Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 174)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

50. Le même, Lib. I, epist. 33 ad Venantium Italiæ

Cancellarium (ce Venantius, à qui écrit ici saint Grégoire, avait quitté l'habit monastique) : " Bien des gens ont eu la sottise de penser que si j'étais élevé à l'épiscopat, je refuserais de vous parler ou de vous écrire. Mais, bien loin qu'il en soit ainsi, le poste même que j'occupe m'interdit de vous garder le silence ; car il est écrit : Crie avec force, ne te lasse point, etc. (Is., LVIII, 1). Cette considération me fait une nécessité de vous parler, n'importe que vous y consentiez ou que vous refusiez de m'écouter, car je désire de toute l'ardeur de mon âme, ou d'obtenir votre salut, ou du moins de n'être pas entraîné moi-même dans votre perte. Et vous-même vous n'avez pas oublié l'habit que vous avez porté autrefois ; mais, vous remettant sous les yeux la sévérité des jugements de Dieu, vous reconnaissez en quel état vous êtes tombé. Pesez donc, tandis qu'il en est temps, la grièveté de votre faute ; efforcez-vous, tandis que cela vous est permis, de vous soustraire à la rigueur de votre condamnation, de peur d'être forcé un jour de vous entendre adresser une aussi terrible sentence, sans pouvoir la détourner de dessus vous à force de larmes.

Pesez bien ces paroles de l'Evangile : Priez pour que vous ne soyez pas obligé de fuir en hiver ou un jour de sabbat (MATTH., XXIV, 20). Car l'engourdissement que cause le froid gêne pour marcher en hiver, et la loi fait défend de voyager dans les jours de sabbat. En conséquence, chercher prendre la fuite en hiver ou un jour de sabbat, c'est vouloir échappe à la colère du souverain juge, lorsqu'on ne peut plus faire un pas pour s'en défendre. Fuyez donc, tandis qu'il en est temps et que cela vous est permis, la sévérité d'un jugement si redoutable. Pesez encore ces autres paroles : Faites promptement tout ce que votre main pourra faire, parce que p.494 fin p.495 début n’y aura plus ni œuvre ni raison, ni sagesse, ni science dans les enfers où vous courez (Eccles., IX, 10). L'Evangile vous a appris que nous aurons à rendre un compte exact à la justice de Dieu de toutes nos paroles oiseuses, de tous nos propos inutiles. Inférez de là quel châtiment sévère elle tirera des œuvres mauvaises que nous aurons commises, puisqu'il y en aura de condamnés pour de simples paroles. Ananie avait fait vœu de consacrer à Dieu l'argent de son bien ; puis, vaincu par le démon, il se laissa persuader d'en soustraire une partie (Act., V, 2) : mais vous savez comment il fut puni de son avarice. Si donc il se rendit digne de mort, pour avoir soustrait à Dieu cet argent qu'il lui avait donné d'avance, voyez ce que vous mériterez au jour du jugement, vous qui avez soustrait à votre Dieu, non pas votre argent, mais votre personne même que vous lui aviez consacrée en prenant l'habit monastique. Voyez ce que méritez auprès de la justice divine celui qui s'est consacré à Dieu, et puis lui a retiré sa parole, en se laissant séduire par des pensées mondaines. Si vous voulez m'en croire, et vous rendre docile aux paroles sévères que je vous adresse en ce moment, vous reconnaître à la fin combien ces mêmes paroles renferment de bienveillance et de douceur. Ce n'est qu'à regret, je vous l'avoue, que je vous tiens ce langage ; accablé de tristesse pour le mal que vous avez fait, c'est à peine si j'ai la force de vous parler ; et vous, à qui votre conscience en fait le reproche, vous avez peine à souffrir que je vous en parle : cela vous fait rougir, cela vous confond, cela vous donne de l'aversion pour ma personne. Si donc vous ne pouvez soutenir les reproches d'un homme qui n'est après tout que poussière, que ferez-vous lorsque vous serez pour entendre ceux que vous fera votre créateur ? J'avoue cependant que je ne désespère pas pour vous de la miséricorde divine, et que, quoiqu'il vous voie fuir votre éternelle félicité, Dieu vous attend encore pour vous la faire obtenir, et malgré cet orgueil qui vous fait repousser ses grâces, il vous supporte toujours et vous ménage de salutaires avertissements par l'intermédiaire de ses indignes ministres. Tout ce que je demande de vous, c'est que vous méditiez avec attention ces paroles de l'Apôtre : Nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu, car il dit lui-même : Je vous ai exaucé au temps favorable, et je vous ai aidé au jour du salut. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut (II Cor., VI, 1-2). Mais je prévois que lorsque vous recevrez ma lettre, vous p.495 fin p.496 début appellerez autour de vous vos amis actuels, et qu'au sujet de ce qui est pour vous une question de vie, vous demanderez conseil aux auteurs de votre mort, qui, vous aimant bien moins qu'ils n'aiment vos richesses, ne vous diront que ce qui pourra vous flatter dans le moment. Tels étaient en effet, si vous vous en souvenez bien, vos anciens conseillers qui vous ont entraîné dans ce mauvais parti. Pour vous rappeler un mot d'un auteur profane, traitons avec nos amis de toutes sortes d'affaires, mais avant toutes les autres, de celles qui concernent leur personne même. Or, si vous voulez avoir un conseiller qui s'intéresse à votre personne, je vous invite à me prendre. Vous n'en trouverez point de plus fidèle ni de plus sûrs que celui qui aime, non pas votre bien, mais vous-même. Dieu dira à votre cœur combien le mien a d'amour et de tendresse pour vous, sauf toutefois à s'arrêter là où la majesté divine serait offensée. Car c'est mon amour pour vous qui m'oblige à vous poursuivre ainsi de mes reproches. C'est parce que j'aime votre personne que je ne puis approuver ce que vous avez fait. Si donc vous voulez bien croire que je vous aime, venez vous présentez au pied du tombeau des apôtres, et prenez-moi pour votre conseiller. Mais si vous doutez de mon pouvoir auprès de Dieu, et que l'ardeur même de mon zèle m'ait rendu suspect à vos yeux, je prendrai pour mon propre conseil l'Eglise entière et je souscrirai de grand cœur à la décision que tous ensemble auront donnée, bien convaincu qu'elle ne pourra vous être que très-avantageuse. Suivez, je vous en conjure, l'avis que je vous donne, et que la grâce divine vous ait en sa garde. "

