Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 76)
31. S. CYRILLE d'Alexandrie, à Calosyrius évêque d'Arsinoë : " J’entends dire qu'il y en a qui refusent de reconnaître à la bénédiction mystique sa vertu sanctifiante, si l'on en réserve quelque partie pour un autre jour. C'est extravaguer que de parler de la sorte. Car Jésus-Christ n'éprouve aucune altération, ni son corps aucun changement, mais la vertu de la bénédiction, avec la grâce qui y est attachée, reste toujours la même. "
32. Le même, in Joannem, lib. IV, c. 17 :
" De même qu'un peu de levain, comme dit saint Paul, suffit pour faire lever toute la masse, de même quelques paroles de bénédiction suffisent pour transformer tout l'homme en Jésus-Christ et pour le remplir de sa grâce ; et c'est ainsi que Jésus-Christ demeure en nous, et nous en Jésus-Christ. Oui, c'est bien là le levain qui se communique à toute la masse. "
33. Le concile de Florence : " C'est le prêtre, parlant en la personne de Jésus-Christ, qui consacre ce sacrement. Car par la vertu de ces paroles mêmes la substance du pain est changée dans le corps de Jésus-Christ, et la substance du vin est changée dans son sang, de manière cependant que Jésus-Christ est contenu tout entier sous l'espèce du pain, et tout entier sous l'espèce du vin ; et de même Jésus-Christ est tout entier sous chaque partie de l'hostie consacrée et de vin consacré, après la séparation qui peut en être faite. "
34. EUSEBE d’Emèse, Hom. V sur la fête de Pâques (Il n'est pas vraisemblable, comme nous l'avons déjà dit, que ces divers sermons attribués à Eusèbe d'Emèse soient en effet de cet évêque, qui d'ailleurs était arien) : " La p.450 fin p.451 début participation à l'Eucharistie ne consiste pas dans la quantité qu'on en reçoit, mais dans sa vertu. Le corps de Jésus-Christ donné par l'évêque est aussi grand dans une simple parcelle que dans la totalité (des espèces consacrées) ; et lorsqu'il est distribué dans l'assemblé des fidèles, de même que tous ensemble le reçoivent tout entier, ainsi chacun le reçoit tout entier. Ainsi se vérifia la parole de l'Apôtre (II Cor., VIII, 415) : Celui qui en reçoit beaucoup, n'en a pas plus que les autres, et celui qui en reçoit moins, n'en a pas moins que les autres. Si nous donnions un pain à manger à plusieurs personnes affamées, chacune de ces personnes ne pourrait pas jouir du pain entier, mais elle n'en recevrait qu'une partie tandis que le reste passerait aux autres. Il n'en est pas de même de ce pain : lorsqu’il est distribué, chacun se trouve en avoir reçu autant lui seul que tous ensemble ; un seul le reçoit tout entier : deux le reçoivent tout entier, plusieurs le reçoivent tout entier sans la moindre diminution ; parce que la bénédiction de ce sacrement sait bien se communiquer, mais elle ne sait pas se perdre. "
35. Le concile de Trente, session XIII, c. 3 : " Il est très-vrai que l'une ou l'autre espèce contient autant que toutes les deux ensemble ; car Jésus-Christ est tout entier sous l'espèce du pain et sous la moindre partie de cette espèce, comme aussi sous l'espèce du vin et sous toutes les parties de cette autre espèce. " Ibidem, canon 3 : " Si quelqu'un nie que dans le vénérable sacrement de l’Eucharistie Jésus-Christ tout entier soit contenu sous chaque espèce, et sous chacune des parties de chaque espèce après la séparation qui peut en être faite, qu'il soit anathème. "
