Grand Catéchisme (Somme de doctrine chrétienne) (page 77)

Pierre Canisius · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Grand Catéchisme, trad. Peltier, tomes 1 à 6 · 205 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

7. Le concile de Florence : " L'effet de ce sacrement, c'est p.464 fin p.465 début d'unir à Jésus-Christ celui qui le reçoit dignement. Et comme c'est par la grâce que l'homme est incorporé à Jésus-Christ et uni à ses membres, il s'ensuit que ceux qui reçoivent dignement ce sacrement obtiennent en le recevant une augmentation de grâces, et que tous les effets que le manger et le boire proprement dits opèrent pour la vie du corps, comme de soutenir, d'augmenter et de réparer ses forces, et de procurer son bien-être, ce sacrement les opère également pour la vie de l'âme, en nous rappelant le doux souvenir de notre Sauveur, en nous retirant du mal, en nous affermissant dans le bien et en nous faisant croître en toute sorte de grâces et de vertus. "

10. S. LEON-LE-GRAND, Serm. 14, de passione Domini:

" La participation qui nous est accordée du corps et du sang de Jésus-Christ a pour avantage de nous changer dans la chose même que nous prenons, et de nous pénétrer tout entiers, corps et âme, de celui en qui nous sommes morts, ensevelis et ressuscités suivant cette parole de l'Apôtre (Col., III, 3-4) : Vous êtes morts, et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ lorsque Jésus-Christ, qui est votre vie, viendra à paraître, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. "

12. S. GREGOIRE de Nysse, in Oratione catecheticâ quæ dicitur magna, c. 37 : " L'homme étant pour ainsi dire, double, puisqu'il est composé de l'âme et du corps, il faut que ces deux parties de son être s'avancent de concert sur les traces de celui qui nous conduit au salut. Or l'âme, s'unissant à Dieu par la foi, opère ainsi sa sanctification, car l'union avec la vie doit donner la vie. Quant au corps, il ne peut arriver à la participation de cette gloire que par des moyens à lui propres ; et, de même que nous avons recours à une boisson bienfaisante pour neutraliser en nous le poison mortel qu'une main perfide a versé dans notre coupe, de même aussi il faut qu'une potion salutaire s'introduise dans nos entrailles pour réparer par sa vertu les désordres que le vice a causés en nous. Nous avons savouré à longs traits un principe désorganisateur ; il faut que nous en p.465 fin p.466 début neutralisions les effets par une nourriture qui en produise de contraires, en chassant de notre corps le poison mortel qui menaçai notre existence. Or, ce précieux antidote, quel sera-t-il, sinon le corps que nous avons vu triompher de la mort, et devenir par là le gage assuré de notre vie ? Car comme un peu de levain suffit, dit l'Apôtre, pour communiquer ses propriétés à toute la farine qu'on y mêle, de même le corps du Christ mort pour nous, lorsqu'il est introduit dans le nôtre le régénère tout entier en lui. Et si un poison délétère donne la mort à notre organisme, le corps immortel de Jésus fait participer sa nature impérissable à celui qui le reçoit.

Mais nos entrailles ne peuvent rien recevoir qu'en mangeant ou en buvant. C'est donc par ces moyens naturels que nous devons nous incorporer l'esprit de vie, et le corps de Jésus a seul cette propriété.

D'autre part, nous avons démontré que notre corps ne peut être appelé à l'immortalité que par son mélange avec celui qui est immortel lui-même. Il nous reste encore à examiner comment il peut se faire que ce corps unique, qui se donne chaque jour sur toute la surface du globe à tant de milliers d'hommes, soit tout entier dans chacun, et reste lui-même toujours intact. "

13. Le premier concile de Nicée, canon 12 (C'est, il est vrai, le douzième dans la collection d'Isidore, mais le treizième dans les collections ordinaires. (V. LABBE, Conc.,t. II, col. 33-34, 42, 48, et notre Dictionnaire universel des conciles, t. II, col. 86-87)) : " A l'égard des mourants, on gardera toujours la loi ancienne et canonique, en sorte que, si quelqu'un décède, il ne sera point privé du dernier viatique si nécessaire. Si quelqu'un a reçu la communion étant à l'extrémité et qu'il revienne à la santé, il sera rangé parmi ceux qui ne participent qu'à la prière. En général, à l'égard de tous les mourants qui demandent d'être admis à la participation de l’Eucharistie, l'évêque ne l'accordera qu'avec discernement. "

14. Le second concile d'Arles, canon 12 (Cf. LABBE, Conc., t. IV, col. 1012) : " Quant à ceux qui meurent en état de pénitent, le concile a été d'avis de ne refuser à aucun d'eux la communion, et de recevoir les oblations qu'ils laissent à la mort, en récompense de ce qu'ils se sont soumis aux règles de la pénitence. "

