Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 48)
26. Ibidem, III, 3 : " Sachez qu'aux derniers temps il viendra des imposteurs et des séducteurs qui suivront leurs propres passions. "
27. Romains, XVI, 17-18 : " Mais je vous prie, mes frères, de vous mettre en garde contre ceux qui causent parmi vous des divisions et des scandales en s'éloignant de la doctrine que vous avez apprise, et d'éviter leur compagnie. - Car de tels hommes ne servent point Jésus-Christ Notre-Seigneur, mais leur ventre, et par des paroles flatteuses, ils séduisent les âmes simples. "
28. JUDE, 17-19 : " Pour vous, mes bien-aimés, souvenez vous de ce qui a été prédit par les apôtres de Notre-Seigneur Jésus-Christ - qui vous disaient qu'aux derniers temps il s'élèverait des imposteurs qui suivraient leurs passions déréglées et pleines d'impiété. - Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes, des hommes sensuels qui n'ont pas l'esprit de Dieu. "
29. Ibidem, 4, 10, 12, 16 : " Il s'est glissé certaines gens dont il avait été prédit, il y a longtemps, qu'ils tomberaient dans ce crime condamnable, des gens impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, etc. - Au lieu que ceux-ci condamnent avec exécration tout ce qu'ils ignorent, et se corrompent en tout ce qu'ils connaissent naturellement, comme les animaux privés de raison. - Ces personnes sont la honte et le désespoir, p.94 fin p.95 début de vos festins de charité lorsqu'ils y mangent avec vous sans aucune retenue ; ils n'ont soin que de se nourrir eux-mêmes ce sont des nuées sans eau, que le vent emporte çà et là ; ce sont des arbres qui ne fleurissent qu'en automne, des arbres stériles, doublement morts et déracinés, etc. - Ce sont des murmurateurs qui se plaignent sans cesse, qui suivent leurs passions, dont les discours sont pleins de faste et de vanité et qui se rendent admirateurs des personnes pour leur intérêt. "
30. MATTHIEU, VII, 15-16 : " Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des peaux de brebis, et qui au-dedans sont des loups ravissants. - Vous les reconnaîtrez par leurs fruits. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. CHRYSOSTOME, Lib. III de Sacerdotio, après avoir parlé du redoutable sacrifice de nos autels, ajoute ces paroles : " Si l'on considère que c'est un homme enveloppé de chair et de sang qui se rapproche ainsi d'une nature sainte et immortelle, on concevra toute l'excellence des dons que la grâce de l'Esprit répand sur les prêtres, car c'est par eux que s'opèrent ces grandes choses, et d'autres non moins précieuses dans l'intérêt de la gloire et du salut des hommes. Eh quoi ! des êtres nés sur la terre où ils sont attachés sont les dispensateurs des trésors du ciel, et ont reçu une puissance que Dieu a refusée aux anges et aux archanges ! car ce n'est pas à ces derniers qu'il a été dit : " Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. " Ce pouvoir de lier, les princes de la terre l'exercent aussi, sans doute, mais sur les corps seulement ; le lien spirituel, au contraire, s'étend à l'âme qu'il rattache au ciel ; ce que fait le prêtre sur la terre, Dieu le confirme dans le séjour de sa gloire, et le maître ratifie la sentence qu'a rendue le serviteur. C'est de la puissance des êtres supérieur que Dieu a revêtu ses ministres ici-bas ; car tous ceux, dit-il, de qui vous remettrez les péchés, leurs péchés leur seront remis ; tous ceux de qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Y a-t-il un pouvoir plus grand que celui-là ? Le Père a donné au Fils tout pouvoir de juger ; et ce pouvoir, le Fils l'a transmis aux prêtres. "
2. Le même, Homiliâ IV de verbis Isaiæ,
Vidi Dominum : " Ozias, ce roi ceint du diadème, conçu des sentiments d'orgueil de l'état de justice où il vivait, et entra dans le temple avec plus p.95 fin p.96 début de liberté que ne le lui permettait son rang. Que dit ici l’Ecriture ? Il entra dans le saint des saints, et dit : Je veux brûler de l'encens (II Chroniques, XXVI, 6). Tout roi qu'il était, il usurpe la dignité du grand-prêtre.
