais moi je le rendrai encore plus pesant ; mon père vous a châtiés avec des verges, mais moi je vous châtierai avec des verges de fer. - Et le roi ne se rendit point à la volonté du peuple, parce que le Seigneur s'était détourné de lui dans sa colère, pour mettre à effet la parole qu'il avait dite à Jéroboam, fils de Nabath, par Ahias Silonite. - Le peuple voyant donc que le roi n'avait point voulu lés écouter, commença à dire : Qu'avons-nous de commun avec David ? Quel héritage avons-nous à partager avec le fils d'Isaï ? Israël, retire-toi dans tes tentes ; et toi, David, pourvois maintenant à ta maison. Et Israël se retira dans ses tentes. - Cependant Roboam p.12 fin p.13 début continua de régner sur tous les enfants d'Israël qui demeuraient dans les villes de Juda. - Le roi Roboam envoya ensuite Aduram, qui avait la surintendance des tribus ; mais tout le peuple le lapida, et il mourut. Le roi Roboam monta aussitôt sur son char, et s'enfuit à Jérusalem. - Et Israël se sépara de la maison de David, et il en est resté séparé jusqu’à ce jour. "
23. I Rois, XXI, 25-26 : " Achab n'eut donc point son semblable en méchanceté, vendu qu'il était pour faire le mal aux yeux du Seigneur : car il y était encore excité par Jézabel sa femme. - Et il devint tellement abominable, qu'il adorait les idoles des Amorrhéens que le Seigneur avait exterminé à l'entrée des enfants d'Israël. "
26. II Chroniques, XXII, 2-5 : " Il (Ochosias) avait [quarante-deux] ans quand il commença à régner et il ne régna qu'un an à Jérusalem. - Sa mère se nommait Athalie, petite-fille d'Amri. - Ce prince suivit aussi les voies de la maison d'Achab : car sa mère le porta à l'impiété. - Il fit donc le mal en présence du Seigneur, comme la maison d'Achab où il choisit ses conseillers après la mort de son père, et ce fut là la cause de sa perte. - Il se conduisit selon leurs conseils, et il alla à Ramoth de Galaad avec Joram fils d'Achab, roi d'Israël, faire la guerre à Hazaël roi de Syrie. "
27. II Chroniques, XXV, 14-18, 19-24 : " Et Amasias, après avoir frappé du glaive les Iduméens et avoir emporté les dieux des enfants de Séïr, en fit ses propres dieux, les adora et leur offrit de l'encens. - Cette action irrita le Seigneur contre Amasias, et il lui envoya un prophète lui dire : Pourquoi avez-vous adoré des dieux qui n'ont pu délivrer leur peuple de vos mains ? - Le prophète ayant ainsi parlé, Amasias répondit : Est- ce à vous à donner conseil au roi ? Taisez-vous, de peur qu'il ne vous en coûte la vie. Alors le prophète se retira en lui disant : Je sais que Dieu a résolu de vous perdre, parce que vous avez commis un si grand crime, et que, de plus, vous n'avez pas voulu vous rendre à mes avis. - Amasias, roi de Juda, prit donc une funeste résolution, et envoya des ambassadeurs à Joas fils de Joachas, fils de Jéhu, roi d'Israël et lui fit dire : Venez, et voyons-nous l'un l'autre. Sur quoi Joas lui fit cette réponse par ses ambassadeurs : Le chardon qui est sur le mont Liban, envoya vers le cèdre du Liban, et lui dit : Donnez votre fille en mariage à mon fils. Et voilà que les animaux de la forêt du Liban passèrent et foulèrent aux pieds le chardon. - Vous avez p.13 fin p.14 début dit : J'ai défait Edom ; et votre cœur s'est enflé d'orgueil de ce succès. - Demeurez en paix chez vous : pourquoi cherchez-vous votre malheur pour périr, vous et tout Juda avec vous ? - Amasias ne voulut point l'écouter, parce que la volonté du Seigneur était de le livrer entre les mains de ses ennemis, à cause des dieux d'Edom. - Joas, roi d'Israël, s'avança donc, et les deux armées se mirent en présence. Amasias, roi de Juda, était campé à Bethsamès, en Juda. - Et Juda plia devant Israël, et s'enfuit dans ses tentes. - Or Joas, roi d'Israël, prit Amasias, roi de Juda, fils de Joas, fils de Joachas, à Bethsamès, et l'emmena à Jérusalem ; et il fit abattre quatre cents coudée des murailles de cette ville, depuis la porte d'Ephraïm jusqu’à la porte de l'Angle. - Il emporta même à Samarie tout l'or et l'argent, et tous les vases qu'il trouva dans la maison de Dieu, chez les descendants d’Obédédom, et dans les trésors du palais royal. - Il emmena aussi à Samarie les fils de ceux qui étaient en otage. "
