Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 135)
77. Ecclésiastique, LI, 38 : " Faites votre œuvre avant que le temps se passe, et il vous en donnera la récompense en son temps. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. CYPRIEN, Epist. I ad Cornelium Pontificem romanum
: " Courage donc, frère bien-aimé. Puisque les avertissements d'une miséricordieuse providence nous crient que le jour de notre combat est proche, nous vous exhortons autant que nous en sommes p.292 fin p.293 début capable, et au nom de la charité qui nous lie ensemble, à vaquer constamment avec tout le peuple aux veilles, aux jeûnes et aux prières Poussons des gémissements non interrompus, faisons entendre de continuelles supplications. Gémissements, supplications, voilà les armes célestes qui nous rendent forts et puissants contre l'ennemi ; voilà l'arsenal spirituel qui nous protège véritablement (Cf. Chefs-d'œuvre des Pères, trad. par M. de Genoude, t. V). "
2. Le concile de Trente, session VI, chapitre X : " Les hommes étant ainsi justifiés et devenus amis et comme les familiers de Dieu (Eph., II, 19 ; Ps. LXXXIII, 8), s'avancent de vertus en vertus, et se renouvellent de jour en jour, comme dit l’Apôtre (I Cor., IV, 16), c'est-à-dire qu'en mortifiant les membres de leur corps, et les faisant servir aux œuvres de justice (Col., III, 5), pour se sanctifier par l'observation des commandements de Dieu et de l'Eglise, ils croissent, par les bonnes œuvres que la foi leur donne la force de pratiquer, dans cet état de justice dont ils sont redevables à la grâce de Jésus- Christ et se justifient ainsi de plus en plus, suivant ce qui est écrit : Que celui qui est juste, se justifie encore. Il est écrit de même ailleurs : Ne craignez point de vous avancer dans la justice jusqu’à la mort. Et dans un autre endroit : Vous voyez que l'homme est justifié par ses œuvres et non pas seulement par sa foi. C'est là cet accroissement de justice que demande la sainte Eglise, lorsqu'elle dit dans ses prières : Donnez-nous, Seigneur, un accroissement de foi, d'espérance et de charité. "
3. S. AUGUSTIN, Præfat. in Ps. XXXI : " La fin de la loi, dit l'Apôtre (I Tim., I, 8), est la charité qui naît d'un cœur pur, d’une bonne conscience et d'une foi sincère. Il met la bonne conscience à la place de ce qu'il appelle ailleurs l'espérance : car celui-là à une bonne espérance qui à la conscience pure. Et celui qui se sent déchiré par les remords d'une mauvaise conscience n'espère plus, et n'attend que sa condamnation. Pour espérer le royaume, ayez la bonne conscience ; et pour avoir la bonne conscience, croyez et agissez ensuite. Ce qui fait que vous croyez, c'est la foi ; ce qui fait que vous agissez, c'est la charité. Dans un endroit, saint Paul nomme la foi la première : La foi, l'espérance et la charité (I Cor., XIII, 13). Dans cet autre, il commence par la charité : La charité qui naît d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère. Pour nous, nous venons p.293 fin p.294 début de commencer par le milieu, c'est-à-dire par l'espérance et la bonne conscience. Je le répète : Que celui qui veut avoir une bonne espérance s'applique à se faire une bonne conscience. Mais pour avoir une bonne conscience, qu'il croie et qu'il agisse. Nous commençons par le milieu, d'où nous allons au commencement et à la fin, qu'il croie et qu'il agisse. Ce qui le fait croire, c'est la foi ; ce qui le fait agir, c'est la charité (Cf. Sermons de saint Augustin sur les Psaumes, t. Ier, p.474-475). "
4. Le même, Tract. LXVII in Evangelium Joannis
: " Quand le Sauveur eut dit à ses apôtres : Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ; si cela n'était, je vous l'aurais dit, car je m'en vais vous préparer le lieu ; leur trouble fut calmé dans la confiance où ils furent dès-lors d'obtenir très-certainement un jour, qu'après avoir essuyé les tentations et les dangers de la vie présente ils seraient reçus avec Jésus-Christ dans la maison du Père céleste, pour y demeurer éternellement avec lui ; parce que, bien que parmi eux-mêmes il y en eût de plus forts, de plus sages, de plus justes et de plus saints les uns que les autres, comme il y a plusieurs demeures dans la maison du Père, pas un de ceux qui suivaient le Fils ne devait en être rejeté, et que chacun d'eux devait y être placé suivant le rang dû à son mérite.
Il est vrai que le père de famille (MATTH., XX, 9), en payant ceux qu'il avait envoyés à sa vigne, ne fit donner à chacun de ses ouvriers qu'un denier, comme ils en étaient convenus avec lui, sans avoir égard au plus ou moins de temps que chacun d'eux avait travaillé. Mais c'est parce que ce denier représentait la vie éternelle, qui sera en effet également éternelle pour tous ceux qui y seront admis. Car l'éternité n'ayant point de fin, la durée de la vie qu'on y possède ne peut être réglée par des mesures différentes. Ce n'est pas non plus ce que Jésus- Christ veut nous faire entendre par la diversité des demeures qu'il dit être dans la maison de son Père ; mais c’est la différence des degrés de gloire proportionnés aux mérites de chacun, dont ils jouiront dans cette éternité, d'ailleurs pour tous la même .
