Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 176)
16. Ecclésiastique, X, 44-43 : " Toute puissance subsistera peu : la maladie qui se prolonge fatigue le médecin. - Le médecin extirpe aisément un mal qui n'a pas encore pris racine.- Ainsi tel est roi aujourd'hui, qui mourra demain. - Quand on sera mort, on aura pour héritage les bêtes, les serpents et les vers. "
18. Psaume XLVIII, 11-18 : " Les insensés et les stupides périront aussi. - Ils laisseront leurs richesses à des étrangers et n'auront désormais que leurs sépulcres pour demeure. . . . . - Que l'envie ne vous trouble point, lorsqu'un homme est dans l'opulence, et que la splendeur de sa maison s'accroît ; - car à la mort il n'emportera rien avec lui, et sa gloire ne le suivra pas, lorsqu'il descendra dans le tombeau. "
19. BARUCH, III, 16-19 : " Où sont maintenant ces princes des nations qui dominaient sur les animaux de la terre, - qui se jouaient des oiseaux du ciel ; - qui amassaient dans leurs trésors l'or et l'argent en qui les hommes mettent leur confiance, et qu'ils désirent avec une passion sans bornes ; qui faisaient. p.11 fin p.12 début mettre l'argent en œuvre avec un art et un soin extrême, et qui en faisaient faire les plus beaux ouvrages ? - Ils ont été exterminés, ils sont descendus dans les enfers, et d'autres sont venus prendre leur place. "
20. Ecclésiastique, XLI, 1-7 : " O mort, que ton souvenir est amer à un homme qui vit en paix au milieu de ses biens ; - à un homme qui n'a rien qui le trouble, à qui tout réussit heureusement, et qui peut encore goûter la nourriture! - O mort, que ta sentence est douce à un homme pauvre, à qui les forces manquent, - qui est dans la défaillance de l'âme, accablé de soins, sans espérance, et à qui la patience fait défaut. - Ne craignez point l'arrêt de la mort ; souvenez-vous de ceux qui ont été avant vous, et de ceux qui viendront après : c'est l'arrêt que le Seigneur a prononcé contre toute chair. - Que craignez-vous, puisqu'il ne peut vous arriver que ce qu'il plaira au Très-Haut ? Qu'un homme vive dix ans, cent ans, mille ans ; - on ne compte point les années de la vie parmi les morts. "
22. Id., XXIV, 42-51 : " Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure votre maître doit venir. - Or, sachez que si le père de famille savait à quelle heure le voleur devrait venir, il veillerait sans doute, et ne laisserait pas percer sa maison. - Tenez-vous donc aussi toujours prêts parce que vous ignorez l'heure à laquelle le Fils de l'homme viendra.- Quel est, à votre avis, le serviteur fidèle et prudent que son maître a établi sur ses domestiques pour leur distribuer dans le temps leur nourriture ? - Heureux ce serviteur, si son maitre le trouve à son arrivée agissant de la sorte. - Je vous dis en vérité qu'il l'établira sur tous ses biens. - Mais si ce serviteur est méchant et que disant en son cœur : Mon maître n'est pas près de venir, - il se mette à battre les autres serviteurs, à manger et à boire avec des ivrognes, - le maître de ce serviteur viendra au jour qu'il ne l'attend pas, et à l'heure qu'il ne sait pas ; - et il le séparera des autres, et lui donnera pour partage d'être puni avec les hypocrites ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. "
23. MARC, XIII, 33-37 : " Prenez garde ; veillez et priez, parce que vous ne savez pas quand ce temps viendra. - Car il en sera comme d'un homme qui, partant pour un long voyage, quitta sa maison, marqua à ses serviteurs ce que chacun devait p.12 fin p.13 début faire, et commanda au portier d’être vigilant. - Veillez donc, puisque vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra ; si ce sera le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou au matin : - de peur que vous surprenant tout d'un coup, il ne vous trouve endormis. - Au reste, ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez. "
