Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 2)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

3. S. LEON-LE-GRAND, Serm. 4 in Solemn. Nativ. D. N.

J. C. : " C'est un puissant soutien que la foi, quand elle est saine et entière, cette foi à laquelle il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher ; car la foi ne saurait subsister, si elle n'est une, selon ce que dit l’Apôtre : Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême, qu'un Dieu, père de toutes choses, qui est au-dessus de tout, qui est partout, qui est en nous tous. Attachez-vous inébranlablement à cette unité, mes chers frères, et dans cette unité pratiquez la sainteté avec tout le zèle dont vous êtes capables ; dans cette unité appliquez-vous à observer les préceptes du Seigneur, parce que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ; sans la foi, il n'y a rien de saint ; sans la foi, il n'y a rien de chaste ; sans la foi, on est privé de toute vie spirituelle. Car il est écrit : Le juste vit de la foi. "

Question IV

Qu’est-ce qu’on entend par ce nom de foi ? La foi est un don de Dieu, et une lumière dont il éclaire notre âme, pour nous porter à donner notre assentiment et à nous atta- p.7 fin p.8 début cher fermement à tout ce qu'il nous a révélé et qu'il nous propose à croire par son Eglise. Ces vérités que l’Eglise nous propose à croire de la part de Dieu sont, par exemple, que Dieu est un dans sa nature et subsiste néanmoins en trois personnes ; que le monde a été créé de rien ; que Dieu s'est fait homme, et qu'il est mort pour nous ; que Marie est vierge et mère de Dieu tout ensemble ; que tous les morts seront rappelés à la vie ; que l'homme est régénéré par l'eau et par le Saint-Esprit ; que Jésus-Christ est contenu tout entier dans l’Eucharistie, et tant d'autres augustes mystères de notre sainte religion, qui nous ayant été révélés de Dieu, n'ont pas besoin d'être compris par notre intelligence, mais simplement d'être admis par la foi. C'est ce qui a fait dire au Prophète : Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas. En effet, la foi ne consulte point l'ordre de la nature, ne s'en rapporte point à l'expérience que les sens fournissent, ne s'appuie point sur la puissance et la raison de l'homme ; mais elle se fonde uniquement sur la vertu et l'autorité de Dieu, assurée qu'elle est que la vérité souveraine et éternelle, qui est Dieu, ne peut ni se tromper ni nous tromper. C'est pourquoi ce qui caractérise surtout la foi, c'est de réduire tout esprit, en servitude, et de nous faire rendre obéissance à Jésus-Christ, pour qui rien n'est impossible, ni même difficile. Telle est la foi, qu'on peut appeler la lumière de l'âme, la porte de la vie et le fondement du salut éternel. p.8 fin p.9 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Eph., II, 8 : " C'est par la grâce que vous êtes sauvés en vertu de la foi ; et cela ne vient pas de vous, puisque c'est un droit de Dieu. "

2. Hébr, XI, 1 : " La foi est le fondement des choses que l'on doit espérer, et une pleine conviction de ces choses qu'on ne voit point. "

3. I JEAN, V, 7. " Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois sont une même chose. "

6. LUC, II, 7 et 11 : " Elle enfanta son Fils premier-né.

. . . Aujourd’hui dans la ville de David il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. "

7. Rom., V, 8-9 : " Ce qui fait éclater davantage l'amour de Dieu envers nous, c'est que, lors même que nous étions encore pécheurs, Jésus-Christ n'a pas laissé dans le temps de mourir pour nous. "

9. I Cor., XV, 51-53 : " Nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés En un moment, en un clin d'œil, au son de la dernière trompette : car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront en un état incorruptible, et alors nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l'immortalité. "

10. JEAN, III, 5 : " En vérité, en vérité je vous dis, que personne, s'il ne naît de nouveau, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. "

