Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 57)
1. Le concile de Trente, session VI, chapitre IV : " La justification de l'impie n'est autre chose que la translation ou le passage de l'état où l’homme naît enfant du premier Adam, à l'état de grâce, c'est-à-dire à l'état d’enfant adoptif de Dieu par le second Adam, Jésus-Christ notre Sauveur ; et ce passage ou cette translation depuis la publication de l’Evangile ne peut se faire sans l'eau de la régénération ou le désir d'en être lavé, suivant ce qui est écrit : " Celui qui ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. "
2. Le même concile, session VII, canon 5 : " Si quelqu'un dit que le baptême est libre, c'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire pour le salut : qu'il soit anathème. "
3. S. AUGUSTIN, Tractat. XIII in Joannem : " Quelques progrès que fasse un catéchumène, il porte toujours son iniquité, fardeau dont il ne peut être délivré que par le baptême. "
4. S. AMBROISE, Lib. de iis qui mysteriis initiantur, c. 4 : " Le catéchumène croît en la croix de Jésus-Christ, dont il fait déjà le signe sur lui-même ; toutefois, tant qu'il n'est pas baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il ne saurait recevoir le pardon de ses péchés ni le bienfait de la grâce spirituelle. "
5. S. CLEMENT, Epist. IV ad Julium et Julianum (C'est une lettre faussement attribuée au pape saint Clément. Voir NAT ALEX., Hist. eccl. I sæc., c. XII, art. VIII) : " Ne p.186 fin p.187 début pensez pas que, si vous ne recevez pas le baptême, vous puissiez, quand même vous pratiqueriez toute piété, toute justice, obtenir grâce auprès de Dieu ; vous vous rendriez au contraire dignes d'un plus terrible châtiment, pour avoir fait mal des choses bonnes en elles-mêmes (Il y a ici une exagération qui, si elle était prise à la lettre, justifierait la proposition janséniste que toutes les actions des infidèles sont des péchés. Il faut donc nécessairement en rabattre).
On acquiert, il est vrai, des mérites en faisant le bien, mais pourvu qu'on le fasse de la manière que Dieu l'ordonne. Or, Dieu ordonne à quiconque veut lui rendre un culte, de recevoir le caractère sacré du baptême. Si vous vous y refusez, pour obéir à vous-mêmes plutôt qu’à Dieu, vous vous constituez dès lors sans aucun doute ennemis de sa volonté. Mais vous direz-peut-être : Que fait le baptême d'eau au culte divin ? Il fait premièrement, que par là vous accomplissez la volonté de Dieu ; secondement, que régénéré par l’eau et redevenus enfants de Dieu, vous corrigez le défaut de votre naissance selon la chair, et que vous pouvez ainsi parvenir au salut, qui autrement serait impossible. Car c'est ce que nous a déclare avec serment le vrai Prophète, lorsqu'il a dit (JEAN, III, 8) : En vérité, en vérité je vous le dis, si quelqu'un ne renaît de l'eau vive, il n'entrera point dans le royaume des cieux. Portez-vous donc avec empressement à recevoir cette grâce. Car il y a dans ces eaux cette même miséricorde qui à l'époque de leur création se laissait porter sur elle. Elle reconnaît ceux qui sont baptisés sous l'invocation des trois noms mystérieux ; elle les soustrait aux supplices à venir, et elle présente à Dieu comme un don qui lui est agréable les âmes consacrées par le baptême. Ayez donc recours à ces eaux salutaires : elles seules peuvent éteindre le feu à venir Celui qui apporte du retard à s'en approcher, fait voir qu'il conserve dans son cœur l'idole de l'infidélité, et que c'est là ce qui l'empêche d'accourir à ces eaux où il trouverait son salut. Car, justes ou non, le baptême nous est nécessaire à tous ; il est nécessaire à ceux qui sont justes pour leur perfection et pour leur régénération spirituelle ; il est nécessaire à ceux qui ne le sont pas pour qu'ils obtiennent le pardon de leurs péchés. "
6. Le grand concile de Latran, tenu sous Innocent III, canon 1 : " Quant au sacrement de baptême, qui s'accomplit par l'invocation faite sur l'eau de la Trinité indivisible, savoir du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il procure le salut tant aux enfants p.187 fin p.188 début qu'aux adultes, quand il leur est administré suivant la forme de l'Eglise, quel qu'en soit le ministre. "
