Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 39)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

21. JACQUES, III, 2-12, 14-16 : " Si quelqu'un ne fait point de fautes en parlant, c'est un homme parfait, et il peut tenir en bride tous ses autres membres. - Ne voyez-vous pas que nous mettons des mors dans la bouche des chevaux, afin qu'ils nous obéissent, et qu'ainsi nous faisons tourner tout leur corps à notre gré ? - Ne voyez-vous pas aussi que les vaisseaux, quelque grands qu'ils soient, et quelque fort que soit le vent qui les pousse, sont mus de tous côtés par un très-petit gouvernail, selon la volonté du pilote qui les conduit ? Ainsi la langue n'est qu'une petite partie du corps, et cependant combien ne peut-elle pas se vanter de faire de grandes choses ! Ne voyez-vous pas comment un petit feu est capable d'allumer une grande forêt ? La langue aussi est un feu ; c'est un monde d'iniquité ; et quoiqu'elle ne soit qu'un de nos membres, elle suffit pour infecter tout notre corps ; elle enflamme tout le cours de notre vie, enflammée elle-même du feu de l'enfer. - Bien que l'homme soit capable de dompter, et qu'il ait dompté en effet toutes sortes d'animaux, les quadrupèdes, les oiseaux, les reptiles, - nul homme cependant ne peut dompter la langue ; c'est un mal qu'on ne peut arrêter, et qui est plein d'un venin mortel. - Par elle nous bénissons Dieu notre Père, et par elle nous maudissons les hommes qui sont créés à l’image de Dieu. - La bénédiction et la malédiction partent de la même bouche. Ce n'est pas ainsi, mes frères, qu'il faut agir. - Une fontaine répand-elle par une infime ouverture de l'eau douce et de l'eau amère ? Un figuier peut-il porter des raisins, ou une vigne des figues ? Ainsi une fontaine d'eau salée ne peut pas donner de l’eau p.438 fin p.439 début douce. - Mais, si vous êtes possédés d’une jalousie amère et d'un esprit de contention, ne vous glorifiez point, et ne mentez point contre la vérité. - Ce n'est point là la sagesse qui vient d'en haut, mais c'est une sagesse terrestre, animale et diabolique : - car là où il y a de la jalousie et un esprit de contention, il y a aussi du trouble et toute sorte de mal. "

22. MATTHIEU, XII, 35-37 : " L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor et l'homme méchant en tire de mauvaises de son mauvais trésor. - Or, je vous déclare qu'au jour du jugement les hommes rendront compte de toute parole oiseuse qu'ils auront proférée : - car vous serez justifiés par vos paroles, et vous serez condamnés par vos paroles. "

23. Colossiens, III, 8, 9, 16, 17 : " Mais maintenant répudiez aussi vous-mêmes tous ces péchés : la colère, l’aigreur, la malice, la médisance ; que les paroles déshonnêtes soient bannies de votre langage. - N'usez point de tromperie les uns envers les autres. - Que la parole de Jésus-Christ se grave en vous dans toute sa plénitude et qu'elle vous remplisse de sagesse. - Edifiez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant de cœur avec édification les louanges du Seigneur. - Quoi que vous fassiez, ou de parole ou d'action, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le Père. "

24. Ephésiens, IV, 29, 31, 32 : " Qu'aucune parole mauvaise ne sorte de votre bouche ; mais au contraire qu'il n'en sorte que de bonnes et de propres à nourrir la foi, et à encourager la piété de ceux qui vous entendent. - Que toute aigreur, tout emportement, toute colère, toute querelle, toute médisance, toute malice enfin soient bannies de vous. - Soyez au contraire pleins de bonté les uns pour les autres. "

25. Proverbes, XV, 1, 2, 4, 7 : " Une parole douce fait tomber la colère ; une parole dure excite la fureur. - La langue des sages répand la science ; la bouche des insensés se répand en folies. - La langue pacifique est un arbre de vie ; celle qui est immodérée est un vent qui brise. - Les lèvres des sages répandront la science comme une semence ; il n'en est pas de même du cœur des insensés. "

