Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 178)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

43. Ibidem, c. 7 : " Ce n'est pas la mort qui est amère, elle n'est amère que pour l'impie ; mais au fond, la vie est plus amère que la mort. Car il est plus fâcheux de vivre pour pécher que de mourir au péché, puisque l'impie ne prolonge ses jours que pour pécher davantage ; s'il meurt au contraire, il cesse de pécher. " " Nous aimons en général que nos péchés nous soient pardonnés. Si c'est pour nous en corriger, nous avons raison ; si c'est pour y persévérer, c'est une sotte extravagance. Dans ce cas, il vaudrait mieux subir tout de suite notre condamnation, que de multiplier des péchés qui l'aggraveront encore. "

44. Ibidem, c. 8 : " Si la mort passe pour terrible aux yeux des vivants, ce n'est pas la mort elle-même qui est terrible, mais bien l'idée qu'on se forme de la mort, que chacun apprécie d'après la manière dont il est affecté, ou qu'il redoute selon le témoignage que lui rend sa conscience. Que chacun accuse donc ici le mauvais état où il se trouve lui-même plutôt que la mort qui ne fait qu'y mettre ordre. Enfin, la mort est un port tranquille pour les justes ; elle n'est un naufrage que pour les méchants. Si la crainte de la mort nous est à charge, ce n'est pas la mort elle-même qui nous est à charge, mais c'est de vivre sous le poids de la crainte que nous en avons. Il n'y a rien dans la mort qui soit à craindre pour nous, s'il n'y a rien à craindre dans les actes de notre vie. Les insensés redoutent la mort comme le plus grand des maux ; les sages l'envisagent au contraire comme le terme de leurs maux, et comme le repos qui succède au travail. "

45. Ibidem, c. 12 : " Appuyés sur d'aussi solides espérances, allons sans crainte vers Jésus-Christ, notre rédempteur. Allons d'un pas ferme vers l'assemblée des patriarches ; marchons, lorsque le jour en sera venu, vers Abraham, notre père en cette assemblée des saints et des justes, où nous trouverons nos pères et ceux qui nous ont instruits dans la foi ; et si nos œuvres font défaut, que du moins notre foi y supplée et nous garantisse la possession de notre héritage. "

Question III

Quels avertissements l’Ecriture nous donne-t-elle au sujet du jugement que nous avons à subir ?

C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant, et du Christ établi juge des vivants et des morts, au tribunal de qui nous aurons tous à comparaître pour y rendre p.42 fin p.43 début compte de chacune de nos actions. Car Dieu fera rendre compte en son jugement de toutes les fautes commises, et de tout le bien comme de tout le mal que chacun aura fait. C'est pourquoi l'attente de ce jugement inspire de la frayeur, non-seulement aux pécheurs, mais souvent aussi aux saints eux-mêmes. Elle en inspirait à David, par exemple, lorsqu'il adressait à Dieu cette fervente prière : N'entrez point, Seigneur, en jugement avec votre serviteur. Elle en inspirait également à Job, quelle que fût l'innocence de sa vie, lorsqu'il exprimait dans les termes suivants les sentiments dont il était affecté : Que ferai-je, quand Dieu se lèvera pour me juger ; et lorsqu'il me demandera compte de ma vie, qu'aurai-je à lui répondre. . . ? J’ai toujours craint Dieu comme des flots suspendus au-dessus de moi, et je n'ai pu en supporter le poids. . . Je tremblais à chaque action que je faisais, sachant que vous ne pardonnez pas à celui qui pèche.