7. Le concile de Milève (Il s'agit ici du second concile de Milève, tenu l'an 416, dont les canons, à l'exception du vingt-troisième sont les mêmes que ceux du concile de Carthage de l'an 418), canon 3 : " Quiconque dit qu'il ne faut pas baptiser les enfants nouveau-nés, ou qu'encore qu'on les baptise pour la rémission des péchés, ils n'héritent d'Adam aucun péché originel qui doive être expié par la régénération ; d'où il suivrait que la forme du baptême : Pour la rémission des péchés serait fausse à leur égard ; qu'il soit anathème. Car ces paroles de l’Apôtre : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort est passée dans tous les hommes par ce seul homme en qui tous ont péché (Rom., V, 12), doivent être entendues de la manière que les a entendues de tout temps l'Eglise catholique répandue en tous lieux ; conformément à cette règle de la foi, les enfants même qui n'ont pu commettre personnellement aucun péché sont véritablement baptisés pour la rémission de leurs péchés, en sorte que la régénération efface en eux la tache que la génération leur a fait contracter. " Le même canon a été répété par le concile de Trente, session V.
8. S. DENIS l'Aréopagite, de Ecclesiasticâ hierarchiâ, c. 7: " Disons cependant sur cette matière ce qui nous a été transmis par nos pieux initiateurs, qui, eux-mêmes, avaient été instruits par la tradition primitive.
Ils nous ont donc appris, ce qui est véritable, que les enfants élevés dans la pratique de la religion, contractent des habitudes de sainteté en se conservant libres d'erreur et exempts de toute souillure. C'est ce que nos maîtres ont compris, et en conséquence il leur a paru bon de recevoir les enfants de la manière suivante : Les parents charnels de l'enfant qu'on présente au baptême le confient à quelqu'un de nos initiés qui puisse l'instruire convenablement des choses divines, et qui en prenne désormais soin comme son père spirituel, et comme responsable du salut de son client. Après donc que ce fidèle a promis de former l'enfant à une vie sainte, le pontife lui ordonne de prononcer les abjurations et de contracter les engagements prescrits : non pas qu'ici, comme le disent en raillant les infidèles, l'un reçoive l'initiation au lieu de l'autre ; car le parrain ne dit pas : C'est à la place de cet enfant que je fais les abjurations et les promesses ; mais il affirme que son pupille lui- p.188 fin p.189 début même abjure et promet, comme s'il disait : Je m'engage, lorsque cet enfant sera capable de comprendre les choses saintes, à lui persuader par mes religieuses instructions de renoncer aux choses mauvaises, et de prononcer lui-même et surtout d'accomplir ces promesses de vertu. Je ne vois donc rien d'absurde à ce qu'un enfant soit présenté au saint baptême par le ministère d'un guide et d'un protecteur pieux qui se propose de l'habituer aux choses divines, et de le préserver des atteintes du vice (Cf. Les Œuvres de saint Denis l'Aréopagite, trad. par M. l'abbé Darboy, p. 234-235). "
9. S. CYPRIEN, Epist. 59 (al. 58) ad Fidum
: " J'en viens au baptême des enfants. On ne doit pas le leur conférer, dites-vous, deux ou trois jours après leur naissance ; il faut attendre le huitième pour consacrer le nouveau-né, ainsi que l'ordonnait la loi de la circoncision antique. Notre assemblée, loin de souscrire à l'opinion que vous adoptez, a prononcé unanimement dans un sens contraire à celui-là. Nous avons été tous d'accord qu'il ne fallait refuser la grâce et la miséricorde divine à personne. Le Fils de l'Homme n'est pas venu pour perdre les âmes, dit Notre-Seigneur dans son Evangile, mais pour les sauver. A son exemple, tâchons de n'en laisser périr aucune, autant qu'il est en notre pouvoir. . . . . . . . L'âge, de même que la personne, disparaît devant ses regards ; père de tous, il se donne à tous sans mesure. . . . . . . . . Vous insistez. La circoncision judaïque s'observait le huitième jour. Ombre figurative d'un sacrement plus auguste, elle a disparu, quand l'avènement de Jésus-Christ lui eut donné la vérité qu'elle attendait. Le huitième jour, c'est-à-dire le lendemain du sabbat, était précisément le jour de Notre-Seigneur, le jour où il devait nous ressusciter, et nous imprimer, en nous enfantant à la vie véritable, une circoncision spirituelle.