Car le soleil a son éclat, la lune le sien, les étoiles le leur, et entre les étoiles l'une est plus éclatant que l'autre (I Cor., XV, 41). Il en sera de même dans la résurrection des morts. Comme donc les étoiles qui sont dans le ciel ont différents degrés de clarté, de même les saints qui seront dans le royaume de Dieu y auront différents degrés de gloire représentés par les différentes demeures dont p.294 fin p.295 début parle ici Jésus- Christ. Mais, pour marquer que ces saints seraient tous reçus dans ce même royaume sans qu'un seul en fût exclu, le père de famille donne le même prix, qui est un denier, à tous ceux qui avaient travaillé à sa vigne. Et ainsi, comme Dieu qui est charité sera tout en tous, il arrivera par ce moyen que ce que chacun d'eux aura de propre deviendra commun à tous. Car il suffit d'être bien aise de voir dans les autres ce qui nous manque et de l'y estimer, pour pouvoir dire en quelque manière que nous l'avons. C'est ce qui aura lieu dans le ciel, l'inégalité de gloire ne fera naître dans les saints aucune jalousie, parce que la charité qui y règnera en eux les unira parfaitement (Cf. Les Traités de saint Augustin sur l’Evangile de saint Jean, tome III, pag. 271-273). "
35 : " C'est en parlant des élus que Jésus- Christ lui-même a dit dans l'Evangile : Il y a plus d'une demeure dans la maison de mon Père (JEAN, XIV, 2). S'il n'y avait aucune différence dans la récompense accordée à ceux qui entreront un jour en possession de l'éternelle félicité, il n'y aurait pas plusieurs demeures, mais une seule et même pour eux tous. Il y a donc plusieurs demeures, en ce qu'il y a diverses classes parmi les bons, bien qu'ils reçoivent tous un même denier pour avoir travaillé à la même vigne, et que des mérites communs les fassent tous entrer en part d'une commune joie. S'il y a cependant pour eux distinction de demeures, c'est qu'en même temps que la félicité dont ils jouissent est de même nature pour tous, il y a des degrés dans cette félicité même qui est pour chacun la récompense de ses propres œuvres. "
6. Le concile de Trente, session VI, chapitre XVI : "
Les hommes étant donc justifiés de cette manière, soit qu'ils aient toujours conservé la grâce une fois reçue, soit qu'après l'avoir perdue ils l'aient recouvrée, il faut leur mettre devant les yeux ces paroles de l'Apôtre : Employez-vous de plus en plus dans l’exercice des bonnes œuvres, étant bien assurés que Notre-Seigneur ne laisse pas votre travail sans récompense (I Cor., XV, 58). Car Dieu n'est pas injuste, pour oublier vos bonnes œuvres et la charité que vous avez témoignée en son nom (Hébr. VI, 10). Et encore ces paroles : Ne perdez donc pas la confiance que vous avez, et qui doit être récompensée d'un grand prix (Hébr. X, 53). Par conséquent il faut faire envisager la vie éternelle à ceux qui travaillent p.295 fin p.296 début utilement jusqu’à la fin de leur carrière et qui espèrent en Dieu, et comme une grâce que Dieu promet miséricordieusement à ses enfants adoptifs en considération des mérites de Jésus-Christ, et comme une récompense qui, selon la promesse de Dieu même, doit être fidèlement décerné à leurs bonnes œuvres et à leurs mérites.
