Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 56)
21. RABAN MAUR, archevêque de Mayence, Lib. I de institutione clericorum, c. 27 : " Voici l'ordre à observer dans l'instruction des catéchumènes : premièrement, on demande au païen s'il renonce au démon et à ses œuvres funestes, et à ses pompes trompeuses, afin qu'il commence par rejeter l'erreur, et qu'il s'approche ainsi de la vérité, après avoir, comme le dit l’Apôtre (Eph., IV, 22), dépouillé le vieil homme selon lequel il a vécu dans sa première vie qui se corrompt en suivant l'illusion des passions, et après avoir renoncé à l'impiété et aux désirs du siècle (Tite, II, 12) ; ensuite on lui propose le symbole de foi des apôtres, et on lui demande s'il croit en Dieu le Père tout- p.176 fin p.177 début puissant, et en Jésus-Christ son Fils unique Notre-Seigneur, et au Saint-Esprit, Trinité qui ne fait qu'un Dieu ; s'il confesse l'unité de la sainte Eglise catholique, s'il croit à la rémission des péchés et à la résurrection de la chair.
S'il déclare qu'il croit véritablement toutes ces choses, dès lors il commence à revêtir par la foi l'homme nouveau qui a été créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritable : il n'en est toutefois entièrement revêtu que lorsqu'il est régénéré dans l'eau du baptême. Et après qu'il s'est ainsi choisi un nouveau maître par la confession de la vraie foi, en même temps qu'il a renoncé à l'ancien et s'est ainsi soustrait à son esclavage, le prêtre souffle sur lui afin que l'esprit malin se retire ; il lui fait un signe de croix sur le front et sur la poitrine, afin que l'ange apostat, voyant le signe de sa défaite sur celui qui jusque-là était sa proie, sache qu'il n'a plus rien à prétendre sur lui désormais. Ensuite on prononce sur lui des prières, pour qu'il devienne catéchumène. Après quoi on lui met dans la bouche du sel bénit pour que, recevant sous cet emblème le sel de la sagesse, il soit exempt de la corruption du péché, et qu'au lieu de devenir la proie des vices, il croisse plutôt de vertus en vertus. Ensuite on l'exorcise de nouveau, pour que le démon, reconnaissant sa malice, et redoutant le juste jugement de Dieu sur lui-même, se retire de cet homme, ne cherche plus à l'empêcher par ses artifices de recevoir le baptême, mais que rendant plutôt gloire à Dieu son créateur, il lui restitue l'ouvrage de ses mains. Puis on lui touche avec un peu de salive les narines et les oreilles, et on prononce sur lui la même parole que Jésus prononça sur le sourd-muet qu'il guérit quand il lui dit en touchant sa langue de sa salive et mettant ses doigts dans ses oreilles : Ephpheta, c'est-à-dire ouvrez-vous. Car l'effet de ce sacrement est aussi d'ouvrir les narines du catéchumène pour qu'il aspire l'odeur de la connaissance de Dieu, et de lui ouvrir les oreilles pour qu'il entende la voix des commandements de Dieu et la grave dans son cœur ; et c'est ce qu'opère en lui la sagesse et la vertu divines au moyen de l'action du prêtre. Ensuite la bénédiction sacerdotale vient défendre le catéchumène contre sa propre faiblesse, pour que, fidèle à sa résolution, il reçoive bientôt le saint baptême. Sa poitrine reçoit l'onction de l'huile sanctifiée, en même temps qu'on invoque la sainte Trinité pour qu'il ne reste en lui aucun lieu de retraite pour son ennemi, mais que son âme soit affermie dans la foi à la sainte Trinité. On lui fait de semblables onctions avec la même huile entre les p.177 fin p.178 début épaules ; pour le munir de tous côtés et lui donner la force de faire les bonnes œuvres dont Dieu saura retirer sa gloire. "