15. Le troisième concile d'Orléans, canon

24 (C'est le vingt-cinquième dans les collections ordinaires. V. LABBE, Conc., t. V, col. 302, ad annum 538. Ce canon et les deux qui précèdent n'ont pas une force péremptoire pour la thèse à prouver ici, ces mots de communion et de viatique pouvant s'entendre de la simple absolution aussi bien que de l'Eucharistie, d'après Claude d'Aubépine et d'autres savants canonistes. Voir LABBE, Conc., t. II, col. 78-80. Ajoutons néanmoins que cette absolution même pouvait donner droit à l'Eucharistie, du moins au moment de la mort, comme le prouve le fait de Sérapion, rapporté pages 443 et suiv.) : " Ceux qui, p.466 fin p.467 début après avoir été admis à la pénitence (publique), retournent à la vie séculière, ou embrassent le parti des armes, seront excommuniés jusqu'à la mort ; mais on leur accordera le viatique. "

16. S. CHRYSOSTOME, du Sacerdoce, liv. VI : " Une autre personne, qui ne l'avait point appris par ouï-dire, mais qui l'avait vu de ses yeux et entendu de ses oreilles, m'a raconté que ceux qui, sur le point de sortir de cette vie, ont participé avec une conscience pure aux saints mystères sont, au moment où ils expirent, entourés des anges, qui, par respect pour celui qu'ils ont reçu les accompagnent dans ce passage. "

19. NICEPHORE, Eccles. hist., lib. VIII, c. 31

: " On rapporte du martyr Lucien, que devant mourir bientôt, comme le tyran lui avait ôté la liberté d'approcher du temple et du sanctuaire, et que ses plaies comme ses liens lui interdisaient tout mouvement, il célébra nos mystères redoutables sur sa propre poitrine, et prit part ainsi lui-même le premier au sacrifice sans tache, en même temps qu'il invita les autres à imiter son exemple. C'est dans la prison que se célébra ce sacrifice, et ce chœur sacré qui entourait le martyr mourant, semblait une église assemblée. "

20. Le même historien, Lib. XIII, c. 37, dit en rapportant l'exil de saint Jean Chrysostôme : " Comme il était dirigé vers Pityunte, et à la veille d'aller se réunir à son Dieu, Pierre et Jean, qui avaient été les guides de sa vie entière, lui apparurent pendant la nuit au milieu de ses méditations, et lui parlèrent avec beaucoup d'amitié en lui annonçant et la victoire qu'il allait remporter contre les démons et le bonheur qu'il allait avoir d'être reçu dans le sein de Dieu, et tous les biens enfin dont il allait jouir. Puis ils lui firent prendre un aliment céleste et ineffable, et à partir de ce moment il ne prit plus aucune p.467 fin p.468 début nourriture. Tout cela a été rapporté par ceux qui lui faisaient cortège, et à qui il l'avait confié. Arrivé à Comane en Arménie, il fut conduit au temple du martyr Basilisque, qui, dit-on, avait été évêque, et avait souffert le martyre sous Maximin. Le martyr lui apparut alors pendant son sommeil, et lui fit entendre ces paroles : Ayez bon courage, mon cher frère Jean, demain nous serons ensemble. Il avertit de même le gardien du temple de préparer une place pour recevoir le confesseur. La troupe, après avoir quitté ce lieu, ayant fait trente stades de chemin, s'égara on ne sait comment, et se retrouva auprès du temple du martyr. L'évêque ayant donc alors fait ses dernières dispositions, et essayé de dire à ceux de sa suite quelques paroles d'instruction, prit ses souliers et ses plus beaux habillements en témoignage de sa joie, sanctifia son âme par la communion qui l'unit avec son Dieu, puis il s'écria : Seigneur, gloire à vous de tous les évènements. Et s'étant marqué lui-même du signe de la croix, de cet étendard sous lequel il avait livré ses combats, il quitta la terre pour aller régner avec Jésus-Christ et recevoir de lui la récompense des travaux qu'il avait endurés pour son nom, heureux sans doute lui-même de ce changement de condition, mais digne d'être pleuré par tous ceux qui l'ont connu, et qui ont pu apprécier tout le charme de sa doctrine. "

21. GEORGES CEDRENUS, in Historiarum compendio, dit en esquissant l'histoire de l'empereur Maurice : " Maurice, à son réveil, dépêcha son garde du corps pour se faire amener Philippique. Celui-ci, désespérant dès-lors de conserver sa vie, commença par demander la sainte communion, et quand une fois il l'eut reçue il se mit en devoir de se rendre auprès de l'empereur, en laissant son épousé désolée, qui, couverte d'un sac et se roulant dans la cendre, remplissait l'air de ses cris lamentables. "

22. Le même, dans l'histoire qu'il décrit de l'empereur Phocas : " On dit que Théodose, envoyé de Maurice vers Chosroès, fut fait prisonnier à Nicée par des émissaires de Phocas, puis mis à mort quand il eut atteint le lieu nommé Leucacte ; mais qu'avant de mourir, il demanda qu'on lui permît de participer aux saints mystères et qu’après l'avoir obtenu, il en rendit grâces à Dieu, puis prit une pierre dont il se frappa trois fois la poitrine en faisant cette prière : Seigneur Jésus-Christ, vous savez que je n'ai fait tort à personne ; qu'il me soit donc fait maintenant selon ce qu'ordonnera votre puissance. Après qu'il eut dit ces paroles, on lui trancha la tête. " p.468 fin p.469 début