C'est là cette couronne de justice, que l’Apôtre disait lui être réservé au terme de sa course et de ses combats, et qu'il attendait de son juste juge, comme promise non-seulement à lui, mais aussi à tous ceux qui aiment et désirent le dernier avènement (II Tim., IV, 8). Jésus-Christ en effet, répandant continuellement l'influence de sa vertu en ceux qui sont justifiés, comme le chef dans ses membres, comme le cep dans ses branches, et cette vertu précédant, accompagnant et suivant toujours leurs bonnes œuvres qui sans elle ne pourraient être ni méritoires, ni agréables à Dieu, il faut croire qu'il ne manque plus rien après cela à ceux qui sont justifiés pour qu'ils doivent être censés avoir pleinement satisfait à la loi divine, autant que le comporte l'état de la vie présente par ces œuvres faites en la vertu de Dieu, et avoir véritablement mérité la vie éternelle, pour l'obtenir en son temps, supposé qu'ils meurent en cet état de grâce, comme l'a dit à ce sujet Jésus-Christ notre Sauveur : Si quelqu'un boit de l’eau que je lui donnerai, il n'aura jamais soif ; mais cette eau deviendra en lui une fontaine d’eau, qui rejaillira jusque dans la vie éternelle (JEAN, IV, 13-14). Ainsi, ni nous ne prétendons que notre justice nous soit tellement propre qu'elle nous vienne de notre propre fonds, ni nous ne voulons méconnaître ou répudier celle de Dieu. Car cette justice que nous appelons notre justice, parce qu'elle est inhérente en nous du moment où nous sommes justifiés, est en même temps la justice de Dieu, parce que c'est Dieu qui la répand en nous par la communication qu'il nous fait des mérites de Jésus- Christ. Il ne faut pas non plus manquer d'observer, qu'encore que nos livres saints attribuent aux bonnes œuvres une telle valeur, que Jésus-Christ promet à celui qui aura donné au moindre des siens ne serait-ce qu'un verre d'eau froide, de ne pas le laisser sans récompense (MATTH., X, 42), et que l’Apôtre nous assure que le moment si court et si léger des afflictions que nous endurons en cette vie produit en nous une gloire incomparable d'une éternelle durée (II Cor., IV, 17), un chrétien cependant ne doit pas, ce qu'à Dieu ne plaise, se confier ou se glorifier en soi-même, mais se confier et se glorifier dans le Seigneur, dont la bonté pour les hommes est si grande, p.296 fin p.297 début qu'il veut bien leur faire des mérites de ses propres dons. Et comme nous manquons tous en bien des choses (JAC., III, 2), chacun de nous doit avoir devant les yeux aussi bien la justice et la sévérité de Dieu, que sa miséricorde et sa bonté ; et quand même on ne se sentirait coupable de rien, on ne devrait pas pour cela se juger innocent, parce que notre vie entière doit être examinée et jugée, non au tribunal des hommes, mais à celui de Dieu, qui portera la lumière jusque dans les plus épaisses ténèbres, et produira au grand jour les secrets des cœurs les plus cachés ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qu'il aura méritée (I Cor, IV, 5) ; car il rendra, comme il est encore écrit, à chacun selon ses œuvres (MATTH., XVI, 27; Rom., II, 6).
"
7. S. CYPRIEN, Liv. de l'unité : " La justice nous est nécessaire pour nous rendre favorable le divin juge ; et sans la soumission à ses préceptes et à ses avertissements, point de récompense pour nos œuvres. "
8. S. AUGUSTIN, Epist. CV (al. 194) ad Sextum
: " De quels mérites pourra donc se prévaloir l’homme justifié, lui qui, s'il eût été traité selon ses mérites, n’aurait pu attendre que sa condamnation ? Mais quoi ! les justes n'ont-ils dont point de mérites ? Certainement ils en ont, puisqu'ils sont justes ; mais ce ne sont pas leurs mérites qui les ont rendus tels. Car être rendu juste, c'est être justifié ; or, c'est gratuitement, comme nous le dit l'Apôtre, que nous avons été justifié par l'effet de la grâce de Jésus- Christ .
. . "
" Quel mérite pouvons-nous donc trouver dans l'homme, qui précède la grâce, et qui la lui fasse obtenir, puisque c'est la grâce seule qui fait tout ce qu'il y a en nous de mérites, et que Dieu, en couronnant nos mérites, ne fait que couronner ses propres dons ? Car de même que dès les premiers pas de notre entrée dans la foi, nous avons reçu miséricorde, non parce que nous étions fidèles, mais afin que nous le devinssions ; ainsi, à la fin de notre course où commence la vie éternelle, Dieu nous couronnera, comme dit l'Ecriture, par une abondance de miséricordes (Ps. CII, 4). Ainsi c'est dans la plus exacte vérité que le Psalmiste bénit Dieu en disant : Sa miséricorde me préviendra (Ps. LVIII, 2) ; et : Sa miséricorde me suivra (Ps.
XXII, 6). C'est pourquoi la vie éternelle que nous posséderons sans fin après la fin des siècles, et qui est par conséquent la récompense des mérites précédents, est elle-même appelé une grâce, parce que les mérites auxquels elle est accordée n'ont pas été produits p.297 fin p.298 début en nous par nos seules forces, mais sont en nous l'œuvre de la grâce. Elle est, dis-je, appelée une grâce ; et pourquoi, sinon parce qu'elle est donné gratuitement ? Non qu'elle ne soit la récompense des mérites ; mais parce que les mérites mêmes, en vue desquels elle est accordée, nous ont été donnés. On demandera peut-être en quel endroit la vie éternelle est appelée grâce. Il ne faut pour le trouver qu'ouvrir les épîtres de saint Paul, ce grand défenseur de la grâce.