Et en effet il est bien à redouter, ce juge dont on ne peut ni éluder le pouvoir, ni mettre la sagesse en défaut, ni corrompre l’équité, ni décliner le jugement ; ce juge dont il est écrit : La jalousie et la fureur de l'homme (c'est-à-dire de l'Homme-Dieu) ne pardonnera point au jour de la vengeance ; il ne se rendra aux prières de personne, et il ne recevra point pour satisfaction les présents, quels qu'ils soient, qu'on pourra lui faire ; ce juge qui, pour que personne n'en prétende cause d'ignorance, a pris soin de prévenir tous les hommes, dans les termes que nous allons dire, du jugement qu'il portera sur nous et du caractère qu'il déploiera à nos yeux : Quand le temps sera venu, je jugerai les justices mêmes. - C'est moi qui suis le Seigneur, qui sonde les cœurs et qui éprouve les reins ; qui rends à chacun selon sa voie, et selon le fruit de ses pensées et de ses œuvres. . . Je viens pour recueillir toutes leurs œuvres et toutes leurs pensées, et pour les assembler avec tous les peuples, de quelque pays et de quelque langue qu'ils puissent être ; ils comparaîtront tous devant moi, et ils verront ma gloire.

Quant au jour du jugement dernier, jour que l’Ecriture appelle le jour du Seigneur, le jour de colère, le grand jour, le jour terrible, voici ce qu'en dit l'apôtre saint Pierre : Comme un larron vient dans la nuit, ainsi le jour du Seigneur viendra tout d'un coup ; et alors, dans le bruit d'une effroyable tempête les cieux passeront, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre sera brûlée avec tout ce qu'elle contient. Puis donc que toutes ces choses doivent périr, quels devez-vous être, et quelle doit être la sainteté de votre vie, et la piété de vos actions, en attendant et hâtant par vos désirs l'avènement p.43 fin p.44 début du jour du Seigneur, où l'ardeur du feu dissoudra les cieux et fera fondre tous les éléments.

Mais pour nous concilier la clémence de ce juge souverain, et changer en un jour heureux pour nous ce jour où passeront le ciel et la terre, suivons cet excellent conseil du sage : Usez du remède avant la maladie. Interrogez-vous vous-même avant le jugement, et vous trouverez grâce devant Dieu. - Si nous nous jugions nous-mêmes, assurément nous ne serions point jugés.

- Celui qui craint le Seigneur se trouvera heureux à la fin de sa vie, et il sera béni au jour de sa mort.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

2. II Corinthiens, V, 10 : " Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce p.44 fin p.45 début qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu'il aura faites pendant qu'il aura été revêtu de son corps. "

3. Romains, XIV, 10-12 : " Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Jésus-Christ selon cette parole de l’Ecriture : Je jure par moi-même, dit le Seigneur, que tout genou fléchira devant moi, et que toute langue confessera que je suis Dieu. - Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu de soi-même. "

5. Id., XII, 48 : " On demandera beaucoup à celui à qui on aura donné beaucoup, et on fera rendre un compte plus sévère à celui à qui on aura confié davantage. "

6. Id., XIX, 18-24 : " Le second étant venu, lui dit : Seigneur, votre marc en a produit cinq autres. - Son maitre lui dit : Vous aurez aussi l'autorité sur cinq villes. - Il en vint un troisième qui lui dit : Seigneur, voici votre marc que j'ai tenu enveloppé dans un mouchoir ; - car j'ai eu peur de vous, sachant que vous êtes un homme sévère qui redemande ce qu'il n'a point donné et qui recueille ce qu'il n'a point semé. - Son maître lui répondit : Méchant serviteur, je vous condamne par votre propre bouche. Vous saviez que je suis un homme sévère qui redemande ce qu'il n'a point donné et qui recueille ce qu'il n'a point semé ; - pourquoi donc n'avez-vous pas mis mon argent à la banque, afin qu'à mon retour je le retirasse avec les intérêts ? - Alors il dit à ceux qui étaient présents : Otez-lui le marc qu'il a, etc. "

8. Ibid., XI, 9 : " Réjouis-toi donc, jeune homme, en ta jeunesse ; que ton cœur soit dans l'allégresse tant que dure ton premier âge ; marche dans les voies que ton cœur préfère et où se complaisent tes yeux ; sache que pour toutes ces choses Dieu t'appellera en jugement. "

9. I Corinthiens, IV, 5 : " C'est pourquoi ne jugez point avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui exposera à la lumière ce qui est caché dans les ténèbres et qui fera voir les plus secrètes pensées de nos cœurs et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui est due. "