Je veux, dit-il, brûler de l'encens et la raison c'est que je suis juste. Eh ! tenez-vous, je vous prie, dans la limite de vos droits : autres sont les droits de la royauté, autres ceux de la souveraine sacrificature ; et ceux-ci sont plus élevés que ceux-là. Car l'élévation d'un roi ne doit pas se juger d'après ce qui paraît sur lui ; on ne doit pas l'estimer d'après la valeur des pierreries incrustées à son manteau, et des dorures dont il est couvert. Il a à administrer, il est vrai, les choses de la terre ; mais le sacerdoce exerce son autorité jusque dans les cieux (O’ ??
??? ????????? ?????? ??? ???????. La traduction latine porte : Sacerdotii jus è surpernis descendit. Outre que le sens de ??????? n’est pas descendit, il faudrait qu'il y eût ??????
pour signifier è supernis. Cf. Opera S. Chrysostomi, t. VI, p. 127, édit. de Montfaucon ; p. 146-147, édit. de Gaume). Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel. Le roi a la charge des choses d'ici-bas ; moi, j'ai celle des choses du ciel : quand je dis moi, je veux dire le pontife. Si donc il vous arrive de rencontrer un homme indigne du sacerdoce dont il est honoré, n'accusez pas de son indignité le sacerdoce lui-même : car ce n'est pas alors la chose qu'il faut accuser, mais celui qui fait un mauvais usage d'une chose excellente en elle-même. Et si Judas trahit son maître, ce ne fut pas la faute de son apostolat, mais celle de ses dispositions personnelles ; et de même ce n'est pas le sacerdoce qu'il faut condamner, mais la perversité de celui qui en est revêtu. Ne blâmez donc jamais le sacerdoce, mais seulement l'homme qui en abuse. . . . . Au prince sont soumis les corps, au pontife les âmes : le prince peut faire remise d'impôts ; le pontife fait la remise des péchés : le premier a recours à la contrainte, le second aux moyens de persuasion ; celui-là use de la force physique, celui-ci de l'autorité morale : l'un s'aide des armes matérielles, l'autre des armes spirituelles ; l'un combat contre les barbares, l'autre contre les démons. Cette puissance qu'exerce le pontife est donc la plus grande des deux : aussi le monarque abaisse-t-il sa tête sous les mains de ce dernier, et partout nous voyons dans l'Ancien-Testament que c'étaient les pontifes qui consacraient les rois. "
3. Le même, Homilâ V de verbis Isaiæ,
Vidi Dominum : " Le p.96 fin p.97 début sacerdoce est quelque chose de plus auguste que la royauté même, et sa puissance est au-dessus de la sienne. Ne me vantez ni la pourpre, ni le diadème ni les vêtements brodés d’or.
Tout cela n'est que fumée et de moindre prix que des fleurs de printemps. Car toute la gloire de l'homme, dit le prophète, est comme la fleur du gazon, cette gloire fût-elle celle d'un roi. Ne me parlez donc pas de cela ; mais si vous voulez connaître la supériorité du sacerdoce sur la royauté, comparez la puissance donnée à chacun, et vous verrez que le sacerdoce est bien supérieur à la royauté. Car si le trône des rois vous paraît mériter votre respect à cause des pierreries et des dorures dont il brille, il est vrai cependant qu'il ne domine que sur les choses de la terre, et qu'il n'étend pas au-delà son influence ;
au lieu que le trône des pontifes a sa base dans les cieux, et que leur puissance s'exerce sur les choses célestes. Qui est-ce qui l'a dit ? Le roi même des cieux : Tout ce que vous lierez sur la terre, a-t-il dit, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.