28. Esdras, IV, 4-5 : " Ainsi tout le peuple du pays arrêtait autant qu'il le pouvait les travaux du peuple de Juda, et l'inquiétait pendant qu'il bâtissait. - Ils gagnèrent aussi par argent des ministres du roi, pour renverser le dessein du peuple de Juda pendant tout le règne de Cyrus, roi des Perses, et jusqu'au règne de Darius, roi des Perses. "
29. Esther, V, 10-14 : " Et dissimulant sa colère, il retourna chez lui et fit assembler ses amis, avec sa femme Zarès. - Et après leur avoir représenté quelle était la grandeur de ses richesses, le grand nombre de ses enfants, et cette haute gloire où le roi l'avait élevé au-dessus de tous les grands de sa cour et de tous ses officiers, - il ajouta : La reine Esther n'en a point aussi invité d'autres que moi pour être du festin qu'elle a fait au roi, et je dois encore demain dîner chez elle avec le roi. - Mais, malgré tout cela, je croirai ne rien avoir, tant que je verrai le juif Mardochée assis devant la porte du palais du roi. - Zarès sa femme et tous ses amis lui répondirent : Commandez qu'on dresse une potence fort élevée qui ait cinquante coudées de haut, et dites au roi qu'il y fasse pendre Mardochée, et vous irez ainsi plein de joie au festin avec le roi. - Ce conseil lui plut, et il commanda qu'on préparât cette haute potence. "
30. Esther, VII, 9-10 : " Alors Harbona, l'un des eunuques qui servaient d'ordinaire le roi, lui dit : Il y a une potence de cinquante coudées de haut dans la maison d'Aman, préparé par p.14 fin p.15 début ses ordres pour Mardochée celui-là même qui a donné un avis très-salutaire au roi. Le roi dit : Qu'Aman y soit attaché. - Aman fut donc pendu à la potence qu'il avait préparée pour Mardochée et la colère du roi s'apaisa. "
31. DANIEL, VI, 5, 12, 16, 23, 24 : " Ils dirent donc entre eux : Nous ne trouverons point d'occasion d'accuser Daniel, si nous ne la faisons naître de la loi de son Dieu. - Alors les princes et les satrapes surprirent le roi en cette manière et lui dirent : O roi ! vivez éternellement. - Tous les princes de votre royaume, les principaux officiers, les sénateurs, les juges, sont d'avis qu'il soit porté par votre autorité souveraine un édit qui ordonne que tout homme qui, d'ici à trente jours, demandera quoi que ce soit, à quelque dieu ou à quelque homme que ce puisse être, sinon à vous seul, ô roi, sera jeté dans la fosse aux lions. - Confirmez donc maintenant, ô roi, cet avis, et faites publier le décret, afin qu'il demeure stable, comme ayant été établi par les Mèdes et par les Perses, sans qu'il soit permis à personne de le violer. - Le roi Darius fit donc publier cet édit et cette défense. - Lorsque Daniel eut appris que cette loi avait été portée, il entra dans sa maison, et ouvrant les fenêtres de sa chambre du côté de Jérusalem, il fléchissait les genoux chaque jour à trois heures différentes, adorait son Dieu et lui rendait ses actions de grâces. - Ces hommes donc, qui épiaient soigneusement sa conduite, le trouvèrent qui priait et adorait son Dieu. - Et ils vinrent aussitôt trouver le roi pour lui représenter son édit et lui dirent : O roi, n'avez-vous pas ordonné, etc. - Alors Daniel fut emmené par le commandement du roi, et ils le jetèrent dans la fosse aux lions. . . . . Alors le roi fut transporté de joie, et il commanda qu'on fit sortir Daniel de la fosse aux lions, et quand il en eut été tiré, on ne trouva sur son corps aucune blessure, parce qu'il s'était confié en son Dieu. - En même temps, le roi commanda qu'on fît venir ceux qui avaient accusé Daniel, et ils furent jetés dans la fosse aux lions avec leurs femmes et leurs enfants, et ils n'étaient pas encore au bas de la fosse, que les lions les saisirent et brisèrent leurs os. "