22. Le même, chapitre 28 : " Après cela on consacre l'eau, et le catéchumène s'approche pour recevoir le baptême, qu'il reçoit ainsi par une triple immersion au nom de la sainte Trinité. Et il est bien convenable en effet que l'homme qui a été créé à l'image de la sainte Trinité, soit réformé à la même image par l'invocation de la sainte Trinité, et qu'étant tombé en état de mort par le consentement donné au péché, consentement qui en est comme le troisième degré (Les deux premiers degrés du péché, comme l'enseigne le pape saint Grégoire, sont la suggestion et la délectation), il revienne à la vie par la grâce en sortant une troisième fois des fonts baptismaux. Cette triple immersion peut signifier aussi les trois jours que Notre-Seigneur fut dans le tombeau, surtout d'après ce que dit l'Apôtre (Rom., VI, 3-5) : Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés dans sa mort. Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir au péché ; afin que comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts pour la gloire de son père, nous marchions aussi dans une nouvelle vie. Car si nous sommes entés en lui par la ressemblance de sa mort, nous y serons aussi entés par la ressemblance de sa résurrection, et le reste. Il faut donc que le baptême soit conféré sous une triple immersion avec l’invocation de la sainte Trinité, en sorte que cette action mystérieuse du baptême représente les trois personnes, en même temps que l'unité du baptême rappelle l'unité de la substance divine. C'est ce qui a fait dire à l’Apôtre (Eph., IV, 5) : Un Dieu, une foi, un baptême, et le reste. Après que le baptisé est sorti des fonts, le prêtre lui fait sur la tête l'onction du saint chrême accompagné d'une oraison, pour qu'il devienne participant du royaume du Christ, et qu'il puisse désormais être appelé chrétien (les deux mots Christ et chrême ayant une même étymologie ????, oindre). Il est écrit dans l’Evangile (MATTH., III, 16) : Jésus étant baptisé sortit aussitôt hors de l'eau, et en même temps les cieux lui furent ouverts : il vit l'Esprit de Dieu qui descendit en forme de colombe, et qui vint se reposer sur lui. C'est ainsi qu'il convient que l'onction ait lieu encore après le baptême, puisque l'Esprit-Saint qui sanctifie les néophytes au moyen de ce chrême auquel il prête sa vertu, descendit sur Jésus en forme de colombe après que celui-ci eût été baptisé, colombe que figurait déjà celle qui à l'époque du déluge p.178 fin p.179 début rapporta dans l'arche un rameau vert d'olivier, pour signifier sans doute que par l'onction du chrême l'Esprit-Saint donne aux baptisés toute la verdeur de la grâce céleste. "
23. S. ISIDORE, évêque de Séville,
Lib. II de officiis ecclesiasticis, c. 20 : " Or les catéchumènes sont d'abord exorcisés, ensuite ils reçoivent le sel et l’onction. L’exorcisme est une imprécation faite contre l'esprit immonde dans la personne des énergumènes ou des catéchumènes, pour écarter d’eux les effets de l’hostilité du démon et de sa méchanceté invétéré. C'est ce qui nous a été signifié dans ce lunatique (MATTH., XVII, 17) que le démon quitta, sur la menace que lui fit Notre-Seigneur. On les exorcise ainsi en soufflant sur eux, afin qu'ils renoncent au démon, et que délivrés de la puissance des ténèbres, ils soient transférés par le sacrement de baptême dans le royaume de leur divin maître. Les enfants ne pouvant faire ce renoncement par eux-mêmes, ceux qui les présentent sur les fonts y suppléent de cœur comme de bouche. La cérémonie du sel qu'on donne aux catéchumènes a été instituée par nos pères, pour rappeler la sagesse chrétienne dont les nouveaux baptisés doivent désormais assaisonner leurs discours, sans s'affadir jamais, ou regarder derrière eux comme la femme de Loth. "
24. S. AMBROISE, de Sacramentis, lib. I, c. 1:
" Qu'avons-nous fait le samedi (veille des jours de Pâques et de la Pentecôte, les seuls où le sacrement de baptême s’administrât avec solennité) ? Ce que fit le Sauveur à l'égard du sourd-muet qui lui avait été présenté : nous avons dit Ephpheta (adaperire), en vous touchant les oreilles et les narines : les oreilles, pour que vous soyez disposés à entendre la parole de Dieu, et à répondre aux demandes qui allaient vous être faites par son ministre ; les narines, pour que vous respiriez la bonne odeur de la piété chrétienne et que la foi répande en vous son parfum. " Puis, c. 2 : " Vous êtes entrés dans le baptistère : vous avez reçu l'onction, comme devenant l'athlète de Jésus-Christ, comme destiné à combattre contre le siècle. Il vous a été demandé : Renoncez-vous au démon et à ses œuvres ? Qu'avez-vous répondu ? j'y renonce. Renoncez-vous au siècle et à ses plaisirs ? Vous avez répondu de même : j'y renonce. N'oubliez pas cette promesse, etc. "
C. 5 : " La dignité du sacrement de baptême, aussi bien que la loi de la coutume, demande que l'eau des fonts soit d'abord p.179 fin p.180 début consacrée, pour qu'ensuite on y descende celui qui doit être baptisé. Car le prêtre, dès qu'il est entré, fait l'exorcisme, puis son invocation sur l'eau, ensuite une prière pour que l'eau soit sanctifiée et que la Trinite divine manifeste sa présence. "
5 : " Le prêtre vient, prononce une prière tourné vers les fonts, invoque le nom du Père, l'assistance du Fils et du Saint-Esprit, profère les paroles célestes. Quelles sont ces paroles célestes ? Que le baptême se fasse au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. "
C. 7 : " Sur la demande qui vous a été faite
: Croyez-vous en Dieu le Père tout-puissant ? Vous avez dit : J'y crois ; et vous avez été plonge dans l'eau une première fois. Puis on vous a demandé : Croyez-vous en Notre-Seigneur Jésus-Christ et en sa croix ? Vous avez répondu : J'y crois ; et vous avez été plongé une seconde fois, pour marquer que vous étiez enseveli avec Jésus-Christ dans l'espérance qu'enseveli avec Jésus-Christ, vous ressusciterez avec lui. On vous a demandé après cela : Croyez-vous au Saint-Esprit ? Vous avez répondu : J'y crois ; et une troisième fois vous avez été plongé. Ces immersions faites, quelles ont été les paroles prononcées par le prêtre ? Les voici : Que le Seigneur qui vous a régénéré par l'eau et le Saint-Esprit, et vous a accordé la remise de vos péchés, vous oigne pour la vie éternelle. Vous l'entendez, pour la vie éternelle ; n'allez pas désormais sacrifier cette vie éternelle à la vie présente. "
1 : " Vous recevez le mystère, c'est-à-dire l'onction sur votre tête. Vous êtes sorti du baptistère ; que s'est-il passé ensuite ? Vous avez entendu une lecture, puis le souverain prêtre s'est ceint les reins. Car encore que les simples prêtres l'aient fait aussi, c'est cependant le souverain prêtre qui en a pris l'initiative. Le souverain prêtre s'étant, dis-je, ceint les reins, vous a lavé les pieds. Nous savons bien que l’Eglise romaine n'a pas cet usage, l’Eglise romaine dont nous aimons à suivre en tout l'exemple. Mais n'est-ce point à cause de la trop grande population de la ville qu'elle y a renoncé ? "
C. 2 : " On vous imprime ensuite le sceau spirituel, parce qu'après avoir été purifié dans l'eau des fonts, il vous reste encore à acquérir la perfection des vertus, etc. Après cela qu'y a-t-il ? On vous fait approcher de l'autel, etc. "
27. Le même, in libro de iis qui mysteriis initiantur, c. 4 : " Dilatez vos narines, et aspirez la bonne odeur de la vie éter- p.180 fin p.181 début nelle que les sacrements exhalent pour votre salut ; c'est ce que nous vous avons fait entendre, lorsque faisant cette cérémonie de l'ouverture des oreilles et des narines, nous avons dit : Ephpheta, c'est-à-dire ouvrez-vous. Ce mystère nous a été enseigné par Jésus-Christ, comme nous le lisons dans l’Evangile, au moment où il guérir le sourd-muet. "