Quel honneur pourrait égaler celui-là ? C'est à la terre que le ciel emprunte ses décisions. Le juge ayant son tribunal sur la terre, le Créateur obéit à sa créature ; et la sentence que le serviteur prononce ici-bas, son maître la ratifie au plus haut des cieux. Ainsi donc le pontife est comme médiateur entre Dieu et les hommes ; il fait descendre sur nous les bienfaits du ciel ; il fait monter là-haut nos prières d'ici-bas, il nous réconcilie à notre maitre irrité, il nous arrache, lorsque nous l'avons offensé, d'entre ses mains vengeresses. C'est pourquoi Dieu a voulu que les rois eux-mêmes abaissassent leurs têtes sous les mains des pontifes, afin de nous apprendre que la puissance de ces derniers est supérieure à celle des premiers ; car c'est à l'inférieur à recevoir du supérieur sa bénédiction.
"
4. S. IGNACE, Epist. ad Smyrnenses : " Honorez
Dieu comme l'auteur et le maître de tous, l'évêque comme le chef de l'ordre sacerdotal, comme l'image vivante de Dieu, comme celui qui tient son autorité de Dieu et son sacerdoce du Christ, et après l'évêque honorez aussi le roi. Car de même que rien n'est au-dessus de Dieu ni ne peut lui être égalé, de même personne dans l'Eglise n'est au-dessus de l'évêque, qui remplit auprès de Dieu la charge de pontife pour le salut du monde ; et personne aussi dans une armée n’est égal au roi, de qui les généraux eux-mêmes ont à attendre les bienfaits et les grâces. Celui qui honore l'évêque sera honoré de Dieu : et celui qui lui refusera l'honneur p.97 fin p.98 début qu'il lui doit, n'en recevra aucun de Dieu. Et si celui qui se révolte contre son roi encourt une juste condamnation, comment pourrait échapper au châtiment celui qui transgresse la volonté de son évêque ? Le sacerdoce est la plus haute dignité qu'il y ait parmi les hommes : celui qui l'outrage, outrage Dieu et le Seigneur Jésus-Christ premier-né de toutes les créatures, et qui seul est par nature le souverain prêtre de Dieu (primogenitum totius creaturæ, et solum naturâ principem sacerdotem Dei). Conformez-vous exactement entre vous à ce qui a été ordonné par le Christ : que les laïques soient soumis aux diacres, les diacres aux prêtres, les prêtres à l'évêque, l’évêque au Christ, comme le Christ lui-même est soumis à son Père (Ce passage, tel qu'il est ici rapporté ou fidèlement traduit, ne saurait être de saint Ignace. Voici ce que le véritable saint Ignace écrivait au sujet de l'autorité des évêques à l'église de Smyrne : " Soyez tous des imitateurs de l'évêque, comme Jésus-Christ l’est de son père. Suivez les prêtres comme les apôtres mêmes, et respectez les diacres comme les ministres de Dieu. Que personne n'entreprenne rien dans l’Eglise sans l'ordre et le consentement de l’évêque ; que l’on regarde comme l'Eucharistie légitime celle qui est célébrée par l’évêque, ou par celui qu'il a commis en sa place, et que la multitude des fidèles se trouve partout où se trouve l’évêque, comme l’Eglise catholique est partout où est Jésus-Christ. Il n'est permis ni de baptiser, ni de célébrer les agapes, ces festins de charité, sans la permission de l’évêque ; ce qu’il approuve est agréable aux yeux de Dieu, et en vous conduisant ainsi vous ne ferez rien que de juste et de légitime. "
" Il est donc raisonnable que nous changions désormais de conduite et que nous retournions à Dieu par la pénitence, puisque nous en ayons encore le temps. Le moyen d'y réussir est de ne rien faire que sous la vue de Dieu et dans la dépendance de l’évêque ; car celui qui honore. L’évêque sera lui-même honoré de Dieu, et celui qui fait quelque chose sans consulter l'évêque rend un culte religieux au démon.