36. Dans Gratien, De consecratione, dist. 2, c.
Qui manducat, et dans le vénérable Bède, in caput X Epist. I ad Corinthios, ex serm. Augustini de verbis Evangelii : " Que le Christ nous serve d'aliment. Il peut être mangé sans cesser de vivre, comme il a pu être mis à mort et cependant ressusciter. Et quand nous le mangeons, nous ne le partageons pas pour cela en morceaux. C'est là ce qui se fait dans le sacrement, et les fidèles savent de quelle manière il est vrai qu'ils mangent la chair de Jésus-Christ. Chacun en reçoit sa part. De là vient que la grâce elle-même est appelée de ce nom de part ou de portion, partes. Il est mangé par portions, et il demeure tout entier. Il est mangé par portions dans le sacrement, et il demeure tout entier dans le ciel, il demeure tout entier dans votre cœur. Car il était tout entier en son père quand il s'est incarné dans la vierge : il l'a remplie de p.451 fin p.452 début lui-même, sans quitter son père. Il se faisait chair, pour devenir notre aliment ; il restait tout entier avec son père pour être toujours l'aliment des anges. "
37. Ibidem, ex Hieronymo, serm. Dominicæ quintæ post Epiphaniam : " Chacun reçoit Jésus-Christ tout entier ; et il est tout entier dans chaque portion ; il ne s'amoindrit point en se communiquant à chacun, mais il se donne à chacun tout entier. " Ibidem, ex Hilario papâ : " Là où est une partie du corps, là est le corps tout entier. Il en est du corps du Seigneur comme de la manne, qui en était la figure et pour ainsi parler, le signe avant-coureur, et dont il est dit (Exod., XVI, 18) : Celui qui en avait recueilli davantage n’en avait pas plus que les autres, et celui qui en avait recueilli moins n'en avait pas moins que les autres ; car c'est moins la quantité apparente qu'il faut apprécier dans ce mystère que la vertu spirituelle du sacrement. "
38. S. AUGUSTIN, à Janvier, Epist. CXVIII, n 5, répond ainsi certaines questions qui lui avaient été adressées sur le jeûne et sur le temps de l'oblation : " Je réponds à cela, que si l'Ecriture nous marquait là-dessus ce qu'il faut faire, nous devrions sans aucun doute nous conforter ponctuellement à tout ce qu'elle nous prescrirait, de sorte qu'il n'y aurait plus à disputer sur la manière de faire la chose, mais seulement sur la manière d'entendre le mystère. Je donnerai la même réponse pour tout ce qu'il y aurait d’établi en cette matière par la pratique universelle de 1'Eglise. Car faire difficulté d'agir conformément à cette pratique universelle, ce serait donner la preuve de la plus folle témérité. "
39. Le concile de Constance, session XIII : " Quelques-uns dans certains pays ayant la témérité d'affirmer qu'il y a obligation pour le peuple chrétien de recevoir l'Eucharistie sous l'une et l'autre espèce du pain et du vin, de sorte que, dans ces mêmes pays, la foule des laïques communie non pas seulement sous l'espèce du pain, mais aussi sous celle du vin, et quand même ils auraient déjà soupé, ou qu'ils auraient rompu le jeûne d'une façon quelconque, prétendant et soutenant avec opiniâtreté que c'est ainsi que l'on doit communier, malgré la coutume contraire de l’Eglise qu'ils ont la criminelle hardiesse de condamner comme sacrilège, quelque louable qu'elle soit en elle-même, et malgré les raisons et les autorités dont elle est appuyée : en conséquence, le saint concile général légitimement assemblé à Constance par le mouvement de l'Esprit-Saint, p.452 fin p.453 début s’occupant avec zèle de prémunir les fidèles contre cette erreur, après avoir pris l'avis de plusieurs docteurs en droit tant divin qu'humain, déclare, statue et définit que, quoique Jésus-Christ ait institué cet adorable sacrement après la cène, et qu'il en ait fait la distribution sous les deux espèces à ses apôtres, l'autorité des saints canons et la coutume louable et approuvée de l'Eglise n'en font pas moins un devoir de ne point attendre après le souper pour consacrer ce sacrement, et de ne pas le recevoir autrement qu'à jeun, si ce n'est en cas de maladie ou pour quelque autre cas de nécessité prévu par le droit ou admis par l'Eglise. Et c'est par le motif raisonnable d'évite certains dangers ou certains scandales, que la coutume s'est introduite de ne donner la communion aux laïques que sous l'espèce du pain, tout en maintenant l'obligation pour le célébrant de communier sous les deux espèces, bien que dans la primitive Eglise les simples fidèles communiassent aussi de même sous les deux, puisqu'on doit croire très-fermement et sans hésiter que le corps de Jésus-Christ est réellement contenu avec son sang, et son sang avec son corps, tant sous l'espèce du pain que sous l'espèce du vin. Cette coutume ayant donc été introduite pour de sages raisons par 1'Eglise et par les saints Pères, et s'observant uniformément depuis de très-longue années, elle doit passer pour loi, sans qu'il soit permis de la condamner, ou de la changer à son caprice, sans y être autorisé par l'Eglise elle-même. Dire donc que c'est commettre un crime ou un sacrilège que d'observer cette coutume ou cette loi, c'est tomber dans une erreur manifeste, et ceux qui soutiennent avec opiniâtreté le contraire de la doctrine qui vient d'être exposée doivent être réprimés comme des hérétiques et punis sévèrement, soit par les ordinaires des lieux ou leurs officiaux, soit par les inquisiteurs de la perversité hérétique, dans les royaumes ou les provinces où il serait entrepris ou enseigné quelque chose de contraire à ce décret ; et on se conformera sur ce point aux prescriptions canoniques et