26. Ecclésiastique VI, 1, S: " Ne devenez pas, d'ami que vous seriez d'abord, ennemi de votre prochain ; car le méchant aura pour partage la honte et l'ignominie, ainsi que le pécheur envieux et qui a une langue double. - Les paroles douces multi- p.439 fin p.440 début plient les amis et apaisent les ennemis, et la grâce abonde sur les lèvres de l'homme pacifique. "

Question XVIII

Que contiennent les deux derniers commandements ? Les deux derniers commandements défendent de désirer, soit la femme, soit le bien d'autrui : de sorte que nous devons non-seulement nous abstenir de tout adultère, de tout commerce illicite, de tout acte extérieur d’injustice, mais ne pas même nous arrêter à la volonté ou à la pensée de nuire à qui que ce soit. Ainsi donc ces deux commandements exigent de notre part une bienveillance sincère et sans réserve à l'égard de tout le monde, en sorte que nous souhaitions du fond du cœur à notre prochain tout ce qui peut lui être avantageux et contribuer à son salut, et que nous ne consentions jamais à aucun désir qui tende lui causer le plus léger détriment.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Deutéronome, V, 21 : " Vous ne désirerez point la femme de votre prochain, ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne ni aucune chose qui lui appartienne. "

2. Ecclésiastique, XXV, 28 ; " Ne considérez point la beauté d'une personne du sexe ; ne convoitez point une femme, quelque agréable qu'elle vous paraisse. "

3. MATTH., VI, 27-28 : " Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Vous ne commettrez point d'adultères. - Mais moi, je vous dis que quiconque regardera une femme avec un mauvais désir, a déjà commis l'adultère dans son cœur. "

4. Romains, XIII, 9 : " (Ces commandements) : Vous ne commettrez point d'adultères, etc., vous ne désirerez point le bien de votre prochain, et, s'il y en a quelque autre semblable, tous ces commandements sont compris en abrégé dans cette parole : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. "

5. I Thessaloniciens, IV, 3-6 : " La volonté de Dieu est que vous p.440 fin p.441 début soyez saints ; que vous vous absteniez de la fornication ; - que chacun de vous sache posséder le vase de son corps saintement et honnêtement, - et non point en suivant les mouvements de la concupiscence, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu. - Que personne aussi n'opprime son frère, ni ne lui fasse tort en quoi que ce soit, parce que le Seigneur est le vengeur de tous ces péchés. "

6. JACQUES, I, 14-15 : " Chacun est tenté par sa propre concupiscence, qui l'emporte et qui l'attire. - Ensuite quand la concupiscence a conçu, elle enfante le péché, et le péché étant accompli engendre la mort. "

7. ISAIE, I, 23 : " Vos princes sont des infidèles, ils sont les compagnons des voleurs. Tous, ils aiment les présents, et ne cherchent que le gain et l'intérêt. Ils ne font point justice au pupille, et la cause de la veuve n'a point d'accès auprès d'eux. "

8. Ecclésiastique, V, 1-2 : " Ne vous appuyez point sur des richesses injustes, et ne dites point : J'ai suffisamment de quoi vivre ; car toutes ces richesses ne vous serviront de rien au moment de la vengeance et au jour de la tempête. - Ne vous abandonnez pas dans les jours de votre force aux mauvais désirs de votre cœur. "

9. Ibidem, XVIII, 30-31 : " Ne prenez pas pour guide vos convoitises, et gardez-vous de vous abandonner à vos penchants. - Si vous contentez votre âme dans ses désirs, elle vous rendra la joie de vos ennemis. "

10. Psaume IX, 4, 9 : " Le pécheur a irrité le Seigneur, etc. - Il se tient embuscade pour se saisir du pauvre, pour se saisir de lui dès qu'il l'aura pris dans ses filets. "

13. JOB, XXXI, 1, 2, 9, 11 : " J'ai fait un pacte avec mes yeux, pour ne pas même penser à une vierge. - Car quelle union Dieu aurait-il avec moi, et quelle part le Tout-puissant me donnerait-il à son céleste héritage ? - Si l'égarement d'une femme a séduit mon cœur et si j'ai dressé des embûches à la porte d'un ami, etc. : car l'adultère est un crime énorme et une très-grande iniquité. "