" Epître de saint Ignace aux Smyrniens, trad. de SACY, Sainte Bible, tome IV, page 139, édit. in-folio). "
5. S. AMBROISE, Exhortat. ad virgines : " Nous avons aussi, nous autres évêques, notre noblesse, bien préférable à toutes les préfectures et à tous les consulats ; c'est-à-dire que nous avons les dignités de la foi, dont le caractère est impérissable. "
6. Le même, Lib. de Sacerdotali dignitate, c. 2 : " Aucune comparaison ne peut égaler l'honneur et l'élévation de la dignité épiscopale. Si vous lui compariez la pourpre des empereurs, le diadème des rois, vous verriez entre les deux la même différence qu'entre l'or et le plomb, puisque même les rois et les empereurs se mettent aux genoux des évêques, leur baisent les mains et p.98 fin p.99 début ont recours à leurs prières. Que dirai-je ensuite de tout le peuple, auquel non-seulement l’évêque est préposé par l'ordre de Dieu, mais dont l’Evangile lui fait de plus un devoir de se considérer comme le père ? C'est assurément dans ce sens-là que Notre-Seigneur a dit par trois fois à saint Pierre (JEAN, XXI, 16) : Pierre, m'aimez-vous ? et que Pierre ayant répondu à cette triple interrogation : Seigneur, vous savez que je vous aime, le Seigneur lui répéta aussi pour la troisième fois : Paissez mes brebis. En ce moment saint Pierre s'est chargé avec nous du soin des brebis et du troupeau, et nous nous en sommes de même tous chargés avec lui. Ainsi lorsque ces mêmes brebis sont confiées aux évêques, c'est qu'elles leur sont données à gouverner. "
7. S. CYPRIEN, Epist. 66 (al. 65) ad Furnenses
: " Un homme honoré du sacerdoce ou consacré au ministère de l’Eglise, doit appartenir exclusivement à l'autel, au sacrifice et la prière En effet, il est écrit : " Quiconque est au service de Dieu, évite l'embarras des affaires du siècle, pour plaire à celui auquel il s'est donné. " Cette règle qui s'applique à tous, s'adresse bien plus rigoureusement encore aux prêtres qui, occupés des œuvres divines et spirituelles, ne doivent point faire divorce avec l'Eglise, pour vaquer aux affaires ou se mêler aux intérêts du monde. La loi ancienne nous montre les lévites assujettis à des dispositions semblables. La terre promise ayant été partagée entre les onze tribus, la tribu de Lévi fut seule exclue du partage, afin qu'elle fut uniquement consacrée au service de Dieu, tandis que les autres cultivaient la terre, et lui donnaient pour sa subsistance la dime de tout ce qu'elles recueillaient. Admirable économie des dispositions divines ! Dieu ne voulait pas que des hommes consacrés à son service fussent distraits de leur ministère et rappelés aux choses du siècle. La même législation est encore en vigueur aujourd'hui à l'égard du clergé. Afin que ceux qu'elle admet dans les rangs de la cléricature, ne soient jamais détournés de leurs fonctions ni arrachés au ministère de l'autel et du sacrifice, auquel ils doivent être assidus le jour comme la nuit, l'Eglise les décharge des fardeaux du siècle et leur donne une espèce de dime dans les honorables distributions que nous devons à la charité de nos frères (Cf. Les Pères de l'Eglise, trad. par M. de Genoude, t. V bis). "
p.99 fin p.100 début
Question XIII