La mort, dit-il, est le paiement et la solde du péché ; mais la vie éternelle est une grâce de Dieu en Jésus- Christ Notre-Seigneur (Rom., V, 23). "
" Remarquez, je vous prie, avec quelle attention l'Apôtre, dans une phrase si courte, pèse toutes ses paroles. Il suffit de les considérer avec soin pour éclaircir ce qu'il y a d'obscur dans cette question. Après avoir dit que la mort est le paiement ou la solde du péché, qui ne s'attendrait à l'entendre ajouter, par une conséquence naturelle et tout-à-fait convenable, que la vie éternelle est le paiement ou la solde de la justice ? En parlant ainsi, il n'aurait rien dit qui ne fut très-vrai. Car comme la mort est la solde qui est due au péché, et qu'il mérite, la vie éternelle est aussi comme la solde qui est due à la justice, et qu'elle mérite. . . . "
" Ce n'est qu'à la véritable justice que la vie éternelle est due. Mais sache aussi (ô homme), que ta justice, si elle est véritable, ne vient pas de toi, mais qu'elle vient d'en haut et descend du Père des lumières (JAC., I, 4). Si donc tu as cette justice véritable, tu l'as certainement reçue. Car enfin, qu'as-tu que tu n'aies pas reçu (I Cor., IV, 7) ? Qui que tu sois donc, ô homme, qui dois recevoir la vie éternelle, sache que, quoiqu'elle soit la récompense de la justice, elle est en même temps une grâce pour toi, puisque la justice même que tu as est une grâce. Afin que cette récompense te fût due à toi, il faudrait, que la justice, à laquelle seule elle est due, te vînt de toi. Mais il n'en est pas ainsi : nous n'avons rien de nous-mêmes. Nous avons reçu de lu plénitude de Jésus-Christ, non-seulement la grâce par laquelle nous vivons maintenant selon la justice au milieu des travaux dont cette vie est remplie, et qui ne finiront qu'avec elle ; mais encore celle que saint Jean appelle grâce pour grâce (JEAN, I, 46), une dernière grâce qui sera la suite de cette première grâce, et par laquelle nous vivrons sans fin dans un parfait repos. "
9. Le même, De moribus Ecclesiæ catholicæ, c. 25 : " Aimons donc Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout p.298 fin p.299 début notre esprit, si nous nous sommes proposés d'acquérir la vie éternelle. Car la vie éternelle est toute la récompense qui nous est promise ; or, la récompense ne peut pas précéder le mérite et être donnée à l'homme avant qu'il en soit digne, puisque ce serait une injustice, tandis que Dieu est la justice même. Nous ne devons donc pas prétendre l'obtenir avant de l'avoir méritée (Cf. Les mœurs de l'Eglise catholique, p. 80). "
10. S. AUGUSTIN, in Ps. XCIII : " Vous considérez le travail que vous endurez ici ; mais considérez de même quel repos Dieu vous promet. Pouvez-vous seulement vous le figurer ? Si vous le pouviez, vous reconnaîtriez que ce que vous souffrez n'est rien en comparaison des biens que vous attendez. Ecoutez ce que disait saint Paul, qui voyait ces biens en partie : Le moment si court et si léger des afflictions que nous endurons en cette vie, produit en nous le poids éternel d'une souveraine et incomparable gloire. Quel est ce poids éternel d’une souveraine gloire ? A qui Dieu le prépare-t-il ? L’Apôtre le dit ensuite : A nous qui ne considérons point les choses visibles, mais les invisibles ; parce que les choses visibles sont temporelles, au lien que les invisibles sont éternelles. Ne soyez point lâche et paresseux dans un travail qui passe vite, et vous goûterez une joie qui ne passera jamais. Dieu vous promet une vie qui n'aura pas de fin. Jugez par quels travaux elle mérite d'être achetée. "
" Ecoutez ceci, mes frères Ce que je possède est à vendre, vous dit Dieu. Ce que j'ai est à vendre ; achetez-le. Qu'est-ce que Dieu a donc à vendre ? dites-vous. Il a un repos à vendre ; achetez-le par le travail. Ecoutez-moi, je vous prie, afin qu'au nom de Jésus-Christ nous devenions des chrétiens courageux.
. . Ecoutez donc. "
" Dieu vous propose d'acheter en quelque sorte le royaume du ciel. Vous lui demandez combien il coûte. Il vous répond que c'est par le travail qu'on l'achète. S'il vous disait qu'on l'achète avec de l'or, vous lui en demanderiez plus particulièrement le prix : car un grain d'or est aussi bien de l'or qu'une livre d'or. Lors donc que, pour vous épargner la peine de chercher comment on pourrait acheter ce royaume, on vous dit tout d'abord que c'est par le travail, demandez de même quel doit être ce travail, et combien il doit durer. Dieu, avant de vous répondre, vous dit : Je veux vous faire voir avant tout quel est ce repos ineffable que je vous prépare, afin que vous jugiez vous-même par quel travail on doit l'acheter. "