24. LUC, XII, 35-46 : " Que vos reins soient ceints, et ayez dans vos mains des lampes allumées, - et soyez semblables à ceux qui attendent que leur maître arrive des noces, afin que, lorsqu'il sera venu, et qu'il aura frappé à la porte, ils lui ouvrent aussitôt. - Heureux ces serviteurs que le maître à son arrivée trouvera occupés à veiller : je vous dis en vérité que, s'étant ceint, il les fera mettre à table, et viendra les servir. S'il arrive à la seconde ou à la troisième veille de la nuit, et qu'il les trouve en cet état, heureux seront ces serviteurs. - Or, sachez que si le père de famille était averti de l'heure où le voleur devrait venir, il veillerait sans doute, et ne laisserait pas percer sa maison. - Tenez-vous donc aussi toujours prêts parce que le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous n'y penserez pas. - Alors Pierre lui dit : Est-ce à nous seuls que vous adressez cette parabole, ou à tout le monde ? - Le Seigneur lui dit : Quel est, à votre avis, l'économie fidèle et prudent que le maître établira pour distribuer à chacun sa mesure de blé en son temps ? - Heureux ce serviteur, que son maître à son arrivée trouvera agissant de la sorte. Je vous dis en vérité qu'il l'établira sur tous ses biens. Mais si ce serviteur dit en lui-même : Mon maître n'est pas près de venir, et qu'il se mette à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne s'y attendra pas, et à l'heure qu'il n'y pensera pas ; il le chassera, et lui donnera pour partage d'être puni avec les serviteurs infidèles. "
25. Apocalypse, III, 3 : " Souvenez-vous donc de ce que vous avez reçu et de ce que vous avez entendu, et gardez-le, faites pénitence ; car si vous ne veillez, je viendrai à vous comme un larron; et vous ne saurez à quelle heure je viendrai. "
26. Ibid., XVI, 15 : " Je viendrai bientôt comme un larron. Heureux celui qui veille, et qui garde bien ses vêtements afin qu'il ne marche pas nu, et n'expose pas sa honte aux yeux de tous. "
27. Ecclésiastique, XIV, 13-17 : " Faites du bien votre ami avant la mort, et donnez l'aumône au pauvre selon votre pou- p.13 fin p.14 début voir. - Ne vous privez pas des avantages du jour heureux, et ne laissez rien perdre du bien que Dieu vous donne. - N'est-ce pas à d'autres que vous laisserez les fruits de vos peines et de vos travaux, qu'ils partageront entre eux ? Donnez, et prenez, et sanctifiez votre âme. - Faites le bien avant votre mort, puisqu'on ne trouve point de quoi réparer ses forces dans le tombeau. "
28. Ecclésiaste, IX, 10 : " Faites promptement tout ce que vous pourrez, parce qu'il n'y aura plus ni action, ni science, ni sagesse, ni raison dans le tombeau vers lequel vous vous avancez à pas de course. "
29. Ibid., XII, 1-2 : " Souvenez-vous de votre créateur pendant votre jeunesse, avant que le temps de l'affliction soit arrivé, et que vous approchiez des années dont vous direz : Ce temps me déplaît ; - avant que le soleil, la lumière, la lune et les étoiles s'obscurcissent, et que les nuées retournent après la pluie, etc. "
30. Galates, VI, 9-10 : " Ne nous lassons donc point de faire le bien, puisque si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le fruit en son temps. - C'est pourquoi, tandis qu'il en est temps, taisons du bien il tous, mais surtout à ceux qui, par la foi qu'ils professent, font une même famille avec nous. "