légales, que la nécessité de défendre la foi catholique contre les hérétiques et leurs fauteurs a fait établir. Ce même concile statue et ordonne à ce sujet que les révérendissimes Pères et seigneurs, les patriarches, primats, archevêques et évêques, ainsi que leurs vicaires pour le spirituel établis en quelque lieu que ce soit, dirigeront des procédures, au nom de ce saint concile, avec charge, sous peine d'excommunication, de punir de fait ceux qui, contre la teneur de ce décret, exhorteraient les prêtres p.453 fin p.454 début donner au peuple ou le peuple lui-même à recevoir la communion sous les deux espèces du pain ou du vin, ou qui enseigneraient qu'il faut en user de cette manière : que si ces derniers reviennent à pénitence, on les réconciliera à l'Eglise, en leur enjoignant une pénitente salutaire selon la qualité de leur faute. Ceux au contraire qui, s'endurcissant de plus en plus, négligeront de revenir à pénitence, seront réprimés comme hérétiques à l'aide des censures ecclésiastiques et même, s'il en est besoin, on invoquera contre eux le secours du bras séculier. "
40. Le concile de Bâle, session XXX (L'œcuménicité du concile de Bâle n'est point généralement admise pour la session dont il s'agit ; elle est au contraire rejetée par la plupart, quoique la doctrine en soit exacte pour le point dont il s'agit) : " Pour faire voir plus clairement pour l'explication de la vérité catholique ce qu'il faut croire ou observer par rapport à l'usage de ce sacrement, pour l'avantage et le salut du peuple chrétien, après une étude longue et approfondie, faite dans ce concile même, des divines Ecritures, des saints canons et de l'enseignement des Pères et des docteurs, et après avoir fait toutes les considérations à faire avant de se porter à cette décision, le saint concile définit et déclare, que les fidèles, soit clercs, soit laïques qui communient, excepté le célébrant, ne sont point obliges par le précepte divin à recevoir l'adorable sacrement de 1'Eucharistie sous les deux espèces, c'est-à-dire sous les espèce du pain et du vin. C'est à l'Eglise, que dirige toujours l'Esprit de vérité, et avec laquelle Jésus-Christ ne cessera de demeurer selon sa parole jusqu’à la fin des siècles, à régler la manière dont ce sacrement doit être administré à ceux qui ne célèbrent pas, suivant qu'elle le juge plus expédient pour l'honneur du sacrement et le salut des fidèles. Mais soit qu'on communie sous les deux espèces ou qu'on le fasse sous une seule, la communion est toujours également salutaire, pourvu qu'on la reçoive en bon état et conformément aux lois et à la pratique de l'Eglise. Et il n'y a nullement à douter que la chair ne se trouve pas seule sous l'espèce du pain, pas plus que le sang ne se trouve seul sous l'espèce du vin ; mais au contraire Jésus-Christ est tout entier sous chacune des deux espèces. La louable coutume de communier le peuple laïque sous une seule espèce, introduite pour des causes raisonnables par l'Eglise et par les saints Pères, observée jusqu'ici depuis plusieurs siècles et recommandée depuis longtemps par les docteurs les plus habiles dans la connaissance de la loi divine, des saintes p.454 fin p.455 début Ecritures et droit canonique, doit désormais passer pour loi, et il n'est permis à personne de la condamner, ou de la changer sans y être autorisé par l’Eglise. "
41. Le concile de Trente, session XXI, dans son préambule
: " Le saint concile de Trente, œcuménique et général, légitimement assemblé sous la conduite du Saint-Esprit. . ., voyant qu'au sujet du redoutable et très-saint sacrement de l'Eucharistie il se répand en divers lieux, par l'effet de la malice et des artifices du démon, plusieurs erreurs monstrueuses , qui sont cause que dans quelques provinces bien des personnes semblent avoir renoncé à la foi et à l'obéissance dues a l'Eglise catholique, a jugé à propos d'exposer ici ce qui regarde la communion sous les deux espèces, et celle des petits enfants. C'est pourquoi il interdit à tous les fidèles chrétiens d'être assez téméraires pour croire, ou enseigner ou prêcher autre chose à l'avenir sur ces objets, que ce qui est expliqué et défini dans les décrets qui vont suivre. "
Ibidem, c. 1 : " Le saint concile donc, instruit par le Saint-Esprit, qui est l'esprit de sagesse et d'intelligence, de conseil et de piété, et se conformant au jugement et à la pratique de l'Eglise elle-même, déclare et enseigne que les laïques, et les ecclésiastiques quand ils ne consacrent pas, ne sont obligés par aucun précepte divin à recevoir le sacrement de l'Eucharistie sous les deux espèces, et qu'on ne peut en aucune manière douter, sans blesser la foi, que la communion sous une seule espèce soit suffisante pour le salut. Car quoique, dans la dernière cène, Notre-Seigneur Jésus-Christ ait institué cet auguste sacrement sous les espèces du pain et du vin, et qu'il l’ait distribué de cette manière à ses apôtres, il ne s'ensuit pas qu'il ait eu en vue d'obliger tous les fidèles à recevoir de même l'Eucharistie sous les deux espèces. On ne peut pas conclure non plus de ses paroles rapportées au sixième chapitre de l'Evangile selon saint Jean, qu'il ait fait un précepte de la communion sous les deux espèces, de quelque manière qu'on les entende suivant les diverses interprétations des Pères et des docteurs. Car le même qui a dit : Si vous ne mangez la chair du fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous, a dit aussi : Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. " Et le reste comme plus haut, témoignage 7.