p.299 fin p.300 début " Que Dieu nous dise donc combien ce repos doit avoir de charmes. Heureux ceux qui demeurent dans votre maison ; ils vous loueront dans les siècles des siècles (Ps. LXXXIII, 5). C'est là le repos éternel. Ce repos n'aura point de fin ; cette joie ne passera jamais, ne finira jamais ; cet état d’incorruptibilité durera éternellement. Vous aurez une vie éternelle, vous aurez un repos sans fin. De quel travail doit être acheté un repos qui sera éternel ? Si vous voulez être juste dans cette comparaison, si vous voulez être équitable dans cette estimation des choses, n'avouerez-vous pas que, pour acheter un repos éternel, il faudrait aussi un travail qui le fût également ? Cela est incontestable ; mais ne craignez pas, Dieu est plein de miséricorde. S'il vous fallait travailler éternellement, quand arriveriez-vous à ce repos qui mériterait qu'on l'achetât par un travail qui durât toujours ? Faites la balance égale : pour mériter un repos éternel, il faudrait un travail éternel. Mais si vous travailliez toujours, vous ne vous reposeriez jamais. Donc, pour que vous puissiez jouir de ce que vous achetez, il est nécessaire que votre travail ait une fin ; non qu'un repos éternel ne vaille bien un travail éternel, mais parce qu'autrement il vous serait impossible d'entrer jamais en jouissance de ce que vous achetez. "
" Ce repos donc mériterait d’être acheté par un travail éternel ; mais il faut de toute nécessité que ce travail soit temporel. La justice voulant donc que ce travail n'eût pas de fin, que serait-ce qu'un travail de dix millions d’années ? Car, après tout, dix millions d'années, quelques longues qu'elles soient, ont pourtant une fin ; et ce repos que je vous promets, nous dit Dieu, n'aura point de fin. O bonté, ô miséricorde de notre Dieu ! Il ne vous dit pas même : Travaillez pendant dix millions d'années, travaillez pendant mille ans, pendant cinq cents ans ; mais : Travaillez pendant le temps si court des années de votre vie. C'est par-là que vous achèterez le repos, et ce repos n'aura pas de fin (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. V, p. 155-156). "
11. Le même, in Ps. CXX : " Que veut dire cette parole : Que votre main gauche ne sache pas ce que fait votre main droite (MATTH., VI, 3) ? Elle veut dire : Quand vous faites une bonne œuvre, faites-la en vue de la vie éternelle. Car si vous ne la faites qu'en vue de jouir des biens de la terre, votre gauche sait alors ce que fait votre droite ; vous mêlez la main droite avec la p.300 fin p.301 début main gauche. N'agissez qu'en vue de la vie éternelle, et vous agirez avec assurance : car c'est là ce que Dieu à commandé. " " Si vous n'agissez qu'en vue de la terre, et seulement pour la vie présente, la gauche alors agit seule en vous. Si, au contraire, vous n'agissez qu'en vue de la vie éternelle, c’est votre droite seule qui travaille. Si vous avez en vue la vie éternelle, et qu'il se glisse en même temps en vous un désir secret de la vie temporelle, en sorte que vous y ayez quelque égard dans le bien que vous faites, en souhaitant que Dieu vous en récompense ici-bas, c'est alors la gauche qui se mêle avec votre droite, et c'est ce que Dieu défend (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. VI, p. 395). "
12. Le même, Lib. L Homiliarum, hom. XIV, c. 2 : " Ecoutons maintenant l'apôtre saint Paul nous dire aux approches de son martyre, et dans l'attente certaine de la couronne qui lui était préparée : J'ai bien combattu ; j'ai achevé ma course ; j'ai gardé ma foi. Il me reste à attendre la couronne de justice, que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra dans ce dernier jour, et non-seulement à moi, nais aussi à tous ceux qui désirent son avènement. Le Seigneur, comme un juste juge, dit l'Apôtre, me rendra la couronne de justice : c'est donc que cette couronne sera due. Que rendra-t-il ? La couronne de justice : le juste juge ne pourra donc manquer de la rendre. Car en voyant achevé l'ouvrage commandé, il ne pourra, lui qui voit tout, en refuser le salaire. J'ai bien combattu ; voilà l'ouvrage commandé. J’ai achevé ma course ; voilà l'ouvrage achevé. J’ai gardé ma foi ; voilà encore l'ouvrage qu'il lui était ordonné de faire. Il me reste à attendre la couronne de justice ; voilà le salaire : mais pour le recevoir vous n'avez point à agir, et pour le gagner ou pour faire l'ouvrage, vous n'êtes pas réduit à agir seul. La couronne vous vient de lui ; l'ouvrage vient de vous, mais non sans qu'il vous prête pour cela son concours. "
13. Le même, in Ps. LXXXIII, sur ces paroles,
Dieu aime la miséricorde et la vérité : " Il aime la miséricorde, parce qu'il m'a prévenu de sa grâce. Il aime la vérité, parce qu'il acquitte fidèlement à celui qui à foi en lui la promesse qu'il lui a faite. Voyons comme cette miséricorde et cette vérité se sont exercées sur la personne de saint Paul. Comme il était d'abord persécuteur de Jésus-Christ, et qu'il avait besoin de miséricorde, il reconnaît que Dieu la lui a faite, lorsqu'il dit : Moi qui étais auparavant un p.301 fin p.302 début blasphémateur, un persécuteur et un outrageux ennemi de son Eglise, j’ai trouvé cependant miséricorde (I Cor., XV, 10), et c'est par la grâce de Dieu que je suis tout ce que je suis. Il dit dans un autre endroit, et aux approches de son martyre : J’ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi : il ne reste maintenant à attendre la couronne de justice (II Th., IV, 7). Celui qui m'a fait éprouver sa miséricorde me fera éprouver aussi sa vérité.