La loi antique, qui n'était qu'un symbole de la loi nouvelle, consacrait d'avance ce huitième jour dans ses prescriptions ; mais l'image, nous le répétons, est tombée devant la réalité.
Des règlements abrogés n'ont rien à faire avec la loi nouvelle, qui n'exclut personne. La circoncision de la chair ne doit pas empêcher la circoncision de l'esprit, suivant la parole de Pierre, aux Actes des apôtres : " Le Seigneur m'a dit de n'appeler personne profane ou impur. "
" D'ailleurs, si quelque chose pouvait empêcher la rédemption du baptême, ce seraient surtout les péchés des adultes et des p.189 fin p.190 début personnes avancées en âge. Si donc les plus grands pécheurs, lorsqu'ils embrassent la foi, reçoivent le pardon de crimes longtemps continués ; si tous peuvent se laver dans le bain salutaire, à plus forte raison ne doit-on pas interdire cette grâce à l'enfant qui, venant de naître, incapable encore de pécher par lui-même, n’apporte avec lui que la souillure héréditaire d'Adam, condition de sa naissance charnelle ;
qui enfin a d'autant plus de droits au pardon, que c'est une faute, non pas personnelle, mais étrangère qui va lui être remise.
"
" Voilà, mon frère bien aimé, ce que nous avons décidé dans notre concile. Dieu est bon et miséricordieux : loin de nous le dessein d'entraver sa bonté et sa miséricorde ! Cette règle obligatoire à l'égard de tous les hommes sans nulle exception, s'applique bien plus encore à des enfants dont l'âge réclame notre assistance, qui paraissent mieux mériter les complaisances du Père céleste, faibles créatures, dont les larmes et les vagissements, au début de la vie, semblent implorer cette faveur. "
10. S. CHRYSOSTOME, Homil. de Adam et Evâ
: " L'Eglise catholique enseigne en tous lieux que les enfants doivent être baptisés à cause du péché originel. . . . Comme la conception n'a point lieu sans volupté charnelle, c'est pour cela que j'ai dit des enfants qu'ils étaient nés du péché. Je vais à la source du mal, afin que le baptême conféré aux enfants les purifie de toute la tache originelle. . . . Nous ne devons pas laisser passer comme inaperçu etc., " comme plus haut, article des sacrements en général, question VIII, témoignage 15, page 174.