23. S. GREGOIRE, Hom. XL, in Evangelia : " Romula fut atteinte de cette infirmité corporelle appelé paralysie par les Grecs ; et obligée de garder le lit plusieurs années, elle était privée presque entièrement de l'usage de ses membres, sans qu'une aussi triste situation lui fît perdre la patience. Au contraire, la perte qu'elle faisait de ses forces ne faisait qu'accroître ses vertus. . . . . La quatrième nuit donc, elle appela Redempta, son institutrice, et quand celle-ci fut venue, elle lui demanda le viatique qu'elle reçut. Redempta et la condisciple de Romula étaient encore près du lit de la malade, lorsque tout-à-coup elles virent s'arrêter sur la place devant la porte de la cellule deux chœurs de chanteurs, dont la différence de voix trahissait la différence de sexes, de sorte que les hommes commençaient le chant, et que les femmes répétaient le refrain. Ce fut pendant que cette troupe céleste célébrait ainsi d'avance son trépassement à la porte de sa cellule, que cette sainte âme quitta son enveloppe de chair. "

24. S. AVITE, lib. V, c. 20 : " Ainsi les hommes des premiers temps jouissaient-ils d'une longue et heureuse vieillesse, tandis qu'une manne d'une éclatant blancheur offrait au peuple un aliment sacré et que la terre goûtait les productions du ciel : symbole mystique, qui, longtemps d'avance, annonçait cet autre aliment appelé le corps de Jésus-Christ, fruit miraculeux d'une vierge sans tache, et qui dans toute la suite des âges devait descendre continuellement des hauteurs céleste sur les autels sacrés pour devenir la nourriture des mortels. "

25. S. BERNARD, Serm de cœna Domini : " Nous sommes tombés comme sur un tas de pierres et dans une boue fangeuse ; chute qui ne nous a pas seulement salis, mais encore blessés et maltraités horriblement. Quelques instants nous suffirent pour nous laver, mais un long traitement nous sera indispensable pour nous guérir. Nous sommes lavés dans le baptême par lequel est effacée la sentence de notre condamnation, et qui a p.469 fin p.470 début pour effet d'empêcher la concupiscence de nous nuire, pourvu toutefois que nous lui refusions notre consentement. Ainsi se trouve nettoyée cette vieille plaie de notre nature ; ainsi se trouve révoquer notre arrêt de mort. Mais qui pourra réprimer ces révoltes terribles de la chair ? Qui pourra supporter la démangeaison de cet ulcère ? Rassurez-vous, la grâce fera ce nouveau miracle, et le sacrement du corps et du sang de Notre-Seigneur vous offre la garantie de votre sécurité. Car ce sacrement produit en nous deux effets : l'un, d'affaiblir la tentation, etc. "

26. S. CYRILLE, in Joannem, lib. IV, c. 7 : " Occupez-vous de pieuses pensées, menez une vie religieuse et sainte ; et prenez votre part de cette bénédiction mystique, qui, croyez-moi, éloigne non-seulement la mort, mais encore toutes les maladies. Car, comme Jésus-Christ habite par elle en nous, il apaise les révoltes de notre chair, nous affermit dans la piété, et calme les passions de notre âme. . . . . De même qu'un peu de levain. . . . . ., et le reste, comme plus haut, question I, à la fin du témoignage 14, page 269.

27. Le même, in Joannem, lib. III, c. 37

: " Que ceux qui, ayant reçu le baptême, sont devenus participants de la grâce divine, soient bien persuadés que, s'ils oublient de fréquenter l'église, ou que, par un faux respect, ils se tiennent longtemps éloignés de la table mystique qui les unirait à Jésus-Christ, ils s'excluent par là même de la vie éternelle ; car un tel éloignement, bien qu'il semble avoir pour principe un sentiment de religion, scandalise néanmoins et est un piège pour les autres fidèles. C'est pourquoi l'unique parti à prendre pour eux, c'est de faire tous leurs efforts pour se purifier de leurs péchés, et après avoir jeté en eux les fondements d'une vie chrétienne, de s'empresser hardiment de participer à la vie. Mais le démon emploie mille artifices divers pour tromper les hommes. Il commence par pousser ses dupes à commettre des crimes honteux ; puis, lorsqu'il les voit chargés de péchés, il leur inspire de l'éloignement pour la gloire de Jésus-Christ, c'est-à-dire pour ce qui pourrait les faire sortir de leurs honteux désordres comme d'une ivresse passagère. Efforçons-nous donc de rompre de pareils liens où il voudrait nous retenir, et secouant de dessus nous le joug de nos péchés, servons le Seigneur avec crainte. Surmontons par la continence les voluptés de la chair, et mettons à profit la grâce céleste qui nous est offerte dans la participation au corps de Jésus-Christ. . . C'est là, c'est là le moyen de mettre en fuite le p.470 fin p.471 début démon, et de parvenir à la vie et à l'incorruptibilité, en nous rendant participants de la nature divine. "

