Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 41)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

2. I Corinthiens, XI, 2, 34 : " Je vous loue, mes frères, de ce que vous vous souvenez de moi en toutes choses, et de ce que vous gardez les traditions et les préceptes que je vous ai donnés. - Je réglerai les autres choses, lorsque je serai venu chez vous. "

3. II Thessaloniciens, III, 6 : " Nous vous ordonnons, nos frères, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de vous retirer de tous ceux d'entre vos frères qui se conduisent d'une manière déréglée, et non selon la tradition qu'ils ont reçue de nous. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

2. THEOPHYLACTE, in caput secundum secundæ ad

Thessalonicenses, super ea Apostoli verba, Itaque fratres state, etc. C'est ce même passage de saint Chrysostôme répété mot pour mot.

3. Le second concile de Nicée, actione VII in ipsâ definitione : " Si quelqu'un ne se met point en peine de la tradition de l'Eglise, n'importe qu'elle soit écrit ou qu'elle soit appuyée sur la seule coutume, qu'il soit anathème. " Un peu plus haut, le concile avait dit : " Nous convenons unanimement de retenir les traditions ecclésiastiques, soit qu'elles aient été mises par écrit, soit qu'elles reposent sur la coutume : et de ce nombre est la pratique des images. " Le concile ajoute plus bas : " Ceux donc qui oseront penser ou enseigner autrement, ou fouler aux pieds les traditions ecclésiastiques à l'exemple des hérétiques impies, ou les combattre méchamment par des moyens que réprouve la constitution ecclésiastique : s'ils sont évêques ou clercs, qu'ils soient déposés ; s'ils sont moines ou laïques, qu'ils soient privés de la communion. "

4. Le concile de Constantinople, huitième général, canon I : " Nous faisons profession d'observer et de garder les règles que l'Eglise catholique et apostolique a reçues, soit des saints et illustres apôtres, soit des conciles orthodoxes tant généraux que particuliers, soit de quelque père ou docteur de l’Eglise ; réglant là-dessus notre vie et nos mœurs, et déclarant canoniquement soumis, tant aux peines et aux condamnations qu'aux dispositions p.9 fin p.10 début favorables établies par ces règles et tout le corps sacerdotal, et en général tous les chrétiens. Car saint Paul nous avertit formellement de garder les traditions que nous avons reçues, soit de vive voix, soit par écrit de nos saints prédécesseurs. "

5. S. CYPRIEN, Serm. de ablutione pedum. C'est le passage cité plus haut, question II, témoignage 6.

Question IV

Quel moyen avons-nous de discerner les traditions apostoliques et approuvées dans l’Eglise ? Saint Augustin nous trace à ce sujet une règle qui mérite notre attention : " Nous gardons, a-t-il dit, les traditions non écrites que nous trouvons observées par toute la terre, persuadés que des traditions de ce genre nous viennent, ou des apôtres eux-mêmes, ou des conciles pléniers, dont l'autorité dans l'Eglise est si grande et à la fois si salutaire. " C'est ainsi que le même saint docteur écrivant contre les donatistes, et dans leurs personnes contre tous les hérétiques du monde, nous donne cet important avis, qu'il est très sage de considérer comme venant d'autorité apostolique ce que l'on trouve pratiqué de tout temps par toute l'Eglise, sans avoir jamais été établi par aucun concile. D'accord avec saint Augustin, saint Léon-le-Grand dit à son tour : " On ne doit pas douter que toute coutume pieuse toujours conservée dans l’Eglise ne vienne de la tradition apostolique et de l'enseignement de l'Esprit-Saint. "

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. Ce passage a été rapporté tout entier à l’art. II de ce même chapitre, question XI, témoignage 3, tome I, page 401. p.10 fin p.11 début

5. Ibidem, lib. II, c. VII : " Il y a bien des choses qui ne se trouvent, ni dans les lettres des apôtres, ni dans les conciles tenus depuis, et que cependant, comme nous les voyons observées par toute l'Eglise, nous croyons certainement n'avoir pas d'autre origine. "

4. Ibidem, lib V, c. XXIII : " Il y a bien des choses que pratique l’Eglise entière, et que, pour cette raison, nous croyons à bon droit venir des apôtres, bien que nous ne les trouvions écrites nulle part. "

5. S. LEON-LE-GRAND, Serm. II de jejunio Pentecostes.

C'est le passage rapporté dans le corps de la réponse.