11. Le concile de Trente, session V, Décret touchant le péché originel : " Si quelqu'un nie que les enfants nouvellement sortis du sein de leurs mères, même ceux qui sont nés de parents baptisés, aient besoin d'être aussi baptisés, ou si quelqu'un, tout en reconnaissant qu'ils sont véritablement baptisés pour la rémission des péchés soutient néanmoins qu'ils n'ont rien hérité du péché d'Adam qui ait besoin d'être expié par l'eau de la régénération, pour qu'ils puissent obtenir la vie éternelle, d'où il s'ensuivrait que la forme du baptême pour la rémission des péchés serait fausse et non véritable : qu'il soit anathème. Car la parole de l’Apôtre, qui dit (Rom., V, 12) que le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché, et qu'ainsi la mort est passée dans tous les hommes, tous ayant péché dans un seul, ne peut être entendue d'une autre manière que ne l'a toujours entendue l'Eglise catholique répandue par toute la terre. p.190 fin p.191 début Et c'est pour cela, et conformément à cette règle de foi, selon la tradition des apôtres, que même les petits enfants qui n'ont pu commettre encore aucun péché personnel, sont pourtant baptisés pour la rémission des péchés afin que ce qu'ils ont contractés par la génération soit détruit en eux par cette nouvelle naissance ; car quiconque ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu (JEAN, X, 1, 3). "
Ce décret revient à celui du concile de Milève, cité plus haut, témoignage 7, page 188.
12. S. AUGUSTIN, Epist. 28 ad Hieronymum
: " Celui qui dirait que les enfants qui sortent de ce monde sans avoir reçu ce sacrement n'en seront pas moins vivifiés en Jésus-Christ, irait certainement contre l'enseignement des apôtres et condamnerait toute l’Eglise, qui partout ne montre tant d'empressement à faire baptiser les petits enfants, que parce qu'elle est persuadée que les enfants ne sauraient autrement être vivifiés en Jésus-Christ. Mais quiconque n'est pas vivifié en Jésus-Christ demeure par-là même dans la damnation dont l’Apôtre a dit (Rom., V, 18), que c'est par le péché d'un seul que tous les hommes sont tombés dans la condamnation. "
13. Le même, De anima et ejus origine, lib. III, c. 9 : " Si vous voulez être catholique, ne croyez pas, ne dites pas, n'enseignez pas que les enfants prévenus par la mort avant d'être baptisés, puissent recevoir le pardon du péché originel. "
14. Le même, De peccatorum meritis et remissione, lib. I, c. 23: " Ne promettons pas aux enfants qui n'auraient pas reçu le baptême de Jésus-Christ un salut éternel que ne leur promet pas l'Ecriture divinement inspirée dont les oracles doivent être écoutés de préférence à toutes les dictées de notre raison. "
15. Le même, ibidem, Lib. III, c. 4 : " Il suit de là que, comme on ne baptise les enfants que pour les incorporer à l'Eglise, c'est-à-dire pour les unir au corps et aux autres membres de Jésus-Christ, il est évident qu'ils seraient damnés si on ne leur conférait le baptême : or, ils ne pourraient pas être damnés s'ils n'avaient aucun péché. "
16. Ibidem, c. 12, expliquant ces paroles du chapitre septième de la première épître aux Corinthiens (I Cor., VII, 14) : Autrement vos enfants seraient impurs, au lieu que maintenant ils sont saints, ajoute l’observation suivante : " Il n'en faut pas moins admettre comme incontestable, que, cette sanctification, quelle qu'elle soit d’ailleurs, n'a pas la vertu de rendre chrétien et de p.191 fin p.192 début remettre les péchés si l’on ne devient chrétien par l'instruction et par les sacrements. Car ni les époux infidèles, quelque saintes et vertueuses que soient leurs épouses, ne sont purifiées pour cela de leurs désordres, qui leur méritent une éternelle damnation ; ni les enfants, quelque saints et vertueux que soient leurs parents, ne sont absous pour cela du péché originel, à moins qu'ils ne soient eux-mêmes baptisés en Jésus-Christ : et nous devons d'autant plus indispensablement répondre pour eux, qu'ils ne peuvent répondre pour eux-mêmes. "