Ibidem, c. 2, comme plus haut, témoignage 27, page 449.
Ibidem, c. 3 : " Déclare de plus, qu'encore que dans la p.455 fin p.456 début dernière cène, comme il a déjà été dit, notre Rédempteur ait institué et donné A ses apôtres ce sacrement sous les deux espèces, il faut néanmoins reconnaître que c'est Jésus-Christ tout entier, et tout le sacrement de l'Eucharistie, qu'on reçoit même sous une seule espèce, et qu'ainsi ceux qui ne communient que sous une espèce ne sont privés, quant au fruit qu'ils en retirent, d'aucune grâce nécessaire au salut. "
Ibidem, canon l : " Si quelqu'un dit que tous les fidèles chrétiens, et chacun d'eux en particulier, sont obligés par le précepte divin, ou de nécessité de salut, à recevoir sous les deux espèces le sacrement de la sainte Eucharistie, qu'il soit anathème. "
Ibidem, canon 2, comme plus haut, témoignage 27.
Ibidem, canon 3 : " Si quelqu'un nie que Jésus-Christ, l’auteur et la source de toutes les grâces, soit reçu tout entier sous la seule espèce du pain, par cette raison, qui est très fausse, que ce serait contre la volonté de Jésus-Christ qu'on ne le recevrait que sous une espèce, qu'il soit anathème. "
42. S. AUGUSTIN, contra Cresconium grammaticum, lib. I, n 53 : " Quoique l'Ecriture ne contienne aucun exemple de baptêmes donnes par des hérétiques, nous ne nous en conformons pas moins, même sur cet article, à la doctrine de l'Ecriture, en faisant là-dessus ce que prescrit l’Eglise universelle, dont l'autorité s'appuie du témoignage de l'Ecriture même ; et puisque l'Ecriture sainte ne peut pas nous tromper, que tous ceux donc qui craignent de s'égarer sur une question aussi obscure, s'en rapportent là-dessus aux décisions de cette Eglise que l'Ecriture nous désigne si clairement pour maîtresse. "
43. Le même, Contra epistolam Peitiliani, de unitate Ecclesiæ, c. 4 : " Jésus-Christ tout entier, c'est le chef et son corps avec lui. Le chef, c'est le Fils unique de Dieu ; son corps, c'est l'Eglise, et tous les deux ensemble sont l'époux et l'épouse, deux dans une même chair. Ceux qui pensent sur la nature du chef contrairement à l'enseignement des Ecritures, ne font pas partie de l'Eglise, quand même ils se trouveraient sur tout le reste parfaitement d'accord avec 1'Eglise. . . Et de même, ceux qui s'accordent avec l'Ecriture sur la question du chef, mais qui sont séparés de l'unité de l'Eglise, ne font pas partie de l'Eglise, parce qu'ils contredisent le témoignage de Jésus-Christ lui-même au sujet de l'Eglise qui est son corps. Ceux, par exemple, qui contre l'enseignement manifeste des livres saints, refusent de p.456 fin p.457 début croire que Jésus-Christ est né selon la chair de la vierge Marie, et de la race de David, ou qu'il est ressuscité avec le même corps qui avait été mis en croix et déposé dans un sépulcre, ne sont pas dans l’Eglise, quand même ils se trouveraient mêlés avec l’Eglise, parce qu'ils ne reconnaissent pas le véritable chef de l’Eglise, qui est Jésus-Christ sans pouvoir alléguer pour excuse l'obscurité de l'Ecriture , puisqu'au contraire l’Ecriture est on ne peut plus claire et on ne peut plus expresse sur cet article. Et de même tous ceux qui croient que Jésus-Christ est venu dans la chair, ainsi que je viens de le dire, et qu'il est ressuscité dans cette même chair dans laquelle il est né et a souffert, qu'il est le Fils de Dieu, Dieu en Dieu, une même chose avec le Père et son Verbe éternel par qui tout a été fait, mais qui cependant ne sont pas en communion avec son corps entier qui est l'Eglise, qui sont en un mot séparés de quelqu'une de ses parties, ceux-là, dis-je, ne font manifestement pas partie de l’Eglise catholique. "
44. Le même, Lib. III, contra litteras Petiliani donatistæ, c. 40 : " Tous les sacrements etc., " comme plus haut, dans le corps de la réponse à cette question VIII.