36. Sagesse, V, 8-15 : " De quoi nous a servi notre orgueil ? Qu'avons-nous retiré de la vaine ostentation de nos richesses ? Toutes ces choses sont passées comme l'ombre, et comme un courrier qui court, etc. - Ainsi nous ne sommes pas plus tôt nés, que nous avons cessé d'être ; nous n'avons pu montrer en nous aucune trace de vertu, et nous avons été consumé par notre malice. - Voilà ce que les pécheurs diront dans l'enfer : - parce que l'espérance des méchants est comme ces petites pailles que le vent emporte ; ou comme l'écume léger qui est dissipée par la tempête ; ou comme la fumée que le vent dissipe ; ou comme le souvenir d'un hôte qui passe, et qui n'est qu'un jour en un même lieu. " p.14 fin p.15 début
37. Psaume X, 6-7 : " Le Seigneur observe l'impie et le juste, et celui qui commet l'iniquité hait son âme (hébr., est pour lui un objet d'horreur). - Le Seigneur fera pleuvoir sur les pécheurs des fléaux auxquels ils n'échapperont pas ; le feu, le soufre, le vent des tempêtes, voilà la coupe qu'il leur prépare. "
38. LUC, XVI, 19, 22-24 : " Il y avait un homme qui était vêtu de pourpre et de lin, et qui se traitait magnifiquement tous les jours, etc. - Le riche mourut aussi, et eut l'enfer pour tombeau. - Et lorsqu'il était dans les tourments, il leva les yeux en haut, et vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. - Et s'écriant, il dit ces paroles : Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez-moi Lazare, afin qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, parce que je souffre horriblement dans ces flammes, etc. "
40. II Corinthiens, V, 1, 6-8 : " Car nous savons que si cette maison de terre où nous habitons vient à se dissoudre, Dieu nous donnera dans le ciel une autre maison ; une maison qui ne sera point faite par la main des hommes, et qui durera éternellement, etc. - Nous sommes donc toujours pleins de confiance ; et comme nous savons que pendant que nous habitons dans ce corps, nous sommes éloignés du Seigneur, et loin de notre patrie - (car ce n'est que par la foi que nous marchons vers lui, et nous ne le voyons pas encore à découvert) ; - dans cette confiance, nous préférons sortir de ce corps pour aller habiter avec Dieu. "
43. Psaume XLI, 1-2 : " Comme le cerf soupire après un courant d'eau vive, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu. - Mon âme a une soif ardente du Dieu fort, du Dieu vivant. Quand donc irai-je et paraîtrai-je devant la face de mon Dieu ? "
44. Id., LXXXIII, 1 : " Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des armées ! Mon âme se consume en désirs pour les parvis du Seigneur. "
43. Ps. CXLI, 8 : " Tirez-moi de cette enceinte qui m'emprisonne, et je bénirai votre nom ; les justes attendent, pour se joindre à moi, le moment où vous me rendrez justice. "
46. Nombres, XXIII, 10 : " Que mon âme (dit Balaam) meure de la mort des justes, et que la fin de ma vie ressemble à la leur. " p.15 fin p.16 début
418. Voir le Dictionnaire universel des conciles, articles : 2e
Concile de MILEVE, tenu l'an 418, et Concile de CARTHAGE, tenu l'an 418), canon 1 : " Quiconque dira qu'Adam a été fait homme mortel, en sorte que, soit qu'il péchât ou qu'il ne péchât point, il dût mourir, c'est-à-dire, son âme sortir du corps, non à cause de son péché, mais par la nécessité de sa nature : qu'il soit anathème). "
3. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Hom. XIII in Evangelia