11. Ecclé., III, 22-26 : " Ne recherchez point ce qui est au-dessus de vous, et ne tâchez point de pénétrer ce qui surpasse vos forces ; mais pensez toujours à ce que Dieu vous a commandé, et n'ayez point la curiosité d'examiner la plupart de ses ouvrages : car vous n'avez que faire de voir de vos yeux ce qui est caché. Ne vous appliquez point avec empressement à la recherche des choses non nécessaires, et n'examinez point avec curiosité les p.9 fin p.10 début divers ouvrages de Dieu. Car il vous a découvert beaucoup de choses qui étaient au-dessus de l'esprit de l'homme. Plusieurs se sont laisse séduire par leurs fausses opinions, et l'illusion de leur esprit les a retenus dans la vanité et dans le mensonge. "

13. ISAIE, VII, 9, d'après les Septante : " Si non credideritis, non intelligetis. - Si vous n'avez une forme foi, vous n'aurez point l'intelligence. "

15. JEREM., XXXII, 27 : " C'est moi qui suis le Seigneur, le Dieu de toute chair : y a-t-il rien qui me soit difficile ? "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. BASILE, Serm. de fid. confess. siv. de verâ et piâ fide in Ascet. : " Ainsi donc la foi est un assentiment exempt d'hésitation à la parole de Dieu, avec l'intime persuasion de la vérité des choses qu'il a bien voulu apprendre ainsi aux hommes. "

2. S. BERNARD, Epist. CXC ad Innoc. contr. Petr. Abailard.

: " Dès les premières lignes de son extravagante théologie, il (Abailard) définit la foi une opinion (æstimatio), une conjecture préalable, comme si les mystères de notre foi dépendaient de la raison humaine, au lieu d’être appuyés comme ils le sont, sur les fondements inébranlables de la vérité. Est-ce que, du moment que la foi chancelle, notre espérance n'est pas par cela même anéantie ? Ce seraient donc des insensés que nos martyrs, qui auraient enduré tant de tourments pour de pures opinions, et n'auraient pas hésite à se soumettre à un long exil ou à une dure captivité, tout en hésitant sur la certitude de leur récompense à venir ? Mais à Dieu ne plaise, qu'à l'exemple de ce téméraire, nous pensions que l'hésitation ou le doute puisse entrer dans la foi ou dans l'espérance chrétienne, ou que la foi ne soit pas tout entière appuyée sur une vérité ferme et solide, ayant pour garantie des miracles et des oracles divins, et se présentant à nous cimentée et sanctionnée par l'enfantement d'une vierge, par le sang du Sauveur, par la gloire du Christ ressuscité. Ces témoignages-là sont infiniment dignes de notre croyance, credibilia facta sunt nimis. Que dis-je ? L'Esprit lui-même rend ce témoignage à notre esprit, que nous sommes les enfants de Dieu. Comment donc oserait-on appeler la foi une opinion, à moins d'être convaincu par là même qu'on n'aurait pas encore reçu cet esprit divin, ou d'ignorer p.10 fin p.11 début l’Evangile, ou de le regarder comme une fable ? Je sais, nous crie l'Apôtre, à qui j'ai confié mon dépôt, et je suis certain, CERTUS SUM ; et vous, vous venez nous criailler que la foi est une opinion ! Quoi ! vous me proposez comme douteux ce qu'il y a au monde de plus certain ! Saint Augustin ne parlait point de la sorte. La foi, disait-il, n'est point une conjecture ou une opinion qui se forme en nous par le travail de nos réflexions ; elle est une conviction intérieure avouée par la conscience. Laissons donc ces théories problématiques aux philosophes académiciens, qui se font une règle de douter de tout, et qui effectivement ne savent rien. Pour nous, tenons-nous-en à la définition du Docteur des nations, et nous serons assurés de n'être pas confondus : Scio quia non confundar. Oui, je l'avoue, sa définition de la foi me plaît plus que toute autre, encore bien que mon adversaire s'applique secrètement à la renverser. La foi, dit cet apôtre, est le fondement des choses qu'on espère, une conviction certaine des choses qu'on ne voit pas. Elle est donc un fondement, et non point une opinion, et non point une déduction de nos vaines pensées ; elle est une certitude, et non point une conjecture (Voir l’Histoire de S. Bernard, par M. l'abbé Théodore Ratisbonne). "