51. S. CHRYSOSTOME a publié trois livres contre les ennemis de la vie monastique. Il dit dans le second : " Ce que je trouve de moins pardonnable, c'est que non-seulement des gens qui ne sont nullement intéressés, qui ne sont ni amis, ni parents, ni alliés de ceux qui veulent se faire religieux, fassent tant de bruit, mais que des parents mêmes qui devraient avoir d'autres sentiments, se mettent en pareil cas dans des colères qu'il est impossible d'apaiser : quoique j'en voie d'autres qui les excusent à cause de la tendresse naturelle que des parents ont pour leurs enfants, et qui n'excusent nullement des étrangers et des inconnus qui font tant les empressés et qui témoignent plus de chagrin et plus de dépit contre nous de nous voir renoncer au monde, que ceux même qui devraient y prendre plus d'intérêt à cause des liens du sang ou de l'amitié. "

p.496 fin p.497 début " Pour moi, je raisonne tout autrement ; car ce n'est pas une chose nouvelle de voir des gens qui n'ont nulle liaison avec d'autres s'affliger du bien qui leur arrive, puisqu'ils peuvent le faire par des motifs d'envie ou de jalousie, ou parce qu'ils croient que les désordres des autres excusent leurs propres vices, et qu'ainsi ils peuvent avoir de l'humeur de les voir se déclarer pour le parti de la vertu : sentiments misérables sans doute, mais qu'enfin on conçoit que des étrangers puissent éprouver. Mais que les pères de ces jeunes gens, que ceux qui ont pris soin de les élever, qui tous les jours demandent à Dieu de les voir plus heureux qu'eux-mêmes qui font tout, qui souffrent tout pour arriver à ce but ; que ces même hommes, saisis tout-à-coup comme d'une espèce d'ivresse, s'affligent et se désespèrent lorsque leurs enfants les quittent pour embrasser une vie plus parfaite, c'est une des choses que j'ai le plus de peine à comprendre, et qui me fait croire que tout aujourd'hui est perverti et corrompu. Les siècles passés n'ont rien vu de semblable, etc. (Cf. S. Joannis Chrysostomi opera, t. Ier, p. 57, édit. de Montfaucon ; les Opuscules de saint Chrysostôme, p. 462-463). "