28. CASSIEN, conférence 22, ou la seconde de l'abbé

Théonas, c. 6 : " Nous connaissons un religieux qui, fidèle à garder la chasteté tant du corps que de l'âme, dont il avait acquis le don par son humilité en même temps que par son extrême vigilance sur lui-même n'éprouvait pas même d'illusions nocturnes, excepté toutes les fois qu'il avait à communier le lendemain ; car alors il se trouvait à son réveil toujours souillé de quelque pollution. Après s'être longtemps abstenu de communier par la crainte que cela lui causait de profaner les saints mystères, il finit par consulter là-dessus les anciens du monastère dans l’espérance de trouver dans leurs conseils un remède au mal qui l'affligeait. Les médecins spirituels à qui il s'était adressé, s'étant mis à chercher la cause de sa maladie, qui dans les cas semblables est ordinairement le trop de nourriture, virent bien que ce ne pouvait pas être cette cause pour le fait en question, puisque, indépendamment de l'austérité de ce religieux bien connue, la circonstance particulière des veilles de fête où de telles pollutions avaient coutume d'arriver, ne permettait pas de les attribuer à une nourriture trop abondante. Ils crurent donc devoir les rapporter plutôt à ce qui est compté pour la seconde cause de ces sortes d'accidents, et commencèrent à conjecturer que c'était peut-être la faute de l'âme elle-même que le corps épuisé par le jeûne se trouvât sujet à ces illusions impures, qui arrivent quelquefois aux hommes les plus mortifiés, en punition de l'orgueil qu'ils conçoivent de leur pureté corporelle conservée jusque-là, et pour leur rappeler que la chasteté est principalement un don de Dieu ; qu'on ne doit pas attribuer aux forces humaines. Ils lui demandèrent en conséquence s'il s'était cru capable d'obtenir cette vertu par ses seuls moyens et sans le secours divin ; mais il repoussa avec horreur cette pensée impie, en déclarant avec humilité qu'il n'avait pu conserver son corps pur même les autres jours, que parce qu'il avait été aidé en cela par la grâce de Dieu. Ils virens donc qu'il n'y avait d'applicable à notre religieux que la troisième cause de ces sortes d'illusions, savoir les pièges que lui tendaient en secret les esprits malins, et convaincus que ce n'était en lui la faute ni de l'orgueil de l'esprit ni de l'immortification de la chair, ils prononcèrent sans hésiter qu'il devait s'approcher avec confiance des saints mystères, de peur que s'il continuait à s'en tenir p.471 fin p.472 début éloigné, il ne s'engageât de plus en plus dans les filets du démon, et ne perdît la sainteté en cessant de recevoir celui qui est la sainteté même. Notre religieux ayant suivi ce conseil se trouva avoir si bien réussi à déjouer les ruses du démon, que la vertu du corps de Notre-Seigneur opérant en lui, il cessa d'éprouver les accidents qui l'avaient tant affligé. "

29. S. BERNARD, cité par saint Thomas d'Aquin dans son opuscule 59, c. 5 : " Ce corps sacré, etc. ", comme dans le corps de la réponse à la précédente question.

30. S. CHRYSOSTOME, Hom. XXIV in I Epist. ad Corinthios

(Cf. Opera S. Joan. Chrysost., t. X, p. 218, édit. de Montfaucon ; p. 255, édit. de Gaume) : " Autant il y a de danger à en approcher témérairement, autant il est funeste et mortel de ne prendre aucune part à ce festin mystique. Car cette table sacrée est le soutien de nos âmes, le repos de nos pensées, le sujet de notre confiance, notre espérance, notre salut, notre lumière, notre vie. Si nous paraissons devant Dieu recommandés par ce sacrifice, ce sera comme une armure d'or qui nous protégera, et qui nous fera franchir avec hardiesse le seuil du sanctuaire où il réside. Eh ! qu'est-il besoin que je renvoie à l'avenir la preuve de ce que j'avance ? Tandis même que nous sommes ici-bas, ce mystère fait pour nous de la terre un ciel. "

31. Le même, in Mattæum (Cf. Opera

S. Joan. Chrysost., t. VII, p. 516-517, édit. de Montfaucon ; p. 581, édit. de Gaume), hom. LI (al. L) : " Touchons donc, nous aussi, la frange de sa robe ; ou plutôt il ne tient qu'à nous de le posséder tout entier. Car voici que son corps est ici mis à notre disposition, son corps, dis-je, et non pas seulement son vêtement ; et non pas seulement pour que nous puissions le toucher, mais pour que nous puissions nous en nourrir et nous en rassasier. Approchons donc avec foi, nous tous qui avons chacun notre infirmité. Car si ceux qui ne touchaient que le bord de son vêtement en ressentaient une si grande vertu, que n'éprouveront pas ceux qui le posséderont tout entier ? Or approcher avec foi ce n'est pas seulement recevoir le signe extérieur, mais c'est avoir le sentiment de la présence de Jésus-Christ même. Qu'importe en effet que vous n'entendiez pas sa voix ? Qu'il vous suffise de le voir étendu à vos yeux ; d'ailleurs vous pouvez aussi entendre sa voix, qui retentit à vos oreilles par l'organe de ses évangélistes. Croyez p.472 fin p.473 début donc que c'est encore ici la cène ou il siégeait au milieu de ses disciples. Car nulle différence entre les deux. Ce n'est pas un homme qui fait les frais de celle-ci, pas plus que ce n'était un homme qui faisait les frais de celle-là, mais c'est lui-même qui nous sert l'une comme il a servi l'autre. "