C. 2 : " Après cela on vous a ouvert le Saint des saints ; vous êtes entré dans le lieu où devait s'accomplir votre régénération. Rappelez à votre souvenir les demandes qu'on vous a faites, et ce que vous avez répondu. Vous avez expressément renoncé à Satan et à ses œuvres de ténèbres ; vous avez abjuré le monde, son luxe et ses plaisirs ; là vous avez vu un lévite, vous avez vu un prêtre, vous avez vu le souverain prêtre. . . . . Entré pour voir à quel adversaire vous aviez à renoncer, vous vous tournez vers l'orient. Car celui qui renonce au démon, se tourne vers Jésus-Christ, et dirige vers lui ses regards. "
C. 3 : " L'eau sans la prédication de la croix de Jésus-Christ ne peut servir de rien pour le salut. Mais une fois consacré par le mystère de cette croix, source du salut de tous les hommes, elle lave et purifie l’âme et lui présente un breuvage salutaire. "
C. 6 : " Après cela vous êtes allé au prêtre ; considérez ce qui s'est fait ensuite. N'est-ce pas la même chose que ce qu'avait chanté David (Ps. CXXXII, 2) : Comme le parfum répandu sur la tête d'Aaron, etc. ? Car l'onction spirituelle nous consacre tous, prêtres et rois. Vous êtes sorti du baptistère ; rappelez-vous ce que dit l’Evangile, que Notre-Seigneur Jésus-Christ lava les pieds à ses disciples, etc. "
C. 7 : " Ensuite vous avez reçu des vêtements blancs, pour faire connaître que vous aviez renoncé au péché, pour vous revêtir de l'innocence. . . . Redites-vous à vous-même que vous avez reçu la marque des enfants de Dieu, l'esprit de sagesse et d'intelligence, etc. "
28. S. AUGUSTIN, de nuptiis et concupiscentiâ, lib. I, c. 20 : " C'est véritablement, et non fictivement, que le démon est exorcisé dans les enfants ; et ne pouvant lui renoncer par eux-mêmes, ils lui renoncent par ceux qui les présentent afin qu'arraché à la puissance des ténèbres, ils soient transférés dans le royaume de leur divin maître. Quelle est donc la chose qui les p.181 fin p.182 début tient sous la puissance du démon, jusqu’à ce qu'ils en soient délivrés par le sacrement de baptême si ce n'est le péché ? "
29. Le même, ibidem, Lib. II, c. 18 : " (Julien d’Eclane) accuse l'Eglise répandue dans le monde entier, qui est partout dans l'usage de souffler sur les enfants qu'elle baptise, sans doute pour jeter dehors le prince de ce monde qui retient sous son pouvoir les vases de colère. "
30. Ibidem, c. 29 : " Ce n'est pas seulement depuis que Manichée a commencé à enseigner sa funeste doctrine, que l'on a commencé dans l'Eglise de Dieu à exorciser les enfants et à souffler sur eux, pour montrer par ces signes même qu'ils ne sauraient entrer dans le royaume de Jésus-Christ, qu'après avoir été arraché à la puissance des ténèbres. . . Qu'il (Julien) ose les accuser (saint Ambroise et saint Cyprien) de manichéisme, et intenter la même accusation à l'Eglise entière qui, conformément à l'ancienne tradition, exorcise les enfants et souffle sur eux pour qu'ils puissent entrer dans le royaume de Jésus-Christ après avoir été arrachés à la puissance des ténèbres, qui est le diable et ses anges. "
31. Le même, Lib. IV de Symbolo ad Catechumenos, c, 1, apostrophe ainsi les catéchumènes : " Tous les rites mystérieux qui se sont accomplis ou qui vont s'accomplir en vous par le ministère des serviteurs de Dieu, les exorcismes, les oraisons, les cantiques spirituels, les insufflations, les cilices, les inclinations de tête, les génuflexions, la frayeur même qui vous a saisis pour produire bientôt en vous une confiance sans limites ; ce sont là, comme je l'ai dit, autant d'aliments avec lesquels l’Eglise vous sustente dans son sein, jusqu'à ce qu'elle vous ait heureusement enfanté à Jésus-Christ par le baptême. Vous avez reçu aussi le symbole, destiné à vous protéger à votre naissance contre le venin du serpent. "