45. Le même, lib. 1, de Baptismo contra donatistas, c. 8 : " De quoi sert, etc., " comme plus haut, dans le corps de la même réponse.
46. Le même, Cité de Dieu, c. 23 :
" Les hérétiques et les schismatiques, séparés de l'unité de ce corps (dont l’Apôtre a dit : Nous ne sommes tous ensemble qu'un même pain et qu'un même corps), peuvent bien recevoir le même sacrement, mais sans aucun fruit ; que dis-je ? ils ne le reçoivent qu’à leur détriment, et aggravent par là leur condamnation, plutôt qu'ils n'en obtiennent des grâces mêmes tardives. Car ils ne sont pas dans le lien de paix, qui nous est représenté par ce sacrement. "
47. Le concile de Trente, session XIII, c. 2 : " Il (notre
Sauveur) a voulu de plus qu'il (ce sacrement) fût le gage de notre gloire à venir et de notre félicité éternelle, et enfin le symbole de l'unité de ce corps, dont il est lui-même le chef, et auquel il a voulu que nous fussions unis et attachés par le lien de la foi, de l'espérance et de la charité comme des membres exactement adaptés et joints ensemble, afin que nous n'eussions tous qu'un même langage, et qu'il n'y eût point de schismes ni de divisions parmi nous. "
48. Ibidem, chapitre 8 : " Enfin le saint concile avertit avec p.457 fin p.458 début un soin paternel, exhorte, prie et conjure, par les entrailles de notre Dieu, tous ceux en général et en particulier qui portent le nom de chrétiens de se réunir enfin et de s'accorder tous ensemble dans ce signe d'unité dans ce lien de charité et ce symbole de concorde. "
Question IX
Quels sont les fruits d’une communion bien faite ?
Ces fruits sont nombreux et du plus grand prix : car c'est là le banquet sacré où Jésus-Christ se fait notre aliment, où nous rappelons la mémoire de sa passion, où notre âme est comblée de grâces, et où nous recevons le gage de notre gloire à venir, comme le chante l'Eglise dans les transports de joie et d'admiration que lui cause l'heureuse expérience qu'elle a de ces avantages.
C'est là le pain qui est descendu du ciel, et qui donne la vie au monde, qui soutient et affermit nos âmes dans l'état de vie spirituelle.
C'est cette sainte table, ou cette communion, qui est le signe et le moyen de l'union en vertu de laquelle tous les fidèles sont entre eux comme les membres d'un même corps, et se trouvent associés aux mérites de toutes les âmes saintes et pieuses ; et, ce qui mérite surtout notre respect, qui forme un lien étroit entre Jésus-Christ notre divin chef et nous, en sorte que nous demeurions en lui, qu'il demeure en nous, et qu'ainsi nous parvenions à la vie éternelle.
C'est là le viatique propre à notre pèlerinage et à notre état de combat sur la terre, véritable manne envoyée du ciel pour nous consoler dans le désert de cette vie, pour faire nos délices, pour nous remplir de grâces, et nous donner la force d'arriver à la Jérusalem céleste.