Comment pourrons-nous obtenir ces précieux avantages ? Nous recueillerons tous les avantages attachés à l'institution divine de la hiérarchie ecclésiastique, si, au lieu d'aspirer à ce qui est élevé, nous nous tenons dans les bornes de la modération en travaillant avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix, et c'est ainsi que nous nous montrerons les brebis humbles et dociles de Jésus-Christ. Le propre des brebis, c'est de fuir les loups ; de s'attacher, non à des étrangers, mais à leurs propres pasteurs ; de se soumettre à ceux-ci comme à ceux que le Seigneur a chargés de la conduite habituelle du troupeau, d'écouter leur parole comme celle de l'Esprit de vérité. C'est ce divin Esprit qui prend soin d'enseigner, de paître et de protéger le troupeau de Jésus-Christ par le moyen des supérieurs ecclésiastique même mauvais, et qui par eux nous recommande l'observation des commandements de notre Père céleste et de l’Eglise notre mère sous le voile de ces paroles mystérieuses : Ecoutez, mon fils, les instructions de votre père et n'oubliez point la loi de votre mère. Il nous inculque encore la même obligation par ces autres paroles : Conservez mon fils, les préceptes de votre père et n'abandonnez pas la loi de votre mère.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. Romains XII, 3 : " Je vous exhorte aussi, vous tous, selon le ministère qui m'a été donné par grâce, de ne point vous élever au-delà de ce que vous devez dans les sentiments que vous avez de vous-mêmes, mais de vous tenir dans les bornes de la modération. " p.100 fin p.101 début
3. JEAN, X, 2-3 : " Celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. - C'est à celui-là que le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle ses propres brebis par leur nom, et il les fait sortir. - Et lorsqu'il a fait sortir ses propres brebis, il va devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. - Elles ne suivent point un étranger, mais elles le fuient, parce qu'elles ne connaissent point la voix des étrangers. "
5. Tite, III, 4 : " Avertissez-les d'être soumis aux princes et aux magistrats, de leur obéir, d’être prêt à faire toutes sortes de bonnes œuvres. "
6. Hébreux, XIII, 47 : " Obéissez à vos conducteurs, soyez soumis à leurs ordres ; afin qu'ainsi qu'ils veillent pour vos âmes, comme devant en rendre compte y ils s'acquittent de ce devoir avec joie, et non en gémissant ; ce qui ne vous serait pas avantageux. "
9. Ibidem, XIV, 16, 26 : " Je prierai mon Père et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous ; - cet Esprit de vérité vous enseignera toutes choses, et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. "
11. MATTHIEU, XXIII, 2-3 : " Les scribes et les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse. - Observez donc et faites ce qu'ils disent ; mais ne faites point ce qu'ils font. "
12. Philippiens, I, 15-18 : " Il est vrai que quelques-uns prêchent Jésus-Christ par un esprit d'envie et de contention, et que les autres le prêchent par une bonne volonté. - Les uns prêchent Jésus-Christ par charité, etc., - les autres le prêchent par un esprit de jalousie, avec une intention qui n'est pas pure, etc. - Mais qu’importe ? Pourvu que Jésus-Christ soit annoncé de quelque manière que ce soit, soit par occasion, soit par un vrai zèle ; je m'en réjouis, et je m'en réjouirai toujours. "
13. JEAN, XI, 51 : " Or il ne disait pas cela de lui-même
; p.101 fin p.102 début mais étant grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. "