3. Le même, ibidem : " Qu'y a-t-il de plus déraisonnable que de vouloir, avec la raison, aller au-delà de ce qui en constitue les limites ? et qu'y a-t-il de plus contraire à la foi que de refuser de croire tout ce qu'avec sa raison on ne saurait atteindre ? Enfin, prétendant donner le commentaire de ces paroles du Sage : Celui qui croit sans examen est un esprit léger (Qui credit cit , levis est corde) : Croire sans examen, dit-il, c'est produire un acte de foi avant tout raisonnement ; tandis que Salomon entendait son proverbe, non de la foi en Dieu, mais de notre trop grande facilité à nous croire les uns les autres. Car, pour ce qui est de la foi divine, le pape saint Grégoire soutient au contraire qu'elle serait sans mérite si nous prétendions la fonder sur la raison humaine (Hom. 26 in Evang.) ; et il loue les apôtres de s'être rendus sur-le-champ à l'ordre que le Sauveur leur avait donné de le suivre. Ce grand pape n'ignorait pas en effet que ces paroles d'un psaume, Il m'a obéi dès qu'il a entendu ma voix (Ps. XVII, 45), renferment une louange du peuple dont il s'agit dans ce verset, et que d'autres au contraire ont été repris pour avoir tardé à croire. Enfin, nous pouvons nous rappeler que Marie a été récompensée d'avoir cru sans raisonner, et Zacharie puni d'avoir raisonné avant de croire, p.11 fin p.12 début et qu'Abraham a été loué par l’Apôtre pour avoir espéré contre toute espérance (Rom., IV, 18), et cru contre les apparences mêmes. "

4. S. AUGUSTIN, contr. Epist. Manich. quam vocant.

fundamenti, c. 5 : " Que feriez-vous, si vous trouviez quelqu'un qui ne croirait pas encore à l’Evangile et qui vous dirait qu'il ne croit pas ? Pour moi, je ne croirais pas à l'Evangile, si je n'y étais porté par l'autorité de l'Eglise catholique. "

7. S. BASILE, in Ps. CXV, in ea verba : Credidi propter quod locutus sum : " Que les sacrés oracles qui ont Dieu pour objet aient donc pour interprète non le raisonnement, mais la foi ; la foi, dis-je, qui, mieux que tous les arguments, invite, ou plutôt encore, détermine l'esprit à donner son assentiment. La foi, en effet, ne s'appuie point sur des démonstrations mathématiques, sur des raisons à priori ; mais elle s'insinue dans nos âmes par la vertu toute-puissante de l'Esprit-Saint. . . . Eh quoi ! dans les sciences même purement humaines, quand elles sont traitées avec ordre et méthode, on ne cherche point à démontrer les propositions qui servent de point de départ, d'autant plus que cela serait impossible, et il est nécessaire d'admettre sans preuve, comme avoués de tous, les principes d'un art quelconque, pour passer ensuite à l’étude des conséquences qu'on en déduit.

C'est de cette même manière que les mystères de la théologie requièrent notre assentiment, sans examen ou discussion qui le précède. Certes, l'Apôtre dit aussi qu'il faut croire que Dieu est (Hébr., XI, 6), et non mettre son existence en question, ou demander insolemment : mais ce Dieu quel est-il ! Enfin, si la foi est le fondement des choses qu'on espère, la conviction assume des choses qu'on ne voit pas, vous ne devez pas chercher avec anxiété à voir ce qui maintenant est encore si éloigné de vous, ni révoquer en doute ce que vous espérez obtenir un jour, sous prétexte que votre raison a été jusqu’ici inhabile à l'atteindre. "

8. Le même, Moral. Reg. LXXX, c. 21 : " Qu'est-ce que la foi dans son essence ? C'est le parfait acquiescement de l'âme à la vérité des paroles divines, au point qu’aucune raison tirée soit de l’ordre de la nature, soit des scrupules d'une piété mal entendue, p.12 fin p.13 début puisse l'ébranler. Qu'est-ce qu'un vrai fidèle ? C'est celui qui acquiesce ainsi fermement aux vérités écrites dans l’Ecriture, sans en rien rejeter, sans y rien innover. "