Mais voici surtout deux effets, comme l'enseigne excellemment saint Bernard, que ce sacrement produit en nous : c'est de faire que, d'une part, nous ressentions moins les atteintes du péché véniel, et que, de l'autre, nous refusions tout consentement au péché mortel. " Si quelqu'un de vous, dit ce Père, n’éprouve plus si souvent ni si violemment les mouvements de la colère, de l'envie, de la luxure et d'autres semblables passions, qu'il en rende grâces au corps et au sang de Notre-Seigneur, dont la vertu produit en lui cet effet, et qu'il se réjouisse de voir les plaies de son âme toucher à leur guérison. " Il dit encore ailleurs :
p.458 fin p.459 début " Ce corps sacré est un remède à nos maux, et un fanal pour la route que nous avons à parcourir ; il soutient notre faiblesse, il fait notre force et nous en donne le sentiment, il guéri nos langueurs. Par lui l'homme est rendu plus docile à la correction, plus patient dans le travail, plus ardent dans son amour pour Dieu, plus précautionné contre les dangers, plus prompt à l'obéissance, plus empressé à rendre grâces.
"
Rien donc d'étonnant dans ce qu'écrit saint Ignace (d'Antioche), que nous devons nous approcher souvent et avec empressement de l'Eucharistie, qui est la gloire de Dieu, comme il l'appelle. Car par notre fidélité à cet exercice, nous repousserons les incursions de Satan, dont les attaques sont autant de flèches enflammées qui tendent à faire entrer le péché dans nos âmes.
Ce pain sera pour nous un aliment d'immortalité, un antidote contre la mort, et un principe de vie en Dieu par Jésus-Christ.
TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.
1. I JEAN, VI, 32, 59 : " C'est mon Père qui vous donne le véritable pain du ciel ; - Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde. - Je suis le pain p.459 fin p.460 début de vie. - Les juifs se mirent donc à murmurer contre lui, parce qu'il avait dit : je suis le pain vivant descendu du ciel. - Je suis le pain de vie. - Mais voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. - Je suis le pain vivant descendu du ciel. - Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. - Celui qui me mange, vivra aussi par moi. Celui qui mange ce pain, vivra éternellement. "
2. I Corinthiens, X, 17 : " Car nous ne sommes tous ensemble qu'un même pain et un même corps, nous tous qui participons à un même pain et à un même calice. "
4. Exode, XVI, 12, 36 : " Ce soir vous mangerez de la chair, et au matin vous serez rassasiés de pain, etc. - Le matin il se trouva aussi sur la terre une rosée tout autour du camp. - Et la surface de la terre en étant ouverte, on vit paraître dans le désert quelque chose de menu et comme pilé au mortier, qui ressemblait à ces petits grains de gelée blanche qui tombent sur la terre. Les enfants d'Israël ayant vu cela se dirent l'un à l'autre : Man hu ? c'est-à-dire : Qu'est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c'était. Moïse leur dit : C'est là le pain que le Seigneur vous donne à manger. - Voici ce que le Seigneur ordonne : Que chacun en ramasse ce qu'il lui en faut pour manger, prenez-en un gomor pour chaque personne, selon le nombre de ceux qui demeurent dans chaque tente. - Les enfants d'Israël firent ce qui leur avait été ordonné, et ils en amassèrent, les uns plus, les autres moins. - Et l'ayant mesuré à la mesure d'un gomor, celui qui en avait le plus amassé n'en eut pas davantage ; et celui qui en avait moins préparé n'en avait pas moins ; mais il se trouva que chacun en avait amassé selon qu'il en pouvait manger. - Et la maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de manne. Elle ressemblait à la graine de coriandre, elle était blanche, et elle avait le goût qu'aurait la plus pure farine mêlée avec du miel. Or les enfants d'Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans, jusqu'à ce qu'ils vinssent dans la terre où ils devaient habiter : c'est ainsi qu'ils furent nourris, jusqu'à ce qu'ils entrassent sur les premières terres du pays de Chanaan. - Or, le gomor est la dixième partie de l'éphi. "
5. Deutéronome, VIII, 3 : " Il vous a affligés de la faim, et p.460 fin p.461 début il vous a donné pour nourriture la manne qui était inconnue à vous et à vos pères pour vous faire voir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. "
6. Sagesse, XVI, 20-21 : " Vous avez donné à votre peuple la nourriture des anges ; vous lui avez fait pleuvoir du ciel un pain préparé sans aucun travail, qui renfermait en soi tout ce qu'il y a de délicieux et tout ce qui peut être agréable au goût. - Car la substance de votre créature faisait voir combien est grande votre douceur envers vos enfants, puisque s'accommodant à la volonté de chacun d'eux, elle se changeait en tout ce qui leur plaisait. "
7. JEAN, VI, 49-50 : " Vos pères ont mangé la manne dans le désert et sont morts, - Mais voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. "
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.
1. S. BASILE, Serm. I. de Baptismo, c. 5 : " Celui qui se trouve régénéré par le baptême doit être admis à se nourrir des divins mystères. .