1. S. BERNARD, Lib. de præcepto et dispensatione, c. 12 : " Qu'importe que ce soit par lui-même ou par ses ministres, par des hommes ou par des anges, que Dieu fasse connaître aux hommes ses volonté ? Mais, direz-vous, des hommes peuvent facilement se tromper en prenant pour volonté de Dieu ce qui ne l'est pas dans les choses douteuses, comme ils peuvent tromper les autres en prétendant leur intimer cette volonté divine. Eh ! qu'est-ce que cela fait à vous qui n'en savez rien, et qui savez d'ailleurs par l’Ecriture (MALACH., II, 7) que les lèvres du prêtre sont les dépositaires de la science, et que c'est de sa bouche que l'on doit rechercher la connaissance de la loi, parce qu'il est l'ange du Seigneur des armées ? C'est de sa bouche, dirai-je à mon tour, que l'on doit rechercher la connaissance de la loi : non de celle qui résulte évidemment, soit du témoignage de l’Ecriture, soit des prescriptions de la raison, car alors il ne faut ni attendre un maitre pour s'en instruire, ni écouter celui qui nous parlerait différemment ; mais c’est de la bouche du prêtre qu'on doit rechercher la connaissance de la loi, si cette loi paraît obscure ou douteuse, en sorte qu'on ignore quelle est au juste la volonté de Dieu, si l’on ne s'en informe auprès de ceux dont les lèvres sont dépositaires de la science, et qui sont les anges du Seigneur des armées. A qui enfin pourrions-nous mieux nous adresser pour connaître les desseins de Dieu, qu’à ceux à qui est confiée la dispensation de ses mystères ? Nous devons donc écouter celui qui nous tient la place de Dieu comme nous ferions Dieu lui-même, dans tout ce qui n'est pas ouvertement contraire à la volonté de Dieu. "
2. S. EPIPHANE, Hæres.75 contra Aerium, dit en parlant de certaines traditions : " L'Eglise est dans la nécessité de se conduire ainsi, puisque c'est une tradition qui lui vient des Pères. Eh ! qui osera enfreindre le précepte de son père, ou celui de sa mère ? Ecoutez, mon fils, nous dit Salomon, les instructions de p.102 fin p.103 début votre père et n'oubliez pas la loi de votre mère ; voulant nous faire entendre par là, et les instructions écrites ou non écrites que nous avons reçues de notre Père c'est-à-dire de Dieu dans l'unité du Fils et de l'Esprit-Saint, et la loi de notre mère qui est l'Eglise, loi qu'il ne nous est pas permis de violer. Comme donc il y a dans l’Eglise des lois, que ces lois sont justes, et que tout s'y fait admirablement bien, notre séducteur se trouve encore confondu par cet endroit. "
Question XIV
Quels sont les commandements de l’Eglise ? On compte cinq (Il n'est pas question ici de l'abstinence du vendredi et du samedi, peut-être à cause de la diversité de discipline qui a existé à cet égard dans l’Eglise. D'ailleurs on peut dire que le troisième commandement, qui prescrit le jeûne pour certains jours marqués, renferme implicitement le devoir de l'abstinence du vendredi et du samedi : car l'abstinence de viande est un jeune imparfait, et peut s'appeler de ce nom, le prendre dans un sens large) principaux commandements de l'Eglise, que chaque chrétien est tenu de connaître et d'observer. Le premier est de célébrer les jours de fêtes marqués par l’Eglise. Le second, d'entendre dévotement en ces mêmes jours l'office de la sainte messe. Le troisième, d’observer les jeûnes aux jours marqués comme ceux du carême, des Quatre-Temps, et des veilles de certaines fête solennelles, que nos père ont appelées Vigiles, parce qu'ils avaient coutume de veiller alors la nuit dans les temples. Le quatrième, de confesser tous les ans ses péchés à son propre prêtre. Le cinquième, de recevoir la sainte Eucharistie au moins une fois chaque année, et cela dans les jours de Pâques. p.103 fin p.104 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. Le premier concile de Lyon, c. 3, cité par Ives de Chartres, part. IV, c. 14, et dans le décret de Gratien, de Consecratione, distinct. 