17. S. BERNARD, Serm. 66 super Cantica :
" Gardez-vous des détracteurs, gardez-vous des chiens. Ils nous tournent en dérision parce que nous baptisons les enfants, parce que nous prions pour les morts, parce que nous implorons les suffrages des saints. Ils ont pris à tâche de proscrire Jésus-Christ dans tout sexe et dans tout âge, dans les enfants et dans les adultes, dans les vivants et dans les morts. Ils allèguent contre les enfants les impossibilités de la nature, et contre les adultes les difficultés de la continence. Eh ! qu'importe que l'enfant ne puisse parler pour lui-même, si la voix du sang de son frère, et d'un tel frère, crie vers Dieu du sein de la terre en sa faveur ? Sa mère la sainte Eglise est là aussi qui crie pour lui. Et l'enfant lui-même, ne vous semble-t-il pas qu'il veuille boire aux sources du Sauveur, qu'il crie vers Dieu, et que ses vagissements lui disent : Seigneur, je souffre violence, répondez pour moi ? Il implore le secours de la grâce, parce qu'il souffre violence par le malheur de son origine. C'est son innocence qui crie, c'est son ignorance qui crie, c'est sa faiblesse qui crie. Ainsi donc le sang de son frère, la foi de sa mère, sa misère, son dénuement, voilà ce qui crie pour lui. Et tous ces cris s'élèvent vers son père. Or, ce père ne peut se renier lui-même, c'est le Père par essence. Qu'on n'aille pas me dire qu'il n'a pas la foi, puisque sa Mère lui prête la sienne, implicitement renfermée dans le sacrement qu'il reçoit, en attendant qu'il soit en état de se la rendre explicite par le concours non-seulement de ses sens, mais encore de sa volonté. La couverture est-elle donc si étroite, qu'elle ne puisse couvrir deux personnes à la fois ? La foi de l'Eglise est grande. Est-elle moindre que celle de la femme chananéenne, qui a pu suffire pour sa fille comme pour elle-même ? C'est pourquoi elle a entendu cette parole lui être adressé : O femme, votre foi est grande ; qu'il vous soit accordé selon votre demande. La foi de l'Eglise est-elle moindre que celle de ces hommes qui, en faisant descendre le paralytique à travers p.192 fin p.193 début la charpente d'un toit, lui obtinrent la guérison de son âme en même temps que de son corps ? Le texte de l’Evangile est formel (MATTH., IX, 2) : Voyant leur foi, il dit au paralytique : Ayez confiance, mon fils ; vos péchés vous sont remis.
Et ensuite : Emportez votre lit, et marchez. Qu'on croie ces vérités et on se persuadera sans peine que l'Eglise a raison de croire sauvés non-seulement les enfants qui sont baptisés dans sa foi, mais encore ceux dont la mort endurée pour Jésus-Christ a été un martyre anticipé. Cela étant ainsi, il n'y a pour les enfants baptisés aucun mal à craindre de ce qu'a dit l'apôtre que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu (Hébr., XI, 6) ; puisque ceux-là ne sont pas sans la foi, qui ont reçu la grâce du baptême en témoignage de leur foi. Ils n'ont rien à craindre non plus de cet autre oracle : Celui qui ne croira pas sera condamné (MARC, XVI, 16). Car qu'est-ce que croire, sinon avoir la foi ? C'est pourquoi la femme se sauvera par les enfants qu'elle mettra au monde, en veillant à ce qu'ils demeurent dans la foi et dans la charité (I Tim., II, 18) : les enfants trouveront leur salut dans l'eau de la régénération, et les adultes qui ne pourront garder la continence se rachèteront en faisant profiter à l’Eglise les fruits de leur mariage. Jésus-Christ est mort et ensuite ressuscité pour régner sur les vivants et sur les morts (Rom., XIV, 9). Voilà aussi pourquoi il a voulu naître enfant, et passer par les différents âges, pour servir à tous d'exemple. "