32. PIERRE le Vénérable, abbé de

Cluny, Lib. I, Epist. 2, contra Petrobrusianos : " Gardons-nous de considérer comme inutile le sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ ; ce sacrement qui nous rend sa mémoire plus présente, qui nous invite à l'aimer avec plus d'ardeur, qui nous obtient un pardon plus entier de nos péchés. Non, il n'est pas inutile, ce sacrement qui nous le rend présent non-seulement en tant que Dieu, mais encore en tant qu'homme, et cela jusqu'à la consommation des siècles. Non, il n'est pas inutile, puisque par son moyen le corps de Jésus-Christ répare nos forces spirituelles, comme il a déjà réparé notre nature tombée, en sorte que, nourris par ce même corps qui a été donné pour prix de notre rachat, nous pouvons nous repaître de son humanité en attendant que nous puissions nous rassasier dans la contemplation de sa divinité et de sa gloire. "

34. S. BASILE, ad Cæsariam Patritiam (Cf.

S. Basilii Cæsarære Cappadoc. archiep. opera omnia, Paris, 1730, t. III, p. 186) : " Communier et participer tous les jours au corps et au sang de Jésus-Christ, c'est une pratique très-louable et très-utile puisqu'il a dit lui-même d'une manière si expresse : Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle (JEAN, VI, 55). Qui doute en effet que de participer fréquemment à la vie, ce ne soit vivre à proportion davantage ? C'est pourquoi nous sommes dans l'usage de communier quatre fois par semaine, savoir le dimanche, le mercredi, le vendredi et le samedi, et les autres jours aussi, quand nous, célébrons la mémoire de quelque saint. . . " Le reste comme à la question précédente, témoignage 4, page 438.

35. S. AMBROISE, de Sacramentis, lib. V, c. 4 :

" Je vous ai dit que ce qu'on offre est du pain avant qu'on ait prononcé les paroles de Jésus-Christ, et que ce n'est plus du pain, mais son corps même quand ces paroles ont été prononcées.

Pourquoi donc dans l'oraison dominicale, que nous récitons ensuite, disons-nous, notre pain? Nous disons, il est vrai, notre pain, p.473 fin p.474 début mais notre pain suprasubstantiel. Il ne s'agit pas ici du pain qui passe en notre substance matérielle mais de ce pain de la vie éternelle qui nourrit notre âme. Nous l'appelons, nous, quotidien, c'est-à-dire de tous les jours. Ainsi, ni l'interprétation latine, ni l'interprétation grecque, ne sont à mépriser.

Le mot grec renferme à lui seul les deux significations ; le mot latin donne du moins l'une des deux. Mais si c'est votre pain quotidien, pourquoi ne le recevez-vous qu’une fois l'année comme les Grecs ont coutume de le faire en Orient ? Prenez tous les jours ce qui est destiné à vous profiter tous les jours. Vivez de manière à mériter de le recevoir tous les jours de même. Celui qui ne mérite pas de le recevoir tous les jours, ne mérite pas de le recevoir au bout de l'année. Suivez l'exemple de Job, qui offrait tous les jours un sacrifice pour ses fils, de peur qu'ils n'eussent commis quelque péché dans leurs pensées ou dans leurs discours.

Toutes les fois que vous voyez offrir le sacrifice, vous entendez rappeler la mort de Jésus-Christ, sa résurrection, son ascension, la rémission de vos péchés ; et vous ne faites pas votre pain quotidien de ce pain de vie ? Quiconque est blessée cherche un remède pour se guérir. Nous le sommes tous, puisque tous nous péchons. Or, le remède de nos blessures, c'est le vénérable et céleste sacrement. Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien. Il sera votre pain quotidien, si vous le recevez tous les jours. Si Jésus-Christ est votre pain de tous les jours, il ressuscitera tous les jours pour vous. Comment cela ? Cherchez à comprendre ces paroles : Vous êtes mon fils, je vous ai engendré aujourd'hui. "