3 : " Il faut que les laïques soient instruits des jours de l'année qui doivent être fériés, à savoir, le dimanche entier à partir du soir de la veille jusqu'au soir du jour même, pour ne pas se rencontrer avec les juifs ; et dans le courant de l'année les jours suivants : La Nativité de Notre-Seigneur, les fêtes de saint Etienne, de saint Jean l'évangéliste, des saints Innocents, de saint Sylvestre, les octaves de Notre-Seigneur, la Théophanie la Purification de sainte Marie, le saint jour de Pâques avec toute son octave, les trois jours de Rogations, l'Ascension de Notre-Seigneur, les jours de la Pentecôte, les fêtes de saint Jean-Baptiste, des douze apôtres, et principalement de saint Pierre et de saint Paul, qui ont éclairé le monde par leur prédication, la fête de saint Laurent, l'Assomption de sainte Marie, sa Nativité, la dédicace de la basilique de saint Michel, archange, la dédicace de l'oratoire de chaque lieu, la fête de tous les saints, celle de saint Martin ; les fêtes aussi que chaque évêque dans son diocèse aura recommandées conformément au désir du peuple, et qui doivent être prescrites seulement aux gens du pays, et non aux autres. Quand aux autres fêtes qui peuvent arriver dans l'année, elles doivent être laissées à la liberté de chacun. Quand un jeûne se trouve commandé, il doit être observé de tous (Ce décret, comme il est évident, n'est pas du premier concile général de Lyon, mais de quelque concile particulier, connu apparemment de saint Ives de Chartres et de Gratien. La collection des conciles de Labbe et de Cossart n'en parle pas, quoiqu'on y trouve les décrets de plusieurs conciles particuliers de Lyon). "
2. Le second concile de Macon, c. 4 (Cf. LABBE, Conc., t. VI, 980-981, ad annum 585) : " Observez le jour du dimanche, qui nous a enfantés de nouveau, et nous a délivrés de tous péchés. Que personne ce jour-là, ne s'embarrasse de procès ; que personne ne se permette de plaider ; que personne ne s'occupe de travaux, qui obligent d'atteler des animaux. Soyez tous appliqués d'esprit et de corps à chanter des hymnes à la louange de Dieu. Si quelqu'un de vous a sa demeure proche de l'Eglise, qu'il s'empresse de s'y rendre, et d'y répandre chaque dimanche ses larmes et ses prières. Que vos yeux et vos mains p.104 fin p.105 début soient tout ce jour-là élevés vers Dieu ; car c'est le jour marqué à perpétuité pour le repos, et que la loi et les prophètes nous ont figuré par le septième jour. Il est donc juste de célébrer de concert ce jour par lequel nous avons été faits ce que nous n'étions pas auparavant. Car nous étions auparavant esclaves du péché, et nous sommes devenus enfants de justice. Servons donc en toute liberté le Seigneur, dont la clémence nous a délivrés des chaînes de l'erreur ; non qu'il demande de nous que nous célébrions le dimanche par l'abstinence des aliments corporels, mais ce qu'il demande de nous c'est l'obéissance qui nous fera fouler aux pieds les choses de la terre, et nous élèvera par la miséricorde de Dieu jusqu'au ciel. Si donc quelqu'un de vous méprise ou néglige cette exhortation, qu'il sache qu'il sera puni selon la qualité de son crime, principalement par la justice divine, et aussi par l'inexorable sévérité de l'évêque.
Si c'est un avocat, il sera chassé du barreau sans espérance d'y rentrer jamais ; si c'est un paysan ou un esclave, il sera condamné à la bastonnade ; si c'est un clerc ou un moine, il sera excommunié pendant six mois. "