15. Tobie, IX, 8-11 : " Gabélus pleura, et bénit Dieu en disant : - Que le Dieu d'Israël vous bénisse, parce que vous êtes le fils d'un homme très-vertueux, d'un homme juste qui craint Dieu, et qui fait beaucoup d'aumônes. - Que la bénédiction se répande aussi sur votre femme, et sur votre père et votre mère. - Puissiez-vous voir vos fils et les fils de vos fils jusqu’à la troisième et à la quatrième génération et que votre race soit bénie du Dieu d'Israël, qui règne dans les siècles des siècles. "

16. Tobie, X, 10-11 : " Ragüel laissa aller

Tobie plein de santé et de joie, en lui disant : - Que le saint ange de Dieu vous accompagne dans le chemin, et qu'il vous conduise jusque chez vous sans aucun péril : et puissiez-vous trouver votre père et votre mère en une parfaite santé et que mes yeux puissent voir vos enfants avant que je meure. "

17. Genèse, XXIV, 59-60 : " Ils la laissèrent donc aller accompagnée de sa nourrice, avec le serviteur d'Abraham et tous ceux de sa suite. - Et ils lui dirent en lui souhaitant toutes sortes de prospérités : Vous êtes notre sœur ; croissez en mille et mille générations, et que votre race se mette en possession des villes de ses ennemis. "

18. I Timothée, VI, 9-11 : " Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans les pièges du diable, et en divers désirs inutiles et pernicieux, qui précipitent les hommes dans l'abîme de la perdition et de la damnation. - Car l'amour des richesses est la racine de tous les maux ; et quelques-uns en étant possédés se sont égaré hors des sentiers de la foi, et se sont attiré à eux-mêmes une infinité de peines. - Mais pour vous, ô homme de Dieu, fuyez ces choses. "

Question XIX

A quelle vertu doivent se rapporter en résumé tous les commandements du Décalogue ? Tous les commandements du Décalogue se rapportent en dernière analyse à la charité, que nous recommandent, si pleinement ces deux tables de pierre, sur lesquelles ils ont été gravés avec le doigt de Dieu. Car les commandements de la première table nous enseignent l'amour de Dieu ; et ceux de la seconde, ce qui est, relatif à l'amour du prochain. De ces dix commandements les deux premiers ont donc pour objet de nous faire particulièrement éviter les deux vices les plus p.442 fin p.443 début opposé au culte et l'honneur de Dieu, savoir l'idolâtrie et le parjure. Le troisième commandement nous représente l’obligation de rendre fidèlement à Dieu un culte vrai et pur, tant par des actes réels que par nos paroles et nos sentiments. Et si ce commandement est bien observé, Dieu seul sera dès lors aimé et honoré en tout et par-dessus tout. Maintenant, quant aux commandements qui se rapportent à l'amour du prochain, ils se réduisent à celui-ci : Prenez garde de faire jamais à un autre ce que vous seriez fâché qu'on vous fît à vous-même (Tob., IV, 16). Avis salutaire, auquel répond cette sentence de Notre-Seigneur : Faites aux hommes tout ce que vous voulez qu'ils vous fassent ; car en ce point sont renfermés et la loi, et les prophètes (MATTH., VII, 12).

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Exode, XXXII, 15- 16 : " Moïse redescendit de la montagne, en tenant dans ses mains les deux tables du témoignage écrites des deux côtés. - Elles étaient l'ouvrage du Seigneur, comme l'écriture qui était gravée sur ces tables était aussi de la main de Dieu. "

2. Ibidem, XXXIV, 1-4 : " Faites deux tables de pierre semblables aux premières, et j'y écrirai les mêmes paroles qui étaient sur ces tables que vous avez brisé. - Moïse tailla donc deux tables de pierre, telles qu'avaient été les premières ; et s’étant levé avant le jour, il monta sur la montagne de Sinaï, en portant entre ses mains ces deux tables, ainsi que le Seigneur le lui avait ordonné. "

3. Tobie, IV, 16 : " Prenez garde de faire jamais à un autre ce que vous seriez fâché qu’on vous fît à vous-même. " p.443 fin p.444 début

5. LUC, VI, 31 : " Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pareillement pour eux. "

Question XX

Quels sont les devoirs et les signes effectifs de la charité fraternelle ?