Comment lui fera-t-il éprouver sa vérité ? Parce que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce jour-là cette couronne qu'il m'a promise. Il m'a accordé le pardon de mes crimes ; il me donnera maintenant la couronne. Il m'a pardonné gratuitement mes péchés ; il me doit maintenant la couronne par justice. Comment la doit-il ? Dieu peut-il nous être redevable ? De qui a-t-il reçu quelque chose qu'il doive ensuite lui rendre ? Cependant saint Paul déclare que Dieu est son débiteur. Il a déjà reçu sa miséricorde, et maintenant il exige sa vérité. Le Seigneur, comme un juste juge, me la rendra en ce jour. Que vous rendra-t-il sinon ce qu'il vous devait ? Et que put-il vous devoir ? Que lui avez-vous donné ? N'avez-vous pas dit vous-même (Rom., XI, 35) : Qui est-ce qui lui a donné quelque chose avant d'avoir lui-même rien reçu de lui, pour prétendre avoir droit à une récompense ? Non, répond-il, c'est Dieu lui-même qui se rend notre débiteur. Il nous doit, non qu'il ait reçu de nous, mais parce qu'il s'est engagé lui-même par ses promesses. On ne lui dit point : Rendez-nous ce que nous vous avons donné ; mais : Rendez-nous ce que vous nous avez promis (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. IV, p. 477-479). "
14. Le même, in Ps. C: " Saint Paul, après avoir obtenu de Dieu miséricorde, le regarde ensuite comme engagé à lui rendre la récompense qu'il lui a promise. Il le reconnaît comme son bienfaiteur au temps de la miséricorde ; mais il le regarde comme son débiteur au jour du jugement qu'il prononcera. Ma mort est proche, dit-il (II Tim., IV, 6), et le temps de consommer mon sacrifice n'est pas loin : J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. C'est comme s'il disait : Voilà ce que j'ai fait, dans le temps de la miséricorde. Voyez comment il parle ensuite du temps où Dieu jugera. Il me reste à attendre la couronne de justice que le juste juge me rendra en ce jour. Il me la rendra, dit-il : il ne dit pas qu'il la lui donnera. Quand d'abord il lui donnait sa grâce, il était miséricordieux ; mais en lui ren- p.302 fin p.303 début dant la couronne, il sera un juste juge : ce qui rappelle les premières paroles de ce psaume : Seigneur, je relèverai par mes cantiques votre miséricorde et votre justice. Il pardonne les péchés ; il donne ensuite la couronne en récompensant les bons, parce qu'il est un juste juge. Pourquoi est-il un juste juge lorsqu'il me récompense, et qu'il me rend la couronne de justice ? C'est parce que j'ai bien combattu, que j'ai achevé ma course, et que j'ai gardé la foi. Un juste juge ne trouve rien qu’à couronner en toutes ces choses (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. V, p. 338-339). "
15. Le même, Tract. III in Evangelium Joannis
: " En vivant de la foi, vous mériterez de posséder Dieu ; vous aurez l'immortalité et la vie éternelle pour récompense. Mais cette récompense est encore une grâce. Car par où aurez-vous mérité d'avoir la vie éternelle, sinon par la grâce qui vous aura été donnée ? En effet, si la foi elle-même est une grâce, et si la vie éternelle est donnée pour récompense de la foi, Dieu semble, il est vrai, donner la vie éternelle comme acquittement d'une dette ; mais cette dette elle-même, envers qui l'a-t-il contractée ? Envers le fidèle qui se l'est acquise par sa foi. Mais comme la foi elle-même est une grâce, la vie éternelle est alors grâce pour grâce. "
" Ecoutez l'Apôtre reconnaître avant tout la grâce que Dieu lui a faite, et ne demander qu'en conséquence de cette grâce la récompense qui lui est due : J’étais auparavant, dit-il (I Tim., I, 13), un blasphémateur, un persécuteur, un outrageux ennemi de l'Eglise de Jésus- Christ ; mais j'ai obtenu miséricorde. Voilà comment il reconnaît la grâce qu'il à reçue. Il confesse qu'il était indigne de la recevoir, mais que, malgré son indignité, il l'a reçue cependant, non par un effet de ses mérites, mais par l'effet de la miséricorde de Dieu. Et voici comment, après avoir reçu cette grâce sans l'avoir méritée, il réclame comme due la récompense du bien qu'elle lui a fait faire : Je suis, dit-il (II Tim., IV, 6), comme une victime qui va être sacrifiée et le temps de ma mort approche. J’ai combattu le bon combat ; j'ai achevé ma course ; j'ai gardé ma foi. Il ne me reste plus qu'à attendre la couronne de justice qui m'est réservée. Il réclame une dette, il demande qu'elle lui soit acquittée. Car écoutez les paroles qui suivent : Que le Seigneur comme un juste juge me décernera dans ce dernier jour. Pour recevoir d'abord la grâce, il lui fallait un père plein de p.303 fin p.304 début miséricorde pour obtenir la récompense qui est la suite de cette grâce, il s'adresse maintenant à la justice de son juge (Cf. Les Traités de saint Augustin sur l’Evangile de saint Jean, tome 1, pag. 275-276). "
16. Le second concile d'orange, canon 18 : " La récompense est due aux bonnes œuvres ; mais la grâce n’est due à personne, et elle précède nos bonnes œuvres puisqu'elle en est le principe. "
17. S. AUGUSTIN, in Ps. XLIX : " Rassemblez devant lui les justes. Quels sont ces justes, sinon ceux qui vivent de la foi et qui font des œuvres de miséricorde ? Car ces œuvres, selon l'Evangile, sont des œuvres de justice. Prenez garde, dit Jésus-Christ (M ATTH., VI, 1), de faire vos œuvres de justice devant les hommes dans l'intention d'en être regardés.