18. Le même, Epist. 240 ad Hildefonsum comitem, écrivait au sujet de l'hérésiarque Henri : " Les petits enfants sont exclus de la vie, puisqu'on leur refuse la grâce du baptême, et qu'on les empêche d'approcher de celui-qui cependant a dit assez hautement : Laissez venir à moi les petits enfants (MATT., XIX, 44). Ainsi donc le même Dieu qui dans la multitude de ses miséricordes a pourvu la conservation des brutes elles-mêmes ne laissera pas sa miséricorde infinie parvenir jusqu'aux enfants ? Eh ! pourquoi donc envierait-il aux enfants le Sauveur qui s'est fait lui-même entant pour eux ? Un pareil sentiment d'envie serait diabolique ; c'est par l'effet d'une envie de cette espèce que la mort est entrée dans le monde. Pense-t-il que les enfants n'aient pas besoin de Sauveur par cela même qu'ils sont enfants ? S'il en est ainsi, c'est donc en pure perte que le Dieu tout-puissant s'est fait enfant, pour ne pas dire de plus qu'il a été flagellé, couvert de crachats, crucifié, et enfin qu'il a souffert la mort. Un homme qui fait et dit des choses si répugnantes à la bonté divine, ne p.193 fin p.194 début saurait être un envoyé de Dieu. O douleur ! Un certain nombre de personnes l'écoutent et il a tout un peuple à sa suite. O peuple infortuné ! Un seul hérétique a rendu muets pour ce peuple tous les prophètes et tous les apôtres, qui tous inspirés par le même Esprit de vérité, ont annoncé que toutes les nations se réuniraient dans la même foi en Jésus-Christ pour former son Eglise. Ainsi donc ces divins oracles se sont trompés, tout le monde est trompé par ses propres yeux, par sa propre intelligence, puisque tout le monde voit accompli ce que tout le monde lit annoncé. Cette vérité qui saute aux yeux de tous, ou n'est pas aperçue ou est renié contre toute évidence par ce seul homme, avec un aveuglement qui n'a d'exemple que dans le peuple juif ; et avec une habileté diabolique, il a su persuader ce peuple fou et insensé de ne pas en croire ses propres yeux sur un point si évident ; il a fait accroire que ses pères l'ont trompé, qu'ils ont induit en erreur leurs enfants, que le monde entier sera perdu malgré tout le sang qu'un Dieu a répandu pour lui, et que ceux-là seuls dont il a fait ses dupes ont hérité de toutes les richesses des grâces et des miséricordes du Seigneur. Voilà pour quel sujet, malgré mes infirmités multipliées, je me suis transporté dans les contrées que cette bête sauvage dévaste le plus, sans qu'il y ait personne qui lui résiste ou qui lui dispute ses victimes. Car ayant été expulsé de toute la France pour la perversité de ses doctrines, il n'a trouvé pour refuge que ce pays où à l'abri de votre autorité il déploie hardiment toute sa rage contre le troupeau de Jésus-Christ. Jugez vous-même, noble prince, si cela peut tourner à votre honneur. Toutefois je ne suis point étonné que ce serpent plein de ruse ait réussit à vous tromper ; car il sait prendre l'apparence de la piété en même temps qu'il en a répudié toute la vertu. "