3. Le concile de Mayence (Cf. LABBE, Conc., t.
VII, col. 1250, ad annum 813) tenu sous Charlemagne, canon 56 : " Nous ordonnons qu'on célèbre chaque année les jours de fêtes, savoir, le dimanche de Pâques, qu'on doit passer dans une sainte joie et de même toute la semaine qui le suit, le jour entier de l'Ascension, la Pentecôte comme Pâques, la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul, la Nativité de saint Jean-Baptiste, l'Assomption de sainte Marie, la dédicace de saint Michel, les fêtes de saint Remi, de saint Martin, de saint André, les quatre jours de la Nativité de Notre-Seigneur, les octaves de Notre-Seigneur (Il s'agit sans doute de la Circoncision et des trois jours suivants, ou des quatre premiers jours de janvier, qui sont les octaves de Noël et des trois fêtes suivantes. M. Roisselet de Sauclières a traduit après le P. Richard, l'Octave du Seigneur, c'est-à-dire la Circoncision, et nous-mêmes nous avions répété cette traduction dans notre Dictionnaire des conciles. Mais il y a dans le texte Octavas Domini, qui signifie manifestement plusieurs jours au lieu d'un seul), l’Epiphanie de Notre-Seigneur, la Purification de sainte Marie, enfin les fêtes des martyrs ou des confesseurs dont les corps reposent dans l’Eglise du lieu. Il en sera de même pour la dédicace de chaque église. "
4. Ibidem, canon 37 : " Nous voulons que tous les dimanches soient dévotement célébrés, qu'on n'y fasse aucune œuvre servile p.105 fin p.106 début pas plus qu'aucun marché et aucun plaid où il s'agirait de juger quelqu'un à mort ou de le condamner à quelque autre peine. "
5. Le concile de Tribur (Cf. LABBE, Conc., t. IX, col. 458, ad annum 895) (ou Teuver prés de Mayence) sous l’empereur Arnoul, canon 38 : " Nous ordonnons dans ce saint concile, conformément aux saintes lois de nos pères, qu'aucun comte, aucun séculier ne tiendra de plaid les jours de dimanches et de fêtes, de carême ou de jeûnes, ni ne s'ingérera d'y contraindre le peuple : parce que Dieu serait irrité de voir le peuple se livrer à des procès et à des contestations dans un moment où il ne devrait être occupé que de son service. Les jours de dimanches et de fêtes, chaque chrétien ne doit s'occuper que de vigiles et de prières, assister à la messe, y faire ses oblations et ne penser qu’à Dieu. Les jours de carême et de jeûnes, on doit jeûne avec zèle prier avec ferveur, faire des aumônes selon ses facultés, et s'abstenir de tout procès. Car le concile condamne ceux qui ces jours-là poursuivent des procès ou contraignent leurs débiteurs à leur acquitter leur dettes, contrairement à ce que le Seigneur a dit par son prophète (ISAIE, LVIII, 3 -4) : Vous suivez vos caprices en vos jours de jeûne, et vous exigez durement le prix de vos travaux. Vous ne jeûnez que pour susciter des procès et des querelles, et vous frappez vos frères avec une violence impitoyable. "
6. S. IGNACE, Epist. ad Philippenses (Cette prétendue lettre de saint Ignace est supposée. Voir NATAL. ALEX., Hist. eccl. sæc. I, diss. XXIII) : " Ne profanez pas les jours de fêtes. "
7. Le concile d'Agde (Cf. LABBE, Conc., t. IV, col. 1391, ad annum 506), canon 47 : " Il est ordonné très expressément à tous les laïques d'assister le dimanche à la messe entière, et de n'en sortir qu'après que l'évêque aura béni le peuple. Ceux qui y manqueront, seront réprimandés publiquement par l'évêque (" Les prêtres ne donnaient pas encore la bénédiction à la messe. Cette bénédiction doit s'entendre de la solennelle, qui se donne encore dans quelques églises les jours de grandes fêtes avant la communion. Il y a Totas missas teneri ; ce mot se prend souvent pour toutes sortes d'offices divins, mais particulièrement pour celui de la messe. " Analyse des conciles, par le P. Richard ; voir aussi noire Dictionnaire des conciles, article AGDE, col. 35). " p.106 fin p.107 début
8. Ibidem, canon 21 : " Si quelqu'un veut avoir un oratoire particulier dans sa terre, hors de l'église paroissiale où c'est la règle et la coutume de se rassembler, nous lui permettons dans de justes bornes d'y faire dire la messe tous les jours de fêtes pour la commodité de sa famille, excepté Pâques, Noël, l'Epiphanie, l'Ascension, la Pentecôte, la fête de saint Jean-Baptiste, et les autres fêtes les plus solennelles, qu'il ne faudra pas célébrer ailleurs que dans les villes ou dans les paroisses. Et les clercs qui dans ces jours solennels diraient la messe ou feraient l'office dans ces oratoires particuliers sans la permission de l'évêque seraient excommuniés. "