Question V

Quelles sont précisément les traditions apostoliques qui doivent être observées par tous les chrétiens ?

Des exemples assez nombreux nous en sont fournis par les saints Pères, par ceux en particulier qui ont fleuri dans les six premiers siècles. Ainsi, c'est en conformité avec la tradition, qu'Origène et saint Augustin enseignent qu'il faut baptiser les enfants ; que saint Denis l'Aréopagite et Tertullien font voir que l'on doit faire à l'autel des prières et des oblations pour les morts ; que saint Jérôme et saint Epiphane montrent l'obligation d'observer les jeûnes de l’Eglise, particulièrement ceux du carême que saint Ambroise et saint Chrysostôme relèvent la sublimité des rites solennels, tels qu'ils sont pratiqués dans le saint sacrifice de la messe ; que tant de Pères cités par le second concile de Nicée sans parler de saint Jean-Damascène, enseignent le devoir de vénérer l’image de Jésus-Christ et celles des saints ; enfin, que le grand saint Basile, pour ne pas parler de tant d'autres, veut que, par respect pour la tradition, on retienne l'usage du saint chrême et des autres cérémonies solennelles, employées dans l'administration des sacrements.

Saint Basile ajoute : " Si nous osons une fois répudier des institutions et des coutumes non écrites, comme si à ce titre elles avaient peu de valeur, nous en viendrons insensiblement à improuver les doctrines de l'Evangile même, ou plutôt nous en réduirons à un vain nom la prédication tout entière. Mais à Dieu ne plaise ! croyons plutôt faire acte de fidélité à la doctrine des p.11 fin p.12 début apôtres, en nous attachant même aux traditions qui ne sont pas écrites ".

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. ORIGENE, in caput VI epistolæ ad Romanos

: " L'Eglise a appris des apôtres par tradition à donner le baptême même aux enfants (" Ecclesia ab apostolis traditionem suscepit, etiam parvulis baptismum dare "). "

XXIII : " La coutume qu'a l'Eglise notre sainte mère de baptiser les enfants ne doit être ni méprisée, ni regardée comme superflue, ni attribuée à une autre source qu'à la tradition apostolique. "

XXIV : " Si quelqu'un nous demande de produire quelque autorité divine à l'appui (de notre usage de baptiser les enfants), quoiqu'il n'y ait rien de plus sage que de considérer comme venant d'autorité apostolique ce que l'on trouve pratiqué de tout temps par toute l'Eglise sans avoir jamais été établi par aucun concile ; nous répondrons encore, que l’utilité du baptême conféré aux enfants peut s'inférer très-légitimement de l'usage de circoncire les enfants prescrit à l'ancien peuple. "

4. S. DENIS l'Aréopagite, Lib. de ecclesiast.

hierarchiâ, c. VII : " Quant à l'explication des prières que le hiérarque prononce sur le défunt, je crois nécessaire de la donner, d'après les enseignements que nous ont transmis nos maîtres inspirés, etc. "

5. TERTULLIEN, Exhortat. ad castitatem, c. 11 :

" Vous ne sau- p.12 fin p.13 début riez haïr votre première femme, à laquelle même vous réservez une affection plus particulièrement consacrée par la religion ; cette femme que vous croyez être déjà auprès de Dieu, pour l'âme de laquelle vous priez, pour laquelle, au retour de chaque anniversaire, vous présentez vos oblations. "

6. Le même, dans son livre de la couronne du soldat, c. 3, parlant des traditions non écrites dit ces paroles : " Nous faisons annuellement des oblations pour les défunts et pour les jours de nativité des martyrs. "

7. Le même, de monogamiâ, c. 10 : "

En effet elle prie pour son âme, elle demande qu'un rafraîchissement lui soit accordé, qu'il obtienne une part à la première résurrection et elle présente pour lui son oblation tous les ans au jour anniversaire de son trépas. "