9. S. GREGOIRE-LE-GRAND, Hom. 26 in Evang. : "

Sachons que si l’œuvre divine était comprise par notre propre raison, elle cesserait par là même d'être admirable à nos yeux. La foi serait sans mérite si elle se fondait sur des raisons humaines. . . Puisque, suivant l'apôtre saint Paul, la foi est le fondement des choses qu'on doit espérer, la conviction assurée des choses qu'on ne voit pas, il est évident que la foi a pour objet précisément ce qui ne saurait être aperçu par notre esprit. Car ce qui est aperçu de cette manière, n'est déjà plus l'objet de la foi, mais devient celui de l'intelligence. Lors donc que saint Thomas vit et palpa Jésus, comment Jésus lui dit-il : Parce que vous m’avez vu, vous avez cru ? C'est qu'il crut autre chose encore que ce qu'il voyait. Car la divinité ne saurait être vue par un homme mortel. Ainsi ce fut un homme qu'il vit, mais ce fut un Dieu qu'il confessa. "

11. EUSEBE d’Emèse, Hom. 2 de Symb. : "

La foi catholique est la lumière de l’âme, la porte de la vie, le fondement du salut éternel. Quiconque l'abandonne pour suivre ce guide aveugle qui est sa raison, quiconque prétend pouvoir, à l'aide de sa propre sagesse, pénétrer dans le sanctuaire des mystères divins, fait comme celui qui voudrait bâtir un édifice sans lui donner de fondements, ou entrer dans une maison par le toit au lieu de le faire par la porte, ou comme celui qui marcherait de nuit sans lumière et qui irait tête baissée donner dans un précipice. Ainsi le Christ, en venant dans ce monde, nous a apporté la foi comme un flambeau, destiné à nous montrer la route à suivre pour sortir de notre égarement, en cherchant Dieu que nous ne connaissions pas, en croyant en lui à la suite de nos recherches, et en le trouvant par la foi : ignotus inquiri, quæsitus credi, creditus inveniri. "

12. S. CYRILLE de Jérusalem, catechesi V illuminatorum

: " La foi est comme l'œil du cœur de l'homme ; elle conduit à l’intelligence. C'est ce que dit le Prophète : Si vous ne croyez, vous ne comprendrez point. "

13. S. JEAN CHRYSOSTOME, Serm. de fide, spe et char.

: " La foi est le principe de la justice, la source de la sainteté, le fondement de la piété, la base de la religion. Sans elle jamais personne n'est arrivé à Dieu ; sans elle personne n'a jamais pu atteindre la cité p.13 fin p.14 début où il habite. Car la foi est une disposition d'esprit pleine de simplicité et de docilité, qui nous fait aller à Dieu, observer ses préceptes, vénérer sa grandeur. Elle exclut le doute, s'en tient à la vérité certainement révélée, attend avec sécurité les biens promis. Heureux est celui qui la possède, malheureux celui qui l'abandonne. C'est elle qui dans l’Eglise opère les miracles, fait germer les vertus et procure tous les dons célestes. "

14. S. CYRILLE d’Alexandrie, in Joan., l. IV, c.

9, sur ces paroles, Amen, amen dico vobis, qui credit in me habet vitam æternam : " La porte et le chemin qui conduit à la vie c'est la foi, qui nous tire de la corruption et nous fait entrer dans les voies de l'immortalité. "

Question V

Existe-t-il quelque part un abrégé de la foi, ou un sommaire des articles à croire ? Nous avons celui que les apôtres nous en ont donné dans leur symbole, et qu'ils ont divisé en douze articles ou sections, par allusion au nombre qu'ils formaient entre eux : ouvrage certainement digne d'avoir pour auteurs ceux qui, dociles à la voix et fidèles aux exemples de Jésus-Christ ont été à sa suite les principaux fondateurs de la foi chrétienne. Ce symbole est comme la marque caractéristique dont on doit se servir pour distinguer les chrétiens des impies, qui, ou ne croient pas en Jésus-Christ ou n'ont qu'une fausse idée de sa doctrine.