32. ORGENE, Homil. V in librum Numerorum : " Dans les pratiques de l’Eglise il y a certaines choses que tous doivent observer, quoique tous n'en pénètrent pas la raison. Je ne pense pas, par exemple, que tout le monde comprenne aisément pourquoi tant de génuflexions dans nos prières, pourquoi cet usage de nous tourner alors vers l'orient, plutôt que vers toute autre partie du ciel. De même est-il facile pour tout le monde de dire pourquoi nous employons telle manière de donner l'Eucharistie avec les rites qui l'accompagnent, pourquoi ces paroles et ces actions, ces interrogations et ces réponses qui ont lieu au baptême. Et p.182 fin p.183 début cependant nous portons toutes ces choses comme voilées sur nos épaules, en les accomplissant de la manière qui nous a été transmise et recommandée par le grand-prêtre et ses fils. Nous nous acquittons de tous ces devoirs et d'autres semblables, sans en comprendre la raison : nous élevons sur nos épaules et nous portons couverts et voilés les divins mystères à moins qu'il n'y ait parmi nous quelque Aaron ou quelque fils d'Aaron à qui puisse être faite la faveur de les voir à découvert et sans aucun voile. Encore ces derniers doivent-ils ne pas oublier d'y replacer le voile et de les couvrir de nouveau, toutes les fois qu'ils ont à les remettre en d'autres mains ou à les produire en public. "
33. S. DENIS l'Aréopagite, de Ecclesiasticâ hierarchiâ, c. 4 : " Or, nos premiers chefs dans la hiérarchie, pleins des grâces célestes dont Dieu bienfaisant les avait comblés, reçurent de l'adorable Providence la mission d'en faire part à d'autres, et puisèrent eux-mêmes dans leur sainteté le désir général d'élever la perfection et de déifier leurs frères. Pour cela, et selon de saintes ordonnances, et en des enseignements écrits et non écrits, ils nous firent entendre par des images sensibles ce qui est céleste, par la variété et la multiplicité ce qui est parfaitement un, par les choses humaines ce qui est divin, par la matière ce qui est incorporel, et par ce qui nous est familier les secrets du monde supérieur. Ils agirent ainsi, non-seulement à cause des profanes, qui ne doivent pas même aborder les symboles de nos mystères, mais aussi parce que notre hiérarchie, se proportionnant à la nature humaine, est toute symbolique, et qu'il lui faut des figures matérielles pour nous élever mieux aux choses intelligibles (Cf. Les Œuvres de saint Denis l'Aréopagite, trad. par M. l'abbé Darboy, p. 286 ; les Œuvres du divin saint Denis aréopagite, trad. du frère Jean de Saint-François pag. 89 - 60 ; ??? ???????? ?????????? ??? ???????????, etc. ; Paris, 1562, p. 109-110). "
34. S. AUGUSTIN, de Doctrinâ christianâ, lib. III, c. 9 : " Celui-là est esclave de la figure, qui vénère ou même exécute un symbole dont il ne comprend pas la signification ; celui au contraire qui comprend la signification d'un signe qu'il exécute comme institué par Dieu même ne prend pas pour objet de sa vénération l'objet fugitif qu'il a sous les yeux, mais bien plutôt l'objet spirituel auquel tous ces signes se rapportent. Quant à celui qui, sans avoir l'intelligence du signe, sait pourtant que ce n'est qu'un signe, il n'est pas non plus sous le joug de la servitude. Quoi qu'il en soit, il vaut mieux encore être esclave de p.183 fin p.184 début signes incompris, mais utiles, que de tomber dans les filets de l'erreur en voulant, par l'interprétation de ces signes, sortir de leur esclavage. "
ARTICLE I. - DU SACREMENT DE BAPTEME.