. Nous lisons vers la fin de l'histoire évangélique : Jésus ayant pris le pain, le rompit après avoir rendu grâces, et le donna à ses apôtres en disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui est rompu pour vous, faites ceci en mémoire de moi. Et ayant pris la coupe, il la leur donna après avoir rendu grâces, en disant : Buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui est répandu pour plusieurs et pour la rémission des péchés : faites ceci en mémoire de moi. C'est ce que l'Apôtre atteste aussi dans son épître aux Corinthiens (I Cor., XI, 23) par ces paroles : J'ai appris du Seigneur, etc. Quel est l'objet de ces paroles, comme de l'action qu'elles nous recommandent ? De nous rappeler continuellement la mémoire de celui qui est mort et ressuscité pour nous, et de nous porter à observer inviolablement en présence de Dieu et de son Christ l'instruction de l'Apôtre exprimée en ces termes (II Cor., V, 14-15) : L'amour de Jésus-Christ nous presse, considérant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts, et que Jésus-Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Celui donc qui va recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ, pour rappeler la mémoire de celui qui est mort et ressuscité pour nous, ne doit pas seulement être purifié de tout ce qui souille le corps ou l'esprit, s'il ne veut pas manger et boire pour sa con- p.461 fin
p.462 début damnation ; mais il doit de plus représenter au vif la mémoire de celui qui est mort et ressuscité pour nous, en mourant au péché, au monde et à lui-même, et en vivant pour Dieu en Jésus-Christ Notre-Seigneur . "
2. S. AMBROISE, in Ps. CXVIII, v. 4, serm. 15 :
" Vous avez pour aliment la doctrine apostolique ; nourrissez-vous-en, et vous ne tomberez pas en défaillance. Prenez d'abord cette nourriture ; puis vous passerez à celle que vous offre Jésus-Christ, à la participation du corps de Notre-Seigneur, à ce banquet mystique, à ce breuvage dont s'enivre la piété des fidèles, joyeux qu'ils sont alors d'avoir obtenu la rémission de leurs péchés et de se voir affranchis de la crainte de la mort, comme des soins et des inquiétudes du siècle. Une ivresse de cette nature ne fait pas chanceler le corps, elle le relève plutôt ; elle ne trouble pas la raison, mais elle l'éclaire et la divinise. "
3. Le concile de Trente, session XIII, c. 2 : " Ce fut au moment de quitter ce monde pour aller il son Père, que notre divin Sauveur institua ce sacrement, dans lequel il a répandu, pour ainsi dire, les richesses de son divin amour envers les hommes, en y renfermant le souvenir de tontes ses merveilles ; et il nous a prescrit d'avoir soin en le recevant d'honorer sa mémoire et d'annoncer sa mort jusqu’à ce qu'il vienne lui-même juger le monde. Il a voulu aussi que ce sacrement fût reçu comme un aliment spirituel, qui nourrît nos âmes et les fortifiât, en les faisant vivre de la vie de celui qui a dit : Celui qui me mange vivra par moi, et comme un antidote par lequel nous fussions purgés de nos fautes journalières, et préservés des péchés mortels. Il a voulu de plus qu'il fût le gage, etc. " Et le reste comme à la question précédente, témoignage 48.
4. THEOPHYLACTE, in caput VI Joannis : " Il est évident que dans ce passage Jésus-Christ veut parler de la communion mystique de son corps ; car le pain que je donnerai, dit-il, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. Remarquez ici que le pain que nous mangeons dans nos mystères n'est pas une simple figure de la chair du Sauveur. . ., " et le reste comme plus haut, question II, témoignage 4 ; à quoi il faut ajouter les paroles suivantes de ce même commentateur : " La chair qui nous sert d'aliment n'est pas celle d'un pur homme, mais celle d'un Dieu, qui a la vertu de nous diviniser, comme étant substantiellement unie (contemperata, comme le porte la version latine) à la divinité même. " p.462 fin p.463 début
5. S. CYRILLE d'Alexandrie, in caput VI Joannis, comme plus haut, question 1, témoignages 13 et 14, pages 268 et 269, et question IV, témoignages 34, 39 et 40, pag. 313, 314 et 315.