Et comme si on lui eût demandé : De quelle justice parlez-vous ? il dit aussitôt après : Lors donc que vous faites l'aumône ; marquant par-là que les aumônes sont des œuvres de justice. Rassemblez devant lui les justes ; assemblez devant lui ceux qui ont eu compassion du pauvre, qui ont abaissé sur lui les yeux de leur cœur. Assemblez-les enfin, pour que le Seigneur les conserve, et qu'il leur donne la vie. Assemblez devant lui ses justes, qui ont scellé leur alliance avec lui par des sacrifices, c'est-à-dire, qui pensent à ses promesses dans toutes les œuvres qu'ils font. Car toutes ces œuvres sont des sacrifices, puisque Dieu à dit lui-même : J'aime mieux la miséricorde que le sacrifice (Os., VI, 6). Qui ont scellé leur alliance avec lui par des sacrifices. "
" Les cieux annonceront sa justice. Les cieux nous ont en effet annoncé la justice de Dieu. Les Evangélistes nous l'ont prédit : nous avons appris d'eux qu'il y en aurait que Dieu mettrait à sa droite, et à qui il dirait : Venez, les bénis de mon Père, recevez. . . Quoi ? Le royaume.
Pourquoi ? Parce que j’ai eu faim, et que vous m'avez donné à manger. Qu'y a-t-il d'aussi bas et d'aussi terrestre, que de donner un morceau de pain à un pauvre ? Le royaume du ciel ne coûte pas davantage. Donnez de votre pain à celui qui a faim (Is., LVIII, 7) ; faites entrer chez vous le pauvre qui n’a point de logement ; lorsque vous verrez quelqu'un qui sera nu, donnez-lui de quoi se couvrir. Mais peut-être n'avez-vous pas de pain à lui donner, ni de logis pour l'abriter, ni d'habits pour le vêtir. Donnez-lui un verre d'eau froide, donnez, comme la veuve de l’Evangile, deux petites pièces d'argent. Cette veuve acheta autant valant avec ses deux petites pièces, que saint Pierre en p.304 fin p.305 début quittant ses filets, et que Zachée en donnant la moitié de son patrimoine aux pauvres. Le royaume des cieux ne coûte qu'autant que vous avez pour l'acheter (Cf. Sermons de saint Augustin, t. II, p. 612-614). "
18. Le même, in Ps. CXI : " Sa race sera puissante sur la terre. Ce mot de race est remplacé dans l'original par celui de semence. Saint Paul dit que la semence qui nous prépare une moisson pour l'avenir, ce sont les œuvres de miséricorde. Ne nous lassons point, dit-il, de faire le bien, puisque, si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le fruit et la moisson en son temps (Gal., VI, 9). Et il dit ailleurs : Celui qui sème peu, recueillera peu (II Cor., IX, 6). Or, qu'y a-t-il de plus puissant, que de faire que le royaume de Dieu, qui à coûté à Zachée la moitié de tous ses biens, ne coûte à cette bonne veuve que deux petites pièce de monnaie, et que cette dernière possède dans le ciel autant que le premier ? Qu'y a-t-il de plus puissant, que de faire qu'un royaume que l'homme le plus riche n'achète pas trop cher de tous ses biens, soit acheté par le pauvre au prix d'un verre d'eau froide (Cf. Ibid., t. VI, p. 57-58) ? "
19. Le même, de octo Dulcitii quæstiombus, q. IV ; c'est la répétition de ce que nous venons de citer de sa paraphrase sur le psaume CXI.
Question III
Quelles sont les principales espèces de bonnes œuvres où se fait reconnaître et s’exerce particulièrement la justice chrétienne ?
L'Ecriture nous en marque trois, qui sont la prière, le jeûne et l'aumône. Car toutes les autres bonnes œuvres à peu près, qui ont pour principe une foi vive, et qui font briller, croître et grandir la justice du chrétien, peuvent se rapporter sans peine à ces trois sources. De là ce sublime oracle de l'ange Raphaël : La prière accompagnée du jeûne et de l’aumône, vaut mieux que tous les trésors et tout l'or qu'on peut amasser. Saint Augustin a dit de même : " La justice de l'homme en cette vie consiste dans le jeûne, l'aumône et la prière. "
Notre-Seigneur, dans l’Evangile de saint Matthieu, nous donne des instructions sur chacune de ces vertus, et il promet de plus la récompense céleste comme déjà toute préparée à ceux qui, faisant partie de son Eglise, pratiquent sans hypocrisie et de bon p.305 fin p.306 début cœur le jeûne, la prière et l'aumône.