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. S. CLEMENT pape, Epist I ad fratrem Domini (C'est une lettre supposée, mais fort ancienne) : " Après que Jésus-Christ fut ressuscité et monté au ciel, que le Saint-Esprit eut été envoyé, que les apôtres eurent reçu la science des langues, ils composèrent, en donnant chacun leur pensée, comme ils étaient encore tous réunis, le symbole que la société des fidèles professe aujourd'hui, afin que, lors même qu'ils seraient séparés, ils se p.14 fin p.15 début trouvassent à inculquer la même règle à tous les peuples. . . . Ce mot symbole, qui vient du grec, signifie en latin collatio (en français quote-part, cotisation). Et c'est un grand bien pour l'Eglise, que les apôtres, dirigés par le Saint-Esprit, y aient fourni chacun leur part, de la manière qu'on vient de dire. Ce mot signifie encore marque, indice, parce qu'il sert à faire reconnaître ceux qui ont la vraie foi. "

2. S. AMBROISE, Epist. LXXXI ad Syric : " On doit s'en rapporter au symbole des apôtres, que l'Eglise romaine garde et conserve invariablement dans son intégrité. "

3. Le même, Serm. XXXVIII (Il n'est pas démontré que ce sermon soit de saint Ambroise) : " Je crois que tous les apôtres, comme douze ouvriers très-habiles, ont concouru ensemble à composer leur symbole de foi. Car toute la doctrine de la foi est contenue dans ce symbole, qui est comme la clef dont on peut se servir pour en trouver l'explication. En ouvrant la porte à la lumière que le Christ a apportée au monde, il dissipe les ténèbres de Satan, il découvre les péchés cachés au fond de la conscience, et fait briller les œuvres de sainteté et de justice. C'est donc cette clef qu'il faut montrer à nos frères pour qu'en leur qualité de disciples de Pierre, ils apprennent eux-mêmes à se fermer l'enfer et à s'ouvrir le ciel. "

4. S. AUGUSTIN, Serm. CLXXXI de temp., sive serm. 1 in vig. Pentec., præfat. (Nous avons déjà dit que ce sermon n'est pas de saint Augustin) : " Les saints apôtres nous ont transmis une règle certaine de foi, comprise en douze articles conformément à leur nombre, et qu'ils ont appelé symbole, comme devant servir à maintenir l'unité de croyance parmi les fidèles et confondre la perversité hérétique.

Nos pères ont donc appelé symbole cette règle de foi ainsi établie et fixée. On rapporte, en effet, qu'après que Jésus-Christ Notre-Seigneur fut monté au ciel, et que les apôtres, embrasé d’un feu divin par la descente du Saint-Esprit, eurent reçu le don de parler toutes les langues, au moment de se séparer pour aller prêcher la foi aux diverses nations, ils convinrent ensemble de certaines règles à suivre dans leurs prédications, pour ne pas s'exposer, en se séparant les uns des autres, à prêcher chacun une doctrine différente.

Tous donc réunis et remplis de l'Esprit-Saint, s'accordèrent à donner une exposition abrégée de la foi qu'ils avaient à prêcher, contribuèrent chacun pour leur part à sa confection, et voulurent qu'elle servît à l'avenir de règle à tous les fidèles. Ce symbole paraîtra court, si l'on veut en compter p.15 fin p.16 début les paroles, mais il est grand par les mystères qui s'y trouvent renfermés ; car il contient et exprime en abrégé tout ce qui a été figuré dans les patriarches, tout ce qui a été annoncé dans les Ecritures, tout ce qui a été prédit par les prophètes, soit au sujet du Père non engendré, soit au sujet du Fils engendré du Père, soit au sujet du Saint-Esprit, soit enfin au sujet des mystères de la mort et de la résurrection de Notre-Seigneur, comme de tous les sacrements. Que chacun donc, une fois parvenu à l'âge de discrétion, s’instruise de la foi apostolique qu'il a professée dans son baptême par la bouche de ceux qui l'ont tenu sur les fonts sacrés. "