: " Le Seigneur n'a pas voulu que cette dernière heure nous fût connue, afin qu'étant toujours dans l'incertitude par rapport à elle, et n'en pouvant jamais savoir le moment, nous fussions obligés de nous y préparer sans cesse. " " Ainsi, mes frères, vous devez continuellement avoir les yeux arrêtés sur votre condition mortelle, et vous préparer tous les jours par les gémissements et les larmes à recevoir votre juge. Et puisque la mort est certaine pour tous les hommes, vous ne devez point tant vous mettre en peine de ce qui regarde la vie temporelle, qui est incertaine. . . Ecoutez ces paroles du plus sage de tous les rois : Faites promptement tout ce que peut votre main, parce qu'il n'y aura dans l’autre vie, vers laquelle vous vous avancez tous les jours, ni action, ni science, ni raison, ni sagesse (Ecclés., IX, 10). Puis donc que nous ignorons le moment où nous devons mourir, et que nous ne pourrons plus rien faire après notre mort, il ne nous reste présentement autre chose, que de bien nous servir du temps qui nous est accordé en cette vie. Car le vrai moyen de vaincre la mort lorsqu’elle viendra, c'est de la craindre toujours avant qu'elle vienne (Cf. Les quarante Homélies ou Sermons de saint Grégoire, pag. 122-123, trad. du duc de Luynes). "
4. S. AUGUSTIN, in Ps. CXLIV : " C'est par l'effet d'une grande miséricorde que Dieu vous laisse ignorer le jour de votre mort, afin qu'en pensant tous les jours que vous pouvez mourir, p.16 fin p.17 début vous vous hâtiez de vous convertir. Oui, c'est là de sa part une grande miséricorde. S'il avait marqué à chacun le jour de sa mort, il aurait lâché la bride à tous les désordres. Cette assurance qu'il aurait donnée à tous les hommes leur aurait fait commettre le péché sans aucune crainte. Il vous a donc donné l'espérance du pardon, mais pour que le désespoir ne vous jette pas dans le dérèglement. .. . Il est vrai qu'il vous pardonnera quand vous vous convertirez ; mais il ne vous a pas promis le jour de demain pour vous attendre, pendant que vous remettez à vous convertir (Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. VII, p. 391-393). "
5. Le même, Lib. L homiliarum, hom. 27, sive tract. de utilitate pænitentiæ, c. 3, à la fin : " N'augmentons pas par le désespoir la somme de nos péchés : nous avons pour port assuré la pénitence ; mais d'un autre côté, n'augmentons pas nos péchés par une espérance présomptueuse : nous ne savons quand arrivera le jour de notre mort. "
6. Le même, Soliloques, c. 2 : " L'implacable mort moissonne chaque jour de mille manières les malheureux humains. Celui-ci est victime de la fièvre, celui-là succombe sous le poids de ses douleurs ; tel meurt de faim, tel autre est consumé par la soif ; les uns périssent noyés dans les eaux, les autres sont étranglés. Tantôt ce sont les flammes, et tantôt les bêtes féroces qui nous dévorent. Ici la mort conduit le bras d'un assassin, là elle prépare de funestes poisons ; ailleurs enfin elle n'emploie qu'une terreur subite pour terminer notre malheureuse existence. Mais ce qui met le comble à notre infortune, c'est que nous ignorons tout ce qui a rapport à notre fin, malgré la certitude parfaite où nous sommes que la mort viendra nous frapper. Hélas ! au moment où nous goûtons le charme de la sérénité, elle vient, en nous abattant, détruire nos chimériques espérances. Certains que nous sommes de mourir un jour, nous ne savons ni où ni quand, ni comment nous paierons à la mort ce fatal tribut (Cf. Chefs-d'œuvre des Père de l’Eglise, t. XIII, p. 278-181). "
7. HUGUES DE SAINT-VICTOR, Lib. I de animâ, c. 3 : " Il est certain que vous mourrez : mais il est incertain de quelle manière ou en quel temps ou en quel lieu vous mourrez. Car partout la mort vous attend ; et si vous êtes sages, partout aussi vous l'attendrez. " Saint Bernard dit la même chose, c. 3 de ses Méditations ; quelques-uns d'ailleurs lui attribuent cet ouvrage tout entier de animâ. p.17 fin p.18 début