36. S. CHRYSOSTOME, Hom. LXI au peuple d'Antioche, et IIIe sur 1'épître aux Ephésiens (Cf.

Opera S. Joan. Chrysost., t. XI, p. 22-24, édit. de Montfaucon ; p. 26-28, édit. de Gaume) : " Dans les autres temps de l'année vous n'approchez pas, quoique souvent vous puissiez être purs ou en état d'approcher ; à Pâques vous approchez, lors même que vous vous trouvez coupables de quelque crime. O fatale habitude ! ô téméraire présomption ! C'est en vain que nous offrons tous les jours le sacrifice, en vain que nous montons tous les jours à l’autel, puisque personne ne vient y prendre part. Si je vous parle ainsi, ce n'est pas simplement pour que p.474 fin p.475 début vous y preniez part désormais, mais pour vous engager à vous en rendre dignes. Si vous n'êtes pas dignes de prendre part au sacrifice, vous ne l'êtes donc pas non plus de participer à la prière. Vous entendez le crieur dire à haute voix : Vous qui êtes en pénitence retirez-vous tous. Or, tous ceux qui ne participent pas, sont par là même en pénitence Si vous êtes du nombre des pénitents, vous ne devez pas participer avec nous ; car quiconque ne participe pas, est du nombre des pénitents. Pourquoi donc, quoiqu'on vous dise, relirez-vous, vous qui n'êtes pas en état de prier, restez-vous sans rougir ? Mais vous n'êtes pas des pénitents, vous êtes de ceux qui peuvent participer, et vous ne vous mettez pas en peine de le faire ? Vous regardez donc cela comme si ce n'était rien ? Considérez, je vous prie : c'est une table royale qui vous est apprêtée ; des anges en sont les ministres ; le roi lui-même s'y trouve présent ; et vous vous y laissez emporter par le sommeil ? vous vous y présentez avec des habits malpropres, et vous vous y tentez avec indifférence. Mais mes habits sont propres. . . Prenez-y donc place, et soyez du festin. Tous les jours le maître du festin vient faire la visite des convives ; il dit un mot à chacun d'eux ; et maintenant il interroge en ces termes votre conscience : Mes amis, pourquoi êtes-vous entrés ici sans avoir la robe nuptiale ? Il ne dit pas, pourquoi avez-vous pris place ? Mais avant même que vous le fassiez, et au moment où vous entrez, il vous fait entendre que vous n'êtes pas dignes ; car il ne dit pas, pourquoi vous êtes-vous mis à table ? mais : pourquoi êtes-vous entrés ? Voilà ce qu'il nous dit encore maintenant à tous, si nous nous présentons sans honte ni repentir de nos fautes. Quiconque ne veut pas participer aux mystères, est dans l'état que je viens de dire. C'est aussi pour cela qu'on commence par mettre hors de l'église les pécheurs publics.

Car de même que lorsque le maître se met à table, il ne faut pas que ceux de ses serviteurs qui l'ont offensé se présentent devant lui, mais qu'ils doivent se tenir éloignés ; de même ici, lorsque l'hostie est sur l'autel, que le Christ, cet agneau de Dieu, est immolé, quand vous entendez ces mots, Prions tous ensemble, quand vous voyez tirer les rideaux, pensez alors que le ciel s'entrouvre, et que les anges descendent (Ce dernier passage a déjà été cité à la question VI, témoignage 13). De même donc qu'il ne doit paraitre ici personne qui ne soit initié, ainsi ne doit-il, avoir non plus personne p.475 fin p.476 début même initié qui n'ait la pureté convenable.

Dites-moi, si quelqu’un invité à un festin se lavait les mains et se mettait à table, et qu'ensuite il ne voulût prendre aucun mets, n'offenserait-il pas par là celui qui l'aurait invité ? Ne vaudrait-il pas mieux qu'il s'abstînt tout-à-fait de paraître ? Vous de même, vous vous êtes rendu à ce banquet sacré ; vous avez chanté l'hymne, vous vous êtes déclaré digne d'être admis par cela même que vous ne vous êtes pas retiré avec les indignes : comment donc êtes-vous demeuré ici sans prendre part au festin ? J’en suis indigne, dites-vous. - Vous l'êtes donc aussi de prendre cette part que vous prenez aux prières. Car ce n'est pas seulement par les oblations, c'est aussi par les chants sacrés que le Saint-Esprit manifeste sa présence et son action. Ne voyez-vous pas avec quel soin nos domestiques épongent nos tables, nettoient nos maisons, disposent les plats ? C'est ce qui se fait ici par les prières, par l'avertissement que donne le crieur : nous passons ainsi en quelque sorte l'éponge par toute l'église, afin que, cette église étant propre, on puisse y servir le festin, sans qu'il y ait, quelque part que ce soit, de tache qui paraisse. S'il en était autrement, indigne qu'on serait d'avoir part au banquet, on le serait aussi d'en repaître ses yeux ou ses oreilles. Si une bête touche à la montagne, dit l'oracle divin (Exod., XIX, 13), qu'elle soit lapidée.