8. S. JEROME, Epist. LIV ad Marcellam, contra errores

Montani : " Nous jeûnons, conformément à la tradition des apôtres, un carême chaque année, au temps qui nous convient. "

9. S. EPIPHANE, contra Aerium, hær 75 : "

Qui dans le monde entier ne s'accorde pas à dire, qu'il y a obligation pour les chrétiens de jeûner le mercredi et le vendredi ? Mais s'il faut aussi produire une constitution des apôtres, rien de plus clair que ce qu'ils ont statué touchant ce jeûne du mercredi et du vendredi de toutes les semaines de l'année, à l'exception du temps qui s'écoule de Pâques à la Pentecôte, touchant l'obligation de n'user que de pain, de sel et d'eau les six jours qui précèdent cette solennité (Lib. V constit. apostolic., c. 16 et 19. Tout le monde convient aujourd'hui que les constitutions apostoliques n'ont pour auteurs ni les apôtres, ni même le pape saint Clément à qui on les attribuait autrefois. Il est remarquable cependant qu'un Père du commencement du Ve siècle, comme saint Epiphane, donne à ces constitutions la même autorité qu'à des règles apostoliques). Et quand même les apôtres n'auraient rien dit de ces jeûnes dans leurs Constitutions, il nous resterait d'autres moyens d'en justifier la pratique. Mais leurs écrit sont là pour l'attester, et c'est de là qu'est venu cet usage établi dans toute l'Eglise, et reçu dans le monde entier, avant du moins qu'Aërius parût, et à sa suite ceux qui ont pris son nom en se faisant ses partisans. "

10. S. AMBROISE, Missæ ritus et ordo, qu'on peut consulter dans les liturgies latines recueillies par Jacques Pamelius, t. 1.

11. S. CHRYSOSTOME, Liturgia sive officium missæ.

Nous avons cette liturgie de saint Chrysostôme, composée par lui-même en grec sur le modèle de celles de saint Basile et de saint Jacques. p.13 fin p.14 début Nous rapporterons plus bas (question VII, de l'Eucharistie, témoignages 115, 116 et 117) ce que disent ces liturgies de la manière dont Jésus-Christ a institué la nouvelle oblation de la nouvelle alliance, et dont l’Eglise, qui l'a apprise des apôtres, l'offre A Dieu dans le monde entier.

12. S. JEAN-DAMASCENE, Lib. IV orthodoxæ fidei, c. 47 : " L'honneur rendu à l'image revient à son modèle. Or, cette tradition est du nombre de celles qui ne se trouvent point exprimées dans les Ecritures, comme il en est aussi de l'usage de se tourner du côté de l'Orient pour prier, de celui d'adorer la croix, et de plusieurs autres semblables. " Voir plus haut, question IX, sur le Décalogue, témoignage 5, tome 1, page 571.

13. Le même, dans trois de ses discours sur les images, rapporte les témoignages de plusieurs anciens Pères en faveur du culte des images, tels que ceux de saint Denis l'Aréopagite, de saint Basile, de saint Chrysostôme, de Léonce, de Sévérien, de saint Sophrone, de saint Ambroise, de saint Grégoire de Nysse, de Théodoret, de saint Athanase, de saint Cyrille, de saint Grégoire de Nazianze, d'Eusèbe de Césarée, d'Etienne de Bostra, de saint Cyrille de Jérusalem et de plusieurs autres.

14. Le second concile de Nicée, actione VII, tom. IV : " Que l'usage de vénérer les images nous ait été transmis par tradition avec beaucoup d'autres sans le secours de l'Ecriture, c'est ce que nous atteste l'histoire à partir du temps des apôtres, particulièrement dans ce qu'elle nous dit de la statue de l'hémorroïsse, fait que nous pourrions confirmer par le témoignage de plusieurs écrivains. . . De plus, saint Basile-le-Grand, etc. " Voir plus haut, question IX du Décalogue, témoignage 2, page 370, t. 1.

15. Le même concile, action VII, comme plus haut, question IX du Décalogue témoignage 10, page 378, t. I, et question III des commandements de l'Eglise, témoignage 3, page 9.