52. Le même, ibidem, lib. III : " Le premier degré de malice et de cruauté est de négliger les intérêts de ses amis ; ou plutôt (descendons plus bas, car je ne sais comment j'allais en faire l'oubli), la loi autrefois donnée aux Juifs ne leur permettait pas même de laisser se perdre les bêtes de charge de leurs ennemis, mais leur faisait un devoir, soit de les relever si elles venaient à tomber, soit de les ramener si elles s'étaient égarées. Le premier degré de malice et de cruauté, pour descendre jusque-là, est donc de ne pas empêcher de se perdre les animaux et autres semblables propriétés des ennemis qu'on peut avoir. Le second, plus élevé dans l'échelle des crimes que le premier, c'est de négliger le soin de ses ennemis eux-mêmes ; car autant les hommes sont au-dessus des bêtes, autant cet autre degré l'emporte en malice sur le premier. Le troisième degré de méchanceté, c'est de dédaigner ses frères, quand même ceux-ci seraient inconnus ; le quatrième ; d'avoir de l'indifférence pour ses proches ; le cinquième, de n'avoir aucun souci de les voir se perdre, non pas seulement quant au corps, mais même quant à l'âme ; le sixième, de ne pas se mettre en peine de voir se perdre, non pas simplement ses proches, mais ses propres enfants ; le septième, de ne pas cher- p.497 fin p.498 début cher du moins quelqu'un qui se donne la peine de les sauver : le huitième, d’empêcher même et d'écarter ceux qui le voudraient de leur propre mouvement ; le neuvième de ne pas se contenter de les en empêcher, mais de s'y opposer de vive force et jusqu'à leur faire la guerre. Que si les trois premiers degrés de malice que je viens d’énumérer sont déjà punissables, quel supplice mérite donc le neuvième de ces degrés, celui-là même où vous êtes parvenus ? Et quand je dirais, non pas le neuvième seulement, mais le dixième et même le onzième, je ne dirais peut-être rien de trop.

Pourquoi ? parce que ce péché est plus grave que les premiers énumérés, non pas seulement à raison de sa nature, mais encore à raison du temps. Que faut-il entendre par ceci, à raison du temps ? C'est que, si nous commettons les mêmes fautes que ceux qui vivaient sous la loi, nous ne serons pas punis de la même manière qu'ils l’eussent été eux-mêmes mais nous le serons avec d'autant plus de rigueur, que nous avons reçu plus de grâces, que nous faisons profession d'une doctrine plus parfaite, et que nous sommes appelés à de plus hautes destinées. Si donc un pareil crime emprunte un plus haut degré de malice, non-seulement à sa nature particulière mais encore à la différence des temps, quel incendie n'allume donc pas contre soi-même celui qui ne craint pas de s'en rendre coupable ? Et pour qu'on ne s'imagine pas que je parle en l'air, je vais citer des faits à l’appui de mes raisonnements ; des faits, dis-je, qui prouveront que, lors même qu'on n'aurait pas négligé son propre salut, on n'en serait pas moins condamné par un arrêté irrévocable si l'on négligeait le salut de ses enfants. "

Ici le saint docteur cite l’exemple du grand-prêtre Héli (I Samuel, II, 16), etc.