10. Romains, II, 1-16 : " C'est pourquoi vous êtes inexcusable, ô homme, qui que vous soyez, qui condamnez les autres, parce qu'en les condamnant vous vous condamnez vous-même, puisque vous faites les mêmes choses que vous condamnez. - p.45 fin p.46 début Car nous savons que Dieu condamne selon la vérité ceux qui commettent ces actions. - Vous donc qui condamnez ceux qui les commettent, et qui les commettez vous-même, pensez-vous pouvoir éviter la condamnation de Dieu ? - Est-ce que vous méprisez les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longue tolérance ? Ne savez-vous pas que la bonté de Dieu vous invite à la pénitence ? - Et cependant, par la dureté et l'impénitence de votre cœur, vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu,- qui rendra à chacun selon ses œuvres - en donnant la vie éternelle à ceux qui, par leur patience dans les bonnes œuvres, cherchent la gloire, l'honneur et l'immortalité ; - et en répandant sa colère et son indignation sur ceux qui ont l'esprit contentieux, et qui ne se rendent point à la vérité, mais qui embrassent l'iniquité. - Tribulation et angoisse sur tout homme qui fait le mal, sur le Juif d'abord, et ensuite sur le Gentil. - Mais gloire, honneur et paix à celui qui fait le bien, au Juif d'abord, et ensuite au Gentil. - Car Dieu ne fait acception de personne. - Et ainsi ceux qui ont péché sans la loi périront sans la loi, et ceux qui ont péché sous la loi seront jugés par la loi. - Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux-là seuls qui la gardent seront justifiés. - En effet, lorsque les gentils, qui n'ont point de loi, font naturellement les choses que la loi commande, n'ayant pas la loi, ils se tiennent lieu eux-mêmes de loi ; - et ils font voir que ce qui est prescrit par la loi est écrit dans leur cœur par le témoignage qu'en rend leur conscience, et par la diversité des réflexions et des pensées qui les accusent ou qui les défendent, - au jour où Dieu jugera par Jésus-Christ, selon l'évangile que je prêche, tout ce qui est caché dans le cœur des hommes. "

11. Sagesse, I, 9 : " L'impie sera interrogé sur toutes ses pensées et ses discours iront jusqu'à Dieu, qui les entendra pour le punir de son iniquité. "

12. Ecclésiastique, XI, 28 : " Il est aisé à Dieu de rendre à chacun au jour de sa mort selon ses voies. - Le mal présent fait oublier les plus grands plaisirs, et, à la mort de l'homme, toutes ses œuvres seront découvertes. "

13. MATTHIEU, XII, 36-37 : " Or, je vous déclare qu'au jour du jugement les hommes rendront compte de toute parole oiseuse qu'ils auront dite ; - car vous serez justifié par vos paroles, et vous serez condamné par vos paroles. " p.46 fin p.47 début

14. Id., XVI, 27 : " Le Fils de l'homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges, et il rendra à chacun selon ses œuvres. "

15. Apocalypse, XX, 12-13 : " Je vis ensuite les morts, grands et petits, qui comparurent devant le trône : et des livres furent ouverts ; et puis on en ouvrit encore un autre, qui est le livre de vie ; et les morts furent jugés sur ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres. - Et la mer rendit les morts qui étaient dans ses eaux ; la mort et l'enfer rendirent aussitôt les morts qu'ils avaient : et chacun fut jugé selon ses œuvres. "

17. Psaume LXI, 12 : " Dieu a parlé une fois, et j'ai entendu ces deux choses : que la puissance appartient à Dieu, et que vous êtes, Seigneur, rempli de miséricorde car vous rendez à chacun selon ses œuvres. "

18. II Timothée, IV, 6-8 : " Pour moi, je suis comme une victime qui a déjà reçu l'aspersion pour être sacrifiée et le temps de ma mort approche. - J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. - Il me reste à recevoir la couronne de justice qui m'est réservée, que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce jour ; et non-seulement à moi, mais à tous ceux qui aiment son avènement. "