6. Le même, Lib. IV in Joannem, c. 14 : "
Si vous ne mangez, dit-il, la chair du fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Car on ne peut pas participer par la sainteté à la vie de la foi, si l'on ne reçoit Jésus-Christ rendu présent par les paroles mystiques. Car Jésus-Christ est la vie par essence, étant engendré du Père source éternelle de la vie, et il communique à son corps aussi cette vertu vivifiante, par suite de l'union ineffable de ce corps avec le Fils de Dieu, par qui tout est vivifié : union tellement étroite, que ce corps s'appelle son corps, et ne fait qu'un avec lui. Car du moment qu'il s'est incarné, les deux ne font qu’un, c'est-à-dire qu'une personne, sans division aucune, si ce n'est que le Verbe de Dieu le Père, et son temple formé de la substance d'une vierge, gardent chacun leur nature propre. Car l'homme substantiellement uni au Verbe de Dieu n'est pas de la même nature que ce Verbe, et toutefois il ne fait qu'un avec lui par l'effet de son ineffable union. La chair du Sauveur étant donc devenue vivifiante par son union avec le Verbe de Dieu, qui est la vie par essence, lorsque nous venons à nous en nourrir nous possédons la vie en nous, puisque nous sommes alors unis à ce qui est devenu la vie même. C'est pourquoi, dans les résurrections de morts qu'il opérait, Jésus-Christ n'agissait pas seulement comme Dieu par forme de simple commandement et de volonté souveraine ; mais il voulait aussi que son corps, coopérât à sa manière, pour faire voir par le fait même que la chair qu'il s'était unie était vivifiante, et que les fidèles apprissent par là que c'était son corps, et non celui d'un autre. Car lorsqu'il ressuscita la fille de ce chef de synagogue, il la prit par la main, nous dit l'Evangéliste (MATTH., IX, 25), et la releva en disant : Ma fille, levez-vous ; de sorte qu'il la ressuscita et par sa parole et par son attouchement à la fois, par une seule et même opération de sa personnalité qui réunissait les deux natures, celle d'un Dieu et celle d'un homme. De même, comme il entrait dans la ville de Naïm, et qu'il trouva à sa rencontre le cadavre du fils unique d'une veuve, il toucha ce cadavre en disant : Jeune homme, levez-vous, je vous le commande. Ce n'est donc pas, comme nous l'avons déjà dit, par sa parole seulement, c'était aussi par son toucher qu'il ressuscitait les morts, pour faire voir ainsi que son corps p.463 fin p.464 début pouvait donner la vie. Que si son simple toucher a la vertu de ranimer des ossements tombé en dissolution, comment sa chair elle-même reçue en aliment ne nous communiquerait-elle pas la vie ? Ah ! sans doute qu'en s'identifiant à nous, elle nous rendra participants de son immortalité. Ne demandez pas le comment à l'exemple des juifs ; rappelez-vous seulement que l'eau, quoique froide de sa nature, oublie sa froidure naturelle et bouillonne à la présence du feu. C'est ainsi que nous-mêmes, quelque tendance que notre corps ait naturellement à se dissoudre, nous le guérissons de son infirmité naturelle en le faisant participer à la vie, et nous le dépouillons de sa mortalité pour lui faire revêtir l'immortalité de Dieu même. Car il ne fallait pas seulement que notre âme fût vivifiée par le don de l'Esprit-Saint ; il fallait aussi que ce corps terrestre et grossier fût rendu immortel par des moyens, tels que le goût, la nourriture et le toucher, accommodés à sa nature. Et que le juif ne s'imagine pas dans son aveuglement que nous inventions des mystères dont il n'y aurait pas d'exemples ; car il verra, s'il se donne la peine d'examiner avec attention, que la chose dont il s'agit a eu lieu, bien qu'en figure, dès le temps de Moïse. Car qu'est-ce qui procura à leurs pères leur délivrance d'entre les mains des Egyptiens, lorsque la mort frappait tous les premiers-nés de ce dernier peuple ? Tout le monde ne sait-il pas qu'ils n'échappèrent à la mort que pour avoir suivi les instructions de leur Dieu, en mangeant de la chair de l'agneau, et en marquant de son sang les portes de leurs maisons ? L'extermination en effet, c'est-à-dire précisément la mort de ce corps, frappait de son fléau le genre humain en punition du péché du premier homme. Car c'est le péché qui nous a valu cette sentence foudroyante : Tu es terre, et tu retourneras en terre. Mais comme le Christ devait vaincre dans sa chair cet affreux tyran, ce mystère a dû être figuré dans les temps anciens, et Dieu a voulu qu'on pût alors échapper à la mort en se sanctifiant avec le sang des animaux. Pourquoi donc, ô Juif, te troubles-tu en voyant la vérité dont tu portais en toi-même la figure ? Pourquoi, dis-je, te troubles-tu de cette parole de Jésus-Christ, Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous, puisque les institutions mosaïques elles-mêmes et les ombres de la loi devaient d'avance te servir d'instruction et te préparer à l'intelligence de ce mystère ? "