" Les religieux jouissent d'un parfait repos ; ils voient le naufrage des autres, sans le craindre pour eux-mêmes comme s'ils étaient dans le ciel ; ils vivent sur la terre comme des anges. Car, comme l'état des anges est toujours le même, qu'on ne voit pas les uns dans la prospérité, les autres dans la détresse, mais que tous goûtent également le même calme, les même joies, la même communauté de gloire ; ainsi en est-il parmi les religieux. Aucun d’eux ne reproche à l’autre sa pauvreté, aucun d’eux ne se targue de ses richesses. La distinction du tien et du mien, cette source de toutes les discordes et de toutes les guerres, est bannie de leurs cellules. Tout chez eux est en commun, la table, la maison, les habits ; et faut-il s'en étonner, puisque tous n'ont p.498 fin p.499 début qu'une même âme ? Ils sont tous également nobles et serviteurs, et tous également libres ; ils possèdent tous les même richesses, qui sont les vraies richesses ; tous la même gloire, qui est la seule véritable gloire ; car ils ne prennent pas pour des biens ce qui n'en a que le nom, mais ce qui l'est en réalité. Ils ont les mêmes plaisirs, etc. (Cf. S.

Joannis Chrysostomi opera, etc. t. Ier, p. 78-79, 93-94 ; Opuscules de saint Jean Chrysostôme, p. 498-499, 523). "

53. Le même, Hom. XIV in I ad Timotheum, et Hom. LVI, LVII et LVIII ad populum Antiochenum (ancienne édition) continue à faire l'éloge de la vie monastique.

54. S. BERNARD, apologiâ ad Guilhelmum abbatem

: " Pauvre moine que je suis ! Pourquoi est-ce que je vis encore ? Est-ce pour voir tomber dans cet état de mépris une profession comme la nôtre, la première qui ait existé dans l’Eglise, ou plutôt celle par laquelle l’Eglise a commencé, celle qui se rapproche le plus de l'état des anges, qui ressemble le plus à la Jérusalem céleste, notre mère, soit par la chasteté qui en fait l'ornement, soit par la charité, qui y brûle de ses flammes les plus ardentes ; cette profession instituée par les apôtres, embrassée pour la première fois par ceux que saint Paul appelle si souvent du nom de saints ? Et en effet, ces derniers ne retenaient rien de ce qui pouvait être à eux, mais tout était partagé entre tous, ainsi qu'il est écrit, suivant les besoins de chacun (Act., IV, 35). "

55. Le même, Homélie sur ces paroles de l’Evangile

: Simile est regnum cœlorum homini negotiatori quærené bonas margaritas : " Qu'est-ce, je vous prie, que cette pierre précieuse pour laquelle nous devons tout donner, c’est-à-dire, nous donner nous-mêmes pour l’avoir, puisque c'est tout donner que de se donner soi-même à Dieu ? N'est-ce pas cette religion sainte, pure et sans tache, qui procure à l'homme l’avantage multiplié en tant de manière de vivre plus saintement, de faire moins de chutes, de se relever plus vite, de marcher avec plus de précaution, de recevoir plus de grâces et de consolations, de prendre un repos moins troublé d'inquiétudes, de faire une mort plus tranquille et plus douce, de faire une plus prompte pénitence de ses fautes, et d'obtenir une plus ample récompense. " p.499 fin p.500 début

Question VI

Que faut-il penser en résumé des conseils évangéliques ?