16. S. BASILE, Lib. de Spiritu sancto, c. 27. Voir plus haut, question II, témoignage 2, et question actuelle, dans le corps de la réponse.

Question VI Erreurs modernes sur les traditions apostoliques et ecclésiastiques.

Bien des gens méprisent ces traditions ; d'autres s'en occupent fort peu, ou ne les estiment pas plus qu'ils ne feraient des constitutions des magistrats politiques, faisant des unes comme des autres autant d'institutions humaines, qu'on est libre d'observer p.14 fin p.15 début ou de négliger comme de très-mince, ou plutôt comme de nulle importance, comme indifférentes en un mot. Quelques-uns voudraient que toutes les traditions fussent de même valeur, et ils font un détestable abus de l'Ecriture, en confondant dans une même réprobation les traditions pharisaïques et les traditions apostoliques, celles des juifs et celles des chrétiens, les traditions privées ou particulières, et celles qui sont reçues unanimement par toute l'Eglise, justifiées par la pratique constante de tous les gens pieux, et transmises comme de main en main de tous les lieux du monde jusqu’à nous.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. Romains, XIII, 1-4 : " Que toute personne soit soumise aux puissances supérieures ; car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, et c'est lui qui a établi toutes celles qui sont sur la terre. - Celui donc qui résiste aux puissances, résiste à l’'ordre de Dieu ; et ceux qui y résistent attirent la condamnation sur eux-mêmes. - Car les princes ne sont point à craindre, lorsqu'on ne fait que de bonnes actions ; mais ils le sont, lorsqu'on en fait de mauvaises. Voulez-vous donc ne point craindre les puissances ? Faites ce qui est bien ; et alors elles n'auront que des éloges à vous donner. - Car le prince est le ministre de Dieu pour le bien qui doit se faire ; mais si vous laites le mal, vous avez raison de craindre, car ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée. "

2. MATTHIEU, XV, 9, 3-6 : " C'est en vain qu'ils m'honorent, puisqu'ils enseignent des maximes et des ordonnances humaines. - Pourquoi vous-mêmes violez-vous le commandement de Dieu pour suivre votre tradition ? Car Dieu a dit : Honorez votre père et votre mère ; et : Que celui qui dira des paroles outrageuses à son père ou à sa mère soit puni de mort. - Et vous, au contraire, vous dites : Quiconque dira à son père ou à sa mère : Tout p.15 fin p.16 début don que je fais à Dieu vous est utile, satisfait à la loi, encore qu'après cela il n'honore ni n'assiste son père et sa mère : et ainsi vous avez rendu vain le commandement de Dieu par votre tradition. "

3. Colossiens, II, 8, 20-23 : " Prenez garde que personne ne vous séduise par la philosophie et par des raisonnements vains et trompeurs, qui ne sont fondés que sur les traditions des hommes, et sur les principes d'une science mondaine, et non sur la doctrine de Jésus-Christ. - Si donc vous êtes morts avec Jésus-Christ à ces premières et grossières instructions que Dieu a données au monde, comment vous laissez-vous imposer des lois, comme si vous viviez dans ce premier état du monde ? - Ne mangez pas, vous dit-on, d'une telle chose ; ne goûtez pas de ceci, ne touchez pas à cela. - Toutes choses dont l'observation mène à la mort, comme n'étant fondée que sur des maximes et des ordonnances humaines, - quoiqu'elles aient quelque apparence de sagesse dans une superstition et une humilité affectée dans le rigoureux traitement qu'on fait au corps, et dans le peu de soin qu'on prend de rassasier la chair. "

4. MARC, VII, 3-4 : " Les pharisiens et tous les juifs ne mangent point qu'ils ne lavent souvent leurs mains, gardant en cela la tradition des anciens. - Et lorsqu'ils reviennent de la place publique, ils ne mangent point sans s’être lavés. Et ils ont encore beaucoup d'autres coutumes qu'ils ont reçues et qu'ils observent, comme de baptiser les coupes, les pots, les vaisseaux d'airain et les lits. "

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