8. S. AUGUSTIN, Cité de Dieu, liv. XIII, c. 10 : " Du moment où l'on a commencé d'être en ce corps qui doit mourir, rien ne se passe en nous qui ne conspire pour que la mort nous arrive. Car, pendant la durée de cette vie, s'il faut toutefois l'appeler vie, l'instabilité de notre être ne fait que tendre à la mort. Personne qui, à la fin de l'année, n'en soit plus proche qu'avant cette année même, demain qu'aujourd'hui, aujourd'hui qu'hier, l'instant qui va suivre que l'instant présent et l'instant présent que celui qui l'a précédé. Car tout le temps que l'on vit est retranché de celui qu'on doit vivre, et de jour en jour ce qui reste diminue, en sorte que le temps de cette vie n'est à la rigueur qu'une course vers la mort. "
9. Ibidem, c. 11 : " Ah ! que n'avons-nous assez bien vécu dans le paradis (terrestre) pour que la mort n'eût jamais lieu en effet ! Et non-seulement elle a lieu aujourd'hui ; mais elle est si pénible à endurer, que les termes manquent pour l'expliquer, comme les moyens pour la fuir. . . . . Serait-il donc invraisemblable et absurde d'attribuer, non pas à la logique humaine, mais à une intention divine, l'impossibilité grammaticale de décliner régulièrement en latin les modes de ce verbe : Moritur ? Oritur forme naturellement Ortus est, expression du temps passé ; et ainsi des autres verbes qui expriment les vicissitudes du passé. Si nous les demandons à Moritur, il répond : Mortuus est, en doublant la lettre u. Car on dit mortuus comme on dit fatuus, arduus, conspicuus, qui n'ont aucun rapport au passé, et, en tant que noms, se déclinent en dehors de toute différence de temps. Mais ici, comme pour décliner l'indéclinable, on transforme le nom en participe passé.
Il est donc fort rationnel que le verbe lui-même comme l'action qu'il exprime, demeure indéclinable. Aidés toutefois de la grâce de notre Rédempteur, nous pouvons du moins décliner la seconde mort. Elle, en effet, est beaucoup plus terrible, et de tous les maux le pire, cette mort qui ne résulte plus de la séparation de l'âme et du corps, mais de l'éternel embrassement de l'un avec l'autre dans les souffrances éternelles. C'est alors que les hommes ne seront plus avant la mort ni après la mort, mais toujours dans la mort, c'est-à-dire ni jamais vivants, ni jamais morts, mais mourant sans fin. Ce sera en effet le suprême malheur pour l'homme dans la mort, que la mort même ne meure plus (Cf. La Cité de Dieu, etc., trad. par L. Moreau, t. Ier, p. 251-256). "
p.18 fin p.19 début
10. Le même, de verbis Domini, serm. XXI, c. 1 : " Qui ne sait que la nécessité de mourir est un châtiment infligé aux hommes ? Et ce qu'il y a de plus terrible, c'est que nous ignorons le moment de la mort. La peine est certaine, l'heure en est incertaine. De tous les événements humains, le seul certain pour nous, c'est que nous aurons cette peine à subir. Le reste, tant de nos biens que de nos maux, est incertain ; la mort seule est certaine. " Ibidem, c. 3 : " Qu'un enfant vienne à être conçu il est incertain s'il viendra ou s'il ne viendra pas à terme ; s'il grandira ou s'il ne grandira pas ; s'il parviendra jusqu'à la vieillesse ou s'il mourra dans un âge prématuré, s'il sera riche ou s'il sera pauvre ; s'il vivra honoré ou dans l'humiliation ; s'il aura des enfants ou s'il n'en aura pas ; s'il se mariera ou s'il restera célibataire. Quelque autre bien que ce soit que vous me nommiez, je vous inviterai à pressentir le mal contraire. Peut-être sera-t-il malade, et peut-être ne le sera-t-il pas. Peut-être sera-t-il mordu, peut-être ne le sera-t-il pas par un serpent. Peut-être sera-t-il dévoré par une bête féroce, peut-être n'en sera-t-il pas dévoré. Nommez-moi d'autres maux quelconques, peut-être arriveront-ils, peut-être n'arriveront-ils pas. Mais pouvez-vous dire également : Peut-être cet homme mourra-t-il, peut-être ne mourra-t-il pas ? "