Ainsi ce peuple était-il indigne d'y monter ; et cependant il y monta plus tard, et il vit l'endroit où Dieu avait manifesté sa présence. Aussi vous est-il permis d'entrer quand tout est achevé, et de voir ; mais quand l'hostie est présente, abstenez-vous de paraître : il ne vous est pas plus permis d'être présent, qu’à un catéchumène. Car ce n'est pas la même chose de ne pas assister du tout aux mystères, que d'y assister pour en faire dédain, et se rendre par cela seul indigne d'y prendre part. Je pourrais vous en dire davantage et en des termes encore plus sévères, mais je m'arrête ici pour ne rien dire de trop ; ce ne sont pas quelques paroles de plus qui corrigeront ceux que n'auront pas corrigés les paroles que je viens de dire. Afin donc de ne pas vous rendre plus coupables, bornons-nous à vous exhorter, non à vous abstenir d'assister à nos mystères mais à vous rendre dignes, et d'y assister, et d'y prendre part. Dites-moi, si un roi vous disait : " Si vous faites telle chose, vous serez admis à ma table (Il y a ici une variante dans le texte), " ne feriez-vous pas tout pour obtenir cet p.476 fin p.477 début honneur ? Le Roi des rois nous ouvre le ciel, il nous invite à sa table ; et nous nous faisons prier, et nous opposons des retards, au lieu de nous empresser et d'accourir à son appel ? Eh ! quelle espérance nous restera-t-il de salut ? Il n'y a point à prétexter notre faiblesse, il n'y a point à prétexter les infirmités de notre nature ; notre lâcheté seulement, voilà ce qui nous rend indignes. Je n'en dirai pas davantage ; mais je prie celui qui touche les cœurs, qui donne l'esprit de componction, de toucher aussi les vôtres et d'y faire pénétrer la semence salutaire, afin que la crainte même vous fasse concevoir et enfanter l'esprit de piété et qu'ainsi vous puissiez participer avec confiance aux saints mystères. Vos enfants, dit le Psalmiste (Ps. CXXVII, 3), seront rangés autour de votre table comme de jeunes oliviers. Soyez donc comme de jeunes oliviers, en qui il n'y ait rien qui sente la vétusté, comme des oliviers qui ne soient ni sauvages, ni agrestes, ni incultes, mais qui se chargent de ce fruit admirable de douceur appelé olive ; et, pleins d'une force divine, entourez ainsi la table du festin, non sans vous y être préparés, non sans y avoir réfléchi, mais avec crainte et respect.

Mais de même que la nourriture la plus saine devient cause ou occasion de maladie, si elle entre dans un estomac mal disposé ainsi en est-il de nos redoutables mystères (Cette dernière phrase ne se trouve pas dans l'homélie sur l'épître aux Ephésiens).

"

37. S. CYPRIEN (ou plutôt RUFFIN), de Orat. Dom., serm. 6 : " Nous l'appelons notre pain, parce que Jésus-Christ n'est le pain que de ceux qui participent à son corps. Mais pourquoi lui demandons-nous que ce pain nous soit donné tous les jours ? Parce que, résidant en Jésus-Christ et recevant tous les jours dans l'Eucharistie l'aliment de notre salut, nous demandons de n'en être point privé en punition de quelque prévarication considérable ; parce que ne point être admis à la réception du pain céleste, c’est être séparé du corps de Jésus-Christ ainsi qu'il le déclare lui-même : Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, si quelqu'un mange de ce pain ; il vivra éternellement ; le pain que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair. Si le pain eucharistique, reçu avec des dispositions convenables, donne la vie éternelle, n'est-il pas à craindre qu'en renonçant à cet aliment sacré et en nous tenant éloignés du corps du Seigneur, nous ne perdions la vie, conformément à cette menace : Si vous ne mangez la chair p.477 fin p.478 début du fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous ? Voilà donc le malheur que nous cherchons à prévenir ; nous conjurons Dieu de nous donner notre pain de tous les jours, c'est-à-dire Jésus-Christ, afin que, demeurant en Jésus-Christ, et vivant de sa vie, nous ne soyons jamais séparés de son esprit et de son corps (Il y a dans le latin à sancitifcatione ejus et corpore). ))

38. S. JEROME, ad Lucinium, Epist. XXVIII : " Quant aux questions que vous m’adressez au sujet du samedi, si l'on doit jeûner ce jour-là, et au sujet de l'Eucharistie, si l'on doit la recevoir tous les jours, comme on dit que cela se pratique à Rome et en Espagne, c'est sur quoi a écrit Hippolyte, cet homme si éloquent et divers écrivains ont recueilli aussi sur ces questions les sentiments de différents auteurs. Pour moi, voici mon sentiment : c'est qu'on observe les traditions ecclésiastiques, surtout si elles n'intéressent pas la foi, de la même manière qu’elles nous ont été transmises par les anciens, et que la coutume pratiquée par les uns ne préjudicie en rien à celle que suivent les autres. Et plût à Dieu que nous pussions jeûner en tout temps, comme nous lisons dans les Actes des apôtres que l'ont fait dans les jours de la Pentecôte et le jour du dimanche l'apôtre saint Paul et les fidèles avec lui (Act., XIII, XX, XXVII). Et certes on ne doit pas pour cela les accuser de manichéisme, puisqu'ils ne faisaient autre chose que préférer l'aliment spirituel à l'aliment corporel ; et de même on peut bien recevoir tous les jours l'Eucharistie, pourvu qu'on le fasse avec une conscience exempte de reproche et sans nous condamner nous-mêmes on peut bien tous les jours s'entendre adresser l'exhortation du Psalmiste : Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux (Ps. XXXIII) ; on peut bien dire avec lui : Mon cœur a produit une excellente parole. "