Nous devons penser de ces conseils, que ce sont des secours très-utiles et des stimulants très-énergiques, propres à soutenir notre faiblesse contre les amorces de la chair et les séductions du monde, à seconder nos efforts pour le bien et nos progrès dans la vraie piété, nous rendre plus libres dans l'accomplissement des devoirs de religion et du service divin, et de plus, comme nous l'avons fait voir, à nous faire obtenir dans le ciel une plus grande récompense et une gloire plus éclatante. Et en effet, toute la perfection évangélique consiste, pour le dire en deux mots, à nous pénétrer le plus que nous pouvons des sentiments de la véritable charité, et à imiter de tout notre pouvoir notre divin maître. Or, nous imiterons Jésus-Christ si nous nous conformons à lui, aussi parfaitement que possible y dans la pauvreté qu'il a embrassée, dans la virginité qu'il a gardée, et dans la soumission et l'obéissance qu'il a pratiquées jusqu’à endurer, par amour pour cette vertu, la mort de la croix ; si, à l'exemple de l'apôtre saint Paul, laissant derrière nous ce qui se trouve déjà fait, nous poussons toujours en avant sans nous lasser jamais, en approchant de plus en plus de la céleste couronne proposée pour prix à nos efforts ; si en même temps nous faisons tout ce qui dépend de nous pour renoncer à notre propre volonté en nous soumettant à celle de Dieu dans la personne de nos supérieurs, si enfin nous aspirons toujours aux dons de Dieu les plus excellents, et si, après avoir choisi la meilleure part, nous prenons de bonne foi les moyens les plus sûr de la conserver jusqu'à la fin. p.500 fin p.501 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. I JEAN, II, 15-17 : " N'aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui. Car tout ce qui est dans le monde est, ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ; ce qui ne vient point du Père mais du monde. Or, le monde passe, et la concupiscence du monde passe avec lui ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. "

2. LUC, XV, 18-20, 26-27, 33 : " Mais tous, comme de concert, commencèrent à s'excuser. Le premier lui dit : J'ai acheté une maison à la campagne, et il faut nécessairement que j'aille la voir ; je vous prie de m'excuser. - Le second lui dit : J'ai acheté cinq couples de bœufs et je m'en vais les éprouver, je vous prie de m'excuser. - Enfin un autre lui dit : J'ai épousé une femme ; ainsi je ne puis y aller. . . . . - Si quelqu'un vient à moi, et ne hait pas son père et sa mère, sa femme et ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. - Et quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. - Ainsi quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple. "

3. Id., VIII, 14 : " Ce qui tombe parmi les épines marque ceux qui ont écouté la parole, mais en qui elle est étouffée par les sollicitudes, par les richesses et par les plaisirs de la vie, de sorte qu'ils ne portent point de fruit. "

4. MATTHIEU, XIX, 10-14, 23-24 : " Ses disciples lui dirent

: Si la condition d'un homme est telle à l'égard de sa femme, il n'est pas avantageux de se marier. - Il leur dit : Tous n'entendent pas cette parole, mais ceux à qui il a été donné. - Alors Jésus dit à ses disciples : Je vous dis en vérité qu'il est bien difficile qu'un riche entre dans le royaume des cieux. - Je vous le dis encore une fois : " Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille, qu'il ne l’est qu'un riche entre dans le royaume des cieux. "

5. Id., XIII, 22 : " Celui qui reçoit la semence parmi les épines est celui qui entend la parole ; mais ensuite les sollicitudes du siècle et l'illusion des richesses étouffent en lui cette parole, et la rendent infructueuse. "

6. I Corinthiens, VII, 32-34 : " Pour moi, je désire vous voir dégagés de soins. Celui qui n'est point marié s'occupe du soin des choses du Seigneur et de ce qu'il doit faire pour plaire p.501 fin p.502 début au Seigneur. - Mais celui qui est marié s'occupe du soin des choses du monde, et de ce qu'il doit faire pour plaire à sa femme, et ainsi il se trouve partagé. De même une femme qui n'est point mariée et une vierge s'occupent du soin des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'esprit ; mais celle qui est marié s'occupe du soin des choses du monde, et de ce qu'elle doit faire pour plaire à son mari. "

7. Ecclésiastique, XXXI, 8-9 : " Heureux le riche qui a été trouvé sans tache, qui n'a point couru après l'or, et n'a point mis son espérance dans l’argent ni dans les trésors. - Qui est celui-là ? et nous le louerons, parce qu'il a fait des choses merveilleuses dans sa vie. "

8. Proverbes, XXIX, 15 : " La verge et la correction donnent la sagesse ; mais l'enfant qui est abandonné à sa volonté couvrira sa mère de confusion. "

9. Juges, XVII, 6 : " En ce temps-là il n'y avait point de roi dans Israël mais chacun faisait tout ce qui lui semblait bon. "