19. S. AUGUSTIN, De nuptiis et concupiscentiâ, lib. I, c. 20 : " Quiconque nie que les enfants soient délivrés par le baptême de cette puissance des ténèbres dont le diable est le chef, c'est-à-dire de la puissance du diable et de ses anges, est convaincu d'erreur par la vérité des rites même usités dans l'Eglise, que les novateurs n'ont pas le pouvoir de changer ou d'abroger, l’Eglise tout entière étant sous la protection de son divin chef, qui veille sur tous ses membres, grands et petits. Ce n'est donc pas une cérémonie illusoire, que les exorcismes pratiqués sur les enfants ; et c'est en vérité que ceux-ci renoncent à Satan, sinon par eux-mêmes, puisqu'ils en sont incapables, du moins par la bouche p.194 fin p.195 début comme par la volonté de ceux qui les présentent, afin que soustraits à la puissance des ténèbres, ils passent sous l'autorité de leur véritable maître. Qu'y a-t-il donc en eux qui les retient sous le pouvoir du démon tant qu'ils n'en sont pas délivrés par le baptême de Jésus-Christ, si ce n'est le péché ? "
20. Le même, De nuptiis et concupiscentiâ, lib. II, c. 17 : " Les enfants, en tant qu'ils appartiennent à l'humanité, sont un bien de la nature, dont Dieu est l'auteur ; mais en tant qu'ils sont nés pécheurs et destinés à périr éternellement s'ils ne reçoivent une nouvelle naissance, ils appartiennent à cette semence qui a été maudite dès le commencement, en punition de la désobéissance primitive. Julien désertant avec ses pélagiens cette foi apostolique et catholique si vraie et si fondée, ne veut pas que les enfants naissent sous le pouvoir du démon, de peur qu'on ne les porte à Jésus-Christ pour les arracher à la puissance des ténèbres et les faire passer dans son royaume. "
21. Le même, serm. 14 De verbis apostoli, c. 2 : " Nous disons que les enfants n'obtiendront le salut et la vie éternelle que s'ils sont baptisés en Jésus-Christ. "
C. 13 : " Dans quels rangs placez-vous les enfants baptisés
? Sans doute dans ceux des croyants ; car c'est à cause de cela que, suivant l'ancienne coutume de l'Eglise, coutume très-canonique et très-bien fondée, on appelle fidèle les enfants baptisés. Et si en pareil cas nous faisons cette question : cet enfant est-il chrétien ? on nous répond : il est chrétien. Est-il catéchumène ou fidèle ? Fidèle nous répond-on. Or, qui dit fidèle dit celui qui a la foi ; et avoir la foi, c'est croire. Vous compterez donc les enfants baptisés parmi les croyants : et vous n'oserez pas en porter un autre jugement, à moins de vouloir être ouvertement hérétique. Donc ces enfants ont la vie éternelle ; car celui qui croit au Fils, a la vie éternelle. "
C. 18 : " Dieu me garde d'appeler non-croyants ces enfants baptisés. Je l'ai déjà fait voir, ayant péché par un autre qu'eux-mêmes, ils croient aussi par un autre qu'eux-mêmes ; on dit d'eux qu'ils croient, et on a raison de le dire, comme on a raison de les compter parmi les fidèles baptisés. Ainsi le veut l'Eglise notre mère, dont l'autorité a tant de poids ; ainsi le prescrit la règle de la vérité : vouloir lutter contre cette force invincible, contre cette forteresse imprenable, c'est vouloir se briser contre p.195 fin p.196 début un écueil. Il est donc vrai que Jésus-Christ est de quelque secours pour les enfants baptisés, et selon ce que j'enseigne et ce que dit avec moi l'Eglise entière pour les enfants qui croient en lui, précisément parce qu'ils sont baptisés. "
C. 19 : " Les petits enfants croient aussi. Comment et de quelle manière ? Par la foi de leurs parents. S'ils sont purifiés par la foi de leurs parents, c'est qu'auparavant ils avaient été souillés par le péché de leurs parents. . . . Il y a plusieurs espèces de sainteté, comme il y a plusieurs moyens de sanctification. De même donc qu'un infidèle est sanctifié par sa femme fidèle, ce qui n'empêchera pas sa damnation, s'il ne se fait baptiser ; de même les enfants des fidèles, quoique déjà sanctifiés en quelque manière, n'en seraient pas moins perdus si on ne les baptisait. "
22. S. BASILE, Lib. de Spiritu Sancto, c. 15 :