5. RUFFIN, Expos. in Symb. apost. : " Après l'ascension du Sauveur, les apôtres, pleins de l'Esprit-Saint, qui était venu se reposer sur chacun d'eux sous la forme de langues de feu, et les avait initiés à la connaissance des langues diverses, pour qu'ils pussent se faire entendre de tous les peuples, avant de se disperser pour remplir leur mission, arrêtèrent entre eux une formule de profession de foi, uniforme pour toutes les Eglises du monde, et lui donnèrent le nom de symbole, pour exprimer soit le résultat des conférences qu'ils avaient tenues sur la foi, soit le précis ou abrégé des articles de foi, réunis sous un même point de vue, par opposition aux dogmes erronés qui avaient commencé à se répandre dès le temps de saint Paul ; soit enfin pour marquer les fidèles entre eux, par allusion au symbole ou signe militaire qui servait à distinguer les soldats d'une armée et les empêchait de se confondre avec l'ennemi. Ils ne le mirent point par écrit, et se contentèrent de vouloir qu'il fût imprimé dans le cœur des fidèles, afin que les païens n’en eussent point connaissance ; ce qui n’aurait pas manqué d'arriver, s'il eût été écrit sur du papier. Ainsi les apôtres, avant de se séparer pour aller prêcher la foi comme nous l'avons dit, convinrent entre eux de ce signe de ralliement ou de l’unité de leur foi : entreprise bien différente de celle qu'avaient formée les enfants de Noé avant leur dispersion, quand ils voulurent élever jusqu'au ciel une tour qui n'était formée que de briques et de bitume, au lieu que ceux-ci en ont élevé une toute composée de pierres vivantes et précieuses, taillées par les mains du souverain Architecte ; en un mot, telle qu'il convenait qu'elle fût pour résister à tous les assauts de l’ennemi du genre humain, et dont, les solides fondements ne seront jamais ébranlés, ni par l'impétuosité des vents, ni par les traits de la foudre, ni par les tourbillons des tempêtes. Aussi, tandis que p.16 fin p.17 début ceux-là, en voulant élever avant de se séparer les uns des autres, une tour d'orgueil, se sont attirés la juste peine de la confusion de leur langage, en sorte qu'ils ne pouvaient plus s'entendre mutuellement ; ceux-ci, en élevant au contraire la tour d'une foi docile et soumise, ont mérité le don d'entendre et de parler toutes les langues, Dieu jugeant à propos de signaler le mérite de la foi avec le même éclat qu'il avait signalé autrefois le crime de l'orgueil. "

2 : " L'Eglise de Jésus-Christ, répandue par toute la terre jusqu'aux extrémités du monde, a reçu des mains des apôtres et de leurs disciples le dépôt de la foi qu'elle professe. Cette foi consiste à croire en un seul Dieu, Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve contenu, etc. "

7. Le même, lib. III, c. 4 : " Qu'aurions-nous fait, si les apôtres ne nous avaient laissé aucune écriture ? Certainement nous aurions suivi le canal de la tradition. C'est ce que font plusieurs nations barbares qui possèdent la foi, et ne connaissent l'usage ni de l'encre, ni du papier. La doctrine du salut une fois écrite dans leurs cœurs par l'Esprit-Saint, ces peuples ont su la retenir m observant avec soin l'ancienne tradition, et ils ont ainsi persévéré à croire en un seul Dieu qui a créé le ciel et la terre, et tout ce que le ciel et la terre contiennent, par Jésus-Christ fils de Dieu. "

8. S. JEROME, ad Pammach. adv. error. Joan. Hierosol.

epist. 61 : " Dans le symbole de notre foi et de notre espérance, qui, venu des apôtres par tradition jusqu'à nous, est écrit non sur le papier et avec de l'encre, mais sur des tables de chair qui sont nos cœurs, après avoir confessé la Trinité divine et l'unité de l'Eglise, nous terminons par la résurrection de la chair tout l'ensemble mystérieux du dogme chrétien. "

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