De là cette assurance qu'il nous donne, et qu'il nous réitère tant de fois, que notre Père qui voit ce qui se passe dans le secret, nous en rendra la récompense. C'est en ces choses aussi qu'il veut que notre justice abonde pour que nous puissions un jour entrer dans le royaume des cieux ; c'est par-là qu'elle doit luire devant les hommes, afin que, voyant nos bonnes actions, ils en glorifient le Père céleste. C'est pour cela que nous avons été créés ou régénérés en Jésus- Christ ; ce sont là les œuvres que Dieu nous à préparées pour nous occuper toute notre vie. Ce sera, pour les avoir pratiquées par amour pour Dieu, que les justes seront admis dans le ciel où ils règneront éternellement, comme ce sera pour en avoir négligé la pratique, que les méchants seront précipités dans le feu éternel de l'enfer.
Or, autant c'est une chose vaine et pharisaïque de vanter sa propre justice en méprisant les autres, et de mettre sa confiance dans ses bonnes œuvres, autant il est raisonnable et digne d'un chrétien de s'adonner aux bonnes œuvres dans des sentiments d'humilité, ou, si l'on se glorifie, de se glorifier dans le Seigneur, qui opère en nous le vouloir et le faire, comme le dit l'Apôtre.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
2. MATTHIEU, VI, 1-6, 16-18 : " Gardez-vous bien de faire vos bonnes œuvres devant les hommes pour attirer sur vous leurs regards ; autrement vous ne recevrez point de récompense de votre Père qui est dans les cieux. - Lors donc que vous faites l'aumône, ne sonnez pas de la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les rues et les synagogues pour se faire honorer des hommes. - Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense.
- Pour vous, quand vous faites l'aumône, que votre main gauche ne sache pas ce que fait la droite, - afin que votre aumône soit tenue dans le secret ; et votre Père, qui voit ce qui se passe dans le secret, vous en rendra la récompense. - Et quand vous priez, ne faites pas comme les hypocrites, qui aiment prier debout dans les synagogues et dans les carrefours pour être vus des hommes. - Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. - Pour vous, quand vous prierez, entrez dans votre chambre, et après en avoir fermé la porte, priez votre Père en secret, et votre Père qui voit ce qui se passe dans le secret, vous en rendra la récompense. "
" Quand vous jeûnez, ne soyez pas tristes comme les hypocrites ; car ils exténuent leur visage, pour que leur jeûne apparaisse aux yeux des hommes. - Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. - Pour vous, quand vous jeûnez, parfumez-vous la tête et lavez-vous la figure, - afin que les hommes ne voient pas que vous jeûnez mais seulement votre Père, qui est présent à ce qui se passe dans le secret ; et votre Père qui voit ce qui se passe dans le secret, vous en rendra la récompense. "
3. Ibidem, V, 20, 16 : " Je vous le dis, si votre justice n'abonde plus que celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. " " Que votre lumière luise devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. "
4. Ephésiens, II, 10 : à Nous sommes son ouvrage, étant créés en Jésus-Christ pour les bonnes œuvres que Dieu à préparées afin qu'elles soient l'occupation de toute notre vie. "
5. MATTHIEU, XXV, 34-36, 41-43, 46 : " Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père posséder le royaume préparé pour vous dès le commencement du monde. - Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais sans asile, et vous m'avez recueilli ; - nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus me voir. p.307 fin p.308 début " Il dira ensuite à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, préparé pour le diable et ses anges. - Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; - j'étais sans asile, et vous ne m'avez pas recueilli ; nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; malade, en prison, et vous ne m'avez pas visité. " " Et ceux-ci iront au supplice éternel et les justes entreront en possession de la vie éternelle. "
6. JEAN, V, 28-29 : " Ne vous étonnez pas de ce que je vais vous dire : L'heure vient où tous ceux qui seront dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu. - Et ceux qui auront fait le bien sortiront des tombeaux pour ressusciter à la vie ; et ceux qui auront fait le mal en sortiront pour ressusciter à leur condamnation. "
7. LUC, XVIII, 10-14 : " Deux hommes montèrent au temple pour y faire leur prière ; l'un était pharisien, et l'autre publicain. - Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ni non plus comme ce publicain, etc. - Je vous déclare que celui-ci s'en retourna justifié dans sa maison, et non pas l'autre ; car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. "
8. Romains, X, 2-3 : " Je puis leur rendre (aux
Juifs) ce témoignage, qu'ils ont du zèle pour Dieu ; mais leur zèle n'est pas selon la science ; - parce que, ne connaissant pas la justice qui vient de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à Dieu pour recevoir cette justice qui vient de lui. "
9. I Corinthiens, I, 30-31 : " Vous êtes établi en Jésus-Christ qui nous a été donné de Dieu pour être notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption, afin que, selon qu'il est écrit, celui qui se glorifie ne se glorifie que dans le Seigneur. "
10. II Corinthiens, X, 17-18 : " Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur : - car ce n'est pas celui qui se rend témoignage à lui-même qui est vraiment estimable ; mais celui à qui Dieu rend témoignage. "
11. Philippiens, II, 15 : " C'est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon qu'il lui plaît. " p.308 fin p.309 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.