" Nous ne connaissons qu'un baptême principe de salut, puisqu'il n'y a qu'une mort qui ait été endurée pour le monde entier, et une seule résurrection d'entre les morts, dont le baptême est la figure. "
23. S. AVITE, archevêque de Vienne, Lib. IV, qui est de diluvio, c. 18, rapportant ces paroles que Dieu dit à Noé (GEN., IX, II) : Toute chair qui a vie ne périra plus désormais par les eaux du déluge, commente ainsi ce passage : " Or, il n'y aura plus sur la terre de déluge qui fasse périr toute chair. Un signe montrera que le déluge qui a existé sera le seul à tout jamais, et les mêmes crimes reproduits ne se verront plus réprimés par un semblable châtiment. S’il se commet de nouveaux forfaits, nous ne manquerons pas de moyens pour les réprimer. C’est ainsi que le Père tout-puissant consacrait par un serment l'unité du baptême afin que comme il a suffi à l'univers d'être purifiés une fois par l'eau du déluge, nous n'ayons plus à attendre de second baptême. "
24. S. CLEMENT, pape et martyr (ou plutôt l'auteur des Constitutions apostoliques publiées sous son nom), Lib. VI, c. 15: " Ceux qui osent rebaptiser les enfants qui ont déjà reçu le sacrement de baptême crucifient de nouveau Notre-Seigneur, et lui donnent une seconde fois la mort, se moquent des choses divines, se font un jeu des choses saintes, font outrage à l'Esprit-Saint, et profanent le sang du Sauveur ; sont impies envers celui qui a envoyé, envers celui qui a souffert, et envers celui qui a rendu témoignage. . . Baptisez vos enfants dès leur bas âge et élevez-les conformément aux instructions de Dieu. Car le Seigneur a dit (MARC, X, 14) : Laissez venir à moi les petits enfants, et gardez-vous de les éloigner. " p.196 fin p.197 début
25. S. JEAN-DAMASCENE, De orthodoxâ fide, lib.
IV, c. 10 : " De plus, nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés et la vie éternelle. Car le baptême désigne la mort de Notre-Seigneur. Par le baptême en effet, nous sommes ensevelis avec lui, comme l'a dit le saint Apôtre. De même donc que Notre-Seigneur n'est mort qu'une fois, de même nous ne devons être baptisés qu'une fois, baptisés, dis-je, comme nous l’avons appris de Notre-Seigneur, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ces paroles nous apprennent à confesser ces trois personnes adorables. Ceux donc qui après avoir été baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et avoir été instruits de l'unité de nature dans les trois personnes, réitère le baptême crucifient de nouveau Jésus-Christ, comme le dit l’Apôtre. Car " il est impossible, ajoute-t-il (Hébr., VI, 4-6), que ceux qui ont été une fois éclairés ; qui ont goûté le don du ciel, qui ont été rendus participants à Saint-Esprit, qui se sont nourris de la sainte parole de Dieu et de l'espérance des grandeurs du siècle à venir, et qui après cela sont tombés, se renouvellent par la pénitence, parce qu'autant qu'il est à eux, ils crucifient de nouveau, le Fils de Dieu et l'exposent à l'ignominie. Quant à ceux qui n'ont pas été baptisés au nom de la sainte Trinité, il faut les baptiser comme s'ils n'avaient pas reçu le baptême. "
26. Le premier concile de Carthage (tenu en 348 ou 349), canon 1 : " Nous déclarons les rebaptisations défendues, comme contraires à la pureté de la foi et de la discipline catholique. "
27. Le concile de Vienne, sous Clément V, in
Clementinis, tit. de summâ Trinitate et fide catholicâ : " Tous doivent confesser fidèlement qu'il n'y a qu'un baptême dont la vertu est de régénérer en Jésus-Christ ceux qui le reçoivent, comme il n'y a qu'un Dieu et qu'une foi. Administré avec l'eau au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, il est, ainsi croyons-nous, un parfait moyen de salut tant pour les enfants que pour les adultes. "