10. Galates, V, 13 : " Car vous êtes appelés, mes frères, à un état de liberté ; prenez garde seulement que cette liberté ne vous serve d'occasion pour vivre selon la chair, mais assujettissez-vous les uns aux autres par le mouvement d'une charité spirituelle. "

12. I Corinthiens, XIII, 1 : " Quand même je parlerais le langage des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis que comme un airain sonnant ou une cymbale retentissante, etc. "

13. I JEAN, II, 5-6, 15 : " Mais si quelqu'un garde sa parole (la parole de Dieu), l'amour de Dieu est vraiment parfait en lui ; c'est par-là que nous connaissons que nous sommes en lui. - Celui qui dit qu'il demeure en Jésus-Christ doit se conduire lui-même comme Jésus-Christ s'est conduit en toutes choses. - N'aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui. "

14. Id., IV, 47 : " Or, c'est en cela que consiste la perfection de notre amour pour Dieu, si nous sommes tels que Jésus-Christ en ce monde, afin que nous puissions avoir confiance au jour du jugement. "

15. Colossiens, III, 13-14 : " Revêtez-vous donc, comme élu de Dieu, saints et bien-aimés, de tendresse et d'entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de modestie et de patience. - p.502 fin p.503 début Mais surtout revêtez-vous de la charité qui est le lien de la perfection. "

16. LUC, IX, 23 : " Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix tous les jours et qu'il me suive. "

18. I PIERRE, I, 18-19 : " Sachant que ce n'a point été par des choses corruptibles, comme de l'or ou de l'argent, que vous avez été rachetés de la vaine superstition où vous avait fait vivre la tradition de vos pères ; - mais par le précieux sang de Jésus-Christ, comme de l'Agneau sans tache et sans défaut. "

19. Id., II, 21 : " Car c'est à quoi vous avez été appelé, puisque Jésus-Christ même a souffert pour vous, vous laissant son exemple, afin que vous marchiez sur ses traces. "

20. Philippiens, III, 13-14 : " Non, mes frères, je ne pense point être encore arrivé au but que je me propose ; mais tout ce que je prétends, c'est qu'oubliant ce qui est derrière moi, et m'avançant vers ce qui est devant moi, - je m'efforce d'atteindre le terme de la carrière pour remporter le prix de la félicité du ciel, à laquelle Dieu nous a appelés en Jésus-Christ. "

21. Psaume LXXXIII, 8 : " Ils seront comblés de bénédictions par le législateur suprême ; ils avanceront de vertus en vertus, et ils contempleront le Dieu souverain dans Sion. "

22. I Corinthiens, XII, v. dern. : " Entre ces dons, ayez plus d'empressement pour les meilleurs ; mais je vais encore vous montrer une voie beaucoup plus parfaite. "

23. LUC, X, 41-42 : " Et le Seigneur lui répondit

: Marthe, Marthe, vous vous inquiétez, et vous vous embarrassez du soin de beaucoup de choses. Cependant une seule chose est nécessaire ; Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée. "