Saint Paul décrit en ces termes les caractères de la charité : La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante. La charité n'est point envieuse, elle n'est point téméraire et précipitée ; elle ne s'enfle point d'orgueil ; elle n'est point dédaigneuse ; elle ne cherche point ses propres intérêts ; elle ne se pique et ne s'aigrit de rien ; elle n'a point de mauvais soupçons ; elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle tolère tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout.

Jésus- Christ, de son côté voulant nous présenter dans sa personne le modèle d'une véritable et parfaite charité, dit à ses apôtres dans cette dernière cène, où il leur en offrit en même temps des preuves si éclatantes : Je vous donne un commandement nouveau : c'est que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. Et encore : Voici mon commandement : c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Commandement d'une si grande importance, qu'au témoignage de saint Paul, celui qui aime son prochain a dès-lors accompli la loi.

Donc, pour conclure par un oracle divin ce que nous disons ici de la charité, choisissez la vie, afin que vous viviez, vous et votre postérité ; aimez le Seigneur votre Dieu, obéissez à sa voix, et demeurez-lui attaché, comme à celui qui est votre vie, et qui doit vous donner une longue suite d’années. Ensuite, pour que personne ne doute que la doctrine évangélique de Notre-Seigneur ne s'accorde en ce point avec la loi ancienne, qu'on se rappelle ce mot de Jésus-Christ lui-même : Si vous voulez entrer dans la vie, gardez les commandements. Et ailleurs, après avoir recommandé les règles et la pratique de la charité, il ajoute ces paroles : Faites cela, et vous vivrez. Car, devons-nous dire avec l’Apôtre, ce ne sont pas ceux qui écoutent les paroles de la loi qui sont justes devant Dieu ; mais ceux qui l'observent, ce sont ceux-là qui seront justifiés.

Du nombre de ces observateurs de la loi étaient Abel, Noé, p.444 fin p.445 début Abraham, Zacharie, et tant d'autres que l'Ecriture nous atteste avoir été justes devant Dieu, sans doute parce qu'ils aimaient Dieu et le prochain en action et en vérité.

C'est pourquoi David, que nous ne devons pas compter au dernier rang parmi ces justes, disait avec un saint orgueil : J'ai couru dans la voie de vos commandements, lorsque vous avez dilaté mon cœur. J'ai aimé, j’ai observé, j'ai gardé vos commandements et vos préceptes. Je m'assure, en les gardant, une riche récompense. Maudits ceux qui s'écartent de vos commandements.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

2. JEAN, XIII, 4 : " Avant la fête de Pâques,

Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père ; comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin. "

3. LUC, XXII, 14, 15, 19 : " Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui ; - et il leur dit : J’ai désiré avec ardeur de manger cette pâque avec vous avant d'endurer mes tourments. - Puis il prit le pain, et ayant rendu p.445 fin p.446 début grâces, il le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi, etc. "

4. JEAN, XIII, 34-38 : " Je vous donne un commandement nouveau, etc. ; " comme dans le corps de la réponse, - Tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. "

5. Ibidem, XV, 9-14, 17 : " Je vous ai aimés comme mon Père m'a aimé : demeurez dans mon amour. - Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme j'ai gardé moi-même les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. - Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit parfaite. - Le commandement que je vous donne est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimé. - Personne ne peut mieux prouver son amour, qu'en donnant, sa vie pour ceux. qu'il aime. - Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. - Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. "

6. Romains, XIII, 8-1 0 : " Acquittez-vous envers tous vos semblables de tout ce que vous leur devez, ne demeurant débiteur envers personne que de l'amour que vous vous devez les uns aux autres ; car celui qui aime sou prochain a par-là même accompli la loi. - L'amour qu'on a pour son prochain ne souffre point qu'on lui fasse du mal ; et ainsi l'amour est l'accomplissement de la loi. "

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