19. I PIERRE, IV, 17 : " Car voici le temps où

Dieu doit commencer son jugement par sa propre maison, et s'il commence par nous, quelle sera la fin de ceux qui rejettent l'évangile de Dieu ? "

20. SOPHONIE, I, 12 : " En ce temps-là je porterai la lumière de mon flambeau jusque dans les lieux les plus cachés de Jérusalem, et je visiterai ceux qui sont enfoncés dans leurs ordures, et qui disent dans leur cœur : Le Seigneur ne fera ni bien ni mal. "

21. Psaume LXXIV, 2 : " Quand le temps fixé sera venu, je jugerai les justices (hébr. je porterai des arrêts pleins d’équité). "

22. Hébreux, X, 26-27 : " Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus désormais d'hostie pour les péchés, - mais une effroyable attente du jugement, et l'ardeur d'un feu jaloux qui doit dévorer ses ennemis. "

23. Psaume CXLII, 2 : " N'entrez pas en jugement avec votre serviteur : car quel homme sur la terre est innocent à vos yeux ? " p.47 fin p.48 début

24. Job, I, 1 : " Il y avait au pays de Hus un homme nommé Job. Cet homme était simple et droit, craignant Dieu et s’éloignant du mal. "

26. Ibid., IX, 19-21, 28 : " Si l'on implore quelque puissance, il est tout-puissant ; et si l'on en appelle à la justice d'un juge, il n'y a personne qui puisse devant lui rendre témoignage en ma faveur. - Si je veux me justifier, ma propre bouche me condamnera ; et si je veux faire voir mon innocence, il me convaincra de culpabilité. - Quand même je serais juste et simple, cela me serait caché, et ma vie me serait à charge à moi-même. - Je tremblais à chaque action que je faisais, sachant que vous ne pardonnez pas à celui qui pèche. "

28. Ecclésiaste, IX, 1-2 : " L'homme ne sait s'il est digne d'amour ou de haine, mais tout est réservé pour l'avenir et demeure ici incertain. "

29. I Corinthiens, IV, 3-4 : " Pour moi, je me mets peu en peine d'être juge par vous, ou par quelque homme que ce soit ; je n'ose pas me juger moi-même. - Car, encore que ma conscience ne me reproche rien, je ne suis pas justifié pour cela ; mais c'est le Seigneur qui est mon juge. "

33. Id., XXXII, 18-19 : " C'est vous qui faites miséricorde dans la suite de mille générations, qui faites passer la peine de l'iniquité des pères dans le sein des enfants qui leur succèdent. C'est vous qui êtes le Fort, le Grand et le Puissant. Le Seigneur des armées est votre nom. - Vous êtes grand dans vos conseils et incompréhensible dans vos pensées. Vos yeux sont ouverts sur toutes les voies des enfants d'Adam, pour rendre à chacun selon sa conduite, et selon le fruit de ses œuvres et de ses pensées. "

36. Hébreux, IV, 13 : " Nulle créature ne lui est cachée ; p.48 fin p.49 début car tout est nu et à découvert aux yeux de celui dont nous parlons. "

37. I Chroniques, XXVIII, 9-10 : " Et vous, mon fils Salomon, appliquez-vous à reconnaître le Dieu de votre père et servez-le avec un cœur parfait et une pleine volonté ; car le Seigneur sonde les cœurs et il pénètre toutes les pensées des esprits. Si vous le cherchez, vous le trouverez ; mais si vous l'abandonnez, il vous abandonnera pour jamais. "

38. MALACHIE, III, 5-6 : " Alors je me hâterai de venir, pour être moi-même juge et témoin contre les empoisonneurs, les adultères, les parjures, ceux qui retiennent par violence le prix du mercenaire, qui oppriment les veuves, les orphelins et les étrangers, sans être retenus par ma crainte, dit le Seigneur des armées ; - parce que je suis le Seigneur, et je ne change point : c'est pourquoi, vous, enfants de Jacob, vous n'avez pas encore été consumés. "

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