24. Apocalypse, II, 11 : " Soyez fidèle jusqu’à la mort, et je vous donnerai la couronne de vie. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Moralium in Job lib. XXVI, c. 25 (al. 17) : " Les autres règneront, et ne seront point jugés : ce sont ceux qui, s'élevant par l'excellence de leur vertu au-dessus même des préceptes de la loi, ne se sont pas contentés d'accomplir ce qu'elle ordonne à tout le monde, mais ont voulu, p.503 fin p.504 début par le désir d'une plus grande perfection, faire beaucoup plus que ce que les commandements généraux de Dieu leur prescrivaient. Et c'est à eux que Notre-Seigneur adresse ces autres paroles dans son Evangile : Pour vous autres qui m'avez suivi, lorsqu'au temps du renouvellement de toutes choses le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez aussi assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël (MATTH., XIX, 28). Un prophète les désigne encore, lorsqu'il dit : Le Seigneur viendra pour juger avec les anciens de son peuple. Et ce sont eux que Salomon, parlant de l'époux de la sainte Eglise, désigne par ces paroles : Son époux paraîtra avec éclat dans l’assemblée des juges, lorsqu'il sera assis avec les sénateurs de la terre (Prov., XXXI, 23). Ceux-là donc règneront dans le dernier jugement sans être jugés, puisqu'ils viendront eux-mêmes avec leur Créateur pour être juges des autres. En abandonnant toutes choses, ils ont fait plus par un zèle ardent et empressé qu'il ne leur était généralement ordonné. Car ce n'est pas généralement tout le monde, mais à un petit nombre de parfaits que le Seigneur a ordonné en particulier ce qu'il a dit ce jeune homme riche de l'Evangile (MATTH., XIX, 21; MARC, X, 21 ; LUC, XVIII, 22) : Allez, vendez ce que vous avez, et donnez-en le prix aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel, venez donc, et suivez-moi. Et en effet, si tous les fidèles étaient obligés par ce précepte, nous ne pourrions sans péché posséder quoi que ce soit en ce monde.

Mais il y a bien de la différence entre ce que l'Ecriture commande généralement à tout le monde, et ce qu'elle ordonne en particulier à ceux qui aspirent à une plus haute perfection. "

" Ceux-là donc ne seront pas compris dans le jugement général qui se seront élevés par l'excellence d'une vertu plus parfaite au-dessus de tous les commandements généraux qui ont été donnés à tous les fidèles.

Et comme ceux-là périront sans être jugés, qui vivant dans l'infidélité auront négligé la loi, de même ceux-là régneront sans être jugés qui, poussés par l'ardeur d'une piété plus parfaite, s'élève par la pureté de leur vie au-dessus des préceptes généraux de la loi divine. C'est pour cela que saint Paul, voulant aller plus loin que les préceptes qui avaient été particulièrement donnés aux apôtres, en usa d'une manière plus parfaite que Jésus-Christ l'avait ordonné. Car quoiqu'il pût vivre de l'évangile en retour du soin qu'il prenait d'annoncer la parole de Dieu, il le prêcha, sans vouloir vivre aux dépenses de ceux qu'il avait pour auditeurs. De sorte qu'il ne serait pas p.504 fin p.505 début juste que celui-là fût jugé pour pouvoir être admis à régner, qui aurait vécu encore plus parfaitement qu'il ne lui aurait été commandé.

Disons donc ici avec l'Ecriture : Il rend justice aux pauvres (JOB, XXXVI, 6), puisqu'étant assis avec Dieu à son tribunal, ils seront élevés à une puissance d'autant plus grande, qu'ils auront été plus profondément humiliés dans cette vie par le mépris et l'abjection. "

2. S. AUGUSTIN, Lib. de moribus Ecclesiæ catholicæ, c. 33, parlant des cénobites de Milan, de Rome et d'autres endroits (Voir plus haut, question précédente, témoignage 39, page 486), fait de leur charité l'éloge suivant : " C'est la charité surtout qui est observée parmi eux : la charité règle la manière dont ils se nourrissent ; la charité règle leurs paroles ; la charité règle leur maintien ; la charité règle tous les mouvements de leur visage ; la charité est le lien qui les unit, comme elle est le mobile qui les conduit en tout (Voir sur ce même sujet l'opuscule de saint Thomas, intitulé : De perfectione vitæ spiritualis, et sa Somme théologique, 2a 2ae, q. 184 et 186). Ils croient qu'il n'y aurait pas moins de crime à la violer, qu’à violer la majesté de Dieu même. Si quelqu'un rejette les lois de cette divine vertu, on le rejette lui-même et on le chasse ; s'il la blesse, on ne souffre pas l'espace même d'un jour qu'il demeure en cet état. Ils savent que Jésus-Christ et ses apôtres l'ont si particulièrement recommandée, que sans elle rien n'est fait, et qu'avec elle tout est accompli (Cf. Traduction du livre de saint Augustin, des Mœurs de l'Eglise catholique, pag. 121-122). "

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