Question I
Qu’est-ce que le baptême et quelle en est la nécessité ?
Ce sacrement, qui est le premier et le plus nécessaire de tous ceux de la loi nouvelle, consiste dans l'action de purifier avec l'eau celui qui le reçoit, en prononçant en même temps sur lui certaines paroles selon l'institution de Jésus-Christ. Ce sacrement, disons-nous, est nécessaire non-seulement aux adultes, mais même aux petits enfants, et en même temps est pour eux un moyen efficace d'obtenir le salut éternel. Tous nous naissons enfants de colère : les petits enfants ont donc besoin comme les autres d'être purifiés du péché, et sans ce sacrement ils ne peuvent l'être, ni par conséquent redevenir enfants de Dieu. Car telle est la loi générale posée par le divin législateur : Si quelqu'un ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Et ailleurs : Votre Père qui est dans les cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits périsse. Or, les enfants périraient s’ils n'étaient pas baptisés, comme autrefois dans la synagogue auraient été punis de mort les enfants des Hébreux qui seraient demeurés incirconcis.
Maintenant, comme il n'y a qu'un baptême pour les fidèles de Jésus-Christ, une fois reçu, il est défendu de le réitérer, quoi que puissent alléguer les anabaptistes condamnés depuis longtemps. Disons avec le concile de Constantinople : " Je crois un baptême pour la rémission des péchés ; " et avec saint Augustin : " Rebaptiser un hérétique, c'est un péché injustifiable ; rebaptiser un catholique, c'est un crime énorme, et défendu pour cette raison par les lois même impériales. "
p.184 fin p.185 début TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. Actes, II, 38 : " Pierre leur répondit
: Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. "
3. JEAN, III, 22 : " Après cela, Jésus vint avec ses disciples dans le territoire de la Judée. Il y demeurait avec eux, et y baptisait. "
5. Tite, III, 5-7 : " Il nous a sauvés par l'eau de la régénération, et par le renouvellement du Saint-Esprit, - qu'il a répandu sur nous avec une riche profusion, par Jésus-Christ notre Sauveur ; - afin qu'étant justifiés par sa grâce, nous devinssions les héritiers de la vie éternelle selon l'espérance, etc. "
6. MATTHIEU, XXVIII, 19-20 : " Allez donc, instruisez tous les peuples, et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; - en leur enseignant à observer tout ce que je vous ai ordonné. "
7. Ephésiens, V, 25-26 : " Et vous, maris, aimez vos femmes, comme Jésus-Christ aime l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, - afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême de l'eau, par la parole de vie. "
8 I PIERRE, III, 20-21 : " Peu de personnes (huit seulement) furent sauvées dans l'arche, au milieu de l'eau. - Ce qui était la figure à laquelle répond maintenant le baptême, qui vous sauve, grâce à Jésus-Christ ressuscité, non en étant les souillures de la chair, mais en offrant la garantie d'une conscience pure devant Dieu. " p.185 fin p.186 début
9. Ephésiens, II, 3 : " Nous étions, par la corruption de notre nature, enfants de colère, aussi bien que les autres hommes. "
11. Genèse, XVII, 14 : " Tout mâle dont la chair n'aura pas été circoncise, sera exterminé du milieu de son peuple, parce qu'il aura violé mon alliance. "
13. Hébreux, VI, 4-6 : " Il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté une fois le don du ciel, qui ont été rendus participants du Saint-Esprit, - qui se sont nourris de la sainte parole de Dieu, et des merveilles du siècle à venir, et qui après cela sont tombés, se renouvellent par la pénitence ; parce qu'ils crucifient de nouveau en eux-mêmes le Fils de Dieu, et l'exposent encore à l'ignominie. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.