40. CASSIEN, Conférence XXIII, ou la IIIe de l'abbé Théonas, c. 24 : " Si nous nous reconnaissons pécheurs, nous ne devons pas pour cela nous éloigner de la table sainte mais puiser au contraire dans cette considération un motif de plus d'en approcher pour y trouver un remède aux maux de notre âme, pourvu toutefois que, pénétrés d'humilité et remplis d'une foi vive, nous nous jugions nous-mêmes indignes de recevoir une si grande grâce, et comme des malades qui demandent au céleste médecin leur p.478 fin p.479 début guérison. Autrement, nous ne devrions pas même croire pouvoir communier dignement une seule fois dans toute l'année, fût-ce à la fête de Pâques, comme le pratiquent certains religieux, qui se font une telle idée de la dignité de ce sacrement divin et tout à la fois de la sainteté qu'il faut y apporter, qu'ils se persuadent à eux-mêmes que pour le recevoir il est indispensable d'avoir une sainteté parfaite et une pureté exempte de toutes taches, tandis que c'est plutôt ce sacrement lui-même qui nous rend saints et purs. En pensant ainsi, ces hommes se trouvent commettre ce péché même de présomption qu'ils prétendent éviter, puisque, s'ils communient une fois l'année, c'est qu'alors ils s'en croient dignes. Il conviendrait beaucoup mieux d'approcher des saints mystères tous les dimanches pour, trouver un remède à nos maladies spirituelles, en croyant et confessant avec une sincère humilité que nous ne pourrons jamais en être dignes, plutôt que de nous persuader vainement, par l'effet d'un orgueil secret, que nous sommes dignes d'y participer après une année de préparation.

Question X

Quelles sont les conditions requises pour recevoir dignement l’Eucharistie et en recueillir les fruits ? La réponse ici est facile ; c'est celle de l'Apôtre : Que l'on s’éprouve soi-même, et qu'après cette épreuve on mange de ce pain. C'est en ce sens que saint Augustin a dit aussi : " Dans le corps de Jésus-Christ est toute notre vie ; il faut donc changer de vie, si l'on veut recevoir la vie. " Cette épreuve de soi-même ou ce changement de vie renferme quatre conditions, savoir, la foi, la pénitence l'attention de l'esprit et le maintien qui conviens à une personne chrétienne. La foi interdit tout doute par rapport aux vérités que nous avons énumérées, et qui concernent ce mystère ; et on sera dans cette disposition, pourvu qu'on acquiesce simplement et sans réserve comme on y est certainement obligé à tout ce que croit et enseigne l'Eglise. La pénitence dont nous parlerons bientôt plus au long, exige qu'on déteste ses péchés, qu’on en fasse à un prêtre la confession explicite, et qu'on en reçoive l'absolution. L'attention de l'esprit s'obtiendra, si l'on s'occupe sérieusement de ce sacrement auguste par des prières et des méditations pieuses. p.479 fin p.480 début Enfin la décence du maintien demande qu'on ne se présente à la sainte table que dans un état de pureté à jeun, modeste et recueilli, sans rien qui ressente la malpropreté ou la négligence. Ceux au contraire qui reçoivent indignement la sainte Eucharistie n'y trouvent pas la vie, mis leur condamnation, et au témoignage de l'Apôtre, se rendent coupables du corps et du sang de Jésus-Christ, en sorte qu'ils encourront une condamnation sévère avec le traître Judas et les Juifs déicides.

TEMOIGNAGES DE L’ECRITURE.

1. I Corinthiens, XI, 28-32 : " Que l'homme donc s'éprouve soi-même et qu’il mange ainsi de ce pain, et boive de ce calice. - Car quiconque mange ce pain et boit ce calice indignement mange et boit sa propre condamnation, ne faisant pas le discernement qu'il doit du corps du Seigneur. - C'est pour cette raison qu'il y a parmi vous beaucoup de malade et de languissants, et que plusieurs dorment du sommeil de la mort. - Que si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés de Dieu. - Mais lorsque nous sommes jugés de la sorte, c'est le Seigneur qui nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. "

2. I Timothée, III, 15 : " La maison de

Dieu est l'Eglise du Dieu vivant, la colonne et la base de la vérité. " p.480 fin p.481 début TEMOIGNAGES DE LA TRADITION.

1. THEOPHYLACTE, sur le chapitre XI de la première

Epître aux Corinthiens : " Je ne vous donne point d'autres juges mais je vous abandonne vous-même à vous-même. Jugez donc et interrogez votre conscience, et approchez, non quand sont arrivés les féries d'usage, mais quand vous vous trouvez suffisamment pur